Critiques pour l'événement En attendant Bojangles
28 févr. 2019
8/10
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« En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaux dans une adaptation et mise en scène de Victoire Berger-Perrin est un moment de poésie qui nous fait valser sur la voix de Nina Simone.

Après avoir triomphé à La Pépinière, ils sont venus danser à La Renaissance ; Julie Delarme succédant à Anne Charrier est venue valser avec Didier Brice et prendre pour fils Victor Boulenger.

Une famille complément excentrique qui ne vit que pour la fête, le plaisir, le plaisir en famille ou entre amis. Un amour fou unit ces parents, cette famille composée de la mère, du père et du fils.
Un amour qui les fait passer par tous les états, une chaîne qui ne peut se briser jusqu’à l’union fatale.
Les parents ne se lassent pas de danser sur la chanson de Nina Simone « Mr. Bojangles » tandis que leur jeune fils les regarde émerveillé. Mais dans cette danse c’est la mère qui dirige avec un grain de folie dispensateur de bonheur.
Le père qui s’est enrichi dans les garages, avec les contrôles techniques obligatoires, achète un château en Espagne, histoire de vivre pleinement leur amour, leur folie, car la mère se doit de ne pas travailler.
Une vie où les contraintes, les tracas du commun des mortels n’ont pas leurs places, pourquoi ouvrir le courrier si ce n’est pour se mettre dans l’embarras.
Seulement voilà, un jour la réalité rattrape la fiction, les impôts passent par là et il faut se résoudre pour un temps à poser les pieds sur terre, juste le temps de rebondir mais à quel prix…la mère en fera les frais, elle qui change de prénom tous les deux jours.

Dans une très belle narration du fils, nous suivons cette histoire rocambolesque avec de l’émotion, de la joie, le cœur serré ; toujours sur le rythme de cette valse…
Comment ne pas penser à Boris Vian dans ces évocations du voyage de cette famille sur les chemins de la liberté, de l’amour, sur les ailes de leur grue Mlle Superfétatoire pour plonger ensuite dans le vacillement de cette folie annonciatrice de chagrin : le perpétuel n’a qu’un temps.
Comment ne pas être attaché à ce fils attendrissant, bourlingué entre ses parents à la loufoquerie contagieuse : faut-il qu’il soit bien raisonnable pour être l’adulte au milieu de ces deux enfants.

Une belle histoire d’amour, aux regards qui pétillent de malice, aux voix qui se mêlent avec passion, avec tendresse dans une poésie intelligente à la destinée tragique.
C’est tout simplement beau.

Julie Delarme, connue du grand public pour son rôle dans la série « Caïn », au regard très expressif, joue tout en légèreté, en émotion, cette mère hors norme, qui vit chaque jour comme une fête.
Didier Brice, le mari transi d’amour pour sa femme, apporte cette touche d’humour et de recul face aux excentricités de sa femme dont il est un habile complice et procure de la chaleur dans cette relation père-fils.
Victor Boulenger d’une sensibilité à fleur de peau joue tout en fraîcheur et avec beaucoup d’espièglerie ce petit garçon qui voit évoluer devant lui ses parents à la douce folie destructrice.
Nous sommes touchés par tant d’émotions transmises par ces trois comédiens enthousiastes, unis à la scène pour notre plus grand plaisir.

Victoire Berger-Perrin signe une adaptation et une mise en scène toute en couleur, en fantaisie où la folie des personnages prend toute sa place dans un joli tourbillon de l’amour fou. Elle a rendu réel avec talent l’imaginaire d’Olivier Bourdeaux.
8 févr. 2019
8/10
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Un couple, une rencontre, une histoire d’amour et un enfant qui raconte. Il raconte sa mère, son père, leur relation si forte et lui, au milieu de tout ce bonheur apparent, lui au milieu de cette famille si singulière.

Au début, on est un peu surpris par le ton et la présence de ce narrateur, à la fois acteur et spectateur de sa propre vie. Et puis les personnages se dessinent, les personnalités se dévoilent. On comprend ce que cette étrange famille a d’extraordinaire. On découvre les fêlures, les fragilités des personnages et on est touché en plein cœur. La richesse de leur relation, la force et l’amplitude de leur amour est bouleversante.

On est embarqué dans cette vie qu’est la leur, une vie déchaînée, libérée des contraintes et du conformisme. Une existence dans laquelle l’important est de vivre pleinement l’instant présent et de partager les moments de bonheur et de folie avec spontanéité et passion. On envie presque leur joie, leur naïveté et l’intensité de chaque moment vécu si pleinement. Mais la réalité les rattrape et en douceur, la chute s’installe, belle mais fatale.

Mister Bojangles et la voix chaude de Nina Simone accompagne cette famille fantasque et nous enveloppe de sa chaleur.
Cette pièce unique et originale est merveilleusement écrite et l’on comprend le succès public qu’a reçu le livre d’Olivier Bourdeaut dont est tiré la pièce. L’adaptation et la mise en scène de Victoire Berger-Perrin respecte et met en valeur le texte avec douceur et subtilité et les trois comédiens sont excellents.

Impossible de ne pas tomber sous le charme de cette comédie dramatique pleine de fantaisie de bienveillance.
Une pièce à la fois tendre, originale et poétique à ne pas rater.
8 févr. 2019
8,5/10
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J'ai trouvé beaucoup d'émotions dans ce spectacle.
L'humour est fin.
Aucune évanescence pour cet amour qui dure jusqu'à la mort.
Les acteurs jouent parfaitement, la mise en scène de qualité renforce ce côté émotionnel.
9,5/10
40 0
Alors ?
Plongé dans l'univers d'une famille atypique, on découvre avec beaucoup de tendresse, d'humour et d'émotion une histoire racontée avec brio par leur fils.

On aime le début extrêmement joyeux à la fin tragique : oui, ça finit mal, comme toutes les histoires d'amour digne de ce nom.
4 juil. 2018
9/10
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Tiré du superbe roman d'Olivier Bourdieaux, une pièce extrêmement émouvante, pleine de délicatesse, habilement mise en scène, et magnifiquement interprétée, en particulier par Julie Delarme. Il n'était a priori pas facile d'adapter ce beau roman.
Pari réussi cependant, dans cette pièce sur l'amour fou...
Un petit reproche pourtant: on aurait aimé entendre davantage la sublime chanson de Nina Simone, qui donne son titre au texte...
6 avr. 2018
8/10
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Très jolie adaptation du magnifique livre d'Olivier Bourdeaut.

Ce n'était pas évident de reproduire la poésie et la douce folie de cet amour incroyable d'un père et d'un fils pour leur épouse et maman.

J'ai trouvé la mise en scène ingénieuse et les comédiens à la hauteur (avec une mention spéciale pour Anne Charrier).

Une très sympathique soirée.
1 avr. 2018
9,5/10
118 0
J'avais tant aimé le livre d'Olivier Bourdeaut que je craignais la déception en allant à la Pépinière voir En attendant Bojangles. Et bien non, pas du tout. J'ai retrouvé tout ce que ce livre a de fantasque, de poésie, de tendresse, et de folie bien évidemment dans ce qu'elle a de merveilleux et de créatif.

Le pari était osé même si la matière y était pour nourrir un autre succès que littéraire. Paru aux Editions Finitude en janvier 2016 il s'est vendu à plus de 300.000 exemplaires à ce jour, rien que pour la France. Il a été traduit en 22 langues et vendu dans 40 pays. Plusieurs prix l'ont couronné, et notamment RTL / Lire et France Télévisions.

Je l'avais imaginé arrivant très vite sur grand écran. Je n'avais pas songé à la scène mais Victoire Berger-Perrin a eu bien raison de le tenter et le succès remporté au festival d'Avignon l'été dernier est amplement mérité. C'est parfait. Je n'ai pas cherché à comparer et je ne jugerai rien. J'ai aimé, il suffit. Et preuve à l'appui, regardez la bande-annonce :

Victoire Berger-Perrin a choisi une distribution qui tient la route pour une pièce qui déraille (et n'y voyez pas une critique). Anne Charrier incarne cette femme qui est autant mère qu'épouse, absolument charmante et néanmoins imprévisible. Le monde tourne autour d'elle comme le bras de ce disque que l'on entend en boucle.

Elle chante cette chanson qui donne son titre à la pièce avant que ne résonne la voix de Nina Simone.

Le mari (et le papa) est interprété par Didier Brice qui parvient à la suivre, presque à la précéder dans son délire. Comme il est touchant dans ce rôle d'amoureux protecteur.

Il n'était pas facile de trouver l'enfant. C'est Victor Boulenger qui est aussi le narrateur, comme dans le roman, et qui nous permet de voir la pièce avec son regard.

Mention spéciale au travail de chorégraphie, indispensable, de Cécile Bon, car on danse autant que l'on chante, sans que ce ne soit une comédie musicale pour autant. La mise en scène ne tombe pas non plus dans le piège de vouloir tout représenter. Une Demoiselle de Numidie empruntée chez Deyrolle aurait été stupide. Ici elle peut gambader joyeusement en surimpression sur la toile du fond de scène.

Le décor parvient à suggérer tous les espaces où se déroule l'action. Quitte à employer le canapé en guise de voiture. Les métaphores sont littéraires et visuelles. La famille Bojangles nous accueille dans sa folie douce et nous la fait totalement partager, avec une infinie tendresse, jusqu'à la fin qui est à peine triste.

Après cela, on pensera légitimement que l'amour fou peut se vivre entre un homme et une femme comme entre un enfant et ses parents. Et entre un public et un spectacle.

La pièce est fidèle au roman.

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Lundi 2 avril 2018
3 févr. 2018
8/10
104 0
« En attendant Bojangles » est l’histoire d’une rencontre au bord du gouffre. Premier roman d’Olivier Bourdeaut publié en 2016, « en attendant Bojangles » se découvre depuis peu sous une autre forme, au théâtre de la Pépinière.

Sur scène, trois acteurs. La voix de Nina Simone résonne, suave et tranquille, totem d’une famille fantaisiste. Il y a la mère, centrale, mélodramatique et pleine de fantaisie. Le père Georges qui a choisi sa femme un soir d’enchantement et le fils qui est ici le narrateur. La vie de ces trois complices tourbillonne et tournoie dans les frasques et les fêtes, jusqu’au jour où les chimères de Georgette rattrapent la famille.

La construction de la pièce est assez intéressante car il a été choisi de garder le fils en place de narrateur. C’est un peu comme si les êtres de papier prenaient vie sur scène, un livre lu à haute voix avec l’intervention des divers personnages lorsque les guillemets s’ouvrent dans le récit. Ce n’est pas une transposition théâtrale du livre mais plutôt un livre, une trame narrative qui prend corps, animée sur scène par l’art du jeu.

Les thèmes abordés de la folie, de la désespérance, de la solitude ne sont pas foncièrement heureux mais le traitement de la pièce est léger, enjoué, aérien. En effet, le texte nous murmure d’accepter la folie par amour, nous dit que ce qui est différent n’est pas nécessairement mal, que se construire hors la société et hors les règles permet à certains de continuer à rêver. C’est la promesse d’une fidélité et d’une vie partagée à deux sinon rien. C’est un conte pour adulte, un besoin d’évasion et de rêveries.

Les acteurs Anne Charrier, Didier Brice et Victor Bonlenger, très complices, forment un trio délicat, naviguant sur le fil du raisonnable pour faire raisonner haut et clair le récit. Il serait peut-être juste d’admettre que les adultes aussi ont besoin de contes de fée… Un très bon moment d’égarement !
24 janv. 2018
8,5/10
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Mélangez de la fantaisie et de l'amour fou et voilà la merveilleuse pièce 'en attendant Bojangles' !

Le roman d'Olivier Bourdeaut ( 2016) adapté et mis en scène avec légèreté et dynamisme par Victoire Berger-Perrin, nous propose de nous entrainer dans la vie tourbillonnante d'une femme au prénom variable (éclatante Anne Charrier) , son mari George (l'amoureux parfait en la personne de Didier Brice) et leur fils (l'épatant Victor Boulenger).

C'est une histoire originale,
C'est une histoire d'amour,
C'est une histoire folle,
On pourrait dire une folle histoire d'amour originale à souhait !

Je suis tombée sous le charme de la douce folie présentée sur scène et qui m'a laissé sortir de la salle avec un beau sourire aux lèvres.

L'harmonie qui se degage de cette famille atypique est juste magique et je crois que c'est grace à la conjonction du jeu parfait des comédiens, de la mise en scène totalement juste et de l'histoire qui s'y prete vraiment, qu'on obtient un si joli tableau.

Je recommande vivement !
9/10
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Une vie de folie comme on en rêve où tout est possible même l’incongru ou l’interdit. Un amour fou qui ne s’éteint pas, rempli de délires de plaisirs où tous les désirs sont rois et peignent fougueusement, intensément, follement, une toile que l’on ne voudrait jamais voir achevée.

Cela se peut-il ? Non ? Pas vraiment ? Et pourtant si !... J’y étais, j’ai tout vu.

Elle et Lui s’aiment jusqu’à la déraison, leur enfant les rejoindra dans cette quête de bonheur magique, à la fantaisie permanente comme une fête perpétuelle ininterrompue. Et toujours… On entend « Mister Bojangles » chantée par Nina Simone…

Des fils de poésie et de joie tissés avec la délicatesse d’une narration jouée nous harponnent, nous retiennent et nous enlacent pour nous conter leur histoire, d’une tendresse infinie, captivante tant elle est fantastique et débridée.

Victoire Berger-Perrin signe l’adaptation et la mise en scène du livre de Olivier Bourdeaut, tout en finesse et surprises, jouant de la temporalité avec adresse, laissant aux comédien·ne·s le soin de nous éblouir de leur jeux engagés et émouvants, drôles et sincères.

Anne Charrier (magnifique et resplendissante en femme follement libre), Didier Brice (superbe en amoureux touchant, transis de dévotion) et Victor Boulenger (lumineux et émouvant) mêlent leurs jeux dans une harmonie exquise et efficace. Elle et ils sont troublants et ardents, nous emportent de bout en bout dans cette histoire extraordinaire aux accents du merveilleux.

Un spectacle qui touche au cœur. Un très joli moment de théâtre qui nous laisse pantois, le sourire aux lèvres, les images plein la tête. Heureux et touchés, joyeux et ravis.