Juste une embellie

Juste une embellie
Mis en scène par Christophe Lidon
Avec Raphaëline Goupilleau
  • Raphaëline Goupilleau
  • Corinne Touzet
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets à 17,00
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

L'affrontement de deux formidables comédiennes sur la scène du Lucernaire.

Deux femmes qui, comme les plaques tectoniques, ne devaient jamais se rencontrer, ont aimé le même homme. Les liens qu'elles tentent de démêler nous semblent à la fois personnels et très intimes, déroulant devant nos yeux des pans entiers de notre sensibilité collective.

David Hare, scénariste hollywoodien et grand dramaturge britannique nous explique ses règles du jeu à travers cette rencontre détonnante. Une pièce pleine d'amour, d'humour et de passion, une confrontation épidermique et sensible portée par deux formidables comédiennes.

Note rapide
7,5/10
pour 8 notes et 8 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
2 critiques
Note de 4 à 7
25%
6 critiques
Note de 8 à 10
75%
Toutes les critiques
17 oct. 2021
8/10
1
Tant qu'il y aura des femmes !

Peut-on vraiment guérir tout à fait d'une histoire d'amour ?
Est ce qu'avoir aimé le même homme crée un lien entre deux femmes ?
La rivalité amoureuse empêche t'elle les confidences ?

La beauté du texte de David Hare est qu'il laisse à chacun le soin de trouver ses réponses.

Et c'est avec une grande élégance que ces deux comédiennes généreuses nous offrent leurs incertitudes et leurs croyances.
Elles sont justes. Elles sont vraies. L'émotion est présente à chaque instant.

Francès, avant de partir, avoue à Madeleine " C'est le premier homme que j'ai aimé. C'est peut être pour cela que je n'arrive pas tout à fait à l'oublier ".
A ce moment là, nous comprenons que nous avons toutes partagé quelque chose d'important.

Le coeur a toujours raison !
19 sept. 2021
7/10
1
Juste une embellie est un texte de David Hare, le dramaturge, scénariste et réalisateur britannique, encensé par Hollywood et qui a écrit plus de trente pièces de théâtre.

On assiste, en quatre actes qui entretiennent une tension psychologique, à la rencontre entre Frances (Corinne Touzet) et Madeleine (Raphaéline Goupilleau) dans une maison reculée, implantée sur l’île de Wight.

La blonde comme la brune ont aimé le même homme, lequel les a aimées toutes les deux. Le spectateur décidera qui, de la charmante mère de famille coincée en banlieue avec ses gamins ou de la passionaria libre (voire libertaire) et militante aurait peut-être eu la préférence, en confrontant les paroles que le séducteur laissait échapper auprès de l’une à propos de l’autre, et réciproquement.

Elles sont aujourd’hui deux femmes abandonnées au profit d’une troisième, beaucoup plus jeune. Elles ont alors le choix de s’affronter, de s’allier, ou de se libérer d’une relation qui pourrait être le sujet d’une autofiction qu’écrirait l’une d’elles. La pièce est aussi une réflexion sur les combats politiques poursuivis par le Flower Power qui ne fut que juste une embellie avant un grand pas de coté.

Les deux comédiennes expriment avec talent tous les sentiments contradictoires que la situation peut générer. Il faut donc profiter de cette embellie et comprendre que courage et confiance en soi ne vont pas systématiquement de pair.
(Spectacle vu au festival d’Avignon 2021).
2 sept. 2021
8/10
2
Juste une embellie de David Hare.
Mise en scène Christophe Lidon.


Emouvant, Réjouissant.

Ce texte de David Hare est plein de passion, d’amour, de tendresse et ne manque pas d’humour.
Corinne Touzet, Raphaëline Goupilleau nous émeuvent et nous ravissent de par leur talent, leur complicité et la justesse de leur jeu.

John a quitté définitivement Frances épouse et Madeleine sa maitresse pour une jeune américaine. Nous ne le verrons point et pourtant l’histoire tourne autour de lui.
Frances (Corinne Touzet) s’est consacrée à sa famille pendant des années. Trompée une grande partie de son existence par son époux John. Frances se reconstruit en se consacrant à l’écriture de romans de fictions.

Lors de années Flower Power Madeleine (Raphaëline Goupilleau) a lutté contre la guerre du Vietnam, pour les revendications féministes, pour les mouvements indiens et noirs... C’est une femme libre au caractère trempé.
Aujourd’hui nous la retrouvons dans son cottage isolé sur l’Île de Wight Madeleine, éloignée du monde, « ile des veuves » s’amuse-t-elle à dire.
Elle attend la visite de Frances…Mais pourquoi cette visite ?

Ces deux femmes aussi différentes que le jour et la nuit ont aimé le même homme, Autour d’une tasse de thé en compagnie de Miles David, elles confrontent leurs souvenirs intimes. Comme une balle de ping-pong, les questions, les doutes fusent. Les vérités et les secrets divulgués les atteignent, les chavirent et les rapprochent.
Quelle était donc leur place auprès de cet homme ?
Ont-elles été aimés ?

La mise en scène de Christophe Lidon assisté de Alison Demay met en valeur les émotions de par la gestuelle, les silences, les déplacements.
On ne peut imaginer Madeleine dans un autre décor que celui de Sophie Jacod.

Merci à tous
Agréable moment de théâtre
2 sept. 2021
8,5/10
16
Wight is Wight…
Stewart is Stewart…

C’est en effet le titre « Year of the cat », du chanteur écossais Al Stewart qui se rappelle à notre bon souvenir une fois la salle plongée dans le noir.

L’année du chat pour un jeu de la féline et de la souris…

Une maison isolée, sur cette île de la Manche, dans laquelle vit seule Madeleine.
On frappe à la porte. C’est Frances.

Les deux femmes, dont la rencontre était improbable, sont liées par le troisième personnage de la pièce.
Un personnage on ne peut plus important, d’autant que nous ne le verrons jamais.

John. Le mari de Frances, qu’il a trompée naguère avec Madeleine.

Pendant tout une nuit, elle vont mettre en commun dans des confessions plus ou moins intimes leurs souvenirs, leurs places respectives de femmes, d’épouse et de maîtresse dans leur ex-trio amoureux.

Le dramaturge britannique David Hare nous décortique cette rencontre-là, cette confrontation à la fois féroce et délicate, grave et drôle, tellement universelle et pourtant si particulière.

Sans un metteur en scène particulièrement inspiré et deux comédiennes particulièrement talentueuses, ce texte est le type de texte « casse-gueule ».
Rien n’est plus délicat que d’évoquer et de montrer cette sorte de relation.

Ici, ces conditions sont réunies pour nous proposer une heure de théâtre tout en délicates dentelles, tout en intensité et en subtilité.
Le curseur est à son exacte et juste position.

Les deux comédiennes excellent à interpréter ces deux femmes, que tout semble opposer et différencier.
Chacune dans son registre nous dit quelle est la place de son personnage dans cette histoire d’amour partagée.
Deux personnages qui s’attachent à redéfinir leur rôle qui d’épouse, qui de maîtresse, pour mieux renverser la proposition.

Corinne Touzet, l’épouse trompée et Raphaëline Goupilleau, la maîtresse délaissée sont envoûtantes.
Elles nous attrapent pour ne plus nous lâcher. Chacune dans son registre, elles nous subjuguent dans ces rôles très exigeants.
Beaucoup d’émotion émane de leur prestation respective.
Le rugissement de Melle Touzet, les rires un peu désespérés de Melle Goupilleau, tout ceci m’a bouleversé.

Elles sont certes émouvants, mais parviennent parfaitement à faire passer l’humour contenu dans les formules parfois lapidaires de David Hare.

Le metteur en scène a dirigé ses comédiennes avec une grande précision et un vrai sens de l’espace et surtout de la distance qui sépare les deux personnages.
C’est une véritable chorégraphie à laquelle nous assistons.

De plus, une véritable réflexion très pertinente sur l’écriture (Frances est en effet romancière), et sur la place de la fiction dans nos sociétés soi-disant moderne nous questionne fortement.

Je n’aurai garde d’oublier de mentionner le très beau décor de Sophie Jacob, et la très inspirée musique de Cyril Giroux : le compositeur se sert de la grille harmonique de la chanson évoquée plus haut, et de temps en temps nous distille trois notes descendantes au piano…
Ré, si, la, trois petites notes pour trois grands personnages...

Voici donc un très beau moment de théâtre.
L’un de ces moments qui vous confronte à votre propre histoire ou votre propre passé.
L’un de ces moments qui nous fait réfléchir également sur la condition féminine, sur l’évolution, ou supposée évolution, des relations hommes/femmes.
A chacun de se prononcer.

Je suis ressorti quant à moi du Lucernaire en reprenant un peu espoir quant à notre humanité.
Comme une embellie.

Et Miles Davis d’emprunter l’ascenseur pour son échafaud, Kate Bush de nous chanter sa Babooshka et Cindy Lauper de nous rappeler que les filles veulent avant tout s’amuser.

Mais au fait, savez-vous ce que signifient les initiales MQFJC ?
1 sept. 2021
7,5/10
5
‘The breath of life’, ou sa version française ‘Juste une embellie’ du dramaturge anglais David Hare, dans une traduction de Michael Stampe est proposé au Lucernaire en cette rentrée, après avoir été un succès au Festival d’Avignon.

Il faut un cadre magique comme l’ile de Wight pour nous raconter la rencontre improbable entre une femme mariée Frances et l’amante Madeleine, elle aussi délaissée, de ce mari. Ce même mari qui les a quitté toutes deux au profit d’une autre femme plus jeune.

Tout oppose ces deux femmes. On se dit que le règlement de compte va être sanglant mais il n’en est rien ! Bien sur il y a des échanges tendus, voir piquants, et des propos à la sauce douce amère sont échangés, la jalousie est évidemment présente. Mais il y a aussi des moments d’échange, de connivence voir une certaine sororité qui s’établit au cours de cette nuit particulière.

La mise en scène de David Lidon, assisté d’Alison Demay, est d’une élégante simplicité dans un décor chaleureux (Sophie Jacob) et sous de douces lumières (Denis Schlepp).

Les deux comédiennes jouent avec une justesse étonnante ces deux femmes : Corinne Touzet est Frances, une autrice à succès de fictions mais aussi l’épouse délaissée qui a besoin de comprendre pourquoi et comment tout son monde s’est effondré. Raphaëline Goupilleau est Madeleine, l’amante impliquée dans de nombreuses causes de défense des droits humains, solidement ancrée dans la réalité. Leur duel est touchant et intime. La confrontation est intense et leur rivalité met à jour des souffrances et des non dits. Il faut le dire : Elles sont magnifiques !

La question des rapports homme – femme est abordée avec délicatesse et humour. Le texte de David Hare nous met face à nos propres contradictions.

Un doux moment de théâtre !
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor