Critiques pour l'événement Stavanger
2 avr. 2017
6/10
35 0
J'étais intriguée par cette pièce et par les commentaires de ceux qui l'avaient vu.
J'ai été impressionnée par le jeu d'acteur des deux comédiens. La froideur de Florence et la fragilité de Simon, le décor très bien choisi et la mise en scène poignante nous transportent.
Mais quand même beaucoup de moments où l'on décroche car le texte est ardu.
Un bonne pièce et surtout une fin étonnante.
27 févr. 2017
5/10
44 0
Manipulatrice, femme de poigne, Florence est avocate. Un soir qu'elle rentre chez elle, elle tombe sur Simon allongé sur les rails un verre de champagne à la main et ramène cet être grelottant chez elle.

S'ensuit un dialogue tranchant, une plongée dans les maux de chacun. Deux solitudes qui se répondent dans une alternance de compréhension et de dédain. C'est sombre, énigmatique, tortueux et dangereux.
Les deux interprètes sont accordés, jouent comme deux notes liées d'une même partition: le duo fonctionne.

Cependant quelque chose a dû échapper à mon esprit trop cartésien, un glissement ne s'est pas opéré et j'ai décroché sur la fin. Je me suis entendue penser au décor et suivre l'unique faisceau de lumière pour remonter jusqu'à la régie si bien que la fin m'a laissée clairement dubitative.

Je ne garderai donc pas un souvenir impérissable de cette pièce car même si elle est bien interprétée le texte ne m'a pas saisie, ne m'a pas emportée... Je n'y ai pas cru!
27 févr. 2017
5,5/10
31 1
Pièce d'ambiance par excellence, Stavanger (oui il s'agit bien de la charmante ville de Norvège qui va servir de point de réchauffement à nos personnages sur la défensive en début de pièce) nous plonge dans une atmosphère froide et sombre.

Le décor et sa mise en lumière contribuent à cette impression : un unique projecteur éclaire une table haute et un fauteuil dans une diagonale qui coupe la scène. Tout est dépouillé autour.

Là où je suis en difficulté, c'est avec l'histoire : Il faut un peu s'accrocher pour suivre ce qui se déroule sou nos yeux car les révélations ne sont pas intuitives. J'ai du mal à appréhender où nous emmènent les conversations des comédiens qui au demeurant sont très bons dans leur interprétation. Cela dit en ayant dormi une bonne nuit après l'avoir vu, des éléments du puzzle s'assemblent un peu mieux mais je ne suis vraiment pas convaincue par le propos de la pièce.

La pièce n'est pas à la portée de tout le monde.
7,5/10
15 0
Florence Bernstein est avocate. Cette nuit-là elle a réussi à convaincre Simon de ne pas rester allongé sur les rails. Il est désemparé alors qu'il la suit chez elle. Dans cet appartement très chic, tout de noir et d'argent, où elle lui offre du champagne et du caviar il est comme perdu. Elle est élégante, calme, sereine. Il a froid, il ne cesse de le répéter. Il est replié sur lui-même, nerveux, instable. Elle semble savoir quelque chose qu'il ignore. Le temps semble suspendu. Ils ont quelques heures pour échanger sur leur vie, leur passé, et pourquoi pas sur leur avenir. Jusqu'à ce qu'ils se trouvent un point commun : la ville portuaire de Stavanger en Norvège. Une coïncidence ?

STAVANGER est une pièce d'ambiance. Le décor, la lumière, la musique, les sons : tout concours à instaurer une atmosphère froide, feutrée, troublante, un peu fantasmagorique. Un projecteur dans un angle diffuse sa lumière vive sur une diagonale formée par une froide table de bar et un fauteuil accueillant. Florence, tout de noir vêtue, est tantôt bienveillante, tantôt inquisitrice. Elle se dérobe dès que les questions de Simon la dérangent. Un regard, un mouvement des sourcils, un plissement des lèvres : le jeu de Silvia ROUX est d'une sensibilité, d'une justesse et d'une précision extraordinaires, faisant passer des messages et des émotions par des petits riens que la précision de la lumière permet de révéler.

UNE DIRECTION D'ACTEUR REMARQUABLE

Face au mélange de chaud et froid de Florence Simon est perdu, désarçonné, tendu, vulnérable. Les questions de l'avocate, rouée à l'art de faire parler, le ramènent à son passé, à la mort de sa mère. Petit à petit Florence le pousse à revivre son enfance, à exprimer ses frustrations, ses colères, à revenir aux racines des ruptures familiales successives. Elle qui a eu un parcours en apparence plus paisible, saura-t-elle l'amener sur la voie de la réconciliation ? Tout aussi juste que sa partenaire Thomas LEMPIRE incarne un Simon fragile, constamment en équilibre, à la limite de la folie.

La mise en scène de Quentin DEFALT rend parfaitement l'esprit de ce que voulait l'auteur Olivier SOURISSE : mettre une voix sur des non-dits. "Avec Stavanger j'ai voulu trouver la clé qui permet de modifier le cours d'une vie. A travers le prisme d'un secret de famille, on aborde l'enfance, ce qu'elle a été, ce qu'elle aurait dû être". Le texte est limpide et fin. L'intrigue est construite avec intelligence, ménageant des rebondissements, jusqu'au final très émouvant.

Il faut saluer le travail d'Olivier OUDIOU pour la mise en lumière et de Ludovic CHAMPAGNE pour l'ambiance sonore qui donnent à STAVANGER une très belle qualité esthétique.

En bref : Première pièce d'Olivier SOURISSE, STAVANGER se révèle être une très bonne surprise. L'écriture est fine, la direction d'acteur remarquable, l'interprétation subtile. Une réussite.