La révolte

La révolte
Mis en scène par Charles Tordjman
Avec Julie-Marie Parmentier
  • Julie-Marie Parmentier
  • Olivier Cruveiller
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 35,00
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Paris 1870, l’heureux banquier Félix converse sur les bilans et investissements du jour avec sa femme Élisabeth.

On décidera d’expulser des locataires qui ne peuvent payer leur loyer et d’aller bientôt au théâtre pour se distraire. On se fera des éloges sur la fortune triplée de Félix par les soins d’Élisabeth.

Soudain, Élisabeth, le visage pâle et glacé, annonce à Félix qu’elle s’en va. Qu’elle le quitte pour toujours. Après avoir fait les comptes de sa vie, Élisabeth disparaît dans les ténèbres, laissant leur petite fille qui dort, face à la stupeur de Félix qui s’affaisse et s’évanouit…

 

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La critique de la rédaction : 7,5/10. Une pièce de théâtre à l’écriture classique avec de grandes tirades un peu pompeuses mais au propos très actuel !

Nous sommes intrigués par l’histoire de ce couple, obsédé par les affaires et la finance.

Cette femme si discrète et aux ordres de son mari se révèle d’un coup. Elle cherche un sens plus noble à sa vie que la quête permanente du profit, de l’enrichissement. Elle veut poursuivre des rêves, évoque la mort à de nombreuses reprises.

Cette réflexion sur la frivolité du quotidien touche un jour ou l’autre tous ceux qui prennent du recul sur leur vie, leur avenir. Elle est donc intéressante, même s’il est difficile de ne pas lâcher quand Elisabeth raisonne et philosophe tant son discours peut être abstrait par moment.

Son caractère contraste avec celui de son mari, grand terre à terre, dans un rapport paternaliste avec sa femme. Ses répliques sont très drôles tant il est à mille lieues des considérations de son épouse.

Les acteurs sont bons, nous avons surtout été épatés par la présence et le jeu d'Olivier Cruveiller.

Le décor et la mise en scène sont sans artifice. Tout ce qu’il faut pour accompagner ce texte.

Un bon moment, pas spécialement détendant mais assez original et propice à la réflexion.

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7,9/10
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6 critiques
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86%
Toutes les critiques
15 avr. 2018
8/10
89 0
4 heures de la révolte d'une femme ...

4 heures qui contiennent tous les combats, tous les espoirs d'Elisabeth.
4 heures qui disent "non" à cette lente asphyxie auprès d'un mari effrayant de sécheresse de coeur, de matérialisme et d'étroitesse d'esprit.
4 heures pour ouvrir la porte d'une prison qui n'est même pas dorée.

4 heures pour se rendre compte que c'est trop tard, trop dur de partir, de laisser sa fille.
4 heures pour renoncer et pour se résigner.

Le retour d'Elizabeth chez elle est glaçant, et désespérant !
Les rêves sont vains, l'argent et les conventions l'emportent, la porte de la prison est bien trop lourde.

Le décor est froid, la mise en scène sobre, les deux comédiens tout en retenue ... Et l'intensité dramatique de l'intrigue n'en a que plus de force.

C'est avec une grande tristesse et beaucoup d'empathie que nous voyons un idéal se briser sous nos yeux!
Cette peur de la solitude qui une fois encore anéantit tout désir de liberté.
Un texte magnifique qui résonne toujours aussi fort et aussi juste.
27 mars 2018
8/10
86 0
Nous sommes en 1870 dans une famille bourgeoise, Elisabeth a épousé Félix, se soumettant toute entière à lui. Cette vie ne lui plait pas, elle n’est guère considérée par son terre à terre de mari.

Grâce à son intelligence, elle a triplé la fortune de la maison en quelques années et puis elle décide de partir, après un inventaire méticuleux et édifiant de ‘ce qu’elle a couté à son mari’… Le laissant abasourdi et avec leur enfant à charge, elle prend un fiacre qui l’emmène ailleurs. Mais nous sommes vers la fin du 19 ème siècle, comment va-t-elle ‘vivre’ ? Car ce qu’elle veut c’est vivre…

Cette courte pièce tirée d’un ouvrage de Villiers de Lisle Adam est mis en scène avec une simplicité désarmante d’efficacité, pas besoin d’artifice. La pièce sobrement meublée, séparée par un filet presque transparent pour mieux marquer l’infinie distance qui existe entre les mondes d’Elisabeth et Félix, et des lumières douces, se suffisent pour nous plonger dans l’intimité de ce couple et du gouffre qui les sépare.

Les comédiens sont fascinants :
Elle, c’est Julie Marie Parmentier dans un rôle qui lui va si bien. Lorsqu’elle argumente sur son désir de liberté, elle est absolument convaincante. On est en empathie avec elle. Son propos demeure intemporel.
Lui, c’est Olivier Cruveiller qui joue parfaitement un mari paternaliste et arriviste. Il est tellement ’éloigné’ de sa femme que ses réponses sont toujours à côté de la plaque, ce qui nous fait sourire.

Je conseille cette pièce qui reste toujours d’actualité car en matière d’égalité, rien n’est jamais acquis, il faut rester sur la brèche !
26 mars 2018
8/10
97 0
Julie-Marie Parmentier donne toute sa force et son émotion a Elisabeth, Olivier Cruveiller est tout à fait crédible dans le rôle de cet homme, confronté à une révolte à laquelle il ne pensait même pas !

Cette pièce a été créée en mai 1870 au théâtre du Vaudeville, elle a choqué les esprits, et la France allait basculer, quelques mois plus tard, dans la guerre avec l’Allemagne.

J'avais déjà découvert cette pièce en novembre dernier aux Déchargeurs. Au Poche ils sont bien dans l'époque, et il y a aussi une différence d'âge entre les comédiens, ce qui n'était pas le cas aux "Déchargeurs" qui avait placé l'histoire de nos jours et Julie-Marie Parmentier fait plus femme-enfant que Maud Wyler.
22 mars 2018
8/10
106 0
Avec un texte un peu ancien, une salle intimiste, une mise en scène "moderne"... au premier abord, La Révolte semblait assez éloigné de ce que j'aime au théâtre.

Et pourtant, j'ai passé un très bon moment.

Cette pièce est une bonne surprise grâce aux deux excellents acteurs et l'intensité de leur jeu, à une mise en scène toute en finesse et à un décor soigné. Ce décor minimaliste est vraiment remarquable de justesse et d'intelligence.
Finalement, tout est mis au service ce beau texte aux résonances très actuelles.

En trois mots, c'est court, efficace, intense. Trois belles qualités pour cette pièce que je vous recommande vivement.
21 mars 2018
8,5/10
114 0
La révolte, texte d’Auguste de Villiers de L’Isle-Adam.
Très belle interprétation de Julie-Marie Parmentier.
1870
Élisabeth et son époux ne vivent et ne travaillent que pour faire augmenter leur capital.
Élisabeth, mariée à cet homme par soumission, aspire à d’autres idéaux que l'appât du gain dans la vie.
Elle va se révolter pour retrouver sa liberté et vivre ses désirs.
*J’ai payé ma dette sociale.
*Je veux vivre, je meurs de non vivre.
*Je n’entends que sonner l’argent dans vos paroles.
*Aimé le soleil, la beauté… Rêver c’est oublier l’humiliation.
La souffrance de cette femme assujettie à son époux est violence et tragique.
Julie-Marie Parmentier émouvante nous transperce le cœur.
Mais nous sommes en 1870 :
Elisabeth ira-t-elle au bout de ses convictions ?
Son éducation, ses principes, sa peur de solitude dépasseront- ils son désir de liberté ?
Olivier Cruveiller campe à merveille ce mari imposant, égocentrique, conventionnel et macho.
Ce texte de 1870 est malheureusement d’actualité et concerne encore de nombreuses femmes de par le monde.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor