Points de non-retour

Points de non-retour
De Alexandra Badea
Mis en scène par Alexandra Badea
Avec Amine Adjina
  • Amine Adjina
  • Thierry Raynaud
  • Madalina Constantin
  • Kader Lassina Touré
  • Sophie Verbeeck
  • Théâtre national de la Colline
  • 15, rue Malte-Brun
  • 75020 Paris
  • Gambetta (l.3)
Itinéraire
Billets à 30,50
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Alors qu’elle prenait part à la cérémonie de naturalisation qui lui conféra officiellement la nationalité française, l’auteure metteure en scène Alexandra Badea prit à la lettre cette remarque de l’officier d’état civil « À partir de ce moment vous devez assumer l’histoire de ce pays avec ses moments de grandeur et ses coins d’ombre. »

Comment dénouer les nœuds de l’histoire, ces « points de non-retour » dont on effleure parfois les thèmes dans les repas de famille, sources de blessures et de divisions de la société française, qui ont pour nom collaboration, colonialisme, etc.

Comme dans les meilleurs récits, tout commence par une histoire d’amour. Dans la ferveur bouillonnante de la France pompidolienne de l’après-mai 68, des jeunes gens tombent amoureux, tous deux sont porteurs d’un lourd passé. L’un prend sa source dans l’Europe centrale de l’après-guerre, l’autre dans l’Afrique occidentale post-coloniale. Parviendront-ils à remonter le fil de leur histoire familiale pour vivre un présent serein ?

Dans une fresque déployée en trois parties dont la première sera créée à La Colline cette année, Alexandra Badea et ses acteurs donnent la parole à ceux que l’on n’entend pas, dans une traversée de l’histoire contemporaine et résolument universelle de la France.

 

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Alors ?
Le premier volet de la trilogie « Points de non-retour » écrite par Alexandra Badea, est l’éponyme massacre de Thiaroye. Ce fait historique est méconnu, peut-être parce qu’il ne glorifie pas le récit national. Ledit massacre a été perpétré par des Français sur des tirailleurs sénégalais qui attendaient une compensation pécuniaire promise pour leur engagement auprès de la France durant la Seconde guerre mondiale. « Il y a des dettes que l’argent ne peut pas régler ». Ce sujet est traité par le prisme d’une histoire d’amour entre Nina, une Roumaine, et Amar, un Sénégalais. Les histoires dans l’Histoire, ils auront un enfant ensemble, Biram. Les destins vont se croiser avec une jeune journaliste, Nora, et un professeur résigné, Régis. Il est question de l’écart générationnel entre les primo-arrivants et les générations suivantes. Les uns refoulent passé et origine pour tenter de se faire une place sur leur terre d’accueil (« ils se désinfectent une plaie tout en criant dans l’oreiller ») et les autres regrettent de ne pas avoir appris leur langue paternelle/maternelle. Certains croient que mentir est un acte d’amour, d’autres pensent être les enfants de la haine.


La scène est au croisement des destinées où le sable rouge délimite l’estrade. Symboliquement, le désert formé par cette terre rouge sera marqué des pas, des chutes et des allongements (récurrents) des personnages. Deux fenêtres diffusent des vidéos, pas inesthétiques, mais sans grand intérêt.
Au-dessus de celles-ci on peut lire les frappes fébriles de l’auteur de la pièce qui renforcent le côté intellectuel de la pièce, laquelle ne cesse de s’interroger sur notre rapport à l’Histoire.

Pièce remue-méninges : est-il possible de réécrire l’Histoire ? Est-ce souhaitable ? Le spectacle tranche et prend parti contre un discours dit dominant.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor