Stavanger

Stavanger
De Olivier Sourisse
Mis en scène par Quentin Defalt
Avec Sylvia Roux
  • Sylvia Roux
  • Thomas Lempire
  • Studio Hébertot
  • 78bis, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
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L’avocate Florence Bernstein vient de convaincre un jeune homme, Simon, de ne pas rester allongé sur les rails du quai n° 5.

Choqué, désemparé, il accepte de la suivre chez elle. Ces deux êtres perdus et solitaires vont profiter du temps suspendu de la nuit pour se livrer l’un à l’autre, tenter de panser leurs plaies, échanger sur leur vie, leur passé, jusqu’à la découverte extraordinaire d’un intérêt commun : Stavanger, ville portuaire de Norvège.

On s’étonnerait de cette coïncidence dans une nuit ordinaire. Mais vivent-ils une nuit ordinaire?

 

Deux protagonistes dans un espace clos, qui s’apprivoisent, se dévoilent, jusqu’à... 

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2 avr. 2017
6/10
27 0
J'étais intriguée par cette pièce et par les commentaires de ceux qui l'avaient vu.
J'ai été impressionnée par le jeu d'acteur des deux comédiens. La froideur de Florence et la fragilité de Simon, le décor très bien choisi et la mise en scène poignante nous transportent.
Mais quand même beaucoup de moments où l'on décroche car le texte est ardu.
Un bonne pièce et surtout une fin étonnante.
18 mars 2017
8/10
21 0
Voilà un huis-clos qui nous plonge d’emblée dans une ambiance étrange, est-ce un rêve, un cauchemar, un peu des deux ?

L’avocate Florence Bernstein accueille chez elle un jeune homme, Simon, qu’elle vient de sauver du suicide. "Se coucher, c’est un acte ordinaire… sur des rails un peu moins mais avec une coupe de champagne, ça m’a intriguée".

Ils se font face, lui frigorifié, hagard, elle, sûre d’elle, curieuse de lui, maniant l’ironie avec dextérité. Ils ont en commun la solitude, des souffrances mal colmatées et … Stavanger, ville portuaire en Norvège.

Le temps d’une nuit froide, ils vont faire connaissance, se cogner au passé, s’amadouer, se rejeter, se retrouver. On ne peut pas en dire beaucoup sur cette pièce afin de ménager l’effet de surprise final, Olivier Sourisse l’auteur y cultive le mystère et une certaine complexité.

Florence est le maître du jeu. Sylvia Roux, tailleur pantalon noir et coupe de champagne à la main, domine à la perfection son rôle de femme ambigüe. Avec assurance, calme et habileté, elle pousse Simon vers des questionnements auxquels il répond du bout des lèvres. Lui qui est verrier et a la passion de la transparence reste opaque sur ce qui l’a poussé à de telles extrémités suicidaires. Le temps est habité de leurs confidences mais aussi de leur silence.

Thomas Lempire qui est dans la peau de Simon incarne magistralement le type noyé dans son angoisse. Son secret est trop lourd à porter mais il ne peut le livrer qu’avec parcimonie. Il a peur, peur d’elle, peur de lui-même : "Faut que je sorte, que je me protège". Ses éclats de colère et crises de panique laissent transpirer son immense trouble intérieur.

Florence essaye de plaisanter avec lui pour l’aider à se soulager de ce poids morbide qui le hante. Mais elle-même, tout en lui montrant ici et là qu’elle le devine, ne se dévoile qu’avec prudence. La mise en scène signée Quentin Defalt n’est pas là pour réchauffer l’atmosphère ! La pièce est quasiment plongée dans le noir. Au centre une grande table en métal noir avec un chandelier. Une "nappe sonore" revient régulièrement faire monter la tension : bruit de train sur les rails, la mort, ou celui d’un battement de cœur, la vie ?

Tous deux se cachent des choses et nous les cachent par la même occasion ! Qui sont-ils vraiment ? Beaucoup de pistes d’interprétation sont possibles, pourtant au fil de l’histoire, des révélations se font à tâtons dans le noir jusqu’à un dénouement assez inattendu…

Merci à Sylvia Roux et Thomas Lempire qui nous offrent une interprétation d’une grande justesse. Olivier Sourisse a écrit la pièce en trois semaines à l’impulsion juste pour eux. Elle est donc taillée à leur carrure de comédiens hors-pair. Les portraits sont lourds mais on s’attache aux personnages sans les juger. La pièce n’est pas une pièce simple, c’est un ovni théâtral qui vaut la peine d’être découvert. Et comme le dit Thomas Lempire : "Tout est écrit dans les mots, il y a juste à les ressentir."
4 mars 2017
10/10
31 0
Nous sommes allés vendredi soir voir cette pièce. Et pour une surprise, ce fut une belle surprise. D’emblée, on glisse avec les deux comédiens vers quelque chose qui, au départ, semble être une rencontre ordinaire entre deux amants rencontrés sur le quai n°5, mais qui, in fine, va glisser vers l’indicible pour se révéler envoûtant.

L’auteur a joué de brio dans la reconstruction de ces deux existences, si contraires au début qu’elles ne peuvent que se réconcilier sous le sceau de la famille et de ses secrets, de la mort aussi, traitée ici par le prisme du long voyage. STAVANGER est une pièce d’ambiance, mais aussi et surtout une pièce de la pensée. Pas une pensée qui assomme, non, mais une pensée qui élève. Il y a dans cette écriture une donnée vertigineuse tant le tissage des mots et des sens font chavirer ses deux êtres, les faisant passer du rejet au besoin de danser ensemble, de se caresser, de se séduire mais aussi de jouer au rejeté par l’autre. Il faut dire que les deux comédiens portent admirablement le texte. Sylvia ROUX est un dragon quand Olivier MARTIAL a le feu en lui. On dirait deux êtres qui se consument sans qu’ils ne ressentent l’envie d’éteindre l’incendie. Quant à la mise en scène signée Quentin DEFALT, elle est redoutable de simplicité, d’épure. Les lumières d’Olivier OUDIOU sont d’ailleurs réfléchies au cordeau.
Cette pièce est pour ceux qui veulent découvrir une nouvelle écriture. Pour ceux qui aiment Ibsen, Jan Fosse. Je ne me permettrais pas en tous les cas de la proposer à des amis qui veulent voir uniquement du boulevard. Bref, il y a dans ce théâtre Sourisse quelque chose qui nous a fait dire que son écriture traversera un jour les murs d’une scène nationale.
3 mars 2017
9/10
63 0
58° 58' 10'' nord
5° 43' 56'' est
Stavanger – Norvège

Quelle est la probabilité pour que deux êtres humains, une avocate et le jeune homme qu'elle vient de sauver d'une tentative de suicide, quelle est la probabilité pour que ces deux personnages éprouvent le même intérêt pour la petite ville portuaire et norvégienne de Stavanger ?

Infime la probabilité, nous sommes bien d'accord...

Et pourtant...

Olivier Sourisse, l'auteur de cette remarquable et troublante pièce, va nous faire découvrir et partager la raison de cet intérêt commun.

Elle, Florence, est avocate. Brillante, reconnue, altruiste.

Lui, Simon, est ce jeune garçon qui accepte de renoncer à son geste suicidaire et de la suivre chez elle.

Ces deux-là, apparemment, tout les sépare.

L'enjeu de la mise en scène est de mettre en évidence les contrastes, les différences, les oppositions de ces deux personnages.

C'est ce qu'a bien compris Quentin Defalt, le metteur en scène.

Ces oppositions, ces différences, très précisément exprimées dans le texte, sont ici démontrées et mises en exergue dans une vision onirique, quasi-fantastique d'un huis clos en quatre tableaux.

Un vrai challenge pour les deux excellents comédiens Sylvia Roux et Thomas Lempire.

Ces deux-là font plus qu'interpréter Florence et Simon : ils sont véritablement ces deux étonnants personnages qui s'affrontent, s'attirent, se repoussent.

Tout en subtilité, parfois tout en force, toujours en finesse et toujours grâce à une grande justesse d'interprétation.

Il faut un grand talent pour opérer finement et progressivement le glissement entre la totale incompréhension qui s'installe au début de la pièce entre les deux, et la révélation/partage d'un lourd secret qui va rassembler leurs personnages.

Le passé laisse des séquelles indélébiles.

Il faut être vraiment habité par le rôle pour donner chair et corps à ce texte qui analyse avec un scalpel des plus acérés les relations parfois délétères intra-familiales.

On ne choisit pas par hasard de jouer un tel écrit.

La scénographie signée Agnès de Palmaert participe également à cette ambiance ambiance à mi-chemin entre réalité et fantastique.

Des meubles tout en métal (une vraie trouvaille dont on comprendra à la toute fin l'utilité), un chandelier assorti, un fauteuil.

Tout ceci n'est pas fait pour faciliter le confort visuel du spectateur. Et c'est tant mieux.

Cette quête particulière, hors normes, est également sublimée par les lumières d'Olivier Oudiou, qui sont vraiment partie prenante de la dramaturgie qui se déroule devant nos yeux.

Avec pourtant peu de moyens, que de subtilité, que de précision, pour cette vraie réussite visuelle.

On l'aura compris, cette histoire d'amour particulière possède la chaleur glacée et l'obscurité lumineuse des contrées septentrionales enneigées où la nuit et le jour ont du mal à se succéder.

Deux comédiens en pleine possession de leurs moyens nous offrent ces instants précieux qui nous font nous interroger sur ce monde étrange qui nous entoure.

Et surtout, nous font nous interroger sur notre monde intérieur.

Il faut aller voir Stavanger.
27 févr. 2017
5/10
38 0
Manipulatrice, femme de poigne, Florence est avocate. Un soir qu'elle rentre chez elle, elle tombe sur Simon allongé sur les rails un verre de champagne à la main et ramène cet être grelottant chez elle.

S'ensuit un dialogue tranchant, une plongée dans les maux de chacun. Deux solitudes qui se répondent dans une alternance de compréhension et de dédain. C'est sombre, énigmatique, tortueux et dangereux.
Les deux interprètes sont accordés, jouent comme deux notes liées d'une même partition: le duo fonctionne.

Cependant quelque chose a dû échapper à mon esprit trop cartésien, un glissement ne s'est pas opéré et j'ai décroché sur la fin. Je me suis entendue penser au décor et suivre l'unique faisceau de lumière pour remonter jusqu'à la régie si bien que la fin m'a laissée clairement dubitative.

Je ne garderai donc pas un souvenir impérissable de cette pièce car même si elle est bien interprétée le texte ne m'a pas saisie, ne m'a pas emportée... Je n'y ai pas cru!
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor