Points de non-retour

Points de non-retour
De Alexandra Badea
Mis en scène par Alexandra Badea
Avec Amine Adjina
  • Amine Adjina
  • Thierry Raynaud
  • Madalina Constantin
  • Kader Lassina Touré
  • Sophie Verbeeck
  • Théâtre national de la Colline
  • 15, rue Malte-Brun
  • 75020 Paris
  • Gambetta (l.3)
Itinéraire
Billets à 30,50
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Alors qu’elle prenait part à la cérémonie de naturalisation qui lui conféra officiellement la nationalité française, l’auteure metteure en scène Alexandra Badea prit à la lettre cette remarque de l’officier d’état civil « À partir de ce moment vous devez assumer l’histoire de ce pays avec ses moments de grandeur et ses coins d’ombre. »

Comment dénouer les nœuds de l’histoire, ces « points de non-retour » dont on effleure parfois les thèmes dans les repas de famille, sources de blessures et de divisions de la société française, qui ont pour nom collaboration, colonialisme, etc.

Comme dans les meilleurs récits, tout commence par une histoire d’amour. Dans la ferveur bouillonnante de la France pompidolienne de l’après-mai 68, des jeunes gens tombent amoureux, tous deux sont porteurs d’un lourd passé. L’un prend sa source dans l’Europe centrale de l’après-guerre, l’autre dans l’Afrique occidentale post-coloniale. Parviendront-ils à remonter le fil de leur histoire familiale pour vivre un présent serein ?

Dans une fresque déployée en trois parties dont la première sera créée à La Colline cette année, Alexandra Badea et ses acteurs donnent la parole à ceux que l’on n’entend pas, dans une traversée de l’histoire contemporaine et résolument universelle de la France.

 

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17 janv. 2022
9,5/10
0
Points de non-retour [Trilogie] textes et mises en scène Alexandra Badea

Bouleversant, Profond, Eloquent

Alexandra Badea met au grand jour l’histoire sombre de notre pays que l’on préfére oublier.
Une histoire qui a brisée et détruit un grand nombre de familles, l’histoire du colonialisme, pas toujours très reluisante.
Alexandra Badea nous conte les blessures du colonialisme de 1940 à nos jours, sur trois générations.
« Tant qu’on ne racontera pas ces histoires avec les points d’ombres, les blessures, les suspensions on ne construira rien ici, Tout va s’effondrer ». A.B

Le premier opus Thiaroye ;
Amar est né au Sénégal en 1940. Son père, tirailleur sénégalais n’est jamais revenu au pays, que lui est -il arrivé ?
En 1970 rencontre Nina originaire d’Europe de l’est, il décide de commencer ses recherches.
En 2000, Nora jeune journaliste se plonge dans les archives du massacre de Thiaroye. Cela la conduit à rencontrer le fils d’Amar, Biram.
De l’autre cote de la France, un jeune homme Régis vient de découvrir les confessions de son grand-père retraçant son parcours pendant le guerre….
Les destins se croisent ainsi que les générations, les secrets se dévoilent et les âmes s’apaisent.

*Le 1er décembre 1944 à Thiaroye (Sénégal) des tirailleurs sénégalais, anciens prisonniers de guerre qui manifestaient pour le paiement de leurs indemnités, ont été tués par des troupes coloniales et des gendarmes français.

Deuxième Opus Quai de saine
Nous retrouvons Nora en quête de réponses sur sa colère interne, sur ses questionnements familiaux dont le silence et le désamour de son père, son angoisse à traverser le pont St Michel…
Aidé d’un thérapeute, elle va reconstruire son histoire, elle découvrira le passé dramatique de sa grand-mère Irène, fille de colons amoureuse d’un autochtone.
« Je serai toujours la fille de tes ennemis, Fille des colons. La fille de la conquête de l’Algérie » Irène
Elle prend connaissance de l’évènement monstrueux survenu le 17 octobre 1961.
L’image de son père aura une autre couleur, sa colère sera plus douce.


*Le 17 octobre 1961, des centaines d’Algériens sont tués à Paris, lors d’une manifestation organisée par le FLM est férocement réprimée par la police. Certaines victimes sont jetées dans la Seine depuis les ponts de la capitale.


Troisième opus Diagonale du vide
Nous retrouvons Nora dans un foyer abandonné où la nature à repris ses droits. Nora y rencontre trois pupilles ayant vécus dans ce lieu u enfant d’émigré algérien, de mineurs et de la creuse. Enfants abandonnés par l’état.
Les retrouvailles sont difficiles, les souvenirs surgissent avec violence.
Les questionnements fusent
Une jeune fille s’est suicidée dans ce foyer, sont-ils responsables ?
La parole se libère, les blessures cicatrises

*Entre 1962 et 1982 deux mille enfants réunionnais ont été déraciné, enlevé à leurs parents pour repeuplés les campagnes françaises. C’est François Mitterrand qui mit fin à ce crime humanitaire.

A travers la vie de ces personnages que nous pouvons croiser tous les jours, Alexandra Badea nous conte l’histoire de France dont on a honte, que l’on ose raconter, que l’on veut oublier et qui est pourtant bien récente.

Sur le plateau des box représentent des espaces temps. Nous passons d’une génération à l’autre avec aisance, les flashbacks donnent une dynamique à la mise en scène. Les destins se croisent et intensifient l’émotion. Les comédiens nous émeuvent par la justesse de leur jeu et leur talent.

Belle découverte qui m’a donné l’envie de connaitre les autres œuvres d’Alexandra Badea, je suis d’ailleurs repartie un livre sous le bras.
9 déc. 2019
10/10
4
Une jeune documentaliste se réveille d'une tentative de suicide. Face à son psy, elle tente de comprendre ce mal-être qui l'envahit.
Petit à petit, en se documentant et en retraçant l'histoire de sa grand-mère, le mystère se dénoue.

Très belle pièce d'Alexandra Badea, qui a trouvé des comédiens qui l'interprètent avec justesse et sensibilité.

La mise en scène met en parallèle, sans parti pris, notre époque avec cette jeune femme en thérapie et son psy, ainsi que, en arrière plan derrière un rideau, un couple dont la femme est Pied noir et le mari Algérien qui ont trouvé refuge à Paris lors de la guerre d'Algérie.
Cette histoire parallèle qui prend place, au fur et à mesure que le jour se fait dans la mémoire de la jeune fille, a pour but d'évoquer les drames de la guerre d'Algérie, le rejet dont étaient victimes les Pieds-noirs et les Algériens, ainsi que les répercussions que cela a pu avoir dans la vie des descendants. Notamment sur un sentiment de non appartenance.
Pour cela, elle nous remémorise la manifestation du 17 octobre 1961 organisée par le FLN, où plusieurs Algériens ont trouvé la mort en se jetant du Pont Saint Michel afin d'échapper aux violences policières.
En contrepartie, elle évoque le malaise des Pieds-noirs qui se sont sentis rejetés de leur pays (l'Algérie) mais également de la France qui était sensée les accueillir.

Une magnifique pièce qui prête à réfléchir sur cette guerre, les secrets de famille (non-dits) et qui m'a profondément bouleversée.
7/10
1
Alors ?
Le premier volet de la trilogie « Points de non-retour » écrite par Alexandra Badea, est l’éponyme massacre de Thiaroye. Ce fait historique est méconnu, peut-être parce qu’il ne glorifie pas le récit national. Ledit massacre a été perpétré par des Français sur des tirailleurs sénégalais qui attendaient une compensation pécuniaire promise pour leur engagement auprès de la France durant la Seconde guerre mondiale. « Il y a des dettes que l’argent ne peut pas régler ». Ce sujet est traité par le prisme d’une histoire d’amour entre Nina, une Roumaine, et Amar, un Sénégalais. Les histoires dans l’Histoire, ils auront un enfant ensemble, Biram. Les destins vont se croiser avec une jeune journaliste, Nora, et un professeur résigné, Régis. Il est question de l’écart générationnel entre les primo-arrivants et les générations suivantes. Les uns refoulent passé et origine pour tenter de se faire une place sur leur terre d’accueil (« ils se désinfectent une plaie tout en criant dans l’oreiller ») et les autres regrettent de ne pas avoir appris leur langue paternelle/maternelle. Certains croient que mentir est un acte d’amour, d’autres pensent être les enfants de la haine.


La scène est au croisement des destinées où le sable rouge délimite l’estrade. Symboliquement, le désert formé par cette terre rouge sera marqué des pas, des chutes et des allongements (récurrents) des personnages. Deux fenêtres diffusent des vidéos, pas inesthétiques, mais sans grand intérêt.
Au-dessus de celles-ci on peut lire les frappes fébriles de l’auteur de la pièce qui renforcent le côté intellectuel de la pièce, laquelle ne cesse de s’interroger sur notre rapport à l’Histoire.

Pièce remue-méninges : est-il possible de réécrire l’Histoire ? Est-ce souhaitable ? Le spectacle tranche et prend parti contre un discours dit dominant.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor