Le maître et marguerite

Le maître et marguerite
De Mikhaïl Boulgakov
  • La Scala
  • 13, boulevard de Strasbourg
  • 75010 Paris
  • Strasbourg Saint-Denis (l.4, l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 13,00 à 42,00
À l'affiche du :
28 mai 2020 au 20 juin 2020
Jours et horaires
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Le Diable est en visite dans le monde.

Et autour de Woland – c’est son nom – s’entre-tissent trois récits: l’un relate la sinistre sarabande dans laquelle Moscou, dans les années trente, se trouve entraînée; l’autre, l’amour du Maître pour Marguerite et un troisième, l’histoire de Ponce Pilate, dont la rédaction a rendu fou ledit Maître…

 

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Toutes les critiques
9/10
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Spectacle puissant sautant de registre en registre. Du drame au vaudeville, de la poésie à l’animation de supermarché, de la magie au soap opera. Tout est brillamment entremêlé et cohérent. L’histoire agit sur le spectateur sans qu’il comprenne qu’il n’y peut être rien à comprendre.
Moins touffu et plus clair que le roman de Boulgakov (évidemment il a fallu simplifier).
L’adaptation de Mendjisky est une grande réussite.
12 août 2018
8,5/10
25 0
Igor Mendjisky a adapté Le maitre et Marguerite. Il en a imaginé une mise en scène très foisonnante.

La pièce sera en tournée à la rentrée et vous pourrez par exemple le retrouver les 12 et 13 mars 2019 au Théâtre Firmin Gémier La Piscine de Chatenay-Malabry (92).

Igor est jeune (35 ans), est comédien et metteur en scène, d'origine polonaise ... et ce qu'il aime le plus c'est raconter une histoire. Le chef d'oeuvre de Boulgakov était une mine pour réfléchir à une scénographie qui relève (positivement) de la performance (les puristes diront qu'il s'agit d'un théâtre de tréteaux), avec parfois l'accent de l'improvisation.

Certaines scènes sont d'ailleurs réinventées chaque soir en fonction des interactions avec le public, invité à monter sur scène. La disposition trifrontale facilite la proximité entre les comédiens et les spectateurs dès leur entrée dans la salle. On remarque notamment Ivan (Igor Mendjisky) qui scrute silencieusement l'assemblée, assis sur une simple chaise, dans un des coins.

L'intrigue est complexe parce que trois histoires se croisent et que de nombreux passages sont dans une autre langue que le français (parfois en araméen, mais toujours surtitrés) comme la rencontre entre Ponce Pilate et Yeshoua Ha-Nozri (Jésus). On suivra tant bien que mal l’histoire d’amour entre le Maître et Marguerite. Et Moscou des année trente ressuscitera par moments.

Du coup je ne décrirai pas l'enchainement des scènes.

Je me limiterai à dire combien certaines sont belles, poétiques, à la limite du surréalisme, par exemple quand le magicien Woland (Romain Cottard) suggère à Marguerite de devenir une sorcière et qu'on la voit chevaucher un balai et s'envoler. Il a auparavant multiplié des tours de magie noire, avec pour conséquence de nous montrer un oeil à l'envers et d'envoyer Ivan dans un asile psychiatrique et Berlioz à Yalta. Et juste avant il aura secoué nos consciences en posant un billet de 5 euros sur une chaise et annoncé que le spectacle ne reprendrait qu'une fois que quelqu'un aura osé monter le prendre.

Comme ça marche il récidive avec 20 euros ... et même 100. Vous voilà informés. Entrainez-vous à courir et à sauter.

Certains moments sont carrément loufoques. J'ai été surprise d'entendre l'énorme succès de la star portoricaine Luis Fonsi de l'année dernière sur les ondes, Despacito (et non pas El Pasito comme j'ai pu le lire ...) avec l'invitation au public de danser si le coeur lui en dit.

La musique est d'ailleurs étonnamment utilisée au cours du spectacle : chaque tableau est introduit par une musique. Avec beaucoup d'éclectisme entre la Marche hongroise de la Damnation de Faust de Berlioz, Sympathy For The Devil des Rolling Stones (dont les paroles sont "raccord" avec la pièce puisqu'il y est question de Jesus-Christ et de Pilate), Ameno qu'Era a créé en 1996, et puis à la fin Just a perfect day, entendu pour la troisième fois au théâtre en quelques semaines (dans Papa va bientôt rentrer et dans le Lauréat), entonné par un mystérieux gros chat (Alexandre Soulié) et qui fait écho à Une si belle journée dont il est question au début du spectacle.

C'est sur cette chanson, interprétée avec originalité, mais qui ne plaira pas aux puristes qui ont en tête la voix de Lou Reed, que la soirée prend fin alors qu'un ciel de feu irradie sur le cyclo en fond de scène. J'ai retenu la réflexion d'une spectatrice en sortant de la salle : c'est particulier.

Le qualificatif résume bien ce théâtre parfois déroutant, toujours créatif, élégant et souvent onirique, servi tambour battant par des comédiens excellents qui nous interrogent sans répit sur le bien et le mal. le metteur en scène souhaitait que le spectateur soit placé au cœur de la folie de Boulgakov. On dira que c'est réussi.
2 juin 2018
8/10
13 0
La mise en scène permet de mettre en avant ces artisans de l’illusion comme le diabolique et hypnotisant Romain Cottard. Il s’illustre avec éclat du rôle de Diable. Sans oublier l'intriguant Pierre Hiessler, l'éblouissant chat Alexandre Soulié, le talentueux conteur Yuriy Zavalnyouk, une assistante diabolique Pauline Murris ainsi que la délicate Esther Van den Driessche. Et Igor Mendjisky, touchant comédien et extraordinaire metteur en scène va aider à montrer l’illusion.

Comment être à deux endroits dans des pays différents ? On traverse le plateau pour aller un peu plus loin devant un fond vert. L’écran en fond de scène montre un magnifique décor à la plage. Puis quelques instants plus tard, le revoilà sur le devant de la scène. Magie. Et tout est de l’ordre de cet acabit avec une scène surélevée, quelques luminaires, des chaises, des écrans de surtitrages… Pas besoin d’énorme moyen quand on sait utiliser intelligemment toutes les choses et que l’on sait diriger les comédiens. L’espace s’occupe et se transforme au gré des scénettes. Et si on ne le voit pas, votre imaginaire comblera le reste. Pour passer d’un lieu à un autre, on bouge la chaise et l’éclairage et l’illusion opère immédiatement.

Le metteur en scène a dit lors d’une interview : « Je veux que le spectateur soit placé au cœur de la folie de Boulgakov. ». C’est un pari réussi.
21 mai 2018
7/10
35 0
Je suis le travail d’Igor Mendjisky depuis longtemps : découvert par hasard au Théâtre Mouffetard quand celui-ci n’était pas encore consacré aux marionnettes, j’avais été très intéressée par son adaptation moderne de la pièce de Shakespeare, avec de belles trouvailles scéniques de sorte que des images me restent encore aujourd’hui. Par la suite, c’est pour ses formidables Masques et Nez que je l’ai essentiellement suivi, moments d’improvisations uniques et drôles, mais j’étais ravie de le retrouver à nouveau avec un grand roman classique dans les mains.

N’ayant pas lu l’oeuvre de Boulgakov, je découvrais l’histoire : étalée sur trois temps différents, elle est une sorte de parcours initiatique d’Ivan, le personnage principal, un auteur qui au début de l’histoire rencontre le diable et lui déclare qu’il ne croit pas en lui. Celui-ci prédit alors la mort de son ami Berlioz, et tandis que les deux amis continuent de le nier, la réalité les rattrape et la prophétie se réalise. Ivan, témoin de cette scène, tente alors de faire éclater la vérité au grand jour mais ne réussit qu’à se faire enfermer dans un asile de fous où il passera la suite de l’histoire. C’est dans cet asile qu’il rencontrera le Maître, ce qui donnera lieu à un deuxième temps – le temps de son histoire passée, la découverte de Marguerite, et, par la suite, les épreuves qui attendront sa bien-aimée. Enfin, le troisième temps semble totalement décorrélé du reste, et se situe à Jérusalem sous le gouvernement du procurateur Ponce-Pilate – c’est sans doute la partie qui m’a laissée le plus perplexe.

Décidément cette saison, je n’ai pas beaucoup de chance avec le diable : après le désastreux Faust de la Comédie-Française, ma deuxième rencontre de l’année avec le démon, si elle s’avère bien moins ennuyeuse, me laisse tout de même encore désappointée. Car si je ne me suis pas ennuyée le moins du monde durant ce spectacle, j’en ressors l’esprit – sinon vide – du moins pas franchement plus rempli qu’à l’arrivée. Je sens que je suis passée à côté de quelques sentences de ce texte, et je sens aussi que le choix d’adaptation et de mise en scène d’Igor Mendjisky n’y est pas pour rien.

Je suis donc un peu partagée. Il faut savoir que j’y allais le coeur léger : retrouver cet endroit utopique qu’est La Cartoucherie sous un soleil de début d’été est un véritable plaisir. Or l’état d’esprit dans lequel on découvre un spectacle est primordial : selon mon humeur, je sais que je peux être plus ou moins exigeante pour entrer dans un spectacle. Ici, clairement, je me suis laissée porter par ce qu’on me proposait, j’ai sauté d’un temps à l’autre avec aisance, j’ai participé aux jeux proposés par les personnages, j’ai apprécié les différents éléments de scénographie. En fait, durant tout le spectacle, je me demandais gaiment où tout cela nous menait, mais arrivée à la fin, je n’ai pas vraiment eu de réponse à ma question.

La proposition d’Igor Mendjisky est foisonnante : utilisation de la vidéo en direct, voix amplifiées au micro, projections, participation du public, images fortes créées sur la scène, tout est là pour ravir les yeux et les oreilles. Mais est-ce vraiment du Mendjisky que je vois là ? Les éléments qu’il utilise me font penser à Gosselin, à Bellorini, sans qu’une réelle harmonie les lie entre eux. Si j’apprécie le jeu avec le public, je ne peux m’empêcher d’y trouver un petit côté démago, ne saisissant pas toujours le rapport entre l’histoire et l’intermède proposé. Avec du recul, cela rend un peu comme s’il avait combiné un ensemble de « trucs à la mode » dans lesquels il n’a pas toujours su imposer sa patte.

En réalité, tout semble axé sur la scénographie… au détriment parfois des relations entre les personnages : ce ne sont pas tout à fait des pantins, mais ils semblent en tout cas dénués de tout sentiment. L’histoire d’amour entre le Maître et Marguerite, si elle est soulignée par un effet de neige visuellement agréable, ne transparaît pas du tout chez les comédiens, si bien que le spectacle se retrouve privé de toute émotion.

J’ai tendance à penser que le problème du spectacle réside dans son adaptation. Je ne connais pas le roman mais je suppose que, à la manière du spectacle qu’en a tiré Mendjisky, il jongle avec ces trois temps et ne suit aucune linéarité. Cela donne lieu à une adaptation composée de nombreux tableaux, ce qui peut facilement nuire au rythme de la pièce. Pour pallier ce problème, le metteur en scène a choisi l’abondance – cela a fonctionné sur moi, puisque j’ai suivi avec intérêt cette histoire, mais au détriment d’une part de morale qui m’a sans doute échappé. La scénographie, bien que très prenante, a finalement un petit goût artificiel qui vient combler une difficulté à traduire la pensée de l’auteur sur scène.

Cependant, Igor Mendjisky a su s’entourer d’une équipe qui fait plaisir à voir. J’aurais aimé qu’il fasse preuve d’autant de clairvoyance jusqu’au bout en ne se distribuant pas dans le rôle d’Ivan – sans être mauvais comédien, il est souvent dans le même registre et peine à donner plus d’une couleur au personnage d’Ivan, qui reste cantonné au sentiment de peur la plupart du temps. Mais à ses côtés, on retrouve un Romain Cottard très en forme : son diable-dandy fait grand effet et joue de son côté mystérieux pour impressionner tant ses camarades que le public !

Après avoir échangé de nombreux regards dans le noir avec Yuriy Zavalnyouk, je peux également saluer l’angoisse qu’il parvient à faire naître par ses coups d’oeil inquiétants. Chez les femmes, Esther Van den Driessche a su particulièrement retenir mon attention pour ses parties muettes dans lesquelles elle propose des parties dansées très gracieuses qui viennent ajouter encore à la beauté de la scénographie. Mention spéciale aussi à Alexandre Soulié pour la composition de son rôle de chat, dont la toilette récurrente trouve toujours son quota de rire dans le public !
13 mai 2018
7,5/10
28 0
Boulgakov adaptation d’Igor Mendjisky.
Politique, satirique, rocambolesque et réaliste.
Trois récits imbriqués et trois lieux.
Moscou des années 30 où le diable sous l'identité d'un mystérieux magicien nommé Woland fait éruption.
La Judée où le roman du Maitre contant l’histoire de Pilate nous mène.
L’enfer où nous conduira l’amour du Maitre et de Marguerite.
C’est une histoire d’amour mais aussi une histoire remplie de messages et de questionnements politiques, religieux et littéraires qui dénoncent l’état stalinien :
« Les manuscrits ne brûlent pas ! » malgré les interdits, ils seront là.
« Comprenez donc que si la langue peut dissimuler la vérité, les yeux - jamais! ».
« Si le mal n'existait pas, à quoi ressemblerait la terre, si on en effaçait les ombres ».
Parodie tragique, poétique et burlesque. La mise en scène est enlevée et dynamique. Woland, Romain Cottard, est majestueux et aérien. Nous tombons sous le charme de ce diable magicien. Ivan (Igor Mendjisky) nous plonge avec brio dès les premiers instants dans cet immense conte fantastique. Le Maître, Marc Arnaud, nous émeut et nous chavire.
Quelques interactions avec le public vous surprendront et vous enchanteront ou pas. Pour le savoir ayez la curiosité de découvrir ou de redécouvrir ce monument théâtral.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor