L'effort d'être spectateur

L'effort d'être spectateur
De Pierre Notte
Mis en scène par Pierre Notte
Avec Pierre Notte
  • Pierre Notte
  • Théâtre du Rond-Point
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
Itinéraire
Billets à 30,00
À l'affiche du :
6 novembre 2019 au 1 décembre 2019
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:30
    • 18:30
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Ici, spectateur, je suis peut-être plus intelligent qu’ailleurs. 

Pieds nus, sous un chapeau haut de forme, il annonce qu’il vient faire la différence entre un porc et un spectateur. Acteur, performeur ou conférencier, Pierre Notte met à l’épreuve la salle, propose une étude de la sociologie du public et de ses comportements, met en demeure chaque spectateur d’y penser et d’en rire avec lui.

 

Note rapide
7,9/10
pour 6 notes et 6 critiques
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Note de 4 à 7
33%
4 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
15 nov. 2019
7/10
1 0
Pierre Notte nous fait ressentir ce qu'est le spectateur pour le comédien. Une satire du rôle que l'on prête au spectateur vu par le comédien. Pour les passionnés de théâtre et pourquoi pas les curieux...
12 nov. 2019
7/10
1 0
Tu me crois, tu me crois pas, Hier soir, j’étais au théâtre.
Toi Jean-Louis ? T’es sérieux ?
Ben ouais ! Tu sais, c’est ces histoires de disonsdemain.fr, mon site de rencontre-là.
Ah oui. Et bein, elle devait être sacrément sexy la dame pour que t’ailles au théâtre !
Canon, sexy, chaude presque. Elle s’appelle Sophie, 51 ans, vraiment sympa. Elle aime la Suze tonic et le théâtre !
Ah c’est d’elle que vient l’idée du théâtre ?
Oui, on va dire qu’elle me l’a vivement « suggéré ». Moi, tu penses, la dernière fois que je suis allé au théâtre, j’étais au collège. C’était il y a plus de 40 piges, René !
Et alors ?
C’était chaud ! Bon, déjà, on arrive au théâtre, Claire connaissait tout le monde. Elle a embrassé la moitié de la salle, elle a dit bonjour à l’ouvreuse, la totale. Moi je trouvais ça plutôt sympa. Tu te rends compte, elle me présente ses amis au premier rendez-vous !
Puis la pièce a commencé, c’était ce qu’ils appellent un seul en scène. Un bonhomme seul, tout en noir, a commencé à parler, voire à interagir avec nous. Il nous posait des questions, plutôt sympa le mec. Et le sujet était intéressant : En fait, il analysait ce qui fait que le spectateur réagit, ce qui le rend heureux, presqu’acteur de la pièce finalement. C’était plutôt chouette, et puis ça me valorisait. Bon il parlait vraiment trop vite. Mais c’était intelligent René. Il m’a notamment fait réaliser que le théâtre est un des rares endroits où l’on utilise la vue mais avec son imagination. Au cinéma, tu vois le bateau ou la piscine. Au théâtre, on te dit qu’il est là, que c’en est une. Et tu y crois. C’est vrai hein ?
Pas faux. C’est malin ça.
Ouais, mais après ça a dérapé. Il est passé un peu du mec sympa et ludique au prof de fac qui te fait un cours magistral. Et là j’ai plus rien pipé dedieu ! Que des noms que je ne connaissais pas. Le plus chaud, c’est quand il a demandé dans la salle, nos premiers souvenirs / émotions de théâtre. Quand il m’a demandé, j’ai dit « Molière, les précieuses ridicules ». La salle a éclaté de rire. Sophie aussi. Je ne m’attendais pas à être drôle ! il doit y avoir une blague sur JB Poquelin dans le milieu.
Et puis, il m’a demandé : « quel metteur en scène ? » Et là… tu vois, je ne pouvais pas leur dire que c’était il y a 40 ans, j’avais l’air d’un con…. Alors j’ai dit « C’était ma femme » … t’aurais vu la gueule du mec. Heureusement, il a pas osé relancer !
Merde, Jean-Louis, tu fais encore la technique du veuf pour choper ? T’en as pas marre ?
Bein tu crois quoi René, j’étais assis à côté d’une femme qui connaissait tous les noms qu’il a cité. Moi, je m’en fous. Je me suis dit, tant pis : VATOU. J’ai allumé la mèche. Et ça m’a facilité le débrief. Plutôt qu’elle voit mon ignorance, elle me trouvait fragile. C’est pas beau ça ?
Et alors, tu l’as sauté ?
Ah non ! Ne sois pas vulgaire René !... Mais ça s’est bien terminé… Et puis, tu veux que je te dise ? Je vais retourner au théâtre.
8 nov. 2019
9/10
1 0
Pierre Notte, sympathique et souriant accueille son public avec chaleur. Il aide à l’installation, serre deux ou trois mains et attend sagement que tout le monde soit prêt. Il interroge ensuite : « Est-ce que vous êtes là volontairement ? Est-ce que tout le monde sait ce qu’il vient voir ? ». Puis il précise : nous allons assister à une conférence et d’ailleurs il a fait son travail de recherche auprès de quelques auteurs et philosophes : Deleuze, Lagarce, Kaplan, Koltès, Cormann, Pommerat… la liste est longue.

Commence alors un voyage captivant au sein de ses réflexions, une étude sociologique très personnelle et érudite sur le public. L’individu spectateur est étudié, décortiqué, trituré, analysé. Tout y est abordé : sa relation avec le spectacle qu’il vient voir, ses objectifs, ses droits, ses devoirs, ses besoins, ses attentes…

Dans cette étude théorique sur le théâtre, chacun a sa place, sa mission et ses responsabilités : les acteurs, les metteurs en scène, les responsables politiques, les critiques… et bien sûr le public, entité vivante et pensante, qui a son rôle à jouer, son effort à fournir.

Pour appuyer ses idées il emprunte les mots d’autres grands auteurs, vivants ou morts, qui se sont penchés sur le sujet mais il partage également avec nous ses propres pensées et les conclusions de son analyse sur la question. L’expérience pourrait paraitre pompeuse voire barbante mais le résultat est jouissif, très drôle et passionnant. Pour illustrer son propos Pierre Notte truffe son discours d’anecdotes et nous raconte ses propres expériences, ses réussites comme ses échecs avec humour, autodérision et sensibilité.

Le ton est léger, presque badin, mais en même temps le sujet est intelligent, complexe et très dense. C’est un seul en scène généreux dans lequel Pierre Notte est multiple : acteur, circassien, conférencier, critique… Il nous pousse, nous spectateur, dans nos retranchements, nous fait rire et réfléchir dans la même minute, et la concentration nécessaire pour le suivre nous laisse épuisé mais comblé.

Cette pièce pleine d’ironie qui interroge avec bienveillance et pertinence sur les pratiques artistiques et culturelles de manière à la fois détachée et engagée est fine, un brin élitiste (mais le public du Rond Point s’y reconnaitra) et stimulante.

Difficile de ne pas tomber sous le charme plein de malice et d’intelligence de ce brillant saltimbanque.
7 nov. 2019
9/10
15 0
« Hamlet, ça vous dit quelque chose ?
Shakespeare, ça va ? »
Voici en quels termes s'adresse à nous Pierre Notte !

Ca devait bien arriver un jour !
L'auteur-compositeur-metteur-en-scène-comédien, ex-animateur-journaliste-Secrétaire général de la Comédie Française devait bien un jour nous livrer sur un plateau ses écrits théoriques concernant le théâtre, dans une forme qui tient à la fois de la conférence, du one-man-show, de la performance, d'une rencontre avec son public.

Ses écrits, résultants de prises de paroles tenues ici et là, surtout là, viennent d'être rassemblées au éditions des Solitaires intempestifs, sous le titre qui a évidemment inspiré le titre éponyme du spectacle. Le tout formant son premier ouvrage théorique sur le sujet.
Ces textes , Pierre Notte les a adaptés pur la scène.

Après un petit prologue très drôle, hors plateau, et ce, afin de nous permettre d'être au clair (mais est-ce si certain, finalement ? ) sur ce que nous sommes venus faire dans la Salle Roland Topor du Rond-Point, il entre à la fois dans le vif du sujet et sur la scène-ring où l'attendent notamment un cerceau, un tabouret, un mélodica, un chapeau-claque, un harmonica, des escarpins à paillettes et à talons hauts.
Et surtout, deux gants de boxe rouge vif.

Nous est asséné un étonnant postulat ferme et définitif : un spectateur qui paye sa place au théâtre, est avant tout un homme ou une femme qui vient travailler.

Dans un premier temps, et de façon souvent hilarante, il va nous détailler une sociologie et une approche comportementaliste du spectateur.
Cette espèce d'humains, il la connaît bien.
Il sait de quoi il parle, il en a vus par milliers.

Et puis surtout, lui aussi est un spectateur impénitent.
La relation public-comédien, et réciproquement, il sait de quoi il parle
D'autant qu'il appelle à la rescousse nombre de collègues-auteurs, comme Lagarce, Badiou, Kaplan, Koltès ou encore Cormann ou Genet.
(Un runing-gag épatant pour situer le niveau est souvent réalisé avec le gant de boxe de la main droite.)

Un autre propos de cette heure et dix minutes est aussi d'aborder le travail de l'acteur, de l'auteur, du metteur en scène, des artistes, avec pour prisme cette prodigieuse rencontre dans une salle plus ou moins obscure (et les étranges rapports qui s'en suivent) avec un public.

Le propos de Pierre Notte est passionnant, très documenté, et se base donc sur sa propre fréquentation des théâtres subventionnés ou privés.

Devant nous, se tient une sorte de clown-sociologue pas triste du tout, à la fois très drôle, passionnant, pédagogue et ludique au possible.
On sent en permanence son plaisir, sa jubilation, sa joie de donner un tel spectacle.

Ses yeux bleus rieurs, pétillants, malins, jaugent en permanence la salle, et spécialement hier soir, deux des plus grands comédiens français présents dans la salle.

Oui, le rire va être le vecteur de beaucoup d'érudition (je pèse ce substantif ), de recul et de considérations sociologiques très pointues.
De grands moments vont émailler le spectacle comme par exemple le rapport entre Tchekhov et un révolver, la perception de la nudité sur une scène, les grandes catastrophes du répertoire classique exprimées en trois temps (c'est véritablement hilarant ), ou encore les adresses au public ou à un certain Finkielkraut, qui je pense, ne devrait pas se risquer à venir voir le spectacle...

Dans un final très physique, (on comprend alors l'utilité du cerceau), Pierre Notte nous livre un plaidoyer pour son besoin au théâtre de recevoir une histoire, de sentir la délicate et troublante relation entre la vérité, le faux et le mensonge, ainsi que sa volonté de voir jouer les comédiens avec leur trou du cul (je cite, et vous laisse découvrir...).

C'est un spectacle qui rappelle également que le théâtre est un vecteur essentiel du vivre ensemble, et que ce que l'on voit sur scène est pourvoyeur de ponts, de passerelles culturelles et citoyennes.

Il faut absolument aller applaudir la performance de Pierre Notte !
C'est un spectacle qui associe de façon épatante la forme et le fond.

Ah ! J'allais oublier !
Durant ces soixante-dix minutes, seront exprimés un certain nombre de calembours, n'est-ce pas Bernard Dort...), d'à-peu-près et autres jeux de mots revendiqués.

Afin de conclure ce papier, je vais personnellement me risquer à en émettre un, parce qu'après tout, il n'y a pas de raison :
Notte ? Je dis Yes !
9,5/10
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... Immanquable ! Vu à Avignon ! Un spectacle-conférence, une performance-conférence, une conférence spectaculaire, quelle est donc cette rencontre passionnante ? Quelle qu’elle soit, je la conseille vivement. Un grand moment.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor