Trois femmes

Trois femmes
De Catherine Anne
Mis en scène par Catherine Anne
Avec Catherine Hiegel
  • Catherine Hiegel
  • Clotilde Mollet
  • Milena Csergo
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 42,00
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

Tout juste diplômée « auxiliaire de vie », Joëlle est engagée comme garde de nuit chez la riche madame Chevalier.

La vieille dame se montre odieuse, mais Joëlle est prête à tout pour ne pas perdre sa place. Elle gardera le sourire ! Coûte que coûte ! Soudain, une jeune femme aux abois fait irruption. Qui est-elle ?

La vie s’engouffre entre les murs du bel appartement bourgeois, les certitudes bougent… Et la comédie s’emballe. Au-dessus de la frontière des classes, sur le rythme allègre d’une course contre le temps, de rebondissements en quiproquos, de mensonges en furieuses vérités, âprement, elles jouent leurs vies, ces trois femmes..

Un vaudeville acide où s’affrontent trois générations et deux classes sociales.

Note rapide
8/10
pour 7 notes et 7 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
14%
6 critiques
Note de 8 à 10
86%
Toutes les critiques
22 déc. 2019
7,5/10
3 0
Joëlle, tout juste diplômée « auxiliaire de vie », est engagée comme garde de nuit chez la riche Madame Chevalier, dans son immense appartement. La vieille dame est infecte, mais Joëlle fera tout pour ne pas perdre sa place ! Elle ‘touche du bois’ : Ce poste est une chance pour elle qu’elle ne peut pas laisser passer après les coups du sort qu’elle a subi. Durant une soirée, une jeune femme entre dans l’appartement et tout bascule…

Catherine Anne a écrit cette pièce en 1999 qui résonne toujours avec notre actualité : tension des rapports entre employeur et salariés, pénibilité du travail, accompagnement des personnes âgées, chômage des jeunes de banlieue, précarité de l’emploi, peur de la mort et filiation… C’est elle aussi qui met en scène, assistée de Damien Robert, avec intelligence ce huis clos féminin où ces trois femmes d’âge et de milieu différent se rencontrent, s’affrontent, se mentent et se séduisent. Le décor d’Elodie Quenouillère m’a séduite parce qu’il est beau et sobre et surtout ingénieux pour nous permettre de naviguer entre chez Joëlle et chez Madame Chevalier. Il faut aussi souligner les jolies lumières de Samaël Steiner.

Le trio de comédiennes est harmonieux et équilibrée. Chacune exprime sa personnalité sans se n’effacer, ni marcher sur les deux autres. C’est très agréable de voir un bel équilibre comme celui-ci.

Si je n’avais pas lu le nom de Catherine Hiegel dans la distribution, c’est à elle que j’aurai pensé en premier pour incarner madame Chevalier. Elle est parfaite arrivant à nous faire sentir la fragilité de la vieillesse qui pèse sur ses épaules tout en dégageant une autorité naturelle.

J’avais un peu de réserve concernant Clotilde Mollet car j’ai beaucoup de mal avec les intonations de sa voix mais j’ai vite oublié ce point. Je dois dire qu’elle fait preuve d’un bel aplomb face à sa patronne et on sent la puissance qui l’habite.

Milena Csergo apporte elle l’étincelle qui va faire basculer les rapports. Son dynamisme est rafraichissant.

Il y a tous les ingrédients pour une belle soirée.
10 déc. 2019
8,5/10
1 0
“La vieille dame indigne” et c’est vrai qu’elle est insupportable cette Madame Chevalier, comme elle ne s’entend plus avec sa fille, elles n’ont plus rien en commun, elle envoie promener Joëlle, l'auxiliaire de vie, engagée par sa fille pour passer les nuits dans l’appartement de sa mère.

Joëlle, a été trop longtemps au chômage et elle n’a pas l’intention de se laisser intimider par les grimaces et réflexions de cette femme. Elles n’ont pas le même âge, ni le même statut social, et Madame Chevalier profite de cette situation. Joëlle s’installe pour la nuit et repartira le lendemain matin chez elle. Voilà que l’on sonne à la porte, Joëlle ouvre et se trouve devant sa fille qui se prénomme Joëlle, et le destin de ses trois femmes fera le reste…

Madame Chevalier va se radoucir, s’humaniser au contact des deux femmes, mais il y a un malentendu, un quiproquo, ou bien de faux-semblants ?

Un beau texte, actuel, drôle, parfois cynique, mais remarquablement interprété avec justesse et humour, Catherine Hiégel, est irrésistible, agaçante, insupportable, fort heureusement Clotilde Mollet apporte la douceur et le bon-sens, et Milena Csergo la jeunesse, la gaieté.
5 déc. 2019
8/10
10 0
« Qui est là?
Sixième étage, six deux fois trois !
« Quelle tête elle aura, celle-là ? »

La voix !
Reconnaissable entre toutes. Grave. Rocailleuse.
Cette voix, celle de Catherine Hiegel, monte dans la salle, depuis la coulisse.

La Grande Catherine (l'une de mes deux Grande Catherine, l'autre étant Catherine Salviat) interprète cette madame Chevalier, âgée d'une quatre-vingtaine d'années, héritière d'une grosse entreprise de province.
Acariâtre, revêche au premier abord, pourvue d'un franc-parler dévastateur, souffrant sans le dire du refus de sa fille de la voir, la privant ainsi de la présence de sa petite fille.

Elle reçoit sa nouvelle auxiliaire de vie, Joëlle. Une femme timide, réservée, humble, que la vie a éprouvée, et qui a finit par trouver ce travail.

Joëlle a une fille, prénommée elle aussi... Joëlle.
Mère célibataire, sans emploi, Joëlle-fille vit avec son enfant chez Joëlle-mère.

Voici donc ces trois femmes.
Catherine Anne a écrit cette pièce qui va se révéler être un vaudeville acide, comme le qualifie fort justement son autrice.

Un quiproquo voulu, une sorte de supercherie assumée va faire en sorte de modifier les relations affectives établies entre ces trois femmes.

Ici, il ne sera pas question d'Amour.
Non, durant une heure et demie, nous allons assister à l'évolution des relations filiales se tissant entre les trois personnages. Le thème de la filiation, de la transmission est omniprésent.

Et puis ce texte, écrit vingt ans, n'a pas pris une seule ride. Hélas.
Il va être question de déterminisme social. Une vraie question nous est posée : peut-on échapper à sa condition, peut-on avoir confiance dans l'ascenseur social, si tant est que celui-ci fonctionne réellement ?

L'aphorisme fataliste de Joëlle-mère est à ce propos sans équivoque : « Il faut bien qu'il y ait des riches, pour qu'il y ait des pauvres ! ».
Joëlle-mère ne se fait plus d'illusions, voulant que sa fille reste à sa place. Celle-ci ne l'entend pas de cette oreille, désirant au contraire se sortir de sa condition.

Le trio de comédiennes, mis en scène par Catherine Anne elle-même fonctionne à la perfection. Les trois demoiselles vont nous procurer beaucoup de belles et intenses émotions.

Dire que Catherine Hiegel est extraordinaire relevant du pléonasme, je me bornerai à écrire encore, écrire toujours combien l'ex-Doyen du Français ravit le public par son jeu époustouflant et phénoménal d'engagement, de justesse, de drôlerie, (Ah ! Ses « gna gna gna !»...)
Ses ruptures hilarantes sont d'impressionnants moments de comédie.

Melle Hiegel nous émeut beaucoup également, dans ce personnage de Tatie Danielle finalement très attachante.
Sa composition est évidemment très applaudie.

Les deux autres comédiennes sont elles aussi parfaites dans des rôles tout aussi difficiles.
Difficiles, parce qu'il ne faut surtout pas tomber dans les caricatures et les stéréotypes.

Clotilde Mollet interprète Joëlle-mère, et en fait une sorte de « mère-courage » qui ne mâche pas ses mots face à sa fille.
La comédienne est elle aussi tout à fait crédible, dans ce personnage « tampon » entre les deux autres. Elle nous fait beaucoup rire grâce notamment à ses aphorismes très drôles.
Mais elle est par moments déchirante. On entendrait alors voler une mouche dans la salle rouge du Lucernaire.

Et puis Milena Csergo campe avec une très belle énergie Joëlle-fille. Elle est tout à fait convaincante, elle aussi très juste. J'ai cru totalement à ce personnage de jeune femme voulant s'émanciper d'un destin tracé par avance.

Le trio de comédiennes est très cohérent, la distribution est épatante. Sur scène, la mayonnaise prend immédiatement.
(Je rappelle qu'en 1999, les trois rôles avaient été créés à La Tempête par Hélène Surgère, Martine Schambacher et Marie Mure.)

Alors, oui, on se doute bien un peu de la fin de la pièce, mais là n'est pas le plus important. C'est bien l'évolution des liens entre les trois sommets de ce triangle féminin qui est essentielle.

C'est donc un bien beau moment de théâtre qui vous attend au Lucernaire.
Un moment épatant qui réunit et met en valeur trois comédiennes.
Trois femmes.
4 déc. 2019
8/10
2 0
Trois femmes révèlent leurs blessures, leurs regrets et leurs espoirs avec humour colère mais toujours avec conviction.

C'est bien écrit par Catherine Anne avec émotion et profondeur. Cette pièce interroge notre société et comment nous nous comportons parfois avec nos proches âgés. Excellente interprétation des trois comédiennes.
28 nov. 2019
9/10
3 0
« Trois femmes » de et mise en scène par Catherine Anne au théâtre du Lucernaire est une comédie à la Marivaux, où trois générations dialoguent dans le langage de la conversation.

1, 2, 3 le temps passe…

Inexorablement les heures et les jours passent pour ces femmes liées dans une histoire de la condition humaine où l’on avance doucement, chacune à son rythme, vers une finalité à construire.

Nous sommes dans l’appartement d’une riche propriétaire, au sixième étage d’un immeuble bourgeois, celui de Madame Chevalier, qui se voit attribuer par sa fille, avec qui elle est en froid depuis des décennies, une auxiliaire de vie, fraîchement diplômée : Joëlle.
En froid…on peut se poser la question : comment a-t-elle fait pour dénicher une auxiliaire de vie à sa mère ?...
Un appartement avec une immense rosace qui fait penser à un cadran d’une horloge ou à celle du musée d’Orsay, dont la vue domine tout Paris.

Joëlle sonne chez Madame Chevalier, elle arrive le sourire aux lèvres et aura pour mission de la garder la nuit ; cette dernière, au caractère bien trempé, ne mâche pas ses mots, pour être plus précis, elle est odieuse.

Le premier contact est glacial. Si Joëlle n’avait pas eu besoin de cette place, elle aurait fait demi-tour dès les premières minutes tellement sa nouvelle patronne, au vu de ses remarques plus que désobligeantes, mériterait de rester seule, seule avec ses pensées, ses regrets, sa solitude.
Mais les aléas de la vie lui ont fait bénéficier d’une reconversion pour laquelle elle ne peut pas, à son âge, refuser l’opportunité de travailler.
Une femme de condition modeste, qui sait rester à sa place dans ce monde où l’argent coule à flot et qui ne lui fait pas perdre la tête. Elle sait se contenter des petits bonheurs que la vie lui apporte et à la moindre occasion elle touche du bois pour conjurer le sort et appeler la chance.

Elle demeure dans son pavillon modeste, séparée depuis fort longtemps de son mari, avec son nouveau compagnon Hamed. Sa fille Joëlle et sa petite fille vivent avec eux depuis plusieurs mois, une mère à son tour qui est en recherche d’emploi et commence à vouloir revendiquer son indépendance…

Trois femmes, trois générations, trois visions de la vie qui s’additionnent. Chacune vit pleinement son époque, compte tenu de son éducation. Cette frontière des classes existe et il faut faire avec…quoique…

1,2,3 le temps passe…

Quelques minutes après l’arrivée de Joëlle chez Madame Chevalier, arrive une jeune fille qui semble déterminée à vouloir donner un tournant favorable à sa vie : saisir une chance qui peut-être ne se présentera pas une seconde fois.
Le dialogue s’installe entre ces trois femmes aux destins maintenant mêlés.

Chacune va devoir composer pour continuer son chemin de vie, pour accepter la présence de l’autre et comprendre pourquoi elles s’affrontent dans des situations où les quiproquos se négocient avec les mensonges qui foisonnent chacun leur tour.

Les certitudes volent en éclat tout comme les vérités : dans cette histoire, à chacun sa vérité avec une furieuse envie de vivre !
Un trio de choc pour cette comédie aux dialogues piquants et tendres à la fois, aux rebondissements rocambolesques.

1,2,3 le temps passe…

Cette Madame Chevalier également grand-mère, a été privée depuis trop longtemps de la présence de sa petite fille, qui poursuit au moment présent ses études aux Etats-Unis. L’occasion, avec l’arrivée inopinée de cette jeune fille, de jouer à la grand-mère et de retrouver un élan de jeunesse, de laisser libre cours à son imagination, à sa générosité bien enfouie sous les couvertures.

Catherine Anne a écrit cette comédie avec une sensibilité empreinte d’humour, où les bouffées d’oxygène viennent rivaliser avec les rires, ponctuée par la musique d’Emilie Juin.
Evoluant dans un décor d’Elodie Quenouillère, sa mise en scène est précise, ludique, jouant d’un espace à l’autre avec ses passerelles dans le temps.
Elle dresse un portrait de ces trois femmes qu’elle a écrit en 1999 et qui frappe, qui résonne par son actualité brûlante.

Elle s’est entourée de trois comédiennes remarquables avec en premier lieu Catherine Hiegel, que l’on ne présente plus, dernièrement aux côtés de Pierre Palmade dans « Le lien » au théâtre Montparnasse.
Rien n’est laissé au hasard dans son jeu, chaque geste, chaque parole, chaque silence, a son importance. Un jeu subtil et précis à la fois. Elle nous impressionne de la colère à la joie qu’elle revendique avec son œil rieur et glaçant. Une comédienne à la modestie redoutable, toujours au service du texte.

Clotilde Mollet, une habituée de ce genre de rôle, que l’on avait remarquée l’année dernière déjà au Lucernaire dans « De si tendres liens » de l’intemporelle Loleh Bellon. De la relation mère-fille, elle est passée à la relation employée-patronne, mais toujours dans une histoire de femmes. Avec générosité, elle endosse le rôle de cette femme lucide mais perdue dans des situations qu’elle subit, qu’elle ne contrôle pas et c’est bien là son problème. Un visage, un jeu à la douceur réconfortante.

Milena Csergo est la jeune fille qui vient bousculer avec fraîcheur le train-train de la vie de ses partenaires ; son impulsivité, sa fureur de vivre emportent dans un tourbillon de cocasseries les deux autres femmes qui croisent sa vie, son destin.

La vie est faite de choix. Des choix qui nous questionnent sur notre rapport à l’argent, à la vieillesse, la solitude et pourquoi pas la mort.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor