• Classique
  • Théâtre 14 Jean-Marie Serreau
  • Paris 14ème

Hamlet (Théâtre 14)

Hamlet (Théâtre 14)
De William Shakespeare
Mis en scène par Xavier Lemaire
Avec Grégori Baquet
  • Grégori Baquet
  • Manuel Olinger
  • Théâtre 14 Jean-Marie Serreau
  • 20, Avenue Marc Sangnier
  • 75014 Paris
  • Porte de Vanves (l.13)
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Le roi du Danemark est mort… Deux mois ont passés et sa femme Gertrude se remarie avec Claudius son propre beau-frère !

Le jeune Prince Hamlet, fils de Gertrude et du feu roi, et neveu de Claudius, vit très mal cette situation… Or, au dehors des remparts du château d’Elseneur, apparaît, les nuits de pleine lune, un spectre ! Y aurait-il quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark ! Des mots, des mots, des mots… Etre ou ne pas être, là sera la question.

Xavier Lemaire, après Les Coquelicots des tranchées (Molière 2015 du Théâtre Public) nous propose sa version d’Hamlet. Un théâtre vif-argent pour cette pièce mythique qui touche le cœur du doute, là où les croyances anciennes vacillent, où le monde se repense comme une solitude alors qu’il est multiple et pas forcément ordonné par une seule foi !

Une version fluide, charnelle et émotionnelle qui fera battre le cœur de chacun.

 

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5 critiques
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63%
2 critiques
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38%
Toutes les critiques
10 avr. 2018
5/10
8 0
Jouer Shakespeare, lorsqu’on fait un peu de théâtre (amateur), c’est l’Everest !

Une montagne sacrée sur laquelle notre metteur en scène d’alors, pourtant moult fois récompensée, n’aurait jamais osé nous y entraîner. Pour notre culture, mais d’esprit un tantinet iconoclaste, nous avions été voir LA MEGERE APPRIVOISEE, alors mise en scène par Jérôme SAVARY puis LA NUIT DES ROIS, mise en scène par Nicolas BRIANCON, et nous avions été enthousiasmés par la truculence et la modernité, n’ayons pas peur de dire « le génie », de leurs adaptations. Shakespeare, entre les mains de ces deux magiciens, c’était remeubler Versailles avec du Le Corbusier ou du Knoll, c’était la démonstration qu’on pouvait retranscrire des textes magnifiques datant du 16ème siècle en s’extrayant du pompeux et de la grandiloquence de mise à cette époque et les rendre compatibles avec nos mœurs du 21ème siècle sans d’aucune façon les déprécier voire les trahir !

Lorsque nous avons appris que notre comédien fétiche, Grégori BAQUET, que nous avions applaudi et même acclamé pour ses interprétations dans COLORATUR, LES CAVALIERS, UN OBUS DANS LE CŒUR et LA REINE DE BEAUTE DE LEENANE, avait le rôle titre dans HAMLET, enfin, allions nous en confiance nous « frotter » à cette pièce, décrite unanimement, comme LE CHEF D’ŒUVRE du théâtre, la pièce que tout être humain doté d’un cerveau et d’un minimum de sensibilité se devait d’avoir vu au moins une fois dans sa vie : nous nous sommes donc précipités au Théâtre 14 pour enfin connaitre le graal, d’autant que la publicité faite pour cette pièce nous promettait une mise en scène exceptionnelle, faite de « mouvement permanent », de costumes nous entraînant « dans l’univers d’un royaume imaginaire rappelant nombre de séries et de BD d’Heroic Fantasy » et enfin, qu’une « musique soutiendra l’action, et par son accentuation moderne et épique et révèlera les moments forts » : SAVARY, BRIANCON, gare à vous !

Damned ! Un Grégori BAQUET pas au mieux de sa forme (même si dans ce cas il joue quand même très bien), une Ophélie (Pia CHAVANIS) insipide, une scène orchestrale totalement grotesque, rock and roll distroy, interprétée ( ?) par un guitariste approximatif jouant tout aussi mal que ses deux compères chantaient (peut-être était-ce voulu par le metteur en scène ?)… Heureusement qu’il y eut la voix et l’interprétation de Christophe CHARRIER en Claudius, le personnage d’Olivier NIVERD en Polonius, un duel à l’épée très réaliste et exécuté impeccablement ainsi que les pitreries scéniques des deux clowns de service, Guildenstern et Rosencrantz, et surtout trois apparitions du spectre du roi assassiné se voulant certainement dramatique mais du plus comique effet. Ah, n’oublions pas de saluer le réalisme des escaliers et des remparts ainsi que les effets de brume qui créent une ambiance sombre se prêtant parfaitement à la noirceur de la pièce.

Le dossier de presse indiquait « un théâtre vif-argent,…une version fluide, charnelle et émotionnelle qui fera battre le cœur de chacun !... ». Nous aurions dû nous méfier de l’attachée de presse car nous n’y avons vu que des cavalcades permanentes à monter et descendre les escaliers (bravo la performance !) et des allers-retours incessants d’un bout de la scène à l’autre : effectivement, c’était très fluide ! Peut-être devrions-nous avoir honte de ne pas avoir compris la profondeur des intentions de Xavier LEMAIRE mais, qu’il nous pardonne, nous restons sur l’idée qu’avant de concevoir sa mise en scène, il aurait dû aller voir La Nuit des Rois et la Mégère Apprivoisée auxquelles nous faisons référence et de s’inspirer de ce que font les maitres en la matière. Bref, pour finir notre critique par une touche plaisante à son intention, un très grand merci d’avoir eu pitié de notre postérieur en ne nous infligeant que 2h30 d’immobilisation contrainte sur notre fauteuil alors qu’il aurait pu avoir la cruauté de faire jouer Hamlet dans sa version initiale de 6 heures !
9 avr. 2018
8/10
8 0
Il y a comme ça des spectacles qu'il n'est pas commode de chroniquer... A-t-on le droit de "dépoussiérer" un classique jusqu'à en faire un opéra rock ? Certains affirment que non, disant que le décor de ce Hamlet est hideux, qu'on ne peut pas re-traduire Shakespeare, et qu'une mise en scène ne peut se résoudre à monter/descendre deux escaliers

Cela aurait pu être mon point de vue mais je ne suis pas partie au bout de 15 minutes (j'étais coincée en bout de rang) et je dois dire que je ne partage pas l'opinion du réfractaire au bout de 3 heures.

Tout se tient et il faut accepter que le regard d'un metteur en scène ne soit pas celui auquel on a l'habitude. Je vous encourage donc à attendre pour juger ... (un conseil qui vaut pour tout d'ailleurs). Il est vrai que cet Hamlet est radicalement différent de Qui es-tu Fritz Haber ? Prix Coup de Coeur de la presse OFF 2013 en Avignon.

Le roi du Danemark est mort… Sa femme Gertrude se remarie avec Claudius son propre beau-frère ! Le jeune Prince Hamlet, fils de Gertrude et du feu roi, et neveu de Claudius, vit très mal cette situation… Or, au dehors des remparts du château d’Elseneur, apparaît, les nuits de pleine lune, un spectre ! Y aurait-il quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark ! Des mots, des mots, des mots… Etre ou ne pas être, là sera la question.
La chose, en l'occurrence le fantôme du père d'Hamlet, apparait à plusieurs reprises, quasiment sorti d'un jeu vidéo, troublant la conscience de son fils qui, deux mois après sa mort et quelques heures avant le remariage de sa mère, ne peut (évidemment) pas se résoudre à l'oublier, encore moins à pardonner. Le décor (de Caroline Mexme, collaboratrice de Xavier Lemaire depuis dix-huit ans) est très sombre, Hamlet est tout de noir vêtu. Personne ne fait le deuil ... sauf Gertrude qui apparait, jupe fendue comme une fiévreuse adolescente.

Xavier Lemaire avait séduit le public avec Les Coquelicots des tranchées (Molière 2015 du Théâtre Public). Il signe (et revendique) ici la traduction, l'adaptation, et la mise en scène et il a conçu la pièce autour du personnage d'Hamlet en sachant qu'il confierait le rôle à Grégori Baquet, Molière de la révélation masculine en 2014, lequel n'étant plus tout à fait un jeune homme, lui donne davantage d'envergure. On a beau savoir que c'est une pièce sur le doute on a le sentiment que cet Hamlet là a de puissantes convictions et qu'il n'en dérogera pas.

C'est intentionnellement encore que l'action n'est pas installée dans une époque déterminée ni restreinte à l'évocation d'un château, d’une chambre ou d’un cimetière. On pourrait même lui trouver une forme de contemporanéité. Les deux escaliers mobiles qui composent le décor (qui évoluera au fil de la représentation) suggèrent un espace, de la Terre au Ciel et du Ciel à l’Enfer. Les costumes de Virginie H participent à cette construction d'un monde fantastique.

Les esprits chagrins (encore) estimeront que le langage n'est pas de mise pour une cour royale. Camilla Barnes assume d'être repartie de l’anglais, brutal et charnel autant que poétique pour extraire un peu plus de 2 heures de dialogues des 5 heures potentielles. Les insultes ne sont guère politiquement correctes. On assiste à des scènes qui auraient leur légitimité dans un opéra rock. Aucun rôle n'est mineur et le travestissement est de mise.

La scène de théâtre de l'acte III, qui permet de démasquer l'oncle empoisonneur est jouée comme un spectacle dans le spectacle.

Le duel final semble un jeu dangereux (qu'on se rassure, le maître d’armes, François Rostain, a l'habitude de régler ce genre de combat au théâtre comme au cinéma). Un vrai vent de folie souffle sur la scène. Tout va plus vite que d'habitude. La pièce est presque raccourcie de moitié. Ça déménage comme dans un feuilleton télévisé et ça permet de ré-entendre le texte si souvent moqué : être ou ne pas être ...

Certes rien ne finit bien. Ophélie (délicate Pia Chavani) perdra la raison et la vie. Mais on a cru à la possibilité d'une rédemption. Xavier Lemaire a cherché à insuffler du lyrisme et de la comédie. C'était inattendu et au final heureux.

La musique de Frédéric Jaillard mérite une mention parce que si elle a été créée pour le spectacle elle semble déjà familière à nos oreilles. Ce musicien (qui est aussi comédien) a déjà collaboré plusieurs fois avec Xavier Lemaire ... et beaucoup d'artistes comme par exemple Thomas Dutronc.
2 avr. 2018
7,5/10
20 0
Xavier Lemaire, le metteur en scène, s'est peut-être inspiré d'une série télé à succès pour nous restituer un univers sombre d'heroic fantasy au coeur d'un royaume froid pour son Hamlet au Théâtre 14 mais en tout cas c'est réussi !

Dilemme : Se fade t'on un Hamlet qui dure 5 heures comme la version originale ou choisit-on une version modernisée et ramassée sur le jeune prince de 2h30 ? Pour moi, le choix est simple, je prends la version courte car l'adaptation a été revue par Xavier Lemaire et Camilla Barnes, avec un vocabulaire plus adapté à notre époque et cette version s'affranchit des contraintes de décor : le décor assez minimaliste, avec juste deux escaliers mobiles, va laisser les acteurs s'exprimer avec tout leur talent. S'ils n'en n'ont pas, ça se verra immanquablement ! Mais je vous rassure de suite, ils n'en manquent pas !

Etre ou ne pas être Hamlet, c'est ça la question ! Ici, le choix de Gregori Baquet en un jeune prince fougueux et blondissant est une vraie réussite. Bon je passe sur le choc de la couleur blonde, les cheveux repousseront avec leur couleur naturelle, dans quelques mois je ne mettrais plus mes lunettes de soleil en regardant sieur Baquet. Mais en y réfléchissant bien cette couleur de printemps colle une touche lumineuse qui auréole la tête du prince dans cet univers sombre et comme la pièce est concentrée sur lui, c'est une bonne idée. Et puis cette version moderne a besoin d'une chevelure peroxydée car il est rock et tatoué notre Hamlet, en plus d'être fou !

Oui clairement le parti pris de modernité du metteur en scène est un bonne idée, il y a du rythme et de la folie et aussi des morts... (on est dans une tragédie de Shaspeare quand même !). Et il y a le fantôme (lui aussi il vient de la série télé évoquée au début) qui va faire basculer Hamlet dans l'abime de la folie : effet garanti !

J'ai beaucoup aimé cette version et pourtant je redoutais de devoir rester assise 2h30 sans entracte mais c'est passé tout seul !

Il n'y a pas que Gregori Baquet dans cette pièce mais c'est vrai qu'il est omniprésent sur la scène, il est cependant entouré par 10 autres comédiens dont certains jouent plusieurs rôles avec bonheur. Ophélie (joué par la jolie Pia Chavanis) m'a semblé un peu transparente/diaphane au début mais quand elle devient folle, elle est émouvante à souhait.

Je recommande cette version notamment pour ceux qui veulent découvrir cette célèbre tragédie.
23 mars 2018
6,5/10
8 0
Toujours dans le cadre de mon abonnement au Théâtre 14 – et l’un des spectacles qui m’a vraiment décidée à reprendre ma carte du Théâtre – cet Hamlet de Xavier Lemaire avec Grégori Baquet dans le rôle titre – comédien que je suis depuis plusieurs années maintenant. Spectacle qui m’intriguait et m’inquiétait aussi un peu en vérité, car à mon humble avis, le metteur en scène comme le comédien n’avaient pas forcément les épaules pour soutenir la célèbre pièce de Shakespeare. Un pressentiment vérifié… en partie.

Hamlet est triste : son père, le roi du Danemark, est mort. A son grand dam, sa mère s’est remarié avec son oncle qui a pris la place de feu son frère sur le trône. Hamlet ne voit pas d’un bon oeil cette reconversion si rapide et continue seul de pleurer son père quand le royaume semble célébrer la nouvelle union. Mais si Hamlet est si sévère avec son oncle c’est qu’il a un pressentiment : il n’est pas pour rien dans le meurtre de son père. Cette intuition se verra vérifiée en tout début de spectacle, quand un étrange phénomène lui permet de discuter avec le spectre de son père… Alors, Hamlet est-il fou ? L’apparition du spectre semblait pourtant bien réel et a touché les gardes autant que lui…

C’est mon troisième Hamlet. Jamais totalement convaincue, la question se pose donc : peut-on réellement monter cette pièce de Shakespeare ? J’attends avec impatience le metteur en scène qui me démontrera cette possibilité. Cependant, je reconnais volontiers que Xavier Lemaire a soigné son travail. Certaines idées fonctionnent très bien : je pense notamment au spectre dont le costume blanc déchiqueté évoque des entrailles peu engageantes sous les lumières UV. Grande réussite aussi, la scène des comédiens transformée en cabaret et qui crée un réel clivage avec le reste de la pièce.

Cependant, je regrette que le rythme instauré lors de ces scènes ne gagne pas plus de terrain. On sent des méthodes de remplissage malheureusement trop visibles avec ces déplacements incessants, ces constantes montées et descentes de marches qui n’ajoutent rien, ne signifient rien d’autre qu’une agitation incessante et non une montée en tension comme on pourrait l’espérer. Certes, ces escaliers emboîtés différemment évoquent des lieux multiples, mais ils auraient peut-être gagné à rester des éléments de décor et non des appuis mécaniques pour les comédiens.

Et c’est d’ailleurs le point faible du spectacle. Les comédiens. On le sentait arriver, le rôle d’Hamlet écrase un peu Grégori Baquet, dont la folie n’explose pas tant qu’il le souhaiterait. Limité par sa tonalité parfois plaintive et son caractère profondément humain, entre gentillesse et naïveté, on a fondamentalement du mal à croire à son personnage. Les deux comédiennes sont également décevantes : si, après une première scène désastreuse, Pia Chavanis parvient à redynamiser un peu son Ophélie, elle n’en reste pas moins peu convaincante dans le rôle.

De son côté, Julie Delaurenti est une Gertrude, Reine de Danemark bien fade et dont la seule beauté ne suffit pas à porter tout le rôle. Cette fadeur se retrouve également chez Manuel Olinger, qui incarne le nouveau roi du Danemark : sa carrure imposante ne comble pas la monotonie de sa composition. Seul Didier Niverd semble avoir perçu toutes les facettes de son personnage, présentant un Polonius de premier ordre.
22 mars 2018
6/10
30 0
Il y a quelque chose de pourri au royaume du Westeros.
Oui, le Westeros, le royaume tant convoité de la série « Game of thrones ».

Le Hamlet de Xavier Lemaire semble en effet s'inspirer de l'esthétique de la célèbre série diffusée dans le monde entier : des fourrures en veux-tu en voilà, un héros blond peroxydé, un spectre évoquant immanquablement un « marcheur blanc »...
Pourquoi pas, après tout. Shakespeare a tellement inspiré réalisateurs et scénaristes, ce n'est qu'un juste retour des choses.

Grégori Baquet est donc LE héros du grand Will. LE personnage mythique. LE rôle que nombre de comédiens veulent un jour interpréter.
Quel abattage, quelle fougue, quelle énergie !
Son Hamlet n'est pas une mauviette ! Pour pulser, ça pulse !

Oui, il a teint ses cheveux en blond très clair. Hommage à Laurence Olivier, volonté de ressembler à Mad Max (Je trouve au passage que Grégori Baquet ressemble de plus en plus à Mel Gibson...), ou à Geoffrey Baratheon, le jeune et détestable roi de la série sus-citée ?

Xavier Lemaire a en effet demandé à son comédien d'incarner un sale gosse, souvent insupportable, affublé d'un horripilant rictus.
Un sale môme trop gâté qui ne supporte pas que maman tente de remplacer papa dans ses bras et dans son lit.
Le propos se tient.

Le comédien est irréprochable dans cette optique dramaturgique de l'ado attardé, et restitue néanmoins parfaitement les affres et les souffrances du personnage, parfois de façon très burlesque.

Car le metteur en scène a en effet lorgné dans cette direction du burlesque. Parfois, tout le monde court tellement un peu partout qu'on dirait un peu les Marx Brothers.

Burlesque aussi par exemple cette façon qu'à Polonius de crier « Je suis mort ! ».

Burlesque un peu trop à mon goût, je dois l'avouer.
Les spectateurs rient parfois de certaines scènes qui ne sont pas sensées déclencher l'hilarité.
Soit. Dont acte.

La traduction de Camille Barnes participe également à cette volonté de tendre vers un humour un peu gros, un peu grossier. (Jamais vulgaire, entendons-nous bien.)

Certes, dans ses comédies, Shakespeare a des propos outranciers, parfois grivois, et même scatologiques.
Mais ici, le titre original le la pièce est « The Tragedy of Hamlet, Prince of Denmark », c'est une tragédie.
Dans ses tragédies, le registre de la langue shakespearienne est beaucoup plus châtié, moins humoristique, même si dans Shakespeare, le tragique tend parfois à faire sourire.
C'est un autre choix du metteur en scène que de tirer tout ça dans cette direction burlesque et parfois loufoque.

J'ai beaucoup aimé l'Ophélie de Pia Chavanis.
La jeune femme est très émouvante et l'on est totalement pris par son jeu, surtout lorsque celle-ci perd la raison, suite au meurtre de son père. De la belle ouvrage.

Un autre grand moment est la scène des fossoyeurs. Les deux comédiens, Olivier Denizet et Stéphane Ronchewski sont très drôles, notamment lors du passage de la devinette.

La scène du « théâtre dans le théâtre » est traitée de façon très contemporaine, avec guitare électrique, rock et caméra embarquée, et avec probablement une espèce de volonté d'aller du côté d'Ivo van Howe ou de Thomas Jolly, une mise en scène contemporaine qui tranche étrangement avec le restant de la mise en scène.

On l'aura compris, c'est un spectacle qui part dans de multiples directions.
Il faut aller voir Grégori Baquet.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor