Tableau d'une exécution

Tableau d'une exécution
De Howard Barker
Mis en scène par Claudia Stavisky
Avec Richard Sammut
  • Richard Sammut
  • Philippe Magnan
  • Eric Caruso
  • David Ayala
  • Christiane Cohendy
  • Julie Recoing
  • Anne Comte
  • Luc-Antoine Diquéro
  • Sava Lolov
  • Théâtre du Rond-Point
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
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Une flèche pourrait jaillir de la toile.

Renaissance, 1571 : Galactia, femme artiste peintre, humaniste, s’oppose aux hommes, au pouvoir.

Ils veulent glorifier la guerre, elle veut la peindre et inventer un nouveau rouge pour peindre le sang : « un rouge qui pue ».

 

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26 janv. 2018
8,5/10
15 0
C'est une série de scènes avec des éléments de décor, quelque chose d'à la fois dépouillé et expressif.
C'est la renaissance en Italie, la République de Venise commande un tableau à une artiste réputée pour glorifier une victoire guerrière maritime. Mais l'artiste en question affirme d'abord son statut émotionnel d'artiste sincère et bouleversé. C'est ainsi que s'oppose deux pouvoirs : celui des hommes jusqu'ici inflexible, qui broie vers son but et celui d'une artiste femme autant désir que volonté, désir de volonté par nature, volonté par essence vers l'art.
Hors l'artiste femme connaît le sang connaît la douleur des corps, le prix de chaque plaie sur chaque corps et c'est l'horreur du sang qui inonde la toile, un sang qui semble doubler la mer sur le champs des conquêtes des hommes.
Amante généreuse, artiste puissante dont la vérité fera plier par les larmes le pouvoir de Venise (le tableau outrepasse sa commande et devient œuvre d'un moment actuel accouché d'existence).
La mise en scène travaille par focus entre poses de figures (l'officier, l'estropié, le corps décapité aux fesses de l'amant) éléments émotifs de la toile (le mouvement du massacre, la mer de sang et son voile qui noie). Au final l'art revient à l'émotion affirme l'âme et l'élève. La femme et l'artiste redonnent la vie à l'expression supérieure d'une vérité particulière que rien ne peut corrompre ni soumettre. Quand l'œuvre existe tout est désormais visible, tout est donné à voir, tout est presque dit et c'est totalement irréfutable.
Une démonstration très belle, théâtralement éclatante,
21 janv. 2018
8,5/10
4 0
Tableau d’une exécution est une pièce du dramaturge Howard Baker mis en scène par Claudia Stravinsky. Christiane Cohendy interprète le rôle de Galactia, une femme artiste peintre dans la Venise de la Renaissance.

Pour commémorer la bataille de Lépante, Galactia se voit confier la création d’un tableau faisant l’apologie de la guerre, de ces héros et par conséquent de la légitimité et la grandeur de la République. Mais contre toute attente, et forte de ces convictions, Galactia dépeint sur son tableau cette guerre meurtrière, faite de lambeaux de chair, de sang, de souffrance, aux grands désarrois du Doge de Venise.

Galactia fait partie de ces artistes de convictions, croyants à cet art vivant et réaliste. Ce tableau est donc l’aboutissement d’une mise à nu de la guerre. Sa vie personnelle de mère et d’amante quelque peu chaotique, « adoucit » ce personnage et reflète aussi sa part de fragilité.

Cette pièce nous donne à réfléchir sur des sujets contemporains: la place de la femme dans notre société, a-t-elle légitimement le droit d’imposer ces choix et également les liens qui unissent l’art et la politique.

C’est une pièce à voir de par sa qualité de mise en scène et la performance des comédiens.
14 janv. 2018
8,5/10
3 0
Je ne connaissais pas le texte de H. Barker : il est remarquable, et C. Cohendy porte magnifiquement le rôle de Galactia dans cette pièce où la mise en scène et les décors m'ont éblouie.

Les couleurs et la succession de scène dépeignent parfaitement l'ambiance.
Plongée en pleine Renaissance, j'ai littéralement vécu la réalisation de l'œuvre !
13 janv. 2018
9/10
4 0
Nous sommes à Venise en 1571.
Les chrétiens ont vaincu l’empire ottoman à la bataille de Lépante.
La République de Venise désire un tableau de 100m2 pour célébrer la victoire de la St Ligue.

Pour ce faire le Doge de Venise aura recours à Galactia. Sa requête est claire, il désire rendre hommage à son frère chef des armées, fier de sa victoire.
Galactia est une femme peintre libre, émancipée, innovante et déterminée dans sa recherche artistique. Elle va imposer son ressenti face à l’horreur de la guerre et s’opposer aux attentes de La Ligue.

«Je peindrai le pourquoi de toutes ces terreurs»

Sa peinture est réaliste et impitoyable face à la barbarie de la bataille
« les sabres pénètrent dans la chair ».

Galactia passionnée, nous entraîne dans sa création artistique contre le pouvoir établi.

Ce texte d’Howard Barker dramaturge britannique contemporain est d’une grande puissance poétique. Il nous émeut et nous transporte avec passion dans le cheminement de Galactia pour s’imposer en tant que femme et artiste dans ce monde conventionnel du 16eme siècle.
Cette lutte des femmes est malheureusement toujours d’actualité ce qui rend ce drame d’autant plus passionnant.


Le premier tableau est magnifique, nous sommes dans l’atelier de Galactia où règne un souffle de création. L’émotion est forte, nous sommes captés par le parcours et la destinée de cette artiste.

Les décors s’enchainent comme une galerie de tableaux entrecoupés par la voix magnifique de Didier Sandre.
Merci à Claudia Stavisky pour cette belle mise en scène ainsi qu’à toute son équipe.
9/10
7 0
Quel spectacle édifiant, épique et merveilleux, teinté de colère et baigné de tensions, dans lequel les messages salvateurs et dénonciateurs se glissent dans les postures et les répliques des personnages finement décrits et les situations magistralement démonstratives.

Le combat d’une femme peintre, au 16ème siècle, pour sa liberté d’expression, sa dévotion à l’art et son insoumission aux dictats de la politique, à ses hommes au pouvoir absolu qui font régner l’ordre obséquieux et la pensée dominante par la terreur et la corruption.

Toute transposition avec une époque contemporaine serait heureuse et bienvenue.

Howard Barker publie cette pièce en 1993. Initiateur de son « théâtre de catastrophe », il dépeint dans ses textes pour le théâtre ou la poésie une humanité cruelle et lucide, arrogante et torturée, d’une violence extrême jusque dans ses expressions implicites, symboliques ou métaphoriques.

La peintre Galactia accepte de réaliser une commande de la République de Venise, censée représenter la bataille navale victorieuse remportée contre l’empire ottoman. Elle entreprend son travail comme elle entreprend sa vie, en toute liberté de points de vue, de choix et d’action. Le résultat saura-il satisfaire le doge de Venise ? faudra-t-il que la peintre se soumette aux injonctions ou renoncera-t-elle ? À quel prix la liberté artistique sera-telle payée ?

Confrontée à l’opposition des hommes comme des femmes, Anna Galactia luttera pour défendre son art, son droit à représenter la réalité comme l’expression de sa vérité et non pas comme une iconographie lénifiante d’un pouvoir toujours juste et doué de raison par sa puissance.

Des questions multiples nous assaillent sur l’expression picturale, son lien avec ce qui est attendu par une commande payée et plus généralement la place de l’artiste dans les méandres du pouvoir, de la censure, de la notoriété qui célèbre autant l’artiste que le commanditaire. La question essentielle de la liberté artistique revient en force ici.

Tableau d’une exécution. De quelle exécution ? Celle des soldats morts dans la bataille ? Celle du regard posé par la peintre sur les personnages qu’elle montre ? Celle de l’artiste qui se permet de transcender l’attente institutionnelle ? Celle de la femme qui doit payer pour ses actes irraisonnables dans une rationalité limitée aux volontés hiérarchiques ?

Un texte imposant et remarquable par la densité des émotions, au lyrisme marqué et à la crudité provocante.

La mise en scène de Claudia Stavisky expose la pièce comme une peintre exposerait son tableau. Avec magnificence et fierté, rendant splendide et captivante cette épopée grandiose et ses personnages forts qui nous touchent, nous troublent et nous interrogent. La direction de jeux sert cette volonté de présenter cette femme peintre comme une égérie de la liberté et de montrer grâce aux autres personnages, les abus ridicules des hommes politiques, leurs doutes aussi.

Toute la distribution est brillante, sans aucune réserve. À noter Christiane Cohendy qui joue une Anna Galactia lumineuse, cinglante, crue et cruelle, nous touchant dans ses moments de doute, éthérés ou meurtris, ses colères furieuses et sa conviction tenace de peindre telle qu’elle le voit, le souhaite et le revendique.

Un beau spectacle majestueux, émouvant et prenant.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor