• Classique
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Paris 6ème

Dom Juan

Dom Juan
De Molière
Mis en scène par Jean-François Sivadier
Avec Marie Vialle
  • Marie Vialle
  • Nicolas Bouchaud
  • Marc Arnaud
  • Stephen Butel
  • Vincent Guédon
  • Lucie Valon
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 40,00
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Libertin peu scrupuleux, Dom Juan est prêt à utiliser tous les stratagèmes imaginables pour conquérir le cœur des femmes, sans jamais être rassasié. Qu’importe qu’elle soit noble ou paysanne, petite ou grande, fine ou ronde, belle ou laide comme un pou, il voudra la séduire.

Mais les choses se compliquent après qu’il ait croisé le chemin d’Elvire. Au départ tombée sous son charme et envoûtée par son discours, elle promet de se venger une fois qu’elle se sait bernée…

 

La comédie de Molière en cinq actes a été jouée pour la première fois au Palais-Royal en 1665. Aujourd’hui, son message garde toute sa portée en dénonçant le fondamentalisme, l’hypocrisie et le dogmatisme.

Jean-François Sivadier est un habitué des mises en scène de grands classiques. Il a déjà présenté Le Misanthrope, Le Roi Lear, Le Mariage de Figaro...

 

Avec Tartuffe, note Jean-François Sivadier, Molière était « allé trop loin » ; avec Dom Juan, il va plus loin encore.

 

 

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La critique de la rédaction : 7/10. Intergalactique ce Dom Juan !

La mise en scène rock‘n’roll tranche avec le chef d’oeuvre de Molière. Jean-Claude Sivadier nous fait découvrir une pièce en deux temps, celle que l’on voit sur le moment, esthétique, bien pensée avec des effets spéciaux poétiques donnant rythme et profondeur tout en gardant des costumes et un discours qui l’ancrent dans son époque.

D’un autre côté, la séduction, voire plutôt la violence sont mises en opposition au respect et aux conventions. Le metteur en scène nous file une métaphore, celle du ciel. Puisque, outre la décadence, la frivolité, le sexisme, le machisme de Dom Juan et son rapport plus que compliqué aux femmes, un second thème est central : la morale de Dieu.

C’est ce qu’a voulu mettre en avant cette adaptation dans un décor de ciel. D’ailleurs nous avons le décompte de ce mot à chaque fois qu’il est prononcé dans la pièce.

C’est intéressant mais la pièce en devient parfois inaccessible. Le double sens est difficile à déceler et l’ensemble devient dissonant.

Les acteurs sont bons, Nicolas Bouchaud joue subtilement un Dom Juan à la limite du tombeur et du ringard. Les seconds rôles jonglent avec talent entre les personnages.  

Une pièce avec beaucoup de lectures différentes et qui mérite un café entre amis pour en discuter.

Note rapide
7,1/10
11 pour 11 notes et 8 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
6 critiques
Note de 4 à 7
82%
2 critiques
Note de 8 à 10
18%
Toutes les critiques
6 nov. 2016
8/10
37 0
Une mise en scène et une interprétation ultra-dynamique qui sort clairement de l'ordinaire. J'ai aimé car je trouve que Dom Juan est une pièce qui se prête bien à cet exercice : la modernité, la folie et l'extravagance apportée par Jean-François Sivadier ne trahissent pas le texte original de Molière.

Nicolas Bouchaud et Vincent Guédon se complètent parfaitement en un couple Dom Juan et Sganarelle des plus convaincant.
4 nov. 2016
6,5/10
37 0
Quelle déception !

Sans doute à la hauteur de l'attente, comme souvent...
Car le trio Jean-François Sivadier, Daniel Jeanneteau et Nicolas Bouchaud m'avait émerveillée sur cette même scène de l'Odéon Théâtre de l'Europe avec leur Misanthrope ultramoderne et sensationnel.

Dans Dom Juan, on a le sentiment que Sivadier a trop voulu multiplier les "effets de style". Qu'il s'agisse des séances de karaoké (Sexuel Healing de Marvin Gaye, Les Passantes de Brassens), la pendule indiquant le nombre de fois où le mot "ciel" est prononcé, les improvisations et le jeu avec le public (Dom Juan draguant ouvertement les jeunes femmes des premiers rangs) : autant de trucs inutiles qui perdent peu à peu le spectateur.
Dommage, réellement, car la scénographie de Daniel Jeanneteau est toujours aussi admirable, métamorphosant le plateau au fil des actes.
Dommage car Nicolas Bouchaud est un Dom Juan charismatique, taquin, parfait libertin qui n'a peur de rien, joueur et jouisseur devant l'éternel. Le couple qu'il forme avec Vincent Guédon-Sganarelle fonctionne à merveille, bien mieux que celui que forment Pierrot- Stephane Butel et Charlotte-Lucie Valon (il semble que ces deux-là ne savent pas faire autrement que hurler...).
Dommage car toutes les idées de mise en scène de Sivadier ne sont pas saugrenues, certaines sont même bienvenues, astucieuses et inventives, notamment la dernière.
Dommage, vraiment dommage que cette mise en scène ait voulu séduire à tout prix, à l'image de son incorrigible héros...
1 nov. 2016
8/10
34 0
Super mise en scène, très moderne, rock comme il faut. J'ai mis quand même un bon bout de temps avant de comprendre ce que signifiait l'étrange compteur qui défilait tout au long de la pièce...

Il faut quand même bien s'y connaître et maîtriser le texte de Molière, pour comprendre toute cette mise en scène. C'est un peu ce que je reproche à l'Odéon : ce n'est pas accessible à tout le monde...
23 oct. 2016
6,5/10
5 0
Intergalactique Dom Juan !
Des qualités énormes, et des défauts quoi...

Une magnifique scénographie comme on en voit rarement, c'est une délectation ! Bravo Daniel Jeanneteau ! Mais cette scénographie... est très très mal exploité (...) et une bien mauvaise utilisation de l'espace durant la pièce, alors qu'on s'attendait à un jeu avec les planètes il n'en n'est presque rien...

Toutefois, Sivadier a des très bonnes idées de mise en scène il n'y a rien de dire, les transitions entre les scènes sont superbes, et les chansons modernes donnent un côté intéressant et même moderne, et ""Les Passantes"" c'est top quoi! Et des fois ça peut rater (pour comprendre que le panneau marque le nombre de fois le mot "CIEL", faut attendre un bon moment)

Pour les acteurs, le couple Dom Juan-Sganarelle/Bouchaud-Guedon est superbe ! Après les autres comédiens sont en partis oubliables...
Grosse déception (et pas seulement personnelle mais pour les 3 personnes qui m'accompagnaient) en ce qui concerne l'acte II qui est raté, et la mort de Dom Juan qui est grossière...

On pourrait revenir sur de nombreux aspects étranges, mais Dom Juan, dans cette mise en scène de Sivadier, c'est un peu comme certains films, il va y avoir des personnes qui aimeront/adoreront dès le début et jusqu'à la fin, et d'autres seront laissés sur le côté ne comprenant pas toujours l'intérêt de ce qui leur est montré...

Peut-être à revoir pour mieux comprendre certaines subtilités...
11 oct. 2016
6,5/10
47 0
A l'Odéon, Dom Juan arrive par la salle et commence par séduire les spectatrices.

Oeil de velours et regard canaille, il interpelle une spectatrice, lui offre des fleurs, les lui reprend pour en offrir à celle d'à coté, redistribue le tout et apostrophe même les femmes du balcon «Êtes-vous accompagnée ? Seule ? ». Le procédé est habile : dès les premières minutes le public espère que le comédien appelle une Valérie, une Sonia, une Sarah... Conquis, donc, et vite abandonné pour une Claire ou une Fatima. Le voilà, le Dom Juan de Sivadier : volage, sans aucun scrupule, n’attendant pas de se repaître d’une femme qu’il séduit déjà la suivante. Sivadier nous livre davantage un dévoreur de chairs, un arracheur de cœurs plein de mépris pour la morale, dont l’unique religion serait le plaisir, s’il en avait une. Mais de religion on en parle moins, si ce n’est au travers de ses rhéteurs : Sganarelle, en premier lieu, fidèle valet autant que contradicteur silencieux, ou bien le père de Dom Juan, rageur effondré par l’impiété de son fils.

Ce ténébreux Dom Juan, l'homme pressé d'aimer, de posséder, peu soucieux de scandaliser, l'homme impie qui porte le blasphème en étendard et brise les coeurs en série, l'homme qui ne croit en rien ni en personne, Dom Juan est ici joué par Nicolas Bouchaud, habitué des créations de Jean-François Sivadier. Sa présence scénique est immense, il occupe, happe, avale l’espace et ses partenaires. A ses cotés surnage Vincent Guedon, formidable Sganarelle, complice par loyauté mais censeur non avoué. Dans l’ombre de ce duo parfaitement complémentaire le reste de la distribution peine à émerger : Marie Vialle est une Elvire inégale, Stephen Butel, Marc Arnaud, Lucie Valon interprètent tour à tour les autres personnages, multipliant les métamorphoses autant que les effets : on crie, on rit fort, on exagère, et on en perd le spectateur qui ne sait plus s’il assiste à un drame, une comédie, une foire ou un mélange un peu foutraque. Une direction plus claire aurait peut-être moins brouillé les pistes.

Tous évoluent dans une jolie scénographie de gris, de bleu ou d’argent : au plafond pendent planètes, étoiles, représentant ce ciel que Dom Juan ne cesse de défier. Le décor du tombeau du commandeur est également magnifique, sombre, bordé de statues voilées qui observent dans la pénombre la scène telles des spectres venus de l'au-delà. Un néon lumineux indique épisodiquement un compte à rebours : on pourrait croire que ce sont les minutes qui séparent Dom Juan du châtiment final, ce ne seraient que le nombre de fois où le mot Ciel est prononcé : effet superflu qui n’apporte pas grand-chose au spectateur, tout comme la mention « scène censurée à la création» qui clignote quand la scène du pauvre est jouée. D’autres effets de mise en scène viennent charger la pièce : l’apostrophe au public du début qui est rappelée plusieurs fois, intégrant les prénoms des spectatrices au nombre de victimes du prédateur pendant la pièce, ou cette interprétation de Sexual Healing de Marvin Gaye par Nicolas Bouchaud en peignoir, une chanson de Brassens dite par Sganarelle, ou sa nudité de Dom Juan aspergé de sceaux d’eau pendant sa feinte conversion. Nudité, chanson, néon… autant d’effets cosmétiques inutiles quand ils ne sont pas justifiés et viennent polluer l'interprétation du texte.

Vous l’aurez compris je reste partagée devant la mise en scène de Sivadier : si les comédiens sont solaires, la scénographie magnifique, et le parti-pris somme toute cohérent, trop d’effets, de tics de mise en scène viennent s’ajouter de façon inutile et surtout injustifiée. C’est dommage, car ils affectent par l’importance qui leur est donnée une vision toute en énergie décuplée, du coup plus assez captivante.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor