Les Voisins

Les Voisins
De Michel Vinaver
Mis en scène par Marc Paquien
Avec Patrick Catalifo
  • Patrick Catalifo
  • Lionel Abelanski
  • Alice Berger
  • Loïc Mobihan
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 19,00 à 38,00
Evénement plus programmé pour le moment

Ils s’appellent Laheu et Blason. Ils habitent deux maisons jumelles, ce dernier avec sa fille, l’autre avec son fils. Les deux maisons ont une terrasse commune.

Un lien de voisinage, quand ça s’y met, on ne fait pas plus fort ; comme attache, c’est plus fort que le mariage, que l’amitié ou l’amour-passion ; et puis c’est autre chose.
Il semble que rien ne puisse leur arriver, tellement ils sont bien calés dans leur microcosme, tous les quatre. Et puis il leur en arrive des masses. Le monde extérieur leur tombe dessus.

C’est un tourbillon, une tempête qui dévaste, arrache tout, qui dresse les deux bonshommes l’un contre l’autre dans un égarement sans nom ; Alice et Ulysse, leurs enfants, on pourrait dire qu’ils s’accrochent, comme à un bout d’épave : s’engloutiront-ils ?
Et puis, qui aurait pu le prévoir ? Le microcosme se recompose, le lien de voisinage se reforme, décidément il y a là quelque chose qui est plus fort que tout.
Il suffit de dire ça et voilà qu’une nouvelle tornade… mais les choses cette fois tournent autrement.

 

Patrick Catalifo a été récompensé du Triomphe AuBalcon du meilleur second rôle masculin pour sa belle prestation dans Des Gens Bien (2015).

La pièce Les Voisins est parue en 1986. Elle a été écrite par Michel Vinaver, dramaturge français de 88 ans. Ce dernier a aussi été PDG de l'entreprise Gillette.

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La critique de la rédaction : 6.8/10. Outre les relations de voisinage, cette pièce aborde de nombreux thèmes. Elle nous fait nous poser des questions sur la perpétuelle découverte de l’autre -même après de nombreuses années-, la confiance et le rapport compliqué que nous pouvons avoir à l’argent. Une belle entente peut se détériorer rapidement lorsqu’il s’agit de gros sous.

Les dialogues sont sublimés par un excellent jeu des deux acteurs principaux, Patrick Catalifo et Lionel Abelanski. Chacune de leur réplique sonne juste et ils donnent de la profondeur au texte.

Cependant, il manque quelque chose pour que nous soyons totalement séduits.

Beaucoup de questions restent sans réponse et sont laissées à la libre interprétation du spectateur. Un peu trop peut-être.

Nous sortons du Théâtre de Poche un peu frustrés des dernières scènes énigmatiques et de cette fin surprenante. 

Note rapide
6,3/10
12 pour 12 notes et 8 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
8%
4 critiques
Note de 4 à 7
58%
4 critiques
Note de 8 à 10
33%
Toutes les critiques
22 févr. 2016
7/10
62 0
Une pièce de Vinaver, c'est toujours un plaisir, mais aussi un gros risque.

Pari réussi au Poche, avec une mise en scène très astucieuse et très intelligente de Marc Paquien. Les acteurs nous livrent une grande prestation, pas facile. Patrick Catalifo et Lionel Abelanski nous regalent. Les jeunes Alice Berger et Loic Mobihan se mettent au diapason.

Une vraie réussite.
Il y a longtemps que j'apprécie l'écriture caustique de Michel VINAVER. Je ne pouvais donc que me précipiter au Poche en cette rentrée.

Dans LES VOISINS il nous interpelle avec sa plume acérée, ses dialogues précis et son humour acide, sur nos rapports de voisinage, et au-delà sur notre relation à l'autre, sur la qualité et la profondeur de la connaissance que nous avons de ceux qui nous sont le plus proches, du degré de confiance que l'on peut leur accorder, sur le fonctionnement des rapports humains et de la société.

Les deux protagonistes, Blason et Laheu, sont voisins depuis de nombreuses années. Depuis si longtemps que cette terrasse qu'ils partagent est devenue une pièce commune, une extension de leur leur espace, de leur vie, de leur famille. L'un a une fille, l'autre un fils. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. La vie coule plus ou moins paisiblement, avec les aléas de la vie professionnelle. Et s'ils ont de nombreux points de divergence et des manières d'appréhender la vie très différentes, Blason et Laheu n'en sont pas moins des amis fidèles. Jusqu'au jour où l'imprévisible et l'incroyable survient, remettant tout en cause. A moins que...

Dans cette fable sur le quotidien Michel VINAVER nous emporte avec malice et subtilité dans les méandres des relations humaines mises à l'épreuve de l’appât du gain et du pouvoir de l'argent.

La mise en scène très sobre de Marc PAQUIEM crée un huis-clos parfois oppressant, et met en valeur le texte et le jeu des comédiens. Patrick CATALIFO livre une prestation remarquable, toute en puissance, alternant retenue et explosion, face au jeu plus introverti de l'excellent Lionel ABELANSKI. Face à ces talents confirmés les deux jeunes comédiens Alice BERGER et Loïc MOBIHAN) font plus que tirer leur épingle du jeu et apportent un peu de candeur à une vision globalement sombre comme souvent chez VINAVER.

Si le rythme est parfois lent et si le final en laissera certains sur leur fin, LES VOISINS est une des ces pièces de grande qualité qui font le succès du POCHE MONTPARNASSE depuis sa réouverture il y a deux ans et qui font de ce lieux un de mes préférés tant on y est quasiment jamais déçu.
23 oct. 2015
8,5/10
153 0
Connaît-on vraiment les gens qui nous sont proches ?
Connaît-on vraiment ses voisins avec qui l'on partage une terrasse commune depuis au moins quinze ans ?

C'est à cette principale question que nous fait réfléchir Michel Vinaver, ce jeune et indispensable auteur de théâtre de 88 ans, dans cette pièce écrite en 1983 et créée trois ans plus tard dans une mise en scène d'Alain Françon.

Blason et Laheu, en effet, les personnages principaux, se côtoient depuis pas mal d'années.
Une soudaine péripétie va les pousser à se découvrir l'un vis-à-vis de l'autre, tout en rapprochant leurs deux enfants, et en mettant en exergue l'une des fascinations de Vinaver : le pouvoir et les dangers de l'entreprise et de l'argent. (Ici, l'or, en l'occurence...).

Marc Paquien nous propose une magnifique et subtile mise en scène « minimaliste », qui met incroyablement en valeur Lionel Abelanski et surtout Patrick Catalifo.
Les deux acteurs, chacun dans leur registre font passer toutes sortes d'émotions pendant cette heure et demie que dure la pièce. (Catalifo tout en force et en véhémence, Abelanski étant plus dans l'intériorisation...)
Mais les deux « petits jeunes », Alice Berger et Loïc Mobihan, sont eux aussi épatants : la scène « à quatre pattes » est assez bouleversante...
( Je rappelle également que lors de la création, le rôle de Mobihan était interprété par un certain.... Charles Berling, Anouk Grinberg, la propre fille de l'auteur interprétant celui d'Alice. )

Paquien, dont on se souvient de la sublime « Antigone » voici trois saisons à la Comédie Française, va à l'essentiel : le texte, le texte, le texte !
J'ai été véritablement subjugué par la façon qu'il a de faire s'approprier à ses comédiens un texte apparemment anodin, et pourtant lourd de sous-entendus, de chausse-trappes, d'évocations de personnages absents mais récurrents...
Et il le fait en leur demandant énormément de subtilité, sous d'apparents gros traits de caractère.
Ça sonne juste, ça sonne vrai, ça sonne bien !

Dans la plaquette qui est remise avant le spectacle, le metteur en scène évoque l'évidence et son envie de travailler un texte de Vinaver. On comprend bien pourquoi.

Alors évidemment, il y a cette fin.
Cette fin « ouverte », cette fin qui n'en est pas une et qui pose peut-être la vraie question : le pourquoi de tout ça ?
Je ne dévoilerai évidemment pas mon point de vue, et/ou ce que je pense avoir compris, mais l'un des mérites du théâtre de Vivaver est à mon sens de continuer une fois les applaudissements terminés.

C'est bien entendu le propre des grands auteurs, et c'est le propre des grands metteurs en scène de permettre aux spectateurs que nous sommes ce paradoxe théâtral.
21 oct. 2015
4,5/10
137 1
J'aime beaucoup le théâtre de Michel Vinaver, j'ai été un peu déçu par cette pièce qui laisse un goût d'inabouti. D'autant que sa fin surprenante dans le mauvais sens du terme semble complètement incongrue avec le reste de l'histoire.

Les comédiens sont bons mais leur jeu, demandé sûrement par le metteur en scène, est trop appuyé, passe trop en force en cris et en hystérie pas forcément justifiés par le texte ou les situations. Le jeune comédien interprétant Ulysse joue toute la première partie de la pièce les mains dans les poches ce qui est très agaçant.

Enfin la mise en scène est heurtée, le texte parfois inintelligible et les scènes trop découpées avec une musique lancinante qui revient sans cesse interrompant sans arrêt l'action ce qui nous empêche de rentrer complètement dans le sujet.
21 sept. 2015
7,5/10
143 0
Les Voisins est une pièce caractéristique du Théâtre de Poche. Si vous connaissez le lieu et que vous aimez sa programmation, vous ne serez pas déçus !

Cette pièce est de qualité et possède de très bons acteurs qui subliment ce texte.

Malheureusement la fin ne va pas de soi... Elle arrive comme un cheveu sur la soupe en nous laissant plus d'interrogations qu'autre chose.
Je me rappelle que j'avais eu la même sensation pour The Servant.

Du coup, après le tomber de rideau, on y repense, on en discute et la pièce vit encore à travers nous !
Elle demande donc du temps pour l'appréhender et en être satisfait...

Les Voisins est une bonne pièce qui interroge sur la promiscuité avec les autres, la confiance qu'on peut leur accorder et surtout sur l'argent ! Mais attention si vous aimez les fins qui sont nettes, sans interrogation, passez votre chemin !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor