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Un amour impossible

Un amour impossible
De Christine Angot
Mis en scène par Célie Pauthe
Avec Bulle Ogier
  • Bulle Ogier
  • Maria de Medeiros
  • Ateliers Berthier Théâtre de l'Odéon
  • 32, boulevard Berthier
  • 75017 Paris
  • Porte de Clichy ( l.13, RER C)
Itinéraire
Billets de 1,00 à 8,00
Evénement plus programmé pour le moment
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L’impossible, dans Un amour impossible, n’est pas d’abord celui qu’on croit. Le livre lui-même a été presque « impossible » à écrire.

Christine Angot s’en est expliquée dans Conférence à New York, texte dans lequel elle revient sur la genèse du roman. Elle dit avoir songé depuis toujours à un livre « où on verrait ce que c’est avoir une mère. Dire ce qu’est cet amour. Et ce qu’il devient ». En même temps, il ne pouvait pas s’agir d’« un livre sur ma mère. Ça ce n’était pas possible. » Car pour Angot, ce qu’aborde un livre n’est pas un thème qui serait dominé du dehors par l’écriture. Écrire est une tentative de « se remettre à l’intérieur des moments ».

Les mots du récit construisent un espace du dedans, offrent une façon de ressaisir le réel qui n’est pas simplement rétrospective, ouvrent l’accès à une façon de savoir et de percevoir qui n’est pas de l’ordre de la description. Il ne s’agit pas de revivre ce qu’on fut, mais de toucher à une vérité. Elle est ici celle d’un amour dans lequel on naît, celui de la mère. Immense et pourtant traversé d’épreuves, d’intermittences, de malentendus parfois terribles.

« Avoir une mère », quelle est la vérité de ce lien ? Christine Angot a mis longtemps pour aller puiser à un « fond de vérité » totale et complète, mêlant « intime, politique, social, physique, l’instant, et ce qui est permanent, toutes ces vies de ma mère, pour fonder une équivalence avec ce qui s’est tissé entre le lecteur et sa mère. » Ici, lecture et écriture bordent un territoire commun : les « espaces du dedans » à retrouver en écrivant ne sont pas seulement une affaire privée. Le récit devait à la fois restituer la présence singulière de la mère de Christine Angot, mais aussi la « tragédie », la « folie terrestre » que peut être la relation à une mère, parfois ténue mais jamais rompue, la manière dont toute une vie s’en imprègne « du début à la fin ».

Pour dire cette vérité totale d’un amour « qui dirige tout », Christine Angot a mobilisé ce qu’elle en sait « depuis toujours », remontant le cours du temps jusqu’à la première rencontre de ses parents. Lui est un Parisien de bonne famille, polyglotte, lecteur de Nietzsche. Elle, petite provinciale employée à la Sécurité sociale, issue d’une modeste famille juive, est éblouie par son amant. Ils ne devaient pas se connaître. Et pourtant, cela est. Il ne veut pas l’épouser, ne veut se soumettre à aucune loi. Seule compte sa liberté. Celle d’un être « supérieur » qui ne se reconnaît aucun égal, aucune limite, aucune nécessité que celle de faire « une ou deux concessions à la société », juste ce qu’il faut pour « avoir la paix ». Tel est l’homme qui veut faire un enfant avec Rachel. Elle l’accepte. C’est de cet amour-là que naît leur fille Christine. C’est dans cette impossibilité que se prépare le viol de l’enfant. Et que s’engendre cette difficulté terrible de dire « ce que c’est avoir une mère ».

Célie Pauthe a été bouleversée par Un amour impossible. Elle a été frappée par la puissance de la rencontre entre mère et fille, qui, au terme du roman, reviennent sur le passé pour renouer ensemble le fil de leur histoire. Elle a eu envie de faire entendre ces paroles où s’opère ce partage proprement théâtral : « la transformation d’un « je » en « nous ». À sa demande, Christine Angot a adapté son roman pour la scène. Et sous sa direction, Maria de Medeiros et Bulle Ogier prêteront leurs voix au dialogue entre Rachel et Christine.

 

Note rapide
Toutes les critiques
15 mars 2017
6/10
54 0
Il faut aller voir jouer Mesdemoiselles Bulle Ogier et Maria de Medeiros !
Elles sont bouleversantes.

Seulement voilà...

Tout texte non destiné à l'origine pour le théâtre, tout texte de la sorte peut-il être monté sur un plateau ?
Tout roman peut-il être transposé, même par son auteur, sur une scène théâtrale ?

Après avoir vu cet Amour impossible à l'Odéon-ateliers Berthier, je suis pour ma part conforté dans mon opinion : la réponse est non.

Il est une mode assez récente qui consiste pour un metteur en scène à vouloir adapter d'un point de vue dramaturgique un texte qui ne l'est absolument pas.
C'est le cas de Célie Pauthe qui a proposé le projet à Christine Angot.

Dans la note d'intention de la pièce, le fait est assez significatif, l'auteur voulait dans un premier temps n'adapter que les trente dernières pages de son livre.
C'est vous dire si elle même était au fait du caractère assez peu théâtral de son œuvre.

Alors c'est long, alors je me suis ennuyé, alors je n'ai pas tout compris...
Pourquoi nous infliger ces garçons-loufiats qui installent des meubles, déroulent des tapis, mettent un poisson rouge sur une commode, dressent les tables d'un restaurant durant d'interminables minutes ?
Des meubles pour meubler ?

Nous n'avons qu'une envie : voir jouer les deux comédiennes, les entendre dire le texte de Christine Angot.
Voir jouer !

Elles sont purement et simplement bouleversantes, dans cette relation mère-fille confrontées à l'interdit sociétal suprême.

Ne nous y trompons pas : les applaudissements sont pour elles. Et elles seules.

Je me répète : il faut aller voir jouer Melles Ogier et de Medeiros.
(Quel dommage, hier soir, un bon quart de la salle était vide...)

(Pendant que j'y suis, on pourra relire sur ce même thème de l'inceste, les auteurs de théâtre contemporain moins connus médiatiquement que Mme Angot : Philippe Ricaud, Pierre Guillet, ou encore Jean-Pierre Klein.

Allez ! Une dernière fois ! Il faut aller voir jouer Melles Ogier et de Medeiros !
8,5/10
36 0
Une rencontre magnifique entre deux comédiennes exceptionnelles. Intense moment de théâtre d’actrices. Bulle Ogier et Maria de Medeiros incarnent une relation duelle et profonde avec un brio qui touche et qui transcende le texte, nous laissant cois.

Un texte tout entier dédié à la relation brisée de Rachel et Christine. Une mère, sa fille, un secret. Captivant notre attention sur leurs regards, leurs corps qui parlent autant que leurs propos, nous essayons de deviner ce qui se passe, pour enfin comprendre ce qui s’est passé.

L’une et l’autre portent le poids de leurs souffrances, de leurs meurtrissures comme des déchirures qui ne seront jamais soignées et avec lesquelles il leur faut vivre. Une remontée douloureuse vers les sources de l’horreur pour découvrir la honte et le mépris et pour se parler enfin après avoir pu poser des mots sur leurs maux.

Christine Angot signe ici l’adaptation théâtrale de son roman homonyme. Après « l’inceste » et « une semaine de vacances », elle poursuit son parcours aux accents autobiographiques sur les relations au sein de la famille, sur l’indicible et le cri, sur la compassion et la révolte.

L’écriture de la pièce est directe et précise. La violence des mots nourrie des répliques simples et parfois cruelles. Nous assistons à la reconstitution du puzzle de ces amours impossibles.

Amour impossible pour son père, homme pervers qui méprisera celles qui l’ont aimé par l’humiliation de Rachel, devenue mère de son enfant et l’inceste auquel il soumet Christine, sa propre fille.

Amour impossible pour un amant. L’homme que l’on croyait si gentil, pour qui la passion d’une femme a caché l’entendement d’une mère, révélant une résignation et une culpabilité incommensurables.

Amour impossible pour sa mère qui n’a rien vu, qui n’a rien ressenti, qui a abandonné sans le voir sa fille à son bourreau. Fille devenue femme, Christine semble avoir trouvé le point d’équilibre dans son travail d’écriture, cathartique et militant.

La mise scène de Célie Pauthe choisit une épure soignée, quasi froide, renforçant par la simplicité matérielle et le peu de mouvements, l'importance de ce qui se joue entre les deux femmes.

Nous sommes pris par le jeu des comédiennes qui donnent toute la crédibilité à leurs personnages par l’intensité et la puissance des sentiments qu’elles font ressortir.

Un grand moment de théâtre avant tout pour les jeux magnifiés et sublimes de Bulle Ogier et Maria de Medeiros.
26 févr. 2017
7/10
26 0
J'ai bien aimé cette pièce. La mise en scène est réussie.

L’interprétation de Maria de Medeiros est excellente (notamment lorsqu'elle joue l'enfance et l'adolescence de son personnage). Le thème est fort (le viol d'un père sur sa fille et les relations entre mère et fille qui en découle).

Cette pièce ne laisse pas indifférent et réjouiront les amateurs du genre dramatique.
25 févr. 2017
7,5/10
20 0
Aucun ennui... bien au contraire...

Ne connaissant ni le livre dont la pièce est tirée, ni aucun des écrits de Ch. Angot, (apparemment auteur très controversée et qui suscite des réactions très contrastées, extrêmement vives, voire des polémiques vis à vis de son travail littéraire) je suis venue par curiosité, et par intérêt pour le travail de Célie Pauthe, auquel je m'intéresse et sans a priori aucun.
La découpage par périodes -enfance, jeunesse, âge adulte- , ponctué par de la vidéo -brève - tout à fait judicieuse, l'interprétation des 2 actrices Bulle Ogier -en mère aveuglée et nostalgique d'un "amour" qu'il lui semble qu'elle ne méritait pas... je parle bien sur de celui qu'elle a pensé partager avec un homme odieux, et celle de Marie Medeiros qui a le mérite de rendre plutôt crédibles différents âges de la vie de Christine, amènent bien l"explication finale" entre mère et fille, d'une grande intensité (les 30 dernières pages du livre d'après ce que j'ai lu).

Dommage que la voix de Marie de Medeiros -par ailleurs excellente actrice -nécessiterait d'être mieux placée (trop souvent dans l'aigu !)
Mise en scène astucieuse.
Spectacle à découvrir et de qualité je trouve pour ma part....
25 févr. 2017
2/10
22 0
Christine ANGOT n'est pas dramaturge et cela se sent dès les première minutes.

Si le propos est noble, le manque total de dramaturgie fait que très vite, l'ennui s'installe. Aucune subtilité mais du démonstratif à qui mieux mieux. Seul l'interprétation magnifique de Marie de MEDEIROS sauve ce spectacle du naufrage total.

Dommage, j'aurais aimé voir Maria de MEDEIROS briller dans une grande et belle pièce.

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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor