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Le Personnage Désincarné

Le Personnage Désincarné
De Arnaud Denis
Mis en scène par Arnaud Denis
Avec Marcel Philippot
  • Marcel Philippot
  • Audran Cattin
  • Serge Noël
  • Théâtre de la Huchette
  • 23, rue de la Huchette
  • 75005 Paris
  • St-Michel (l.4, RER B et C)
Itinéraire
Billets de 23,00 à 41,00
Evénement plus programmé pour le moment

Thriller théâtral. En pleine représentation, un personnage se révolte contre son auteur.

Il refuse le destin qui lui a été tracé. S'engage alors un rapport de force entre l'écrivain et sa créature.

 

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La critique de la rédaction : 4/10. Je déteste quand le théâtre se regarde le nombril.

Dans cette pièce, un auteur parle à son personnage. Ils dissertent sur le sens qu'il faut donner au texte, le personnage se demande ce qu'il fait sur scène, souhaite contrôler son destin mais n'y parvient pas.

J'ai trouvé les dialogues assez insipides, ils ne m'ont rien fait ressentir car aucune réelle conversation ne s'installe entre les protagonistes. Chacun ne s'intéresse qu'à son propre sort. Les scènes s'enchaînent sans fluidité, aucun sujet, ni intrigue ne m'ont tenu en haleine.

Dans cette introspection, l'image donnée du théâtre n'est à mon goût pas bonne car l'auteur est pédant et son personnage ne nous est pas sympathique.

Je me suis ennuyé. Heureusement, les comédiens jouent bien et la mise en lumière était plutôt esthétique.

Note rapide
7,1/10
pour 9 notes et 7 critiques
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1 critique
Note de 4 à 7
33%
6 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
28 nov. 2016
7/10
24 0
Pirandello avait déjà bien du mal avec ses six personnages en quête d’auteur…
Arnaud Denis propose le duel entre un personnage et son auteur, la révolte de ce jeune homme, qui ne veut pas de la fin morbide que lui impose la pièce.
Sur scène, la représentation débute, et entre deux silhouettes immobiles, un jeune homme s’arrête, cherche autour de lui, semble étouffer, lorsque l’auteur en personne dans la salle, intervient et lui intime l’ordre de reprendre son rôle tel qu’il est écrit !

L’auteur, un homme très à cheval sur son texte, pas question de faire n’importe quoi, et son personnage qui ose le défier, qui pleure même, qui hurle qu’il ne veut pas de cette fin, c’est alors que le régisseur intervient à son tour, choqué par le cynisme de l’auteur.
Le jeune homme aidé par le régisseur, entreprend de piéger l’auteur, jeu du chat et de la souris, qui mangera l’autre ?
Dans ce bijou de théâtre qu’est La Huchette, Arnaud Denis, intervient dans tout l’espace du théâtre, la scène bien sûr, la salle, la régie, les coulisses. C’est autant un bel hommage au métier de comédien qu’à celui d’auteur.
Les comédiens sont excellents, avec un coup de cœur pour Marcel Philippot, autant à l’aise dans la comédie légère que dans le drame.

Par contre j'ai préféré la seconde partie à la première.
25 oct. 2016
8,5/10
58 0
L’atmosphère est sombre dans le petit théâtre de la Huchette. Sur scène, deux personnages tournent le dos aux spectateurs. Un troisième entre et commence à parler. Soudain, il s’arrête, et se rebelle. Lui, personnage d’une pièce qu’il n’a pas écrite, ne veut plus subir le sort que l’auteur lui a réservé. Lui, le personnage soumis, décide qu’il ne peut pas mourir ainsi, tous les soirs, et n’être rien d’autre qu’une marionnette désarticulée entre les mains de son maître. L’auteur apparait alors par une porte de la salle : il affirme, exige, assène : il est le maître, le créateur, il écrit, il décide. Le jeune homme doit se plier au texte, accepter son destin de personnage, et donc se suicider, comme l’a écrit l’auteur. S’ensuivra alors une longue confrontation entre les deux personnages : le jeune homme refuse son sort, l’auteur veut le convaincre de se tuer.

Avec le Personnage désincarné, Arnaud Denis dépasse la thématique pirandellienne et entraîne le spectateur vers une destination plus méandreuse et sinueuse que la pure mise en abyme du théâtre dans le théâtre. Au fil des phrases, la confrontation devient affrontement et les deux hommes entament une partie obscure où chaque adversaire analyse, feinte, attaque, esquive, jusqu’à la mort subite.

Glaçant, implacable, Marcel Philippot excelle dans le rôle de l’auteur-créateur tortionnaire. Le jeune Audran Cattin bascule toujours avec justesse entre fougue adolescente, rébellion, soumission et résignation : un comédien à suivre. Grégoire Bourbier intervient toujours à propos en troisième homme qui tente d’infléchir le cours des choses.

Le décor est très sobre : deux mannequins de dos représentent les autres personnages de la pièce : poupées de cire soumises, dociles, silencieuses alors qu’un judicieux effet de perspective pour la porte de fond de scène accentue l’effet miroir de la mise en scène, souligné par un éclairage tout en ombres et lueurs.

Le tout sert impeccablement une mécanique du trouble jeu où s’entremêlent un écheveau de thèmes comme le processus de création, l’influence du subconscient dans l’écriture, la fatalité et son acceptation ou son refus, le rapport filial et l’émancipation. Faut-il tuer le père, faut-il se soumettre à son destin ? A-t-on tous un créateur ? Une écriture toute en trompe-l’œil qui happe le spectateur, impeccablement servie par les comédiens. A voir.
20 oct. 2016
8/10
38 0
Qu'un personnage se rebelle contre son auteur et prenne l'ascendant sur lui, ce n'est pas très original. A commencer par Pinocchio qui donne bien du souci à son créateur de papa. En continuant avec Six personnages en quête d'auteur écrite par Luigi Pirandello en 1921. J'ai songé un instant que la soirée allait être convenue. Pas du tout !

Le travail des comédiens (on se retient d'employer le terme d'incarnation) est si prodigieux qu'on pourrait jubiler si le sujet n'était pas aussi dramatique.

Car il est question de vie ou de mort, de l'effroyable bilan que l'on peut faire d'une vie. l'auteur passe sans ménagement de l'ombre à la lumière, foudroyé par la prise de conscience d'avoir manqué à son devoir de père.

L'interprétation ne bascule jamais dans le pathologique. Marcel Philippot, Grégoire Bourbier et Audran Cattin méritent nos applaudissements.

Le spectacle est présenté comme un thriller théâtral. Les interventions intempestives d'un régisseur comme de l'auteur (tous deux comédiens) bouleversent parfois le public avec des paroles brutales : Rien de ce qui se passe n'est pour de vrai. je parle à un personnage, pas à une personne. C'est entendu ?

La vraie question sera posée à la tout enfin : Est-ce que j'ai réussi à me faire aimer ?
20 oct. 2016
9/10
155 0
Le théâtre dans le théâtre !

Depuis Shakespeare et le « Songe d'une nuit d'été », voilà bien-là un thème qui a inspiré nombre de dramaturges.

C'est au tour d'Arnaud Denis de s'être remarquablement emparé de ce sujet.
Il nous présente trois personnages, dont un qui n'est pas en quête d'Auteur, avec un grand A, puis qu'il est là, cet auteur !
La pièce commence, et lui débarque dans la salle de façon intempestive.

Un dialogue s'installe.
Bien obligés de dialoguer : son comédien se rebelle.

Comment ! On ose tenir tête à la toute puissance du Créateur ?
Vous plaisantez !
Quelle outrecuidance !

D'autant que le régisseur surgit lui-aussi du fond de la salle.

Lui le sait bien que cette rébellion est écrite.
Il va pousser notre acteur à vraiment couper les ponts pour de bon avec son géniteur littéraire.

Là encore une mise en abyme s'installe, vertigineuse, prodigieuse.

Bien entendu, vous vous en doutez, je ne vous dévoilerai la fin de la pièce...

Il est ici question de libre-arbitre.
Peut-on échapper à son destin, peut-on se libérer de son Créateur, au théâtre comme dans la vraie vie ?
Ce créateur existe-t-il, d'ailleurs ?

Le texte de Denis est on ne peut plus intelligent, malin, mais aussi troublant et générateur de questionnement.

Qui tire les ficelles, qui est qui, et réciproquement ?

Ici, l'affrontement est double.
Sur la scène du comédien et dans la vie de son auteur, qui lui aussi connaît un vrai dilemme sur le thème de la filiation, de la paternité pour le moins compliquée.

Pour tirer le meilleur de ce texte, il fallait qu'Arnaud Denis s'adjoigne les services de trois acteurs irréprochables, capables d'incarner ces multiples illusions théâtrales, ces matriochkas dramaturgiques.

Marcel Philippot, l'Auteur, est époustouflant, comme à son habitude.

De sa voix si caractéristique (« Je l'aurai, un jour, je l'aurai », dans le Palace de Jean-Michel Ribes, c'est lui...) de sa voix caractéristique, donc, il est le personnage.

C'est lui. D'une façon évidente. Il restera à jamais celui qui a créé ce rôle.
Arrogant, bouffi d'orgueil, dans la toute-puissance.
Mais dans la dernière partie de la pièce, Philippot changera son jeu du tout au tout. Le voici émouvant, faisant pitié, jusqu'au dénouement final.

Les deux « petits jeunes » qui lui donnent la réplique sont à l'avenant.
Et pour tenir tête à Marcel, il faut l'être.

Audran Cattin incarne le personnage frondeur. Lui aussi sait nous émouvoir.
On est de son côté, son jeu et son talent font qu'on voudrait vraiment que ce personnage-là réussisse à s'émanciper.
J'aurais bien eu envie de l'aider, comme le fait Grégoire Bourbier, lui aussi irréprochable dans le rôle du régisseur.

Cette pièce est vertigineuse, faites de multiples d'imbrications intelligentes, génératrice de bien des réflexions.
On est là dans l'essence même du mécanisme de création théâtrale, avec un vrai questionnement sur les rapports ambigus du dramaturge et de sa créature.

Une pièce originale, profonde et indispensable.
15 oct. 2016
9/10
29 0
On m'avait dit beaucoup de bien de ce "Personnage désincarné" d'Arnaud Denis, mais le spectacle est encore meilleur que ce que j'attendais. Je savais, pour avoir vu Arnaud Denis jouer ou mettre en scène, que les acteurs seraient bien dirigés, que le metteur en scène (l'auteur lui-même) aurait utilisé au mieux les (faibles) moyens de cette petite salle de La Huchette, mais je n'imaginais pas que le texte serait d'une telle qualité et d'un tel intérêt.

C'est une pièce sur le théâtre, qui repose sur un jeu constant, parfois vertigineux, entre l'illusion et la réalité, qui fait du théâtre le révélateur de la vérité tout en plaçant les personnages (et les spectateurs en sont) sur la scène d'un vaste Théâtre du monde dont un grand auteur mystérieux tire les ficelles. C'est très troublant.

Dit ainsi, cela pourrait paraître conceptuel, abstrait, intello, bref possiblement ennuyeux, mais le texte est bien construit et manifeste un grand talent dramatique: c'est très écrit, et pourtant toujours parfaitement "en bouche", naturel. Construit en deux panneaux, il joue sur la répétition, soir après soir de cette pièce que nous voyons, tout en déjouant nos attentes. Un auteur sûr de lui veut remettre à sa place un personnage qui demande son émancipation, mais jusqu'à quel degré le contrôle-t-il? Un personnage, poussé par le régisseur, prend le pouvoir sur son auteur, prenant même la salle à témoin de ses faiblesses, mais n'est-ce pas un "jeu" dangereux? On est vraiment tenu en haleine par la relation entre ces deux personnages, d'autant que le texte mêle tension, voire tragique, et un humour très fin. L'auteur nous mène vraiment à sa guise!

Les deux acteurs principaux sont excellents, dirigés de main de maître. Marcel Philippot, avec la prestance un peu vaniteuse qui a fait sa réputation, est très bon dans le personnage de l'auteur plus fragile qu'on ne croirait. Audran Cattin (dont, seul bémol, la diction n'est pas excellente au début) a un côté chien fou très moderne. L'affrontement est en effet aussi celui des générations... L'espace scène-salle est utilisé avec brio, les lumières sont belles, et le public de La Huchette manifeste à la fin un enthousiasme très mérité.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor