Critiques pour l'événement Bella Figura
22 déc. 2017
6,5/10
64 0
Sans avoir été vraiment subjuguée par le texte, je l'ai trouvé relativement précis.
Le rythme parfois lent ou flottant, traduit parfaitement la solitude de chacun des personnages de la pièce.
J'avais envie parfois de leur crier : "on est là, vous êtes pas seul !" ; en effet, même réunis tous les cinq, chacun d'eux semble renfermé dans sa propre solitude.
Le jeu de J. Stoléru m'a particulièrement plu.
9 déc. 2017
4/10
64 0
La situation de départ est somme toute assez banale : André est de sortie avec son amant, Boris, mais celui-ci lui apprend qu’il l’emmène dans un restaurant conseillé par sa femme. C’est la scène initiale, sur le parking du restaurant : les deux amants s’embrouillent. Alors qu’il décide de partir, il manque d’écraser une femme avec sa marche arrière. Cette femme, c’est Yvonne, qui vient fêter son anniversaire au restaurant avec son fils Eric et Françoise, qui connaît Boris… par l’intermédiaire de sa femme. On les sent arriver grosses comme des camions, les scènes un peu gênantes.

J’ai du mal à comprendre comment Yasmina Reza dont je vénère l’écriture fine et perspicace ait pu écrire cela. J’ai laissé une chance à la première scène : après tout, ce n’était peut-être qu’une installation un peu lente de l’intrigue, plus intéressante. Mais il s’est avéré qu’en réalité c’était peut-être l’une des scènes les moins ennuyeuses de la pièce. Successions de dialogues sans grand intérêt, cette pièce se révèle d’un vide rare et inattendu, les vannes tombant à plat : « Elle fait des conférences sur l’art du tricot des chaussons pour adulte » – Oui, et ?

Pourtant, je pense avoir saisi au moins une partie de la critique inhérente à la pièce : ces scènes de la vie quotidienne semblent souligner la montée d’une forme d’individualisme, le manque d’écoute, l’égocentrisme de chacun. L’idée se perd tellement dans ces dialogues sans saveur qu’une chanson aux paroles appuyées nous rappellera le propos à la fin de la pièce, au cas où on n’aurait pas bien compris. Dommage, parce qu’étaient particulièrement bien représentée sur scène, le traitement de la vieillesse aujourd’hui, ou ces habitudes conventionnelles imposées par la société, comme cette fameuse proposition d’aller boire un verre « plus tard » tout en sachant pertinemment qu’aucune des deux parties n’en a l’envie.

Comme contrepoint à ce conformisme, Yasmina Reza a dessiné le personnage d’Andrea. Indifférente aux règles sociétales, elle rappelle le Graham de Sex, Lies, and Videotapes en jurant constamment avec le personnage qu’elle devrait adopter pour être dans la norme. Elle aurait pu être tellement géniale cette Andrea, elle aurait pu être inspirante, mais la partition n’est pas à la hauteur de l’idée. Heureusement Emmanuelle Devos en tire tout ce qu’elle peut, lumineuse toujours, un peu survoltée, attachante. A ses côtés, la troupe suit cette excellence. Malheureusement, cela ne suffira pas à rattraper ce texte désespérément vide.
3 déc. 2017
5,5/10
66 0
J’aime beaucoup l’écriture de Yasmina Reza, et je me suis dit qu’elle avait le droit de « louper » une fois dans sa vie, sa pièce et aussi la mise en scène !

La distribution est parfaite, mais comment défendre un texte sans intérêt ? La mise en scène, comment expliquer à Yasmina Reza, que la diction et la portée de voix sont importantes, alors pourquoi faire dialoguer Louis-Do de Lencquesaing avec Emmanuelle Devos dans une voiture aux vitres fermées, on n’entend rien ! de même qu’Emmanuelle Devos, s’assoie de dos pour téléphoner à sa fille, on ne distingue rien non plus.

A lire le dossier de presse, c’est passé à côté de la plaque, pour la démonstration du craquèlement d’une certaine bourgeoisie...

Et puis la scène dans les toilettes du parking, quel intérêt de voir Josiane Stoléru relever sa jupe pour satisfaire un besoin naturel et surprendre les deux amants en fâcheuse posture.

Rien de passionnant et ça dure 1h30.

La réplique finale ? on ne comprend pas ce que dit Andréa et le rideau tombe !
29 nov. 2017
7,5/10
89 0
Ce qui peut surprendre parfois chez Yasmina Reza, c'est le manque de rythme … Mais dans Bella Figura c'est justement tout l'intérêt de la chose, c'est comme dans la vraie vie, ces moments de flottement où personne ne sait vraiment où on se dirige, ni les comédiens, ni les spectateurs. En cela Yasmina est une virtuose, et Emmanuelle Devos, est largement à la hauteur du défi !!
15 nov. 2017
4/10
15 0
Pourquoi choisir Bella Figura ? Pour ses acteurs avant tout : Emmanuelle Devos appréciée dans ses films, qui livre ici une prestation assez réjouissante, Louis-Do de Lencqueseing que j’avais découvert dans « Le père de mes enfants » de Mia Hansen Love et qui compose de belle façon ce personnage pleutre et surtout Micha Lescot qui n’aurait qu’à lever le petit doigt qu’il serait encore passionnant, tellement il se passerait de choses dans son petit doigt. (Josiane Stoléru et Camille Japy complètent la distribution)

Je n’ai rien contre Yasmina Reza. Je n’ai rien pour non plus. J’ai seulement vu « Art » (la version du tg STAN et de Dood Paard (en juin dernier au théâtre de la Bastille), que j’avais appréciée, mais je suis surtout un inconditionnel du travail collectif de ces Flamands, il faut dire). Quand on lit l’entrevue de Yasmina Reza avec Pierre Notte dans le programme, ce dernier lui demande son angle d’attaque quant à sa mise en scène. Elle répond qu’elle veut faire respirer l’écriture, la faire résonner. Comme elle a écrit la pièce, ça peut se comprendre : entendre (et faire entendre) au mieux le texte. Mais nous avons surtout des trous d’air. Ça ronronne mais ça ne passe jamais la seconde. Pourtant ça commençait bien : le rideau se lève, façon de parler, et nous ne voyons pas un début d’histoire car nous sommes au beau milieu d’une situation dont on comprend rapidement les tenants et les aboutissants : un homme et sa maîtresse sur un parking, à côté de sa pimpante voiture jaune. Et bim badaboum, en faisant marche arrière, l’homme heurte la belle-mère d’une amie de sa femme. Comme de par hasard. Et là nous sommes perdus, l’ennui prend le dessus, pas aidé par les changements de décors entre chacun des tableaux, longs et sans intérêt. (les fameuses options (nappes) atmosphériques musicales et vidéos).

Pour être honnête, je venais de voir « C’est la vie » de Mohamed El-Khatib à l’Espace Cardin et je n’étais peut-être pas dans les meilleures dispositions pour voir cette pièce. Il n’empêche, cela reste une déception aux vues de la réputation de l’autrice.

Ps : Je me demande si Thomas Ostermeier a fait mieux avec ce texte écrit pour lui et créé à Berlin avec notamment Nina Hoss, si j’ai bien fait mes devoirs.
8 nov. 2017
6,5/10
37 0
J'aime la plume de Yasmina Reza.
J'aime sa verve acide, ses pièces sans histoire, leur trame tortueuse. Les vices et travers de nos sociétés sont mis en lumière.

Tout y était dans cette pièce mais à une dose moins concentrée que d'habitude.

J'étais interloquée par le début. J'ai ri quelques fois de bon coeur, mais je me suis ennuyé.
La mise en scène est "classique du Rond Point". Un parking et une bagnole de tunning.
8 nov. 2017
6/10
34 0
Quelle déception hier soir au Rond Point.

Je me faisais une joie de voir Emmanuelle Devos jouer une pièce de Yasmina Reza.
Le début est plutôt prometteur : un couple illégitime en goguette, elle Andréa s’est fait belle pour sortir avec son homme Boris et lui gros nigaud gâche tout en lui apprenant que c’est sa femme qui lui a conseillé ce restaurant. Puis, au détour d’un accident, surgit une famille bien conventionnelle dont la femme est l’amie d’enfance de la femme de Boris.
Mais très vite on s’ennuie. Les personnages ne sont pas attachants, chacun est figé dans son rôle. On ne ressent aucune émotion.
Andréa passe son temps à prendre des anxiolytiques, Boris ne pense qu’a sa faillite, La grand-mère Qu’à son sac…….
Il y a beaucoup de silences, ça manque de dynamisme et de surprises.

Heureusement les changements de décors nous réveillent un peu avec la musique de Zanagar.