Un tramway nommé désir

Un tramway nommé désir
De Tennessee Williams
  • La Scène Parisienne
  • 34 rue Richer
  • 75009 Paris
  • Cadet (l.7)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment
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A bout de force, en chute libre, Blanche Dubois saute dans le tramway nommé « Désir », pour fuir les fantômes de son passé.  Elle atterrit chez sa sœur, Stella, pour se réfugier dans les souvenirs de son paradis perdu…

Belle Rêve. Mais Stella est mariée à un ouvrier d’origine polonaise, Stanley Kowalski, qui ne supportera pas de voir son quotidien déstabilisé.

Ce qui ne devait être qu’une halte de quelques jours se transforme en un long séjour qui n’en finit plus. L’intrusion de cette femme dans la vie si tranquille de Stanley va le pousser à percer à jour les secrets de sa belle-sœur… "

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Toutes les critiques
8 mars 2020
7/10
3
Southern decadence.

La pièce valut à Tennessee Williams le prix Pulitzer, le film remporta 4 oscars ... Autant dire que la barre est très haute.
Mais oublions Marlon Brando et Vivien Leigh.

Nous sommes à la "Scène parisienne" où avec beaucoup de courage et de mérite une troupe non dénuée de talent essaie de nous transporter dans un quartier populaire de New Orleans à la fin des années 40.

Si Stanley et Stella sont assez convaincants, Blanche par contre a plus de mal à nous toucher.
Incarner cette lente descente aux enfers est très périlleux, la comédienne n'y parvient pas toujours, et en fait parfois beaucoup trop.

Certains choix de mise en scène maladroits nuisent également à la qualité de l'ensemble, telle la fausse sueur sur les corps, le niveau contestable des musiciens, et surtout les "bébé" à répétition qui remplacent bien mal à propos les "baby" du texte américain.

A tous ces moments là, le spectateur sort de l'histoire, Bourbon Street s'éloigne, et c'est bien dommage !
16 févr. 2020
8/10
0
Captivant, Envoutant, Poignant
Deux musiciens qui s’avèreront être Mitch et Steve nous accueillent sur un air de Sidney Bechet. Sur le plateau éclairé par une lumière chaude et ensoleillée, un logement modeste rafraichi par un ventilateur à hélice, côté cour un petit escalier à balustrade… Nous sommes en Louisiane, on ressent la moiteur et l’humidité de l’air qui colle à la peau.

C’est ici que vit Stella descendante d’une vieille famille de propriétaires terriens, amoureuse et ayant tout quitté pour son mari Stanley ouvrier polonais force de la nature parfois un peu brutale. Survient Blanche sa sœur fuyant son passé……

Ce ménage à trois a fait le triomphe que l'on sait dans le monde entier adaptée à l'écran par Elia Kazan avec Vivien Leigh, Marlon Brando.
Dans cette adaptation, Manuel Olinger, c’est la quête d’identité qui est le cœur de la pièce.
Blanche veut se construire une nouvelle vie, c’est son dernier espoir.
Stella rêve de construire une famille
Mitch cherche à satisfaire les volontés maternelles
Stanley aspire à une promotion sociale

Julie Delaurenti interprète avec finesse et sensualité cette femme qui au fil de l’intrigue sombre dans la déraison.
N’oublions pas que Tennessee Williams était obsédé par la peur de devenir fou. Comme maints personnages de ses romans, Blanche essaie de se reconstruire avant de tomber dans la folie.
Murielle Huet des Aunay, incarne avec sensibilité et douceur Stella prise entre la passion, l’admiration et la peur de Stanley. La violence de Stanley, nous ébranle car c’est malheureusement toujours d’actualité.




Gilles-Vincent Kapps , Mitch nous émeut. Sa recherche de la femme idéale pour combler les désirs de sa mère est sincère et troublante.

Manuel Olinger joue avec force et puissance Stanley. Il nous fait trembler par sa colère et sa violence. Sa désillusion est grande et sa rancœur profonde.
A-t-il épousé Stella par amour ou par intérêt pour gravir l’échelle sociale ?

Jean-Pierre Olinger, Steve nous séduit et nous accompagne avec son saxo dans ce drame bouillonnant. Il a conçu les peintures du spectacle qui seront projetées sur le cyclo tout au long de cette tragédie. Sa musique, ses images intensifs l’émotion et nous transportent avec brio dans les années 50 en Louisiane au son du Jazz…
Belle et intéressante adaptation et agréable moment de théâtre.
13 févr. 2020
9/10
40
Un tram' passionnel...

La Louisiane. La chaleur étouffante, l'humidité, la moiteur.
La sueur, omniprésente. Les gouttes qui perlent sur la peau.

Le jazz.
Celui joué par Mitch et Steve, qui nous accueillent dans la salle... Le standard Roses de picardie, adapté pour sax alto et guitare...
Le décor est en place. La descente aux enfers peut commencer.

Pierre Laville et Manuel Olinger ont respectivement adapté et mis en scène la pièce de Tennessee Williams, (Prix Pulitzer en 1948), portée à l'écran comme chacun sait par Elia Kazan, révélant au monde entier un certain Marlon Brando.

L'histoire, on la connaît bien.
Blanche débarque sans crier gare chez sa sœur Stella, mariée à Stanley, ouvrier d'origine polonaise.
Sa fuite géographique est avant tout une fuite psychologique.
Sa présence dans l'intimité du couple, la rencontre avec Mitch permettront-elles la rédemption et le salut de la jeune femme ? Saisira-t-elle la dernière chance de ne pas sombrer ?
Rien n'est moins certain.

Manuel Olinger a parfaitement réussi à matérialiser sur le plateau de la Scène parisienne tous les différents désirs qui vont se télescoper durant les deux heures que dure le spectacle.
Avec le principal, non pas charnel, mais avant tout relevant de la fuite du passé et la quête d'identité.

C'est l'une des grandes réussites de cette adaptation, en plus de redonner du poids et du corps au rôle de Stella, que de mettre en avant cette volonté, ce besoin du personnage principal de retrouver une nouvelle virginité. (Elle ne s'appelle pas Blanche par hasard...)

Julie Delaurenti est tout à fait convaincante, dans la peau de cette jeune femme très fragile d'un point de vue psychologique.
La progression de son jeu, tout en subtilité, sa façon de matérialiser son inexorable et inéluctable destin, tout ceci force le respect.

La transformation physique et psychologique du personnage par la comédienne, la dégradation de son apparence sont impressionnantes.
Avec sensualité et un certain humour à froid, la comédienne s'impose à nous, pour aborder ensuite la déchéance de son personnage.
La Blanche Dubois de Melle Delaurenti fera date.

Manuel Olinger incarne Stanley.
Tout en puissance, il joue de bien belle façon cet homme « primaire », frustre, porté sur l'alcool.
Sa présence, son charisme, sa large stature et son jeu font merveille.
Le public n'en mène pas large dans les scènes de violence.
Le comédien nous fait bien comprendre l'ambivalence du personnage, avec son désir d'ascension sociale.

Stella, c'est Murielle Huet des Aunay. (Le rôle sera repris à partir du 19 février par Tiffany Hofstetter.)
Dans cette adaptation, le personnage est mis en avant. L'actualité toute contemporaine concernant les violences faites aux femmes résonne terriblement.
Melle Huet des Aunay est elle aussi parfaite : sa Stella nous touche beaucoup, par sa volonté d'arrondir les angles et son besoin de fonder une famille.

Gilles-Vincent Kapps en Mitch est lui aussi parfait. Il donne à son personnage beaucoup d'humanité. J'ai beaucoup aimé son interprétation très fine qui donne une vraie épaisseur à un rôle souvent trop minoré.

Et puis, il y a également Steve, interprété par l'irréprochable Jean-Pierre Olinger, la gapette rivée sur la tête.
C'est lui qui illustre musicalement la pièce avec son saxophone, avec notamment de longues notes graves jouées dans l'obscurité, contribuant ainsi à renforcer le côté inquiétant du drame.
A noter que c'est la comédien qui a également réalisé le cyclo au lointain, cette large toile qui va finir elle aussi par matérialiser le drame et la folie.

Je vous conseille donc vivement cette tragique virée en Louisiane et ce voyage intérieur dans les âmes tourmentées des personnages de Williams.
C'est un beau et intense moment de théâtre qui vous attend à la Scène parisienne, salle Michel-Aumont.
9,5/10
1
... Un « Tramway nommé Désir » remarquable, saisissant et captivant tout le long. Un spectacle de très belle facture que je conseille vivement.
19 janv. 2020
10/10
2
UN TRAMWAY NOMME DESIR au théâtre La scène Parisienne.
Dés le début, nous sommes projetés dans les bas fond de la nouvelle Orléans pendant les années 50 avec un air de saxo, accompagné à la guitare et au banjo, joué par deux comédiens.
Stella accueille sa soeur désemparée, Blanche Dubois, qui est venue lui demander refuge car elle a perdu le domaine familiale.
Seulement, Stanley, le mari de Stella, un ouvrier polonais violent, joueur, qui a l'alcool facile, ne le voit pas du même oeil.
Très vite et involontairement, Blanche vient semer la zizanie dans le couple alors que son séjour se prolonge.
Stanley, cherchant à retrouver l'intimité avec sa femme enquête donc sur le passé de cette belle-soeur, très fragile émotionnellement, et tente de la détruire pour qu'elle parte, afin de retrouver la paix.
Les personnages sont très bien choisis et l'on retrouve l'atmosphère du magnifique film d'Elia Kasan sur ce très beau texte de Tenessee Williams, ce qui n'était pas évident.
Une très belle mise en scène de Manuel Olinger, bien interprétée par 5 comédiens, avec notamment une Blanche, Julie DeLaurenti, bouleversante de sincérité, qui vit totalement la descente aux enfers de son personnage.
Ainsi qu'un Stanley, Manuel Olinger, que l'on en arrive à détester pour sa violence, son égoïsme, son côté mufle et son intransigeance. Et, même si, on y pense au départ, son interprétation est si juste qu'on en oublie le personnage du film marqué par la prestance de Marlon Brando.
Les 3 autres comédiens sont excellents également, les airs de jazz en live apporte un plus à cette pièce, les costumes, décors et jeux de lumières sont également magnifiques.
Bref, un sans faute pour cette pièce. 2 heures que l'on ne voit pas passer.
N'hésitez pas à prendre ce Tramway nommé Désir.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor