• Classique
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • Paris 1er

L'Avare

L'Avare
De Molière
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • 2, rue de Richelieu
  • 75001 Paris
  • Palais Royal (l.1, l.7)
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S'il est une maison de théâtre où l'on ne sait pas comment on doit jouer Molière, c'est bien la sienne.

Ce n'est pas une boutade, aucune ou aucun des sociétaires ou pensionnaires de la Comédie-Française n'affirmera jamais rien le concernant, la fréquentation quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, annuelle, décennale, séculaire de son théâtre imposant avant tout la modestie.

Note rapide
Toutes les critiques
7 avr. 2022
8,5/10
0
Drolatique, Dynamique , Réjouissant.
Comédie en 5 actes de Molière. Harpagon, riche vieillard, fait subir à toute sa maisonnée sa passion aveugle et tyrannique pour l'argent. Son avarice fait obstacle aux projets amoureux de ses enfants, le pousse à soupçonner ses proches et donne envie à ses serviteurs de le tromper. Représentée pour la première fois sur la scène du Palais Royal en 1668.
« La mécanique du rire, chez Molière, est d’abord contenue dans le texte lui-même. La qualité de l’écriture est immense. Mais on sait que Molière était aussi un grand comédien, et c’est pourquoi au texte s’ajoute le jeu physique des acteurs. » Lilo Baur
Entourée des merveilleux acteurs de la comédie française, Lilo Baur place le déroulement de cette pièce dans les années 50 au bord d’un lac dans une somptueuse demeure située non loin d’un golf.
Harpagon interprété avec brio par Laurent Stocker est banquier, un banquier qui se méfie des banques…
Un homme plein de paradoxes, il joue au golf qui est sport couteux mais n’est point prêt à faire de dépenses pour les autres, même pour la jeune Mariane qu'il souhaite épouser.
Laurent Stocker est époustouflant, c’est un Harpagon qui nous amuse de par sa gestuelle bouillonnante, ses tics et ses tocs, il met la salle en émoi et nous ravie.
Jean Chevalier que j’ai découvert dans l’Eveil du Printemps et que j’ai toujours grand plaisir à retrouver incarne avec talent et justesse Cléante dépité par ce père ayant pour seul intérêt sa cassette et malheureusement Mariane…

Avec finesse et grand talent Françoise Gillard ‘Frosine’ nous captive dans ce rôle d’entremetteuse coquine et futée.
Nicolas Lormeau ‘Maître Simon, courtier, Dame Claude, servante d’Harpagon et le Commissaire’ passe avec grande aisance d’un rôle à l’autre et nous réjouit.
Anna Cervinka ‘Mariane’ est impressionnante et égaye beaucoup la salle un verre à la main !
Alain Lenglet, Jérôme Pouly Serge Bagdassarian, Élise Lhomeau, Clément Bresson, Adrien Simion, Jérémy Berthoud sont tous formidables et nous enchantent.
La scénographie de Bruno de Lavenère est d’une belle esthétique et nous transporte dans le monde huppé des privilégiés.
La musique de Mich Ochowiak, les lumières de Nathalie Perrier ainsi que les costumes d’ Agnès Falque en accord parfais intensifient les émotions.
La mise en scène de Lilo Baur est burlesque, pleine de vitalité, de gaieté.
Nous passons un magnifique moment en compagnie de cette merveilleuse troupe.
7 avr. 2022
6/10
1
Bienvenue en Suiiiiiiiisse.

On va r’mettre l’église au milieu du villaaaaaaaage !

Ou Harpagon chez les Helvètes.

« Bon d’accord, on a l’impression d’avoir Christian Clavier en face de soi, mais on a besoin de légèreté en ce moment... », me confiait une spectatrice, hier soir, à la sortie du spectacle.

Totalement d’accord avec elle. Seulement voilà, va-t-on chez Molière pour trouver de la légèreté ?



Pour sa première incursion dans le répertoire du grand Jean-Baptiste, la metteure en scène helvète nous propose donc un Harpagon qui a tout des derniers personnages interprétés par Christian Clavier : les mimiques, les tics, les tocs, la démarche furieuse, sans oublier le costume pantalon clair , veste et gilet sombres de la même couleur…
Qui a eu cette idée : elle ou le comédien Laurent Stocker ? Nous ne le saurons probablement jamais

Bon. Va pour Clavier, donc.



Melle Baur a choisi de traiter cette comédie par le prisme du comique de situation.

Ici, ce qui semble importer le plus, ce sont les à-côtés du texte, c’est rire avec ce qui n’est ni écrit, ni dit, c'est rire avec des petits moments autres que ceux voulus par l'auteur.

Une illustration de mon propos : le personnage de Mariane (l’épatante Anna Cervinka) qui se retrouve complètement ivre à la fin de la pièce. Oui, le public rit.

Autre exemple : le toujours formidable Nicolas Lormeau, qui incarne les rôles de Maître Simon, mais surtout celui de Dame Claude et celui du Commissaire.

Ce qu’il fait est hilarant. Perché sur son escabeau, notamment, c’est lui qui attire toute l’attention, alors que nous sommes censés suivre surtout l’action principale. Oui, nous rions.



Un autre ? Une pelle ensanglantée que brandit notre avare tout à coup. C’est sans doute drôle.

Mais pourquoi ? A-t-il tué quelqu’un en coulisse, a-t-il assommé un voleur ? Pourquoi cette ellipse ?


Certes, Lilo Baur est une experte en matière de déclenchement de rires, mais était-il bien nécessaire d’en rajouter, alors que Molière se suffit largement à lui-même ?

J’ai trouvé que le texte, avec les fameuses tirades que l’on sait, passait un peu au second plan, après une multitude de petites scènes certes drôles, au devant ou au lointain du plateau, monopolisant l’attention et les rires.


C’est son choix.

Comme celui de changer quelques passages du texte original. Pourquoi pas, après tout, les grands auteurs sont fait pour être bousculés…


Seulement, j’ai trouvé que son Harpagon manquait d’épaisseur.
Il ne sert évidemment à rien de comparer, mais le personnage que nous montrait très dernièrement Michel Boujenah dans la mise en scène de Daniel Benoin au Théâtre des Variétés était autrement plus consistant, avec une fine analyse du conflit de générations (c’est avant tout le propos de la pièce, outre la dénonciation du défaut du héros), avec de plus une très belle fin qui nous faisait véritablement comprendre comment cet homme-là devenait l’archétype, le mythe de « l’avaricieux », comment le nom propre Harpagon devenait un nom commun.


Ici, le parti-pris de départ d’en faire un banquier suisse des années 50 était une riche idée, (c’est en tout cas ce qu’indique le dossier de presse…) mais curieusement, cette idée ne trouve pas d’aboutissements ou d’autres rebonds sur notre contemporanéité.

On reste aussi sur notre faim de ce point de vue là…


Deux personnages semblent avoir eu l’heur d’être vraiment travaillés finement : le Maître Jacques épatant de Serge Bagdassarian, et la troublante Frosine de Françoise Gillard.

Bien entendu, tous les comédiens français sont irréprochables, et font ce que leur a demandé de faire Lilo Baur.



La scénographie est dépouillée, avec une alternance bien connue de champs-contrechamps jardin/salon.
Une piscine, un green de golf avec sa voiturette électrique, de jolies guirlandes qui descendent à la fin du spectacle, sans trop qu’on sache finalement pourquoi…

Fallait-il traiter ce chef d’œuvre sur le mode de la farce burlesque et pocharde, fallait-il appliquer les mêmes recettes que la précédente mise en scène, réussie celle-ci, à savoir La puce à l'oreille, quitte à vider cet Avare de sa saveur et de son propos ?

Je ne le pense pas.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor