L'Affaire Courteline

L'Affaire Courteline
De Georges Courteline
Mis en scène par Bertrand Mounier
Avec Isabelle De Botton
  • Isabelle De Botton
  • Salomé Villiers
  • Raphaëlle Lemann
  • Bertrand Mounier
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 13,00 à 39,00
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Dans L’Affaire Courteline on ne s’attache pas au seul déroulement d’une histoire, mais on privilégie une exploration de l’oeuvre de Courteline.

On s’attardera ici sur trois grands thèmes chers à l’auteur : le ménage, les employés pour terminer en apothéose avec le judiciaire.

 

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Toutes les critiques
25 avr. 2018
8,5/10
9 0
Imaginez des vêtements qui pendent à Cour comme à Jardin. Et six comédiens perchés sur six tabourets, en pleine crise de fou rire. Qui commence par conter des blagues finit souvent par mentir dit l'un d'eux.

Amusez-vous, foutez-vous d'tout (...) La vie après tout est si courte... Cette chanson date tout de même de 1934 mais nous sommes nombreux parmi le public à l'avoir déjà entendue. Il faut dire que les paroles sont du grand Sacha Guitry (et de W. Heymans), musique de A. Willemetz, créée par Henri Garat et tirée de l'opérette Florestan 1er, Prince de Monaco.

Le spectacle alterne les saynètes et les chansons, chorégraphiées à la perfection. Le rythme est soutenu. Heureusement que les comédiens ne sont pas tous mobilisés par chaque scène parce que ce serait épuisant pour eux.

C'est une des qualités de cette Affaire Courteline que de permettre les changements de rôle et donc de personnages. Une autre est de nous faire entendre ce texte si savoureux, même après tant d'années, et qui a du inspirer plus d'un humoriste : S'il fallait tolérer aux autres tout ce qu'on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable.

On est étonné de découvrir qu'il y avait déjà des frotteurs dans les autobus, que l'employé, qui est loin d'être modèle, ose justifier une absence de 15 jours avec une mauvaise foi désarmante, je n'peux pas m'tuer pour 200 francs par mois. Plus tard un autre de ces personnages truculents prononcera une autre de ces répliques qui réjouissent le public : je ne vois nulle honte à être un vieux cochon mais beaucoup de ridicule à être un vieux imbécile. Ce sont tous des phénomènes. On a envie de se souvenir de chaque réplique pour la recaser ultérieurement. Cette dame à la drôle de philosophie est impayable : je ne pense jamais, ça me fatigue, ou si je pense je ne pense à rien.

Ils s'appellent Sigismond, monsieur Badin, les Proute, Bezuche, Eponine, Champignon, Canuche... Leurs dialogues sont, c'est vrai, truffés de mots à double entente (sic). Quand l'un affirme Plus je crois en ce que je ne comprends pas, son voisin répond : je ne crois qu'à l'absurde.

Les chansons sont de très jolis moments. Comme Je n'suis pas bien portant, écrite en 1932 par un comique troupier, Gaston Ouvrard, qui la chanta pendant soixante ans. On entendra aussi la chanson la plus connue de Colette Renard Les Nuits d'une demoiselle, régulièrement reprise par des artistes contemporains comme Victoria Abril, Clothilde Courau, Jeanne Cherhal ou Mathilde pour son premier album après The Voice. Ce pas de quatre aura été très applaudi, ce qui est mérité.

La Compagnie La Boîte aux Lettres nous régale une fois de plus, après son très réjouissant “Le jeu de l’Amour et du Hasard“, de Marivaux, en 2017 et qui m'avait enthousiasmée. La mise en scène de Salomé Villiers était très réussie. Elle est cette fois Chichichette.

C'est un grand plaisir que nous offre une vraie troupe sous la direction de Betrand Mounier (qui interprète aussi le rôle de Sigismond). On remarque Etienne Launay (Champignon) qui est aussi le metteur en scène du Monte-plats, un étage au-dessus, dans ce même théâtre, dans un style très différent. Et bien entendu la pétillante Isabelle De Botton, dans un autre registre que son précédent spectacle, la Parisienne d'Alexandrie.

Offrez-vous cette Affaire Courteline qui éreinte les travers de la bourgeoisie de la fin du XIX° siècle. C'est un joli divertissement. Les comédiens vous donnent l'argument en reprenant pour le final la première chanson :
On n'est pas ici-bas
Pour se faire du tracas.
Amusez-vous, foutez-vous d'tout
La vie passera comme un rêve
Faites les cent coups, dépensez tout
Prenez la vie par le bon bout.
Et zou…
14 avr. 2018
7/10
22 0
L’affaire Courteline est la succession de sept saynètes, portée par la Compagnie « La boite aux lettres » que j’avais déjà vue au Théâtre Michel dans « le jeu de l’amour et du hasard ».

Les saynètes s’enchainent, entrecoupées d’une chansonnette à chaque fois.
Une mise en scène décalée, enjouée où chaque comédien est soit actif ou assis, statique sur un siège en attendant son entrée en scène. Le changement d’accessoires et de décor est fluide et fait entièrement partie du spectacle.

Quelques saynètes sont un vrai régal : Celle de la mère qui donne des conseils à son fils (Sigismond) avant la visite chez la belle famille, est ma préférée. De même que la prestation d’Etienne Launay dans le rôle de M. Badin.

Néanmoins, un petit bémol quant à l’inégalité des saynètes au niveau du texte et de l’humour qui rend l’ensemble un peu irrégulier.

Toutefois, c’est tout un univers drôle, bien joué qui nous est proposé.
14 avr. 2018
8,5/10
9 0
L’affaire Courteline mise en scène de Bertrand Mounier.
Quelle bonne idée ce Grand cabaret « Courtelinois », les saynètes défilent sous nos yeux entre coupées de chansonnettes. Les comédiens se travestissent sous notre regard, les décors et les costumes sont esthétiques. C’est gai, dynamique et très séduisant.
On retrouve avec grand plaisir le vieux couple de Mr et Mme Proute à la veille du jour de l’an.
*Mme : A quoi penses-tu, Alexis ?
*Mr : Je pense à ta saleté du Jour de l’An, parbleu !… Encore être obligé de te faire des étrennes ! En voilà une partie de plaisir !
Champignon et Canuche au tribunal pour des histoires de tromperies.
Chichinette, Eponine et la fameuse bouteille de madère.
Mr Badin, ce fonctionnaire bien particulier.
Tous ces personnages un peu crédules, ballots, arrogants mais sympathiques et burlesques nous dépeignent l’univers de la bureaucratie, du couple et la justice au siècle dernier.
Les morceaux choisis sont percutants, pleins d’intelligences et nous plongent au cœur de l’œuvre de Courteline remplie d’humour et de vérités.
Les comédiens sont talentueux, on ressent une belle complicité entre eux. Ils nous font rire et nous amusent avec beaucoup de finesse et d’aisance.
7 avr. 2018
7/10
14 0
Ce sont sept pièces courtes qui sont présentées dans « L'affaire Courteline ». Ces pièces reprennent les thèmes qui ont le succès de l'auteur : la tromperie dans le couple, la condition des employés...

Sur le plateau tout s'enchaîne de façon très fluide. La mise en scène de Bertrand Mounier fait mouche : les pièces sont entrecoupées de quelques chansons plutôt légères où les comédiens (se) changent un ou plusieurs accessoires à la vue de tous sur les bords de la scène. Les comédiens sont assis comme figé de chaque côté du plateau et attendent leur tour quand ils ne sont pas dans la scène présentée.

Justement les comédiens, parlons-en !

Le plaisir de retrouver Isabelle de Botton qui excelle dans ce registre qui lui va si bien (personnellement, j’ai adoré la mère qui briefe son fis avant de visiter sa fiancé), Salomé Villiers qui alterne les différentes partitions avec bonheur, Etienne Launay livre une prestation fort sympathique ( j’ai hâte de voir sa mise en scène du monte plats de Pinter dans le même théâtre), le reste de la compagnie n’est pas en reste, tous sont en belle forme.

Bref un moment agréable.
2 avr. 2018
6/10
13 0
C’est peut-être moi qui, à force d’avoir trop vu et trop entendu ce registre boude un peu Courteline, car j’émets quelques réserves sur la pièce.

Si vous n’avez jamais vu de Courteline : foncez! Le maquillage, les accessoires… La modernité de la mise en scène et les extraits choisis sont judicieux. Tout vous mettra dans l’ambiance « Courteline » ! Cela dit, à répertoire égal, l’interprétation au théâtre des Déchargeurs dans « Concerto de passion » (qui mélangeait cette fois Courteline, Feydeau et Guitry) était plus novatrice et m’avez semblé plus juste, plus piquante. Ici, c’est un peu bruyant : cela manque de finesse. Les saynètes s’enchaînent gaiement mais sans plus.

Pourtant les comédiens sont bons, pourtant leur partition est bonne mais il y a quelque chose... Mais mon souvenir de la pièce se concentrera plus sur les acteurs ! Salomé Villiers que j’avais découvert dans « l’aigle à deux têtes » au théâtre du Ranelagh est rayonnante tout comme l’ensemble de la troupe de la Boîte aux Lettres !

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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor