Quills

Quills
De Doug Wright
Mis en scène par Robert Lepage, Jean-Pierre Cloutier
Avec Robert Lepage
  • Robert Lepage
  • Érika Gagnon
  • Pierre‑Olivier Grondin
  • Mary‑Lee Picknell
  • Théâtre national de la Colline
  • 15, rue Malte-Brun
  • 75020 Paris
  • Gambetta (l.3)
Itinéraire
Billets de 10,50 à 30,50
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Quills raconte l’histoire imaginée du Marquis de Sade, aux derniers jours de sa vie, enfermé à la prison de Charenton.

Alors que le directeur de l’établissement croit pouvoir réhabiliter cet homme qui toute sa vie durant a exploré par sa plume les interdits de l’être humain, ses pulsions sexuelles et ses désirs immoraux, Sade parvient par d’astucieux stratagèmes à faire publier ses récits sulfureux.

Jusqu’où l’un ira-t-il pour faire taire l’autre ? Qu’imaginera l’autre pour parvenir, jusqu’aux dernières limites du corps, à se faire lire et entendre ? Censure et liberté d’expression s’entrechoquent et s’affrontent dans cette pièce qui questionne à la fois la responsabilité de l’artiste face aux répercussions de son œuvre et la définition même de la morale, dont les repères ne sont pas aussi immuables qu’on le croit souvent.

C’est dans un traitement jubilatoire que Doug Wright, auteur américain, et que Robert Lepage dans une mise en scène et une interprétation jouissives, s’emparent de ce personnage majeur de la littérature. C’est un honneur d’accueillir pour la première fois à La Colline Robert Lepage, que l’on retrouvera prochainement aux côtés de Wajdi Mouawad dans la création de Frères, quatrième volet du cycle Domestique initié avec Seuls.

 

Note rapide
7,8/10
pour 4 notes et 3 critiques
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1 critique
Note de 4 à 7
25%
2 critiques
Note de 8 à 10
75%
Toutes les critiques
24 févr. 2018
7/10
2 0
Je n’ai pas été sensible à l'esthétique de la mise en scène, pas toujours de très bon goût.
Mais la pièce est intéressante
Et Robert Lepage un acteur pro-di-gieux
14 févr. 2018
9/10
12 0
Quills de Doug Wright. Mise en scène et espace scénique de Jean-Pierre Cloutier, Robert Lepage.
Les derniers jours du Marquis de Sade prisonnier à Charenton.
L’abbé Coulmier directeur de l’établissement et le docteur Royer Collard vont s’employer à abroger les écrits du marquis.
Mais l’entreprise s’avère difficile et même impossible.
Sade est avant tout un artiste, un artiste diabolique certes. Mais un artiste ayant un besoin fulgurant de s’exprimer.
Dans cette histoire romancée, Sade emploiera des moyens pour le moins les plus extravagants et incroyables pour arriver à ses fins.
La morale chrétienne va s’affronter à la liberté d’expression de l’artiste.
Quelles vont être les limites de l’abbé pour contraindre Sade à rentrer dans le droit chemin et à cesser ses écrits et ses pensées perverses.
Au nom de la morale, peut-on agir avec acharnement et inhumanité ?
Nous sommes captivés par cette histoire qui nous procure de belles émotions.
Le décor est magnifique, des cloisons en miroirs coulissants et grinçants nous transportent dans les différents lieux de la prison. L’éclairage nous plonge dans une ambiance fantasmagorique avec des jeux de lumière et de néons. C’est magnifique.
12 févr. 2018
9/10
31 0
Sade est au trou.
Enfin... Je me comprends.... Je reformule !

Sade est enfermé. A l'asile de Charenton, lors des toutes dernières années de sa vie.

L'abbé Coulmier dirige l'établissement. Mais voilà, l'ogre corse constate que le divin marquis réussit encore et encore à écrire et à faire publier ses sulfureux écrits.
C'en est trop pour l'ex-petit caporal. Il envoie le Docteur Royer-Collard pour faire taire une bonne fois pour toutes l'écrivain.

Tel est le point de départ de la pièce de l'auteur américain Doug Wright, écrite dans les années reaganiennes, et ce, dans le but de dénoncer un sacré retour à l'ordre moral.

Ici, le dramaturge en faisant s'affronter ces trois hommes, va faire s'opposer la censure et la liberté d'expression.
Avec un autre propos qui prolonge logiquement le précédent : quelle est la responsabilité de l'artiste envers ce que va libérer son œuvre, avec le questionnement inhérent de ce qu'il est convenu d'appeler la Morale.

On l'aura compris, tout ceci est d'une folle et brûlante actualité, et l'on peut raisonnablement penser que c'est ce qui aura principalement poussé les deux metteurs en scène québecois Robert Lepage et Jean-Pierre Cloutier à monter ce spectacle.

La volonté des deux hommes est de réaliser une adaptation beaucoup plus pêchue que le film qu'avait tiré de la pièce Philip Kaufman, en 2010.
Et l'on peut faire confiance à Lepage, qui incarne Sade !

Au début emperruqué, mouché, débraillé, sorte de monstrueux histrion, tel un Casanova décati mais ayant gardé toute sa verve érotico-pornographico-humoristique, le comédien se retrouvera vite dans le plus simple appareil, entièrement épilé de la tête aux pieds.

En effet, toute la dramaturgie tournera autour de la suppression des moyens d'écrire (et de penser...) de façon à empêcher Sade de publier.
La pièce est une suite de moments où le marquis Donatien se verra enlever un à un tous ses moyens d'expression.
Et Dieu (Satan?) sait si l'abbé et le pas très bon docteur vont avoir de l'imagination.

Je vous laisse évidemment découvrir tout ceci.

Les metteurs en scène ont mis en œuvre une magnifique scénographie, faite de miroirs coulissants, d'une tournette elle aussi réfléchissante, ainsi que de cloisons plus ou moins transparentes.
On retrouve évidemment la patte cinématographique de Lepage et sa réflexion sur les trajectoires du regard du spectateur.

Oui, on en prend plein la vue !
Les images sont démultipliées, les reflets nous parlent tous, tout autant que les comédiens « réels ».
Les très belles lumières de Lucie Bazzo viennent renforcer tout ceci. La scène avec la cellule aux barreaux faits de grands néons est magnifique.

De vrais tableaux à la beauté formelle, parfois troublante, parfois crue (je n'irai quand même pas à qualifier certaines scènes de hardcore, mais quand même...) nous sont proposés.

La scène du crucifix, véritable chorégraphie, est à cet égard très réussie. (Le spectacle est réservé aux plus de 16 ans.)

Des ambiances sonores de portes qui grincent, de poulies rouillées, de chaînes, de grincements métalliques, avec de longs clusters contribuent au côté oppressant.

Par opposition à cette très technologique chorégraphie, les comédiens sont finalement assez sages, et jouent, surjouent parfois un peu « à l'ancienne ». Cette opposition de jeu et de moyens fonctionne parfaitement. Tous sont très investis et donnent énormément. Mais il faut l'être, pour jouer avec Robert Lepage.

Malgré des moments un peu plus longs que d'autres (dûs à de grands textes qui ralentissent un peu le propos), ces cent cinquante minutes sont très intenses, très fortes.
La philosophie sadienne est pleinement assimilée et retranscrite, avec notamment la scène où l'abbé comprend que ce sont nos propres démons intérieurs qui sont en jeu, et non pas forcément ce que raconte le marquis.

On ressort de la Colline avec un sentiment très fort d'avoir assisté à un maelström de mots et d'images plus intenses et plus prenants les uns que les autres.
Un spectacle qu'il faut absolument aller écouter et voir.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor