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L'éternel premier

L'éternel premier
  • La Pépinière Théâtre
  • 7, rue Louis-le-Grand
  • 75002 Paris
  • Opéra (l.3, l.7, l.8, RER A)
Itinéraire
Billets à 23,00
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Comment Jacques Anquetil, champion admiré et mal aimé, bouscule les lois du sport, de la morale et fascine ses proches et adversaires.

Qui ne s'est identifié, parfois jusqu'au mimétisme à un grand champion ? Qui n'a tenté d'imaginer ce qui se passe dans sa tête ?

Le récit de Paul Fournel, est celui d'une passion pour Anquetil, cet immense champion populaire qui, paradoxe incompréhensible, était admiré mais mal aimé du public.

C'est aussi la tentative de percer le mystère et la part d'ombre de ce personnage hors norme, sulfureux, rebelle, transgressif, qui s'est affranchi des lois du sport et de la morale commune aux autres hommes.

C'est enfin le plaisir de retrouver tous les personnages pittoresques qui l'ont aimé, entouré, accompagné dans sa vie sportive et intime : Janine son épouse et complice, Sophie sa fille, Geminiani son mentor, Darrigade son fidèle équipier, Poulidor l'ennemi juré que la presse et le public avaient dressé contre lui...

 

Note rapide
8,6/10
12 pour 12 notes et 12 critiques
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12 critiques
Note de 8 à 10
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Toutes les critiques
26 nov. 2018
8,5/10
6 0
Jacques Anquetil arrivait à tout gagner, sauf l'amour du public, qui allait à son éternel outsider et premier rival "Poupou".

J'étais venu pour comprendre, et les éléments de réponse sont donnés avec beaucoup de subtilité, dans un texte intense, une mise ne scène judicieuse, et des jeux d'acteurs fins et puissants. On apprend beaucoup en peu de temps et de belle manière.

Ceux qui, comme moi, n'auront pas été perspicaces, comprendront à la fin, le pourquoi du titre de cette très belle pièce.
10 nov. 2018
8,5/10
7 0
Moins populaire que Poulidor mais non moins talentueux, jacques Anquetil était une légende pour tout connaisseur du monde cycliste.

Pendant 1h20, Paul Fournel, l’auteur nous fait découvrir l’un des plus grands coureurs de tous les temps mais aussi l’un des plus provocateurs.
C’est un portrait qui me cache rien des zones d’ombres d’Anquetil (il boit, fume...) mais nous montre aussi le coureur travailleur, talentueux, ambitieux, qu’il était.

Cette pièce nous révèle également une facette encore moins connue de ce coureur, celui d’un l’homme entier, amoureux et sensible.

Une pièce captivante, des comédiens habités par leurs personnages notamment Matila Malliarakis (Anquetil): une sacrée performance !
Une mise en scène intelligente, une pièce à voir !
5 nov. 2018
9/10
40 0
Pas de régime sans selle à La Pépinière Théâtre, où est repris ce spectacle tiré du récit de Paul Fournel intitulé « Anquetil tout seul ».

Jacques Anquetil !
Un héros du vélo, un forçat de la route, le vainqueur d'innombrables courses.
Mais également un homme sujet à la controverse, un homme fait de multiples paradoxes, un homme finalement assez mystérieux.

C'est son dos qui nous accueille sur scène, par le biais d'une projection vidéo d'images d'archives sur un rideau de tulle, le montrant en train de pédaler. Avec le terrible dossard n°1 !
Difficile d'être l'éternel premier, alors que le sempiternel deuxième, un certain Raymond Poulidor attire la sympathie du public.
Anquetil, lui, n'a pas le charisme, le franc-parler ni le sourire de Poupou. Lui, il gagne, et avoue publiquement vouloir gagner pour l'argent.

Lui, il est du genre à dépareiller de ses camarades de route.

Lui, a un régime alimentaire atypique (huîtres avant le départ d'une étape...), lui fume, lui boit...
Maître Jacques reconnaît également le fait de se doper, de prendre des amphétamines : « Il suffit de regarder mes fesses, ce sont de véritables écumoires », confessera-t-il, luttant contre l'hypocrisie ambiante.

Ce spectacle est donc une sorte de biopic consacré à ce champion extra-ordinaire au sens vraiment littéral du terme.

Pour autant, ce n'est pas lui qui arrive sur la scène en premier.
Côté cour, c'est un petit garçon, interprété par Stéphane Olivié Bisson, qui va nous dire son admiration et sa fascination pour le premier homme à gagner cinq fois le tour de France. Nous le retrouverons d'ailleurs à la toute fin du spectacle. La « grande » boucle sera bouclée.

C'est Matila Malliarakis qui interprète Anquetil.
Logiquement, Roland Guenoun l'a installé sur une bicyclette. Jaune, la bicyclette . Forcément.
Bien entendu, le vélo sera fixé sur un support d'entraînement, ce qui va permettre au comédien de pédaler.
Oui, tout en jouant la comédie, tout en parlant et parfois en criant, il va « rouler sur place », ce qui constitue une vraie performance physique.

Matila Malliarakis dira les mots d'Anquetil, endossant le rôle du grand sportif, jouant à merveille son côté provocateur.
Mais ce qui m'a sidéré, c'est la capacité du comédien à montrer la douleur et en même temps la véritable addiction et le réel amour qu'Anquetil éprouvait pour son sport.
Sur son visage, j'ai eu l'impression que les traits de l'acteur se creusaient de plus en plus au fur et à mesure que le spectacle se déroulait. Comme il nous la fait sentir cette douleur physique, ce calvaire librement consenti qui consiste à passer des journées entières à pédaler sans relâche et à toute allure sur une bicyclette !
Il incarnera à merveille la fin de carrière du sportif. Matila Malliarakis sera très émouvant. Ses mots concernant la morale bourgeoise de ceux qui le conspuent, qui ne le comprennent pas, ses mots feront mouche.

A ses côtés, Stéphane Olivié Bisson incarnera une foultitude de personnages, avec pour chacun une voix ou un accent différents : des coureurs, des manageurs, des journalistes, etc, etc...
Avec juste un changement de casquette, ou de guidon, il passe d'un maillot à l'autre.
C'est une bien belle trouvaille qu'a eu Roland Guenoun de lui confier tous ces rôles. Le comédien rend ce parti-pris tout à fait crédible. Il est épatant dans ces multiples interprétations.

Et puis, Clémentine Lebocey incarne Jeanine Boeda dite « Nanou », l'épouse en secondes noces d'Anquetil.
La comédienne est parfaite dans ce rôle non seulement d'épouse, mais aussi d'inspiratrice, d'agent, de consolatrice ou de confidente.
Melle Lebocey jouera également deux autres rôles que je détaillerai pas : en effet, j'ignorais complètement l'histoire de ces deux autres personnages féminins-là, et je voudrais vous laisser éprouver la stupéfaction qui fut la mienne en apprenant ce qui est arrivé. C'est une histoire digne d'une tragédie grecque antique.

Ce spectacle est donc comme une course de vélo : physique, sans concessions, émouvant, fait de multiples étapes, de multiples rebondissements.
L'histoire d'un homme qui fut toute sa vie « contre les autres, et peut-être contre lui-même », pour reprendre la formulation de Paul Fournel.
Un spectacle qu'il faut aller découvrir et apprécier, si tout comme moi, vous en aviez raté la création la saison passée.
15 oct. 2018
8/10
4 0
Je ne suis pas une fan de vélo, c’est peu de le dire, mais cet hommage théâtrale à un grand sportif est une réussite !

Jacques Anquetil est considéré comme un des plus grand coureur de tous les temps. C’est aussi un enfant gâté, un épicurien qui ne respecte aucune règle ni aucune loi. Il fume, boit, mange n’importe quoi. Sa réputation est déplorable et le public ne l’aime pas.

Pourtant c’est un homme entier et sensible et cette pièce lui rend hommage sans censure ni mensonge.

Une pièce vibrante et forte.
Alors ?
Paul Fournel a enfourché sa plume pour écrire l’histoire de son modèle et son contraire : Maître Jacques. Le cycliste aime la vie et les sacrés défis. Nulle nécessité pour lui de choisir entre les cols et l'alcool, la clope ou l’effort. Sa méthode est atypique. Ses victoires sont incroyables. En dehors du peloton, c’est un loup solitaire, seul face à ses souffrances bien que les autres souffrent tout autant. Il en aura franchi des étapes. Le récit retrace avec précision ses exploits et ses prises de position sur le milieu du cyclisme. Sa vie personnelle peu glorieuse est également illustrée. Le caractère épique du vélo est honoré par une mise-en-scène poétique. On découvre Anquetil pédalant sur son vélo et entonnant un slam. Le mouvement est créé par un jeu d’écran disposé en paravent. La petite reine trône fièrement au centre de la scène. Anquetil ne la quittera pratiquement jamais et le spectacle ne patine pas. Le comédien Matila Malliarakis, qui joue Anquetil, est au sommet de son art. Quelle grâce, quelle puissance, quelle élégance, quelle humilité. Un rôle taillé pour lui.

La compagne d'Anquetil (Clémentine Lebocey) apporte des touches glamour tandis qu’Olivié Bisson est à la fois le directeur sportif, équipier et narrateur dans un registre tout à la fois comique et nostalgique. Si le cyclisme et le théâtre combinent a priori deux publics différents, je vous assure que ce spectacle vous donnera la giclette.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor