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La Ménagerie de Verre (Poche)

La Ménagerie de Verre (Poche)
De Tennessee Williams
Mis en scène par Charlotte Rondelez
Avec Charles Templon
  • Charles Templon
  • Cristiana Reali
  • Félix Beauperin
  • Ophelia Kolb
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets à 24,00
À l'affiche du :
4 septembre 2018 au 31 mars 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 17:30
    • 21:00

Puisant au plus intime de sa propre vie, dans une histoire insignifiante et très locale, Tennessee Williams construit avec La Ménagerie de verre une oeuvre universelle, subtilement déceptive, parlant de la perte et du deuil, de la permanence en nous de ce qui a disparu.

La Ménagerie de verre se déroule dans un petit appartement de Saint Louis et met en scène trois membres de la même famille, les Wingfield : une mère, Amanda, abandonnée par son mari, un fils, Tom, poète et employé dans une usine de chaussures, une fille, Laura, fragile, solitaire et qui collectionne de petits animaux en verre.

À ce triangle s’ajoute un quatrième personnage extérieur : Jim, jeune collègue de Tom, invité le temps d’une soirée.

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La critique de la rédaction : 6/10. Nous n’avions jamais vu cette pièce de Tennessee Williams, que nous ne connaissions que de réputation et nous avons été un peu déçus.

Pourtant les quatre personnages sont forts, ont des traits de caractère qui les rendent attachants. Cristiana Réali, Ophelia Kolb, Charles Templon jouent bien. Félix Beaupérin apporte une touche de fraîcheur à son entrée en scène.

Nous avons regretté que l’histoire, même si elle ne manque pas d’intérêt, soit si lente. Les scènes s’étirent, les dialogues se répètent parfois. Heureusement que la mise en scène dynamise un peu l’action, surprend par moment.

30 minutes plus courte, nous aurions sûrement été séduits.

Note rapide
7,3/10
17 pour 17 notes et 14 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
5 critiques
Note de 4 à 7
47%
9 critiques
Note de 8 à 10
53%
Toutes les critiques
21 janv. 2019
6,5/10
1 0
Dans cette Amérique en pleine crise comment s'en sortir ?
En fuyant comme le père, en se soumettant aux frustrations comme le fils, en vivant dans un monde parallèle comme la fille, en vivant dans les regrets et l'espoir pour ses enfants comme la mère.
Ils vivent ensemble mais rêvent tous de partir. Seul le père a eu le cran de le faire. Et l'égoïsme car il a mis la survie de ses enfants en péril. Leur mère tente de récupérer cette infortune, comme elle peut, avec ses maladresses, son amour débordant, ses rancoeurs et regrets.

Mise en scène toute en délicatesse et finesse, la déco avec notamment ce panneau ajouré qui crée une image sépia, le jeu des comédiens chacun dans son monde qui crée des étincelles lorsqu'ils se rencontrent.

Formidable prestation de C. Réali pour jouer cette mère au bord de la folie, envahissante, vampirisante, débordante tant elle aimerait pouvoir elle-même revivre ses années de jeunesse et ainsi avoir une seconde chance.
Ophélia Kolb joue parfaitement cette jeune fille limite autiste réfugiée dans sa collection de verre. Dommage cependant qu'elle joue en permanence ce décalage avec la tête et le regard vers le haut. Un peu répétitif et pénible.
Templon et Beaupérin apportent la vie et la normalité a ce tableau. Ce sont les hommes qui peuvent travailler, partir, en un mot : choisir, qui s'en sortent le mieux.

Il manque la torpeur, la chaleur, l'effet cocotte minute de l'ambiance de T.Williams. Il y a trop de froid entre les personnages qui glace un peu l'ambiance générale.
Quelques longueurs dans les monologues.

Un texte magnifique qui méritait d'être monté au théâtre.
12 déc. 2018
8,5/10
10 0
Comme souvent chez Tennessee Williams, c’est l’histoire d’une famille. Qui se délite.
Le départ du père - figure éternellement absente - a provoqué une misère sociale. Amanda, la mère, magnifiquement interprétée par Christiana Réali, rêve alors de marier sa fille et ainsi de se débarrasser de cette pauvreté qui assombrit leur avenir. Elle souhaite de façon quelque peu tyrannique le bien de ses enfants. En deux mots, il se résume par la réussite professionnelle et le mariage.

Tel un vrai huis clos, le spectateur assiste impuissant à l’espoir puis au chaos.
Laura finira « vieille fille », infirme mais exaltée grâce à sa « ménagerie de verre ».
Titre éponyme de la pièce, c’est aussi sur cet artifice qu’est fondée la mise en scène de Charlotte Rondelez. Cette ménagerie demeure le fil conducteur de la pièce, la licorne se casse tout comme les rêves et les fantasmes de la famille.

Une mise en scène très réussie, poétique entre mélancolie et espoir.

La famille se décompose en transparence parfois, dans des jeux d’ombres et de lumière. Et, nous sommes témoins de cette clarté.
Le panneau placé au fond de la scène joue sur les apparences. Les personnages entrent et sortent grâce à lui. Ils s’y dérobent aussi. Symbole, notamment, de tout ce qu’on ne peut pas dire dans une famille. Ce silence et ses non-dits sont déchirés par la voix de Charles Templon à la fin de la pièce. Bien décidé à vivre une vie qu’on ne lui a pas dictée quitte à abandonner les femmes de sa vie. Elles restent seules sans véritable moyen de subsistance à part l’artifice du rêve et de l’illusion crée par le jeu de verre.
La ménagerie avec laquelle Laura s’occupe représente la fragile condition humaine.
Prête à se casser en un rien de temps, figée dans le temps, capable de multiples métamorphoses au fur et à mesure du déploiement de l’imaginaire...Ainsi, la licorne devient cheval et les animaux parlent et vivent au contact des mains de Laura, personnage perdu qui n’est pas sans rappeler la véritable sœur du dramaturge.

C’est une pièce sur la possibilité de la vie et sa rapide disparition. L’amour surgit puis disparaît aussitôt, le bonheur se découvre dans une danse ou lors d’un morceau de musique, dans un dîner mondain et dans la nostalgie du passé.
14 nov. 2018
8/10
18 0
Une très belle "Ménagerie de Verre" .

Nous sommes dans la tête de cette jeune femme. Je n'avais jamais vu la pièce sur scène. J'ai vraiment voyagé.

La mise en scène est onirique, délicate. Belle scénographie dans un lieu exigu. Les comédiens sont formidables. Seul petit regret , le décalage avec l'âge réel du rôle pour la fille. Elle me semble un peu âgée pour Laura bien qu'elle soit exceptionnelle. On serait peut-être encourager plus ému si elle avait 25 ans. Mais cela ne nous empêche nullement de passer une très belle soirée.

Encore une grande réussite du Théâtre de Poche.
4 nov. 2018
8/10
23 0
Très belle mise en scène avec une troupe d'acteurs bluffante même si l'acteur qui interprète le rôle de Tom (Charles Templon) et aussi celui du narrateur, pèche par un manque de naturel, en particulier, au tout début de la pièce. Il utilise trop des "trucs" d'acteur et nous prive d'une prestation plus naturelle.

C'est très bien dit, bon phrasé mais on n'est pas séduit par son jeu. En revanche, il se rattrape lorsqu'il est en conflit avec sa mère et leurs altercations sont très bien rendues. On y croit. C'est moins joué beaucoup plus crédible. Chapeau bas pour Christiana Réali, sublime en mama dépassée qui cherche à donner le change en société. Elle est géniale lorsque le galant de sa fille se présente chez elle et qu'elle lui sort le grand jeu. Tenesse Williams lui sied à merveille. Elle avait été également bluffante dans la Rose Tatoué qui s'était joué il y a peu au théâtre de l'Atelier. Je suis également convaincue par l'acteur qui interprète le galant de Laura, le très doué (Félix Beaupéron). Lui, pour le coup, a un jeu tout en touches, très naturel et nous séduit autant que peut l'être Laura. Je ne le connaissais pas mais il est vraiment très bon dans le rôle de Jim.

J'ai d'ailleurs été davantage séduite par la deuxième partie de la pièce avec l'entrée en scène de Jim que par la première. Plus étouffante. Enfin, j'ai retrouvé l'actrice Ophélia Kolb, que j'avais déjà pu apprécié dans la pièce de Chloé Lambert, la Médiation. Pièce que j'avais adorée à l'époque. Le Théâtre de Poche continue de nous régaler avec ses programmations. Pour notre plus grand plaisir.
24 oct. 2018
8/10
27 0
Vivre son rêve, est-ce vivre sa vie ?

A cette question, Tennessee Williams apporte, avec La ménagerie de verre, une vision bien personnelle du sujet. En effet, en suivant le quotidien d’Amanda, Laura et Tom Wikfield, c’est bel et bien sa propre enfance sur laquelle l’auteur lève le voile. Une histoire émouvante qui jette le spectateur au cœur du fragile équilibre, tant financier qu’émotionnel, de cette famille. Une famille brisée par le départ d’un père dont l'ultime trace d'existence se résume à une photographie, en noir et blanc, placardée sur un pan de mur. Une famille qui ne vit plus à l’unisson. Trois êtres se croisant quotidiennement, chacun accroché à ses rêves.

Amanda, la mère, nostalgique du passé fantomatique de sa jeunesse luxueuse et mondaine. Elle refuse le présent et fait peser sur ses enfants le poids de ses espoirs. Un espoir de réussite qu’ils ne peuvent qu'accepter.
Laura, la fille, craignant le monde extérieur et rêvant un imaginaire parfait, digne d'un conte de fée Une chimère aussi fragile cependant que les petits animaux de verre dont elle fait la collection.
Tom, le fils, les pieds ancrés dans une réalité qui l’accable et qui le détruit. Il rêve d’horizons lointains, d’aventures. Il rêve de laisser ce rôle de chef de famille qu'il n'a pas voulu pour juste vivre pour lui.

Perdus dans un ailleurs, les trois se sont absentés du présent …

La ménagerie de verre est un huis-clos psychologique très fort, dont Tom, le narrateur, est le fil rouge. Sous le prisme de son regard, cette famille se dévoile. Les sentiments sont exacerbés, les colères sont violentes. Pas d’action, tout repose sur la parole. Le texte ne laisse pas indifférent. Sans action, impossible de rattraper la moindre erreur, les comédiens doivent donc être parfaits. En l’espèce, ils sont … magnifiques.

Cristiana Reali, la mère, avec un jeu toujours à fleur de peau, émouvante et triste. Ses répliques prennent aux tripes.
Ophélia Kolb incarne une Laura fragile et attachante, oscillant entre folie et raison, d’une justesse impressionnante.
Félix Beaupérin, dernier personnage à entrer en scène, donne à voir un Jim que le destin n’a pas épargné. Star du lycée à l’avenir prometteur, il a échoué et pourtant n’en paraît pas malheureux, car il a confiance en lui. Il est la touche de vie de la pièce, celui qui vient apporter un souffle nouveau dans le quotidien statique des Wikfield. Son duo avec Ophélia Kolb est particulièrement émouvant.
Enfin, je n’aurai qu’un mot pour dire ce que je pense de Charles Templon : excellent. Dès le début de la pièce, la force de son regard vous happe. Difficile de s'en détacher. Il montre une palette de jeu passant du rire à la colère en un claquement de doigt. Brillant.

Quelle leçon de théâtre nous donne ces quatre comédiens. Félicitations ! Les nombreux applaudissements qui ont félicité les prestations n’étaient pas usurpés.
Une belle histoire, de beaux talents … Que demander de plus.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor