Bella Figura

Bella Figura
De Yasmina Reza
Avec Josiane Stoléru
  • Josiane Stoléru
  • Emmanuelle Devos
  • Micha Lescot
  • Théâtre du Rond-Point
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
Itinéraire
Billets de 30,00 à 40,00
Evénement plus programmé pour le moment
Réservation de tickets

Un homme et une femme se tiennent sur le parking d’un restaurant de province.

Elle, Andrea, mère célibataire, préparatrice en pharmacie, est encore dans la voiture. Son amant, Boris, patron d’une entreprise de miroiterie, essaie de la convaincre d’en sortir, en dépit de l’erreur qu’il vient de commettre : mentionner que le restaurant lui a été conseillé par sa femme…

Bella Figura explore la soirée consécutive à cette faute originelle.


Un peu plus tard, au même endroit, survient un autre couple, Eric et Françoise, accompagnés par Yvonne, la mère d’Eric. On apprend très vite qu’un lien inopportun les unit aux premiers.
La pièce se déroule presque entièrement à ciel ouvert, dans un jour déclinant. Je n’ai jamais raconté d’histoires dans mes pièces, et on ne sera pas surpris qu’il en aille encore ainsi. À moins qu’on ne considère comme une histoire la matière stagnante et houleuse de la vie.

210

La critique de la rédaction : 4/10. Bella Figura manque cruellement de rythme.

Pourtant l'histoire de ce couple illégitime commence bien. On a l'impression d'assister à une pièce de boulevard avec une nouvelle recette, des échanges plus fins que d'habitude...

Les décors originaux du parking, des toilettes et de la terrasse du restaurant amusent. Quelques répliques font rire mais les dialogues restent trop plats, installant un faux rythme et déclenchant un profond ennui.

Les rebondissements attendus n'arrivent jamais.

Heureusement, Emmanuelle Devos, Micha Lescot et les autres jouent plutôt juste.

À manquer.

Note rapide
5,1/10
11 pour 11 notes et 8 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
7 critiques
Note de 4 à 7
91%
1 critique
Note de 8 à 10
9%
Toutes les critiques
22 déc. 2017
6,5/10
49 0
Sans avoir été vraiment subjuguée par le texte, je l'ai trouvé relativement précis.
Le rythme parfois lent ou flottant, traduit parfaitement la solitude de chacun des personnages de la pièce.
J'avais envie parfois de leur crier : "on est là, vous êtes pas seul !" ; en effet, même réunis tous les cinq, chacun d'eux semble renfermé dans sa propre solitude.
Le jeu de J. Stoléru m'a particulièrement plu.
9 déc. 2017
4/10
51 0
La situation de départ est somme toute assez banale : André est de sortie avec son amant, Boris, mais celui-ci lui apprend qu’il l’emmène dans un restaurant conseillé par sa femme. C’est la scène initiale, sur le parking du restaurant : les deux amants s’embrouillent. Alors qu’il décide de partir, il manque d’écraser une femme avec sa marche arrière. Cette femme, c’est Yvonne, qui vient fêter son anniversaire au restaurant avec son fils Eric et Françoise, qui connaît Boris… par l’intermédiaire de sa femme. On les sent arriver grosses comme des camions, les scènes un peu gênantes.

J’ai du mal à comprendre comment Yasmina Reza dont je vénère l’écriture fine et perspicace ait pu écrire cela. J’ai laissé une chance à la première scène : après tout, ce n’était peut-être qu’une installation un peu lente de l’intrigue, plus intéressante. Mais il s’est avéré qu’en réalité c’était peut-être l’une des scènes les moins ennuyeuses de la pièce. Successions de dialogues sans grand intérêt, cette pièce se révèle d’un vide rare et inattendu, les vannes tombant à plat : « Elle fait des conférences sur l’art du tricot des chaussons pour adulte » – Oui, et ?

Pourtant, je pense avoir saisi au moins une partie de la critique inhérente à la pièce : ces scènes de la vie quotidienne semblent souligner la montée d’une forme d’individualisme, le manque d’écoute, l’égocentrisme de chacun. L’idée se perd tellement dans ces dialogues sans saveur qu’une chanson aux paroles appuyées nous rappellera le propos à la fin de la pièce, au cas où on n’aurait pas bien compris. Dommage, parce qu’étaient particulièrement bien représentée sur scène, le traitement de la vieillesse aujourd’hui, ou ces habitudes conventionnelles imposées par la société, comme cette fameuse proposition d’aller boire un verre « plus tard » tout en sachant pertinemment qu’aucune des deux parties n’en a l’envie.

Comme contrepoint à ce conformisme, Yasmina Reza a dessiné le personnage d’Andrea. Indifférente aux règles sociétales, elle rappelle le Graham de Sex, Lies, and Videotapes en jurant constamment avec le personnage qu’elle devrait adopter pour être dans la norme. Elle aurait pu être tellement géniale cette Andrea, elle aurait pu être inspirante, mais la partition n’est pas à la hauteur de l’idée. Heureusement Emmanuelle Devos en tire tout ce qu’elle peut, lumineuse toujours, un peu survoltée, attachante. A ses côtés, la troupe suit cette excellence. Malheureusement, cela ne suffira pas à rattraper ce texte désespérément vide.
3 déc. 2017
5,5/10
53 0
J’aime beaucoup l’écriture de Yasmina Reza, et je me suis dit qu’elle avait le droit de « louper » une fois dans sa vie, sa pièce et aussi la mise en scène !

La distribution est parfaite, mais comment défendre un texte sans intérêt ? La mise en scène, comment expliquer à Yasmina Reza, que la diction et la portée de voix sont importantes, alors pourquoi faire dialoguer Louis-Do de Lencquesaing avec Emmanuelle Devos dans une voiture aux vitres fermées, on n’entend rien ! de même qu’Emmanuelle Devos, s’assoie de dos pour téléphoner à sa fille, on ne distingue rien non plus.

A lire le dossier de presse, c’est passé à côté de la plaque, pour la démonstration du craquèlement d’une certaine bourgeoisie...

Et puis la scène dans les toilettes du parking, quel intérêt de voir Josiane Stoléru relever sa jupe pour satisfaire un besoin naturel et surprendre les deux amants en fâcheuse posture.

Rien de passionnant et ça dure 1h30.

La réplique finale ? on ne comprend pas ce que dit Andréa et le rideau tombe !
29 nov. 2017
7,5/10
60 0
Ce qui peut surprendre parfois chez Yasmina Reza, c'est le manque de rythme … Mais dans Bella Figura c'est justement tout l'intérêt de la chose, c'est comme dans la vraie vie, ces moments de flottement où personne ne sait vraiment où on se dirige, ni les comédiens, ni les spectateurs. En cela Yasmina est une virtuose, et Emmanuelle Devos, est largement à la hauteur du défi !!
9/10
66 0
Quand le vernis craque, que reste-t-il de nos apparences ? Se pourrait-il que nous devenions nous-même alors ? Laissant tomber les masques, les espoirs et les joies, regardant jonchés au sol les reliques d’un passé heureux ou les restes d’un présent raté ? Andréa et Boris, amants à l’amour vif et décadent vont s’y confronter. Françoise, Éric et sa mère Yvonne y tâteront aussi.

Yasmina Reza, autrice à la plume ironique et acerbe, écrit ici une pièce remplie de moments de vie qui basculent, qui bousculent et qui disent ou non leur vérité aussi cynique et dévastatrice soit-elle.

La lisère entre la prestance et le lâcher-prise est fine, presque ténue, chez ces cinq personnages qui se livreront comme pour se délivrer peut-être, montrant une part de leur intimité, une autre de leur rancœur et plusieurs de leur impossible maîtrise de soi dans les situations tendues qui les réunissent inopinément. Se découvrant involontairement sans doute, inconsciemment aussi.

Bien sûr, Andréa ne peut accepter de bon cœur ce dîner dans un restaurant recommandé par l’épouse de Boris. Goujaterie ou maladresse de trop, cela ne passe pas. Elle qui se veut aimée, aimante et heureuse.

Bien sûr, Boris est écrasé par ses problèmes professionnels qui mettent en péril son équilibre personnel et familial. Excuse ou prétexte, cela ne peut justifier cette attitude de dominateur à la masculinité d’un machiste ordinaire cherchant le réconfort ou la soumission d’Andréa.

Bien sûr, cette petite famille venue fêter l’anniversaire d’Yvonne, ressemble tellement aux autres dans ses relations mère-fils fusionnelles, ses conflits intergénérationnels et ses ravages de la vieillesse arrivante. Évidence ou coïncidence, cela n’empêche pas les non-dits de se libérer ni les tensions de se relâcher.

Et puis il y a comme une symbiose passagère entre tous, dans ce petit monde créé le temps d’une soirée, comme une systémie d’alliances et de contraires. Des échanges ont lieu, portés par des élans affectifs, agressifs ou bienveillants, nous interpellant sur la simplicité de l’ouverture des failles, des brisures qui dénoncent et qui révèlent.

Sur toile de fond des aléas d’une bourgeoisie de province qui s’effrite, les solitudes s’attirent le temps d’instants fugaces, s’opposent le temps de scènes de colère aussi vives que courtes, découvrant des souffrances et des compromissions, des peines et des renoncements.

Un beau texte, au réalisme marqué, tout en tension et en dévoilement, transportant un récit simple de moments de vie aux éclats ordinaires, joué avec brio par une distribution qui conjugue finesse et précision.

Emmanuelle Devos joue une Andréa meurtrie, errant dans sa solitude et montrant avec l’enthousiasme du désespoir la rage de vivre sa part de bonheur. Micha Lescot étonne à nouveau, interprétant Éric, charmant et charmeur, troublé et troublant fils, compagnon et conseiller. Louis-Do de Lencquesaing joue un Boris touché, mélancolique et paumé. Camille Japy, est Françoise, écartelée par ses statuts d’amie, de conjointe et de bru, à la présence digne et un peu perdue. Josiane Stoléru joue une délicate et espiègle mère vieillissante, touchante dans les souffrances qui la gagnent.

Une pièce au cheminement sinueux et passionnant, avec des personnages curieux et intéressants, admirablement bien jouée. Un beau temps de théâtre.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor