Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde
  • Théâtre de la Contrescarpe
  • 5, rue Blainville
  • 75005 Paris
  • Place Monge (l.7)
Itinéraire
Billets de 13,50 à 26,00
À l'affiche du :
8 octobre 2019 au 4 janvier 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 19:00
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Erik Satie est parmi les compositeurs les plus énigmatiques de l'histoire. Excentrique, novateur, indépendant, sa personnalité et sa musique peuvent être abordées de mille façons.

En 2011, Nathalie Duong, Denis Chouillet et Vincent Bouchot ont proposé leur portrait de Satie à partir des ses écrits et sa musique : cinq émissions sous le titre Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde, que nous vous proposons à réécouter à l'occasion du 150e anniversaire du compositeur.

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Toutes les critiques
3 nov. 2019
7/10
1 0
Sur scène, deux comédiens virtuoses. D’un côté, nous avons l’ancien pensionnaire de la Comédie Française, Elliot Jenicot. Je me souviens encore de sa performance époustouflante dans « Les enfants du silence ». Le retrouver est un véritable plaisir. Son costume avec le chapeau melon, la moustache barbichette et les petites lunettes sans oublier le parapluie nous montre un homme assez singulier. C’est normal puisqu’il est enfermé dans un asile psychiatrique. Du moins, on essaie de nous le faire croire par un habile stratagème. C’est l’infirmière qui va permettre de délier le fil du passé pour nous proposer un voyage tout en musique. Un rôle magnifiquement interprété par Anaïs Yazit.

Une discussion et lien de confiance se créent entre eux. L’étrangeté de l’artiste s’affiche avec pudeur et dérision. Tout se dévoile avec beauté grâce à une mise en scène dynamique, inventive et délicate. Le duo joue mais aussi chante, danse, fait de la musique. Ils sont accompagnés de musique qui sublime les émotions. En parallèle, sur l’écran derrière eux s’anime un personnage caricaturé d’Erik Satie assez drôle, des lettres parfois en forme de poire, des notes qui s’envolent… Tout contribue à créer une ambiance chaleureuse et fantastique d’une rencontre improbable et mystérieuse. Le public ne s’y trompe pas sur la qualité remarquable de la représentation car encore ce soir le spectacle se joue à guichet fermé. Une bulle savante de magie et d’onirisme on l’on plonge avec plaisir et ravissement. Que demander de plus ?
2 nov. 2019
7,5/10
1 0
Erik Satie, je n’allais pas manquer un spectacle sur un de mes compositeurs favoris, je n’ai pas été déçue ! Pensez donc, les Gymnopédies, les embryons desséchés, les gnossiennes, et de jolies mélodies “je te veux” ou l'inénarrable “Allons y chochotte” !

Mais sommes-nous vraiment face à ce génial compositeur ? comment se fait-il qu’il donne un autre nom à Anna ? Enfin, de toutes façons Monsieur Satie, binocles sur le nez, parapluie, chapeau melon et barbichette se lance dans l’évocation de sa vie, dansant, prenant des poses, aidé par la jeune femme, ces deux-là s’amusent bien !

Cet original se moque des conventions, sa musique manque de forme ? bon et bien il composera trois morceaux “en forme de poire” ! Un humour dévastateur ce Satie vous dis-je ! Iconoclaste, se prenant au sérieux, pas vraiment, en tout cas brocardant certains de ses confrères, et la critique n’en parlons pas ! Sa vie amoureuse ? “Biqui” Suzanne Valadon, rejeté par elle, il compose “Vexations”...

Sur un livret de Cocteau, le décor et les costumes de Picasso, musique de Satie, le ballet “Parade” sera créé par Diaghilev, les critiques seront virulentes. Satie baigne dans un “bouillon de culture”, il est à l’origine du groupe des six (Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre), ses compositions jouées dans le monde entier, chantées et toujours au répertoire des artistes lyriques.

Biographie ludique et décalée, grâce à l’interprétation géniale de Elliot Jenicot, qui investit le personnage, douceur et sensualité avec Anaïs Yazit. La projection d’un film d’animation aurait beaucoup plu à Satie, la mise en scène de Laetitia Gonzalbes est créative, en forme de… peut-être !
1 nov. 2019
8/10
2 0
« Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » de et mise en scène par Laetitia Gonzalbes au théâtre de la Contrescarpe est une fiction ensoleillée, troublante, qui a pour prétexte Erik Satie.

Dans un décor tout blanc où le noir sera présent, nous sommes dès le début saisis ; saisis par cette surprenante intervention d’un infirmier d’un hôpital psychiatrique qui demande du renfort suite à l’évasion d’un patient.
Puis entre sur scène une infirmière, toujours pas d’Erik Satie me direz-vous. Nous qui sommes venus écouter un témoignage sur sa vie commençons à nous poser des questions…
Ah enfin Erik Satie entre sur scène avec en musique de fond sa première Gymnopédie qui me bouleverse à chaque fois au plus haut point, et nous écoutons alors un dialogue surréaliste entre l’infirmière et le compositeur : un univers qui m’a fait penser à Ionesco.
Et la phrase du flyer de Xavier Delette : « sommes-nous prêts à accepter un autre qui ne fonctionnerait pas comme nous ? » commence à avoir du sens…

Un dialogue entre cette jeune infirmière bienveillante Anna et le compositeur doté d’un pince-nez toujours un peu de travers et d’une barbe en pointe, à la stature longiligne, aérienne, qui dévoile petit à petit la vie d’Erik Satie à la folie, la sensibilité exacerbées depuis cet hôpital d’Honfleur, ville de sa naissance…Hasard du lieu ou un rendez-vous programmé !?

Le compositeur aux œuvres intemporelles, comme celles de ses Gymnopédies, ses Gnossiennes et ses morceaux en forme de poire dont vous découvrirez une très belle calligraphie sur un écran témoin de sa vie, se livre sans réserve.
En tous cas une progression dramatique intéressante, parfois inquiétante, qui nous fait découvrir, si vous n’êtes pas un aficionado d’Erik Satie, sa vie, son œuvre, ses colères, les témoins de son parcours comme Debussy à qui il aimait envoyer des piques, ou encore Cocteau, Picasso, Ravel et tant d’autres…sans oublier son amour pour l’artiste peintre Suzanne Valadon. Mais aussi un rapport patient – praticien ciselé où la vie et le deuil se mêlent.

Une fiction très originale, très documentée, entre un personnage réel et inventé où les tics et la gestuelle des personnages ont une importance primordiale dans leur évolution, dans leurs jeux. La fin de cette fiction, très surprenante, au rebondissement théâtral, ne manquera pas de vous toucher. Une fin à fleur de peau qui laisse place à un beau soleil apportant une fragilité réconfortante.

La mise en scène de Laeticia Gonzalbes est rythmée, fluide, légère, et met nos deux comédiens en phase dans leurs corps, dans leurs danses, aux gestes très précis. Ils sont habités par leurs personnages, et nous plongent avec beaucoup d’humour, d’émotions, dans la vie de ce virtuose dont la musique ponctue les dialogues avec délices ; une musique adaptée et interprétée par Tim Aknine et David Enfrein.
Les vidéos, les illustrations de Suki sont le troisième personnage. Elles sont magnifiques dans leurs graphismes, comme ces lettres adjointes de vrilles qui permettent aux plantes grimpantes de s’accrocher sur leur support.

Elliot Jénicot est un Erik Satie tout à fait remarquable. Son jeu millimétré et très expressif nous emporte dans un tourbillon de fantaisies à la légèreté rieuse.
Quant à Anaïs Yazit elle joue une infirmière, en toute simplicité, avec une émotion, une fragilité, palpables. Son grain de voix donne une belle couleur à son personnage empreint de gentillesse qui cache un désir intense de liberté.

Alors n’hésitez pas, laissez-vous séduire par les mots d’Erik Satie toujours à la recherche de son parapluie…
17 oct. 2019
9/10
26 0
« N'écoutez jamais les critiques ! Ce sont des culs ! »
Ah il avait son franc-parler, M. Satie !

Au Théâtre de la Contrescarpe, Laetitia Gonzalbes a écrit et mis en scène un étonnant, délicat et passionnant spectacle consacré à ce musicien dont nous sommes beaucoup à ne connaître que quelques œuvres célèbres (les Gymnopédies, les Gnossiennes, La belle Excentrique (le générique de la mythique émission de Jacques Martin, le Petit Rapporteur...), le Morceau en forme de poire...), et à ignorer totalement le restant de son existence.

Melle Gonzalbes va combler nombre de nos lacunes, et nous allons être confrontés pour notre plus grand plaisir aux multiples facettes de l'artiste. Et de l'homme.

C'est l'infirmier d'un hôpital psychiatrique qui débute le spectacle, un portable à la main, appelant du renfort.
Etrange, pour une pièce consacrée à Erik Satie... Nous comprendrons plus tard...

Et puis voici les deux personnages principaux.
Le compositeur et son infirmière.
Nous sommes effectivement dans la chambre d'un hôpital psychiatrique.

Entre ces deux-là, va se jouer une épatante joute à fleurets mouchetés, prétexte à mieux faire connaissance.
Avec les deux.

Les épisodes drôles, surréalistes, mais également émouvants voire bouleversants des deux personnages, l'un historique et artistique, l'autre imaginaire, sont évoqués.
L'écriture de Laëtitia Gonzalbes, précise, alerte, comportant des formules qui font mouche et qui servent totalement le propos, cette écriture évoque bien entendu la vie, l'œuvre du musicien, mais va déboucher sur le mécanisme de création, sur l'évocation de la place de l'artiste, sur son rapport avec la Société, et puis, sans pathos de mauvais aloi, avec au contraire une grande dignité, sur la mort, celle que l'on subit, ou celle que l'on se donne.

Nous comprendrons, à la toute fin de spectacle, là où nous sommes et avec qui nous sommes.
Je n'en dis pas plus. Les spectateurs, dont votre serviteur, qui n'avaient pas du tout vu venir arriver la conclusion sont alors bouleversés.

Et puis un excellentissime duo interprète avec une infaillible justesse et une très grande complicité les deux rôles.

L'infirmière, c'est Anaïs Yazit.
La toute jeune comédienne, au délicieux petit voile sur la voix, est dans un premier temps tout à fait pétillante.
Quel charme, quel espièglerie, quel allant, quelle justesse resortent de son interprétation.
Quel joli moment dansé, sous un grand voile blanc !
Et puis, alors que nous comprenons qui est réellement cette jeune femme en robe blanche aux motifs noirs et blancs, elle est complètement bouleversante.
On ne doute pas un seul instant de son personnage !

Quant à lui, Elliot Jenicot est un incroyable et épatant Erik Satie !
Dans son costume trois pièces, chapeau melon et parapluie, barbichette et bésicles pince-nez, il est véritablement le musicien surréaliste. (On dirait un peu un personnage à la Dubout.)
Celui qui vient de partir contraint et forcé de la Comédie-Française m'a une nouvelle fois enchanté.
Mais quel comédien complet ! A chaque fois que je le vois, il m'épate et me ravit !

(Mais comment a-t-on pu vouloir se passer au Français de cette formidable richesse dramaturgique qu'est Elliot Jenicot... Et je referme ma parenthèse!)

A son habitude, non seulement il nous enchante de sa façon de dire et d'interpréter un texte, mais il déploie tout son talent de mime, de danseur, sa capacité à adopter une gestuelle exacerbée, afin de donner vie à Satie.
Lui aussi nous bouleversera, lorsque nous réaliserons.

Les deux comédiens s'entendent comme larrons en foire, la complicité entre les deux est manifeste, Le duo fonctionne à la perfection.

Durant cette heure et dix minutes, il y aura à la fois la forme et le fond.
Cette pièce est un spectacle en noir et blanc.
La scénographie immaculée de Suki tranche avec le costume, les deux petits pianos noirs à cour.
Et avec ses illustrations.
De belles animations très graphiques, au trait fin et précis, illustrent très judicieusement les propos des comédiens.
Des courriers, des textes sont reproduits avec une très jolie calligraphie.
Ce spectacle est aussi graphique, presque dépouillé.
Le fond et la forme, vous dis-je !

Je vous conseille vraiment cette pièce très originale.
Les parti-pris de l'autrice et metteure en scène Laëtitia Gonzalbes, le grand talent de ses deux interprètes Anaïs Yazit et Elliot Jenicot nous emmènent très loin, dans un bien beau voyage musical et humain.
De ceux dont on se souvient longtemps.
Alors ? Erik Satie n'est certainement pas comme tout le monde.

Compositeur des Gymnopédies à l'âge de 22 ans ou encore fondateur de l'Eglise métropolitaine d'art de Jésus-Conducteur - dont il sera le seul fidèle, sa seule vie suffirait pour faire une incroyable histoire ; comme l'illustre l'anecdote de sa seule relation intime avec l'artiste peintre Suzanne Valadon, dont il demandera la main, sans succès, le lendemain de leur première nuit (!). Il lui écrira qu'elle le laisse avec "rien, à part une froide solitude qui remplit la tête avec du vide et le cœur avec de la peine".

Celui qui connaît de plus en plus les hommes, et admire de plus en plus les chiens, est ici, dans un hôpital psychiatrique à Honfleur, la ville natale de Monsieur Satie (Elliot Jenicot). Il y fait la connaissance d'Anna, l'infirmière (Anaïs Yazit). Pourquoi diantre avoir voulu y insérer une fiction ? La vie d'Erik Satie est suffisamment romanesque pour éviter qu'une comédie dramatique un peu plate s'y glisse. Toutefois, la mise en scène légère, avec ses illustrations animées (Sulki) en fond de scène et ses moments dansés, offre un bon et sincère moment de théâtre. Là encore, la poésie scénique ne suffit pas à rattraper un texte alambiqué pour pas grand chose. On ne saisit malheureusement pas tout. Certes, il y a certainement une volonté de flouter le réel et la folie pour - patatras ! - dévoiler autre chose qui serait prétendument imprévisible. Cela ne fonctionne malheureusement pas car l'exagération se trouve également dans le jeu de la jolie comédienne qui gagnerait à retenir ses battements de cils intempestifs.

En définitive, la réussite de la pièce doit beaucoup au charisme et à la prestance d'Elliot Jenicot.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor