Melone Blu

Melone Blu
  • Théâtre 13-Seine
  • 30, rue du Chevaleret
  • 75013 Paris
  • Bibliothèque François-Mitterrand (l.6, l.14, RER C)
Itinéraire
Billets à 22,00
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C’est par accident que notre grand-père, Felice Verduro, a découvert l’île de Melone Blu. Felice était pêcheur depuis son plus jeune âge et ne s’imaginait plus capable de se perdre au large.

Il n’imaginait pas non plus qu’en se perdant, il découvrirait une île où poussait un fruit aux vertus fabuleuses.

Il n’imaginait pas davantage que ce fruit ferait vivre à sa descendance l'aventure entrepreneuriale la plus extraordinaire que la région n'ait jamais vécue.

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7/10
2 0
Il y a 2 ans la compagnie La poursuite du bleu abordait avec L'inversion de la courbe la question de l'impact de l'omniprésente productivité sur nos vies d'occidentaux. Cette année c'est le réchauffement climatique et l'avenir de notre planète terre qui fait l'objet de Melone Blu. Une question d'actualité abordée sous forme de fable. Une réflexion pertinente portée avec réussite par une jeune troupe talentueuse.

Felice est fils, petit-fils, arrière-petit-fils, arrière-arrière-petit-fils, etc, de pêcheur. Mais c'est quand il doit abandonner son métier ancestral qu'il découvre par hasard l'île de Melone Blu et ses fruits miraculeux aux multiples usages. Il rentre alors dans un cycle qui influencera non seulement sa vie et son environnement naturel mais qui remettra en cause l'univers dans lequel évolueront les générations futures.Productivisme, modernité, machines-outils, finance. Le progrès mécanique et la productivité sont-ils source de bien-être pour l'être humain ?

La réponse est dans la question. Melone Blu est une fable sur le progrès et ses conséquences. Par le biais d'une histoire bien ficelée et d'une écriture claire, argumentée, structurée, Samuel Valensi nous fait une brillante démonstration de ce que nous pensons être le progrès finit par se retourner contre nous, au non de la productivité et de l'argent, et comment les choix d'une génération obèrent de l'avenir de ses descendants.

La mise en scène de l'auteur est fluide. Tout est travaillé dans le détail. La beauté des jeux de lumières, l'humour parfois salutaire, la qualité de la réflexion, celle de la direction d'acteur, tout concours à une réussite, même si on peu regretter quelques longueurs.

Traité de ce sujet complètement d'actualité aurait pu être un piège dont la Compagnie La Poursuite du Bleu se sort haut la main. Cette fable sur un sujet sérieux capte toute notre attention grâce également à l'humour, au romantisme, à ses accents d'anticipation.

Le spectacle s'inscrit dans un projet global. Promouvoir un théâtre qui agit directement sur le monde, c'est inscrit dans l'ADN de la compagnie. Et s'il est un spectacle qui s'inscrit dans ce credo c'est bien Melone Blu. Les décors, accessoires et costumes sont fait d'éléments recyclés, la vente de billets permet de participer à des projets de reforestation, les flyers deviendront des coquelicots, les trajets de la compagnie sont compensé par la plantation d'arbres, pas un seul plastique dans ce processus de création, des rencontres-débats sont organisées sur le thème de l'écologie. Un projet en totale cohérence avec le sujet traité. Une démarche globale qui mérite d'être saluée. Et pour en savoir plus sur la démarche de la compagnie autour de ce spectacle, rendez-vous sur le site dédié en cliquant ICI.

En bref : avec Melone Blu la compagnie La Poursuite de Bleu continue son travail de réflexion et d'action sur le monde. Une fable écologique écrite et jouée avec talent et qui s'inscrit dans le cadre d'un projet global en accord avec le thème traité. Du théâtre intelligent et bien fait. Que de bonnes raison de se rendre au Théâtre 13.
22 sept. 2019
7/10
1 0
Ce spectacle n'est pas qu'un simple projet comme un autre. C'est un engagement global pensé de A à Z avec des gens qui pense que le monde peut devenir meilleur ensemble. Même si parfois, le côté très didactique peut être lourd surtout sur deux heures. Je n'ai pas décroché et je suis restée captive de l'histoire. Comment ne pas être admirative de cette énergie, de cette volonté à transmettre un message et vouloir avancer positivement? La création sonore de Léo Elso & Julien Lafosse contribue grandement à se laisser porter cette aventure. Elle nous berce comme elle nous secoue. Tout comme le travail précis de lumière de Ludovic Heime qui donne la délicatesse à l'atmosphère mise en place. Un très beau travail d'équipe qui ne peut laisser insensible. Les acclamations finales sont la preuve qu'ils ont été entendus et que leur message sera porté au delà des portes du théâtre.
9 sept. 2019
6,5/10
1 0
Son Inversion de la courbe avait fait pas mal de bruit durant son exploitation au Théâtre de Belleville mais j’étais passée à côté, et c’est finalement lors d’une reprise one-shot au Théâtre Lepic que j’ai pu découvrir le travail de Samuel Valensi en tant qu’auteur et metteur en scène. J’étais un peu restée sur ma faim devant l’histoire de ce jeune commercial à qui tout réussissait et qui connaissait un effondrement brutal de son univers. Dans Melone Blu, j’ai retrouvé quelques-unes des tares que je reprochais alors au jeune dramaturge, mais j’ai aussi redécouvert une troupe plus solide et une scénographie plus travaillée,

Samuel Valensi est un homme engagé. On le sentait déjà sur sa précédente production, son théâtre sera politique, ou ne sera pas. Après avoir déconstruit le monde de l’entreprise, c’est au monde dans sa globalité qu’il s’intéresse puisque son spectacle tourne autour de la question écologique. Comment la descendance de Felice Verduro, l’homme qui a découvert l’île de Melone Blu, sur laquelle poussent des melons bleus au goût extraordinaire, bouleverse tout ce que l’aïeul avait construit. Comment évolution rime avec production. Surproduction. Hyperproduction. Et finalement destruction.

Tout commençait pourtant très bien. Durant les premières minutes du spectacles, je n’ai pu m’empêcher de sourire : cette manière de mener ses scènes bon train, de raconter ainsi son histoire, de faire prendre successivement plusieurs identités à ses comédiens au moyen d’un accessoire ou d’un détail sur le costume, de faire les changements à vue, de faire s’entremêler les voix des personnages sur une même phrase me rappellent quelqu’un. Impossible de ne pas y penser. Cette entrée en matière, c’est du Michalik tout craché. Et c’est plutôt réussi. Mais lorsque le propos se densifie, le message prend peu à peu la place qu’occupait l’histoire sur le plateau, et alourdit progressivement les scènes.

Comme dans sa précédente pièce, je reprocherais au texte de n’être pas assez dramatique : même si le tout est englobé dans une histoire, on sent trop les notions d’écologie et d’économie qu’on essaie de nous inculquer. J’entends trop ce qu’on me dit mais je préfère comprendre par moi-même. Le texte est trop didactique, le message trop souligné, les comparaisons trop visibles pour me faire oublier que je suis au théâtre ; lorsque j’entends « C’est le moment où on consommera plus de liqueur de melon bleu que ce que la nature pourra nous offrir », j’ai l’impression de lire les articles-alerte des journaux d’actualité. Après l’agriculture raisonnée, voilà le théâtre qui raisonne. Ce n’est pas ce que je viens chercher. Je suis là pour l’oubli, l’histoire qui m’emporte. Elle peut être engagée sans donner l’impression de suivre un cours de géopolitique. Ici, on serait presque dans la conférence théâtralisée. Le résultat, c’est un texte qui abrite quelques longueurs et ne parvient pas à m’accrocher véritablement.

Cependant il y a tout le reste, ce qui entoure le texte et parvient, malgré tout, à le faire vivre. Sans être happée par ce que je voyais, je n’ai pas décroché non plus. D’abord, car je suis très emballée par le geste, et, symboliquement, je ne pouvais réprouver ce spectacle. La démarche ne peut qu’être encouragée. Comme le dit très bien Samuel Valensi dans un entretien, » On demande l’exemplarité à nos hommes politiques, à nos sportifs, pourquoi ne pas la demander autant aux artistes qui sont aussi des sources d’inspiration ?« . Le projet s’est donc avéré exemplaire sur tous les aspects : ne pas utiliser de plastique, privilégier la récupération, n’utiliser que des matières bio sourcés, manger bio et local, communiquer de manière renouvelable (les flyers se plantent pour donner des coquelicots) mais voir aussi au-delà de la scène, et amener les spectateurs à adopter la même démarche, en leur proposant d’utiliser leurs billets pour bénéficiers d’avantages dans un réseau de partenaires revendeurs de produits locaux, biologiques et solidaires. Tout un programme !

Par ailleurs, pour faire bien avec peu, on peut être amené à développer des idées trop souvent laissées de côté : ici, je tiens à reconnaître la qualité de l’accompagnement sonore de la pièce. Contraint par des matériaux précis et le principe de récupération, cela permettait de compléter l’ambiance déjà insinuée par les décors, et je dois dire que cela les enrichit beaucoup : la création sonore, que l’on doit à Léo Elso & Julien Lafosse, m’a aidée à rentrer dans la pièce et je lui dois un beau moment de chair de poule, lorsqu’elle évoque le changement progressif d’état d’esprit de Felice et la transformation de l’île. Elle parvient, à l’aide des lumières et d’un scénographie tout aussi travaillées, à créer de véritables atmosphères pour nous emmener loin, sur Melone Blu.

Car eux, ils y sont clairement, sur cette fameuse île. J’ai pris un certain plaisir à retrouver des comédiens que j’avais découverts dans L’inversion de la courbe : Michel Derville d’abord, qui a ce grand talent d’irradier le plateau lorsqu’il incarne un des personnages principaux et de se fondre dans la masse lors des parties chorales – quelque part, on dirait qu’il maîtrise sa présence. C’est assez impressionnant. Mais c’est Paul-Eloi Forget qui m’a particulièrement surprise : il est un véritable caméléon et ses transformations successives sont un régal. Les deux comédiens sont par ailleurs fort bien entourés, avec à nouveau une petite pointe de déception pour le jeu de Maxime Vervonck qui reste un peu trop en surface.

Je reste quand même un peu sur ma faim – ceci dit, c’est écolo.
9 sept. 2019
6/10
3 0
C'est une fable écologique contemporaine de Samuel Valensi qui illustre l'histoire de nos progrès et de ses revers.

Belle interprétation des comédiens qui nous transportent par des dialogues courts et incisifs. Il règne une communion certaine au sein de cette troupe qui est portée par ce projet pour partager sa philosophie. Le décor naturel issu de matières recyclables colle avec un jeu de lumières. Le rythme est rapide et relate le cas de cette famille qui transmet à ses descendants une entreprise dont les erreurs s'aggravent au fur et à mesure des générations avec un impact écologique, sociétal et capitalistique déplorable sur le monde actuel. Melone Blu est une pièce engagée de par le parcours de son auteur.

Cette création doit avoir un impact social et environnemental durable. Une nouvelle génération d'auteurs utilisant une fable pour dénoncer les contradictions d'une société avec un système à bout de souffle dont on connait l'issue. Il sensibilise pour réveiller nos consciences. Du théâtre engagé mais …
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor