Critiques pour l'événement La promesse de l'aube
1 mai 2022
9/10
4
Un écolier, un étudiant, un aviateur, un consul, Romain Gary a été tout ça au cours de sa vie. Dans ce livre et au cours de cette soirée passionnante, nous découvrons surtout l’amour inconditionnel et infini que sa mère lui porte et la force qu’elle lui donne.

Depuis son enfance, avec son arrivée à Nice, où sa mère se démène seule pour qu’il puisse avoir un repas correct tous les jours. La scène où il découvre qu’elle se prive de viande pour lui, est traitée avec une pointe d’humour qui nous permet de ne pas être submergé par l’émotion. Cette mère qui le noie sous son amour et dont il nous décrit si parfaitement toutes les attentions dont elle le couvre.

Les années terribles arrivent, il intègre l’école de l’air de Salon-de-Provence. Dès que la guerre commence, il intègre l’aviation de la France Libre, il attaque, bombarde les positions nazies et défend les siennes. Il survit à deux crashs mais plus que tout, ce sont les innombrables lettres que sa mère lui envoie, plus de deux cent qui permettent qu’il garde l’espoir, l’envie de continuer. Il arrive jusqu’au bout de cette guerre et retourne à Nice…

Franck Desmedt nous offre une interprétation vivante et incarnée.

Devant nous, sur la scène, un décor où on peut aisément imaginer Romain Gary ou sa mère, aux cotés de Franck Desmedt, comme pour s’assurer que tout se passe bien, leur présence bienveillance est présente.

Un cadre intimiste est posé dès le début de la lecture, seul, il ne manque qu’un feu de cheminée et on a l’impression d’être chez un de nos aïeux qui nous raconte l’histoire qu’on connait tous, qui nous rassemble tous mais qu’on prend un plaisir fou à écouter chaque fois.

Ce cadre familial est renforcé par le texte-lui même, qui avec cette interprétation à la première personne, permet d’avoir presque Romain Gary devant nous.
29 oct. 2021
9/10
6
All you need is love !

L'amour inconditionnel d'une mère transcendé par un merveilleux poète.
Un texte rare raconté par un formidable comédien.

C'est plein d'amour, d'humour et de tendresse, de regrets parfois aussi.

Frank Desmedt nous touche en plein coeur, nous passons du rire aux larmes.

La salle, pleine à craquer, est conquise.

Love is all you need !
20 sept. 2021
10/10
2
Quelle magnifique et brillante interprétation de Franck Desmedt de la vie de Romain Gary – Il est charmant comme toujours – Touchant dans ce seul en scène , du début à la fin nous le suivons dans les différents personnages – Nous ne pouvons que vous conseiller cette superbe interprétation de cette promesse pleine de tendresse et d’humour – Encore un grand MERCI à Franck DESMEDT – On peut le voir et l’admirer tout autant en même temps dans la pièce Le Visiteur – Quel bel acteur -
19 sept. 2021
10/10
4
La promesse de l'aube est un spectacle qui m'a bouleversée. (…)

La pièce traverse le XX° siècle dont on revit les principaux épisodes historiques. Franck Desmedt connaît parfaitement le texte. Il l’avait mis en scène en 2009. Pour cette édition avignonnaise, il en signe lui-même l’adaptation et assure l’interprétation, en vertu de l’adage qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Il assure tous les rôles sans avoir recours à aucun artifice.

Il est l’enfant, puis l’homme qui restera toujours un fils, à la fois porté et encombré par l’amour inconditionnel que sa mère lui inflige. Il se met facilement à la place de celle-ci, une ancienne actrice russe, juive, pauvre, divorcée, reconvertie dans la restauration pour prendre sa revanche sur un passé douloureux. Il est tout aussi aisément Mariette, la femme de ménage initiatrice aux plaisirs charnels, le professeur de mathématiques déconcerté par l’échec scolaire d’un gamin à l’intelligence exceptionnelle, le roi de Suède rencontré par hasard dans un club de tennis, … jusqu’à De Gaulle. Franck Desmedt joue tous les personnages et toutes leurs émotions. Son interprétation est absolument éblouissante de justesse.

Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse. On ne s’en remet jamais. Romain Gary exprime là combien on peut souffrir d’un trop-plein d’amour. Le comédien s’empare du texte avec tendresse, en toute complicité avec un public sous le charme pour chaque épreuve traversée, qu’il s’agisse de la défaillance du miracle sur un cours de tennis, de la découverte de la puissance de l’humour en tant que déclaration de dignité … Qui ne rêve jamais comme cette mère et son fils de plier le monde à son inspiration, en croyant à la beauté et à la justice ?

(…) La mécanique du processus d’écriture est au coeur de La promesse de l’aube. On comprend pourquoi Romain Gary est le seul écrivain à ce jour ayant obtenu deux fois le prix Goncourt et on se dit que Franck Desmedt pourrait bien tout aussi légitimement obtenir deux fois le Molière du Meilleur comédien avec ce spectacle.
(Spectacle vu au festival d’Avignon 2021).
13 sept. 2021
8,5/10
2
.../...
Mina adore la France, sa culture, Victor Hugo et surtout le général de Gaulle ! Avec ça il faut que le jeune Gary porte sur ses épaules toutes les illusions de sa mère. Elle le voit chanteur lyrique, danseur, et voilà qu’elle songe à lui faire donner des leçons de tennis, oui il sera un grand champion ! Le pauvre garçon ne sait pas où se mettre, lorsque sa mère implore le roi de Suède en personne (lui aussi aimait la France !) mais qui jouait fort bien au tennis lui au moins...

Et puis quand la guerre éclate, c’est simple, Mina décide que son fils doit partir assassiner Hitler ! Ah oui, Mina était un personnage attachant, étouffant son fils de son amour. Elle voit grand, il sera en effet ambassadeur de France et surtout un grand écrivain. La fin du roman on la devine et c’est toujours un moment poignant.

Franck Desmedt, met tout son art, sa drôlerie, pour incarner les personnages de ce merveilleux roman.
9 sept. 2021
9/10
2
C’est toujours un plaisir de venir voir et écouter Franck Desmedt et son interprétation de La promesse de l’aube ne fait pas exception : charmeur et joueur, il se délecte du superbe texte de Romain Gary.

La promesse de l’aube est considéré avec La vie devant soi comme l’un des chefs-d’œuvre de l’auteur. C’est un hommage à l’amour maternel, une ode à sa mère dont l’amour infini et inconditionnel l’a couvé toute sa jeunesse et a grandement contribué à construire l’adulte reconnu qu’il est devenu. C’est drôle, tendre, intéressant et remarquablement écrit.

Franck Desmedt nous plonge dans cette œuvre magnifique et y prend du plaisir. Le texte est mis en valeur par son éloquence. Rythme, ruptures, silences, le comédien maîtrise à la perfection sa composition et nous sommes pendus à ses lèvres du début à la fin.

Une mise en scène épurée et un décor sobre accompagnent parfaitement le récit.

Qu’on ait lu ou pas l’œuvre de Romain Gary, cette pièce est un vrai moment de bonheur.
31 août 2021
9/10
1
Magnifique, Émouvant, Poétique
Après « Voyage au bout de la nuit », puis « Tempête en juin » en 2019, quel plaisir de retrouver Franck Desmedt seul en scène dans cette adaptation de « La promesse de l’Aube », il nous émeut, nous chavire, nous amuse et nous réjouit.

Avec grand brio, Franck Desmedt interprète une quinzaine de personnages. Tous prennent vie sous nos yeux de par la justesse de son jeu, sa gestuelle expressive, la modulation de sa voix et son merveilleux talent. C’est magique, captivant, parfois drolatique, parfois chavirant et nous mettant la larme à l’œil.

Ce texte plein de tendresse et d’amour est quelque peu autobiographique. Il conte l’amour excessif et sans limite de la mère de Gary. Cette femme extravagante, émigrée russe, ancienne actrice, vivant seule avec son fils, se bat malgré ses difficultés financières pour porter Romain au plus haut rang de la société. Elle ne manque ni d’aplomb, ni de témérité et croit fermement aux capacités exceptionnelles de son fils.
« -Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D'Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es ! »
Mais pour Gary se fut un poids malgré son amour réciproque pour sa mère.
« Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. …. …On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. »

Tout commence par quelques notes de Louis Armstrong. C’est saisissant.
Dans un décor sobre, un fauteuil sur lequel une rose blanche repose, un porte manteau, une valise, deux panneaux colorés de style un peu « slave » et un jeu de lumière créant une atmosphère intimiste.
Franck Desmedt apparait ou plus exactement Romain adolescent à Nice, il est extraordinaire, nous amuse en relatant :
*l’aventure de Gary jeune garçon et de Mariette la femme de ménage un peu coquine.
*la ténacité de sa mère pour qu’il soit accepté Au Club Impérial pour jouer au tennis.

Puis, après un petit aparté avec Armstrong, nous retrouvons Gary adulte dans la seconde guerre mondiale. puis diplomate….
Franck Desmedt nous chavire en nous relatant son retour des tranchées et la nouvelle de la disparition de sa mère….
Cette adaptation et bien sûr l’interprétation de Franck Desmedt donne envie de découvrir ou de redécouvrir cette œuvre.
Merci de nous donner autant d’émotions et de plaisir.
Très beau moment de théâtre.
9,5/10
3
... C’est une magnifique histoire d'amour maternel d'une mère aimante et possessive à son fils aimant et indépendant qui a su ne pas s'y étouffer. Une histoire d'amour maternel au reflet mythique, d'une démesure pétillante et rieuse, magistralement interprétée par Franck Desmedt, aussi drôle qu’intense comédien. Une prouesse à ne surtout pas manquer !...
26 août 2021
9/10
1
“Etre à la hauteur
De ce qu’on vous demande
Ce que les autres attendent
Et surmonter sa peur
D’être à la hauteur
Du commun des mortels
Pour chaque jour répondre à l’appel
Et avoir à cœur
D’être à la hauteur”

Voici les premières notes qui s’immiscent à la sortie de ce seul en scène !! ( Emmanuel Moire , pour celles et ceux qui n’ont pas trouvé …)

Dans sa note d’”intention, Franck Desmedt pose le défi “la performance est moins dans l’incarnation successive de la quinzaine de personnages qui traversent notre spectacle, que dans la restitution de cet amour impossible, pierre angulaire de l’oeuvre.”

Nous confirmons, la performance d’incarner 50 personnages dans un seul scène avait été brillamment été réalisée avec “Tempête en juin” ( Théâtre la Bruyère) , alors 15 personnages… c’était presque une formalité pour ce comédien aguerri ! Et c’est bien là que nous saluons la magie qui s’opère : une alchimie se crée immédiatement , ce comédien tisse avec la salle ce fil d’Ariane , cette impalpable mais ô combien prégnante complicité. Nous nous calons dans le confort de la pénombre pour savourer les mots de cet Romain Gary, ses anecdotes truculentes, ses dilemmes, ces ” petites phrases qui sonnent , résonnent, s’impriment .

On retient :

… “Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais “

ou

… “L’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive”

ou encore

… ” ce que je veux dire, c’est qu’elle avait des yeux qu’il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis”


Un décor minimaliste, un jeu d’ombre et de lumière et le talent de Franck Desmedt s’exprime avec intensité, fluidité et sensibilité. La perfomance laisse place à l’intimité, la connivence, la tendresse, la liberté de ton…

Des intonations totalement inattendues, glissées qui surprennent et ravissent, quitte à laisser poindre un fou rire rapidement maîtrisé mais quel plaisir que cette communion !!

Que dire sinon saluer cette magnifique proposition, emplie de la poésie qui nous fait tant vibrer, de ces élans qui nous rassurent sur l’infini pouvoir de nos émotions, du rire aux larmes , vos regards changeront et c’est aussi là le cadeau : repartir avec ce petit supplément d’âme.

Pour conclure…. Franck Desmedt est sans conteste ” à la hauteur “….
26 août 2021
9,5/10
13
La mère, qu’on voit penser, le long du golfe niçois...

Je n’irai pas par quatre chemins.
En nous embarquant littéralement dans son adaptation du livre fascinant de Romain Gary, Franck Desmedt nous donne une véritable leçon de théâtre !

C’est bien simple, durant cette heure et dix minutes que dure le spectacle, il fait beaucoup plus qu’incarner ce petit garçon, cet adolescent puis ce jeune homme : il devient tout bonnement Romain Gary, tellement il réussit à s’approprier les mots de l’auteur.
Ces mots, ces phrases, ces extraits, il va les faire siens.
Il va les vivre !

Après que Louis Armstrong nous eût chanté une nouvelle fois le caractère merveilleux du monde, le comédien apparaît.

Costume trois pièces, symbole de réussite.
Cravate noire. Un autre symbole.

Immédiatement, il va planter le décor. Le monde merveilleux, en l'occurrence, c’est Nice, après le départ de Lituanie.
Nice qui a accueilli la mère du petit Roman.
Nice, son marché de la Buffa et sa plage de la Grande bleue.

Dès les premiers mots, le Molière 2020 du meilleur comédien pour un second rôle va nous attraper pour ne plus nous lâcher.
Il sera alors impossible pour nous autres spectateurs de se détacher de ce qu’il nous dit et ce qu’il nous montre.
De la même façon que nous étions fascinés par son Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline, dans son fief de La Huchette en 2018.

Adapter, c’est choisir.
Il l’a fallu, pour nous parler de cet amour inconditionnel d’une mère pour son fils.

L'amour maternel...
L'amour d'une mère abandonnée par son mari à la naissance de son fils, qui reporte sur lui tout son amour, un immense amour exclusif, possessif.
Une mère qui place en son rejeton les espoirs les plus grandioses.

« Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais », nous dit Romain Gary, dans ce roman autobiographique, publié en 1960.

Ces extraits choisis vont révéler l’immense palette de jeu du comédien.

C’est un véritable bonheur que de le voir restituer l’humour contenu dans l’œuvre.
De grands moments nous attendent.

Avec notamment la description de la servante Mariette et de son postérieur, le dépucelage de l’adolescent par la sus-nommée, une rencontre surréaliste avec le roi de Suède, l’attentat manqué d’Hitler, j’en passe et non des moindres, autant d’évocations qui vont susciter l’hilarité du public.

Certes, l’humour est bel et bien contenu dans le texte. Encore faut-il savoir et pouvoir le restituer.
M. Desmedt, mis en scène par Stéphane Laporte et Dominique Scheer, s’en donne à cœur joie : ses intonations, ses ruptures, ses silences très évocateurs, ses regards adressés au public, quelques apartés jubilatoires, tout ceci est mis en œuvre de formidable façon pour nous faire rire.

C’est un vrai bonheur de voir ses yeux pétiller de malice. Lui aussi s’amuse.
A tel point qu’au moment de l’imitation d’un grand homme, j’ai cru déceler poindre un fou-rire finalement retenu.

Car de plus, grâce à des gestuelles particulières et des accents épatants, il incarne non seulement le « couple » maman-fiston, mais aussi beaucoup d’autres truculents personnages.
Je vous laisse évidemment découvrir…

Mais là n’est pas seulement le seul talent du comédien. Loin de là.
Le plus difficile, peut-être, restait à faire.

Franck Desmedt nous restitue subtilement, finement, parfois gravement, en tout cas avec beaucoup de sensibilité, toute l’émotion du texte.
L’émotion, certes, mais également une certaine forme d’angoisse.
Nous comprenons parfaitement le déchirement du jeune Romain à l’idée de ne pas pouvoir réaliser les attentes de sa mère.
La promesse en question, que personne ne peut tenir.

Et puis dans la seconde partie, la maman n’est plus.
Même en ayant lu plusieurs fois le livre, même en ayant vu d’autres adaptations de ce texte, mes yeux sont devenus humides devant la scène des lettres.
Un autre très grand moment du spectacle.

Vous l’aurez compris, et vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas, il faut absolument aller voir cette intelligente et passionnante adaptation, qui bien entendu, nous renvoie à notre propre rapport à l’amour maternel.

Une leçon, vous dis-je !