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Partisans

Partisans
De Régis Vlachos
Mis en scène par François Bourcier
Avec Lucie Jousse
  • Lucie Jousse
  • Matthieu Hornuss
  • Jean-Hugues Courtassol
  • Théâtre de la Contrescarpe
  • 5, rue Blainville
  • 75005 Paris
  • Place Monge (l.7)
Itinéraire
Billets de 10,00 à 26,50
Evénement plus programmé pour le moment
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27 mai 1943, Paris. Trois résistants, de courants politiques différents, sont réunis à l'aube d'un moment historique : ils ont vingt ans et l'Histoire va se jouer, dans l'épiderme de leur engagement et de leur innocence.

Un huis clos haletant où se noue une tension fascinante, ce jour où toutes les organisations de la Résistance, les partis politiques et les syndicats ont été réunis, dans l'ombre et de force, par Jean Moulin, sous l'ordre de De Gaulle.
C'est la résistance dans toute sa complexité qui se déploie sous nos yeux, avec les trahisons et les lâchetés. Une heure qui sera cruciale pour notre époque puisque se met en place le programme du Conseil National de la Résistance : retraite, sécurité sociale, nationalisation...

 

Mais avant tout, c'est une pièce sur les femmes, sur les Idées, sur l'émancipation, sur l'acte de résistance d'hier et d'aujourd'hui. Même si l'histoire est écrite, c'est au spectateur de penser à ce qu'il reste à faire à présent...

 

Note rapide
7,5/10
pour 4 notes et 4 critiques
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1 critique
Note de 4 à 7
25%
3 critiques
Note de 8 à 10
75%
Toutes les critiques
21 oct. 2016
6/10
61 0
Une pièce qui passe à côté de son sujet.

Le scénario est intéressant et nous plonge au cœur d'une date clé de la seconde guerre mondiale : la première (et unique) réunion du conseil national de la résistance. Seul problème (et pas des moindres), tout se passe dans la pièce voisine et ce qui a lieu sur scène peine à convaincre.

Trois jeunes résistants qui accompagnent leur chef respectif à la fameuse réunion, se trouvent dans le vestibule et discutent ensemble en attendant. J'espérais assister à un débat sur l'engagement citoyen, l'importance de la résistance, la jeunesse pendant la guerre, ou encore la vision de la France après-guerre. Si ces sujets sont un peu abordés, le texte va rarement très loin dans l'analyse. D'ailleurs dès que le débat commence à prendre de l'ampleur, une fausse alerte concernant l’arrivée possible des Allemands l’interrompt brusquement, conférant à la pièce un rythme saccadé. Sans parler des chamailleries régulières et peu crédibles des deux jeunes hommes, qui perturbent également les discussions.

Finalement, les personnages survolent ce qui aurait dû être les thèmes principaux de l’histoire. Reste tout de même de bonnes et intéressantes références historiques, qui sauvent un peu l’ensemble. Et des musiques d’époque qu’on prend toujours plaisir à écouter !

En résumé : un sujet porteur qui n’a, à mon sens, pas été exploité correctement. Dommage.
9,5/10
62 0
Une pièce de théâtre engagée, comme on les aime, sur l’émancipation de la condition humaine et les droits des peuples, qui n’omet pas d’y mettre la forme et faire de ce spectacle un moment artistique, agréable et nourri.

Dans le vestibule de la réunion du Conseil National de la Résistance, le 27 mai 1943, trois jeunes partisans (une femme et deux hommes), attendent leurs chefs respectifs et surveillent les entrées de l’immeuble. Ils échangent entre eux pour échapper à l’attente et oublier la peur. Ils partagent leurs points de vue sur les enjeux de l’engagement, des droits humains, sur la condition féminine et sur la question juive. Quels que soient leurs avis sur la société, ses traditions ou ses croyances, ils ont tous les trois la même volonté : résister.

Être partisan d’une cause ou d’un mouvement c’est résister, hier comme aujourd’hui. Prendre conscience de ce qui se passe dans la société, c’est résister aussi. Résister à ceux qui veulent penser à notre place, nous mettre à la merci du plus fort en terreur. La conscience politique est-elle l’apanage et l’atout des érudits rassemblés en élite ? Résonne–telle avec chaleur parmi les sursauts de la jeunesse afin de repousser au loin l’effroi et se livrer tout entier à la rébellion du combat pour un idéal ?

Ces questions traversent cette pièce de Régis Vlachos. Son écriture habile parvient à nous emporter dès le début, nous réjouir comme nous émouvoir. Un texte utile à la mémoire comme à l’esprit de la Résistance. Il nous rappelle l’impérative nécessité de vigilance, celle qui ne nous fait pas plier ni baisser les yeux devant ces luttes pour l’émancipation humaine. Vlachos apporte avec conviction un regard attentif et revendicatif sur les droits des femmes, leurs luttes difficiles pour obtenir l’égalité de ceux des hommes.

La mise en scène de François Boursier maintient une tension permanente par les jeux émouvants et intenses des répliques et des situations piquées d’humour. Les effets de lumières, de sons et de bruitages sont judicieux et efficaces, créant une atmosphère impressionnante.

Les comédiens Jean-Hugues COURTASSOL, Aurélien GOUAS et Lucie JOUSSE (remarquable) nous convainquent. Ils portent la souffrance de la peur et la hargne de combattre avec justesse. Ils servent la beauté des sentiments et la profondeur des messages par des jeux subtiles et enthousiastes.

Une partition inattendue et passionnante sur le sujet de la Résistance, qui fait ressortir des questions qui résonnent encore aujourd’hui. Loin de toute contrition triste et revancharde, voici un spectacle plaisant et brillant.
5 oct. 2016
10/10
167 0
27 mai 1943.
Première réunion du CNR, le Conseil National de la Résistance.

Dans la pièce à côté de celle où se tient ce moment décisif, trois résistants, trois partisans.

Tel est le point de départ de cette pièce remarquable d'intelligence, de profondeur et d'humanité.

Ces trois résistants, tout les oppose, et notamment leurs convictions politiques : l'un est communiste, le deuxième affiche et revendique des opinions très à droite (c'est un euphémisme...) et la troisième est socialiste.

"La troisième", ai-je écrit.
Oui, le troisième résistant est une résistante.

Et l'on comprend très vite la deuxième opposition : pour ces deux hommes, une femme ne peut pas résister.
Tout "simplement" parce que c'est une femme ! Un point c'est tout !

On l'aura compris, outre la lutte contre l'ennemi-occupant, Yvonne mène un autre combat : la reconnaissance de sa condition de femme.
Elle lutte pour son émancipation et celle de toutes les françaises.

Sans oublier son combat pour le droit de vote !
(Je rappelle au passage que seulement soixante et onze années nous séparent de la première fois où les femmes vont elles-aussi pouvoir élire leur député... Octobre 1945...)

Rarement ai-je été autant enthousiasmé par une pièce de théâtre !

Bien évidemment, le texte de Régis Vlachos est pour beaucoup dans cet enthousiasme-là.
Que de précision historique, que d'engagement, que de conscience politique, mais également que d'humour !
Car on rit.
Un rire sain, utile, salutaire.

Ce texte magnifique est servi par trois comédiens épatants, mis en scène par François Bourcier : Lucie Jousse (dans le rôle d'Yvonne), Jean-Hugues Courtassol (Robert) et Aurélien Gouas (Marcel), qui sont bouleversants.
Bouleversants, justes, déployant une énergie communicative, mais également une émotion
intense.

Quelle palette de jeu possèdent ces trois-là !
J'ai vraiment vibré, tremblé, ri, faisant preuve tour à tour d'empathie avec chacun de leur personnage.

Au delà de l'aspect purement historique, Régis Vlachos ne manque pas, avec une habileté consommée, de relier cette époque à la nôtre et de bâtir ponts et passerelles avec notre société qui elle aussi a tellement besoin de résistance. (C'est mon avis, et je le partage...)

De multiples allusions, (dont l'utilisation de l'expression "social-traître" qui m'a ravie (suivez mon regard...) viennent émailler cette heure et demie formidable.

On l'aura compris, nous sommes en présence d'un théâtre militant, engagé, assumé et revendiqué en tant que tel.

Un théâtre résistant. Un théâtre de partisans !

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Dans les jours à venir, je vous proposerai sur mon site référencé plus haut un premier entretien audio avec l'auteur, Régis Vlachos, et un second avec les trois comédiens.

Leurs réponses à mes questions sont passionnantes !
4 oct. 2016
9/10
63 0
Une pièce d'une grande intelligence autant par sa mise en scène que par son écriture dont les acteurs font honneur. Les dialogues et confrontations entre ces partisans nous donnent à méditer autant sur notre trouble passé que notre présent tourmenté. La direction musicologique est juste et intégrée avec élégance pour nous immerger totalement en 1943 durant cette rencontre historique. Réservez il ne reste plus que quelques dates.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor