La rafle du Vel' d'Hiv"

La rafle du Vel' d'Hiv"
  • Manufacture des Abbesses
  • 7, rue Véron
  • 75018 Paris
  • Blanche (l.2)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 35,00
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16 Juillet 1942. VENT PRINTANIER. La police de Vichy désigne ainsi le plus grand rapt organisé à Paris et dans sa banlieue, 15000 Juifs dont 5000 enfants sont raflés, à l’aube, chez eux.

Dire l’insoutenable, sans artifices, ni pathos, il ne sert à rien de crier l’horreur. Au moment où le racisme et l’antisémitisme ressurgissent en France et dans toute l’Europe, il m’a semblé indispensable de faire ce « travail de mémoire ». Heure par heure, se déroule cette rafle prévue par les autorités françaises aux ordres de la police allemande et des SS, implacablement préparée par le Maréchal Pétain, chef de l’État alors âgé de 87 ans, et ses sbires Pierre Laval et René Bousquet.

Tous les responsables de cette rafle seront acquittés. Seul Laval sera fusillé à la Libération. Je retrace à travers ce voyage de l’horreur, l’engrenage des lois antisémites, le port de l’étoile jaune et les lieux publics interdits aux Juifs. A la voix de l’acteur répond celle de l’accordéon de Paul Predki.

 

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29 oct. 2017
7/10
5 0
Accompagné par un accordéoniste, le récit que nous conte Philippe Ogouz nous plonge dans ce Vincennes, dans cette France de la Seconde guerre, dans ce pan de l'histoire.

L'atmosphère est à la fois teintée de légèreté (avec l’insouciance de Maurice alors âgé de 14 ans) et la dureté, la violence des actes lors de cette rafle.
Ce seul en scène est sobre (sans fioriture), émouvant.

A voir pour ne pas oublier la violence dont l'homme peut faire preuve.
21 oct. 2017
6,5/10
7 0
Le 16 Juillet 1942. Une date particulière de l’Histoire de France.

Philippe Ogouz nous raconte la rafle du Vel d'Hiv, vécue par le jeune Maurice Rajsfus, sur une scène vide et sombre, juste accompagné par le magnifique accordéon rouge de Paul Predki.
D’abord, il nous raconte la vie de Maurice, 14 ans collégien à Vincennes en Juillet 1942 où des rues portent des noms comme ‘Fraternité’, ‘Liberté’ ou encore ‘Egalité’… Puis c’est la préparation de la Rafle (nom de code : ‘vent printanier’) et comment elle s’est déroulée pour sa famille et comment son destin a basculé au petit matin du 16 Juillet 1942 comme celui de nombreux autres juifs parisiens.

L’adaptation du récit de Maurice Rajsfus est réalisée et mise en scène par le comédien lui-même. Philippe Ogouz marche souvent en rond sur la scène dans un mouvement un peu hypnotique qui permet de raviver les souvenirs. Son accompagnateur restant souvent relégué dans un coin de la scène. Revivre cet évènement honteux de notre histoire à travers les yeux d’un adolescent, c’est un choc. Le récit est ponctué par des interventions musicales très réussies de l’accordéoniste Paul Predki comme s’il répondant avec gravité aux souvenirs de Maurice. Je n’aime guère cet instrument mais il est vraiment parfait pour ce dialogue car il suscite l’émotion.

Cette pièce est nécessaire de nos jours, il ne faut pas oublier.
16 sept. 2017
9/10
33 0
Le jour d'avant.
Le 15 juillet 1942.
« La vie a toujours un sens. Il y a des lendemains possibles. », nous dit ce personnage qui entre en scène.
Un lendemain possible ?

Le 16 juillet 1942 avait lieu à Paris la plus importante opération policière depuis la Saint-Barthélémy.

C'est à travers les yeux d'un gamin de quatorze ans que va nous être racontée cette rafle du Vel d'Hiv'.
Philippe Ogouz incarne ce jeune garçon.

Le comédien, qui a adapté pour la scène les ouvrages de Maurice Rajsfus (Opération étoile jaune, et la rafle du Vel d'Hiv'), le comédien va arpenter pratiquement le plateau pendant toute cette heure.
Il marche, tourne en rond tout en prononçant les mots terribles, en prononçant bien souvent l'imprononçable.

Il commence par nous dire l'enfance à Vincennes de ce survivant qui est en face de nous.

Ses imitations de ses professeurs sont alors magistrales et très drôles. On s'y croirait, dans la cour de ce collège de la rue de la Liberté. (Si si...)

Et puis, l'horreur arrive très rapidement.
L'horreur que l'on doit à l'administration Pétain, et elle seule.

Durant ce spectacle intense, sont pointés en permanence et à juste titre, les responsables français.
Oui, des policiers français, des gendarmes français sont allés bien au-delà des desiderata nazis.
(Bien entendu, il fera mention des quelques trop rares fonctionnaires qui ont résisté. Il y en a eu. Peu, mais il y en a eu.)

L'horreur, disais-je : des Français qui interdisent à d'autres Français d'exercer certains métiers, puis qui leur interdisent de fréquenter les lieux publics...
Des Français qui en obligent d'autres à porter une étoile jaune taillée dans un cercle de tissu de dix centimètres de diamètre, avec le mot "juif" à l'intérieur.

Les paroles de ce jeune de quatorze ans forcé de porter cette ignominie sont bouleversantes.

Puis, vient la préparation de l'opération « Vent printanier », le nom de code de la rafle.
Ici, Philippe Ogouz est de plus en plus précis, adoptant un ton de plus en plus dur, mais sans vouloir tomber dans le pathos : il raconte crûment des faits historiques. Rien que des faits.

J'ai été véritablement bouleversé, non seulement par tous ces détails bien souvent ignorés, mais peut-être et surtout par la façon dont Ogouz nous les apprend ou nous les rappelle.
Rien n'est tu, j'ai été véritablement oppressé par tous ces détails concernant ces treize-mille humains, dont quatre-mille-cinquante-et-un enfants.

Ici non plus, rien ne nous sera épargné.
Les descriptions sont on ne peut plus précises.
Le comédien excelle dans l'art de raconter, de décrire, de montrer.

Nous sommes dans cette enceinte sportive, on entend les cris, les hurlements, nous sentons l'odeur des excréments, de l'urine.
Oui l'ignominie est là. Avant le départ pour une autre, définitive celle-là.

Puis, il va nous révéler comment son personnage a pu survivre, comment il a pu échapper à l'horreur.
Je n'en dirai pas plus. Ogouz est alors déchirant. Comment dès lors retenir ses larmes ?

Durant ce spectacle, il n'est pas seul sur scène.
A ses côtés, Paul Predki embrasse un magnifique accordéon Cavagnolo rouge sang.
Le musicien l'accompagne, parfois en chantant, de ses notes tristes, nostalgiques.
Bien souvent, pour terminer des scies (« Tout va très bien madame la Marquise », « La java bleue »"Lili Marlène"...) il va laisser la dernière note en suspens.
L'effet est saisissant.

Philippe Ogouz conclura en précisant le but de ce spectacle et sa démarche.
Il s'agit de ne pas oublier.
Non pas pour entretenir la haine, mais bien entendu pour que ces nuages et ces jours on ne peut plus sombres ne reviennent jamais.

Voici un spectacle nécessaire, participant pleinement au devoir de mémoire.
Un très grand comédien se met au service cette mémoire collective.

Son métier, son art, son talent m'ont subjugué.

Oui, ce spectacle devrait être vu par tous les collégiens et tous les lycéens français.
6,5/10
4 0
16 Juillet 1942. Une date inscrite en rouge sang dans nos livres d'histoire. Dans un seul en scène d'une forte intensité dramatique Philippe Ogouz raconte la rafle du Vel d'Hiv telle que l'a vécu Maurice Rajsfus alors âgé de 14 ans.

LA FIN D'UN MONDE

"Hier c'était encore l'été". En ce mois de juillet 1942 Maurice Rajsfus a 14 ans. Collégien il vit modestement avec ses parents et sa sœur à Vincennes. Le bel âge. Pas encore adulte mais pas encore totalement sorti de l'enfance. L'âge de l'insouciance. Mais comme dit la chanson, d'autres gens en avaient décidé autrement. La rafle du 16 juillet 1942, la plus grande opération de ce genre pendant l'occupation, orchestrée par la police de Vichy, va transformer ce monde.

Ses souvenirs, Maurice Rajsfus les a regroupés en trois livres : "Opération Etoile Jaune", "La rafle du Vel d'Hiv" et "Chroniques d'un survivant". Il y raconte ces jours d'avant, la vie insouciante de l'adolescent dans un Vincennes où les rues s'appellent "Liberté", "Egalité" ou "Fraternité". Les amis, les professeurs dont on se moque avec une certaine bienveillance. L'image du Maréchal Pétain. Et puis cette étoile jaune que la France de Vichy impose aux juifs. Jusqu'à ce 16 juillet 1942 où le destin de 15.000 juifs de Paris et de sa banlieue, dont 5.000 enfants, bascule dans l'horreur.

DEVOIR DE MÉMOIRE

Philippe Ogouz adapte le récit de Maurice Rajsfus en un seul en scène qu'il a écrit, mis en scène, qu'il interprète, et dans lequel il mêle récit historique et données administratives factuelles. Cet événement, l'un des plus honteux et des plus monstrueux de l'histoire de France, il nous le fait vivre à travers les yeux d'un adolescent, rescapé miraculeusement de cette horreur. Les mots sont là, précis, cruels, dans toute la puissance dramatique de l'horreur vécue par le narrateur. Dans un espace vide, sous un méticuleux jeu de lumière mis au point par André Diot, Philippe Ogouz dialogue avec l'accordéon de Paul Predki qui lui répond, se fait parfois léger, souvent grave et de la lourdeur de plomb du drame qui nous est compté. L'émotion est là, sans fioritures, portée par la musique de l'accordéoniste.

"Les mots ne crient pas, ne chantent pas, ne mentent pas, ils disent".

Un spectacle d'une très forte intensité dramatique.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor