Son balcon
SAISON 2025-2026
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Mini Molières
1 653reçus
Bleu
Son classement : 296 / 6179
Avant lui

Yann Q
5 critiques
Après lui

Prisc C
5 critiques
Niveau
3 / 20
3 / 20
5
critiques
filatures
1
2
Espions
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Actualités de ses filatures
Prenez Vladimir et Estragon. Placez-les dans le train fantôme d'un certain Plume. En fond visuel et sonore, passez Bonne nuit les petits à la moulinette du rire du joker. Faites sauter les femmes des fenêtres, juste pour rire, mais quand même. Essayez maintenant de compter jusqu'à huit sans vous déconcentrer.
Comptine de cauchemar, où l'horreur naïve et gratuite se déguste avec délice. Plébiscite pour Darychnikov, le monstre à deux têtes, ou beaucoup plus.
Comptine de cauchemar, où l'horreur naïve et gratuite se déguste avec délice. Plébiscite pour Darychnikov, le monstre à deux têtes, ou beaucoup plus.
Comment faire un poids mort d'un texte qui devrait résonner ! Une fausse modestie toute pompeuse. Nordey sous-estime son public : s'il savait faire claquer les mots d'Handke, nous n'aurions pas besoin de sur-titres.
La scénographie est belle. Deux rideaux de fer grincent sur une boutique vide et une camionnette douillette, le public et l'intime. Au dessus, des balcons dévolus aux musiciens et au chœur, ainsi qu'à un petit couple de vieux spectateurs bienveillants, un peu trop peut-être. Beaucoup d'énergie et des moments drôles, notamment grâce aux vieilles rombières méchamment sympathiques. Mais il manque l'émotion, empêchée par la diction lyrique de l'actrice principale (et peut-être la voix d'Eddy Murphy en Dieu). Ce texte, limpidement retraduit par Camille de La Guillonnière,, mériterait moins de joliesse pour plus de corps.
Jardin d'hiver : joli lieu qui se laisse désirer au fond d'une ruelle, derrière le Moulin Rouge. La dernière fois que j'étais venue, pour entendre la correspondance entre Noelle Renaude et Barbara Métais-Chastanier, j'avais eu l'impression, dès l'attente dans le couloir-bar, de sauter à pieds joints dans « le milieu du théâtre », à la fois feutré et démonstratif. Tout le monde se connaît, chacun sait à qui il a affaire quand il salue avec les mots et le sourire de circonstance.
Même chose cette fois, en concentré : nous sommes reçus par Attoun et Attounette en personnes. Judith Magre et ses lunettes noires. Dominique Reymond assise à ma gauche. Laurent Poitrenaux est déjà en scène, prêt à commencer. Mais on attend. Quoi? Une bise mouillée, à Attounette sans doute, claque dans l'entrée : « Je suis confus, je pensais que c'était 19h30 ». Mathieu Amalric entre tout essoufflé. La petite salle est comble. On peut commencer.
Les jours et les morts défilent sur un écran, avec une typographie de machine à écrire, fil info d'un autre temps. Pas si lointain, mais estampillé années 80 et SIDA. Ce n'est pourtant pas le propos : les inquiétudes de Lagarce sur une possible trace laissée dans la lignée théâtrale qu'il s'est construite, ou simplement chez ses proches, l'impossibilité de l'amour, idéal ou béquille, la solitude donc, voulue peut-être, subie beaucoup, le quotidien du jeune homme sans le sou qui se bat poliment contre tout, qui attend, espère, ravale, reprend, reprise, ne capitule jamais tout-à-fait... tout ça dépasse du format Journal 1977- 1995.
Poitrenaux, seul en scène, utilise toutes les gammes de sa voix, toutes les possibilités que lui offrent sa moue et ses lunettes. Il bouge peu dans l'espace intime recréé par les objets réels de Lagarce. Ça et là, il fait apparaître la musique. Il ne nous ennuie pas, malgré l'égrenage des jours et la maladie qui guette. Le public est suspendu aux formules qui piquent, au fil dérisoire des pensées jetées là, brutes et drôles. Je tente pourtant de résister à la mélancolie qui sourd, comme un ressac inquiétant. Je retrouve ce qui m'avait poussé à aller au bout du journal, comme s'il y avait un quelconque suspense. Non, Lagarce ne peut pas mourir à la fin, enfin pas comme ça, pas sans savoir qu'on l'aimerait, comme si on le comprenait.
Même chose cette fois, en concentré : nous sommes reçus par Attoun et Attounette en personnes. Judith Magre et ses lunettes noires. Dominique Reymond assise à ma gauche. Laurent Poitrenaux est déjà en scène, prêt à commencer. Mais on attend. Quoi? Une bise mouillée, à Attounette sans doute, claque dans l'entrée : « Je suis confus, je pensais que c'était 19h30 ». Mathieu Amalric entre tout essoufflé. La petite salle est comble. On peut commencer.
Les jours et les morts défilent sur un écran, avec une typographie de machine à écrire, fil info d'un autre temps. Pas si lointain, mais estampillé années 80 et SIDA. Ce n'est pourtant pas le propos : les inquiétudes de Lagarce sur une possible trace laissée dans la lignée théâtrale qu'il s'est construite, ou simplement chez ses proches, l'impossibilité de l'amour, idéal ou béquille, la solitude donc, voulue peut-être, subie beaucoup, le quotidien du jeune homme sans le sou qui se bat poliment contre tout, qui attend, espère, ravale, reprend, reprise, ne capitule jamais tout-à-fait... tout ça dépasse du format Journal 1977- 1995.
Poitrenaux, seul en scène, utilise toutes les gammes de sa voix, toutes les possibilités que lui offrent sa moue et ses lunettes. Il bouge peu dans l'espace intime recréé par les objets réels de Lagarce. Ça et là, il fait apparaître la musique. Il ne nous ennuie pas, malgré l'égrenage des jours et la maladie qui guette. Le public est suspendu aux formules qui piquent, au fil dérisoire des pensées jetées là, brutes et drôles. Je tente pourtant de résister à la mélancolie qui sourd, comme un ressac inquiétant. Je retrouve ce qui m'avait poussé à aller au bout du journal, comme s'il y avait un quelconque suspense. Non, Lagarce ne peut pas mourir à la fin, enfin pas comme ça, pas sans savoir qu'on l'aimerait, comme si on le comprenait.