• Classique
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Paris 6ème

Liliom

Liliom
De Ferenc Molnár
Mis en scène par Jean Bellorini
Avec Julien Cigana
  • Julien Cigana
  • Sébastien Trouvé
  • Lidwine de Royer Dupré
  • Delphine Cottu
  • Amandine Calsat
  • Julien Bouanich
  • Hugo Sablic
  • Marc Plas
  • Teddy Melis
  • Clara Mayer
  • Jacques Hadjaje
  • Damien Vigouroux
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 34,00
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Qui est Liliom ?

Un homme dont on ne sait presque rien, ni d'où il vient ni où il va. Il tourne en rond. Sur le manège de la fête foraine où il officie, où les jeunes femmes s'attardent volontiers pour se griser un peu plus longtemps de son charme canaille. La foire, lieu éphémère qu'un peu de toile et de bois fait surgir dans les zones équivoques entre ville et campagne, offre quelques heures de liberté illusoire au peuple qui le fréquente : l'occasion de flâner, de s'exposer aux rencontres, de boire un peu trop, de se laisser gentiment escroquer par les bonimenteurs. De rêver. Liliom fait partie de ce décor-là. Il prête son corps et sa belle gueule aux désirs tournoyants des jeunes filles – mais à part ça, parce qu'il faut bien gagner son pain, il couche avec la patronne, Madame Muscat. La vie pourrait continuer ainsi, sans passé et avec encore moins d'avenir.

Cette vie-là, l'existence ordinaire de Liliom, le spectateur ne la verra jamais. Elle a lieu avant. Quand la pièce commence, cette époque vient de finir, même si Liliom ne s'en doute pas encore. Quelque chose d'inouï a eu lieu : Madame Muscat s'est montrée jalouse et a chassé une petite bonne, Julie, de son manège, avec ordre de ne plus jamais y revenir.

Liliom (ou la vie et la mort d'un vaurien) date de 1909.

 

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La critique de Floriane (rédac' AuBalcon) : Liliom est un conte tragique résolument contemporain.

Bonimenteur, Liliom fait tourner les têtes des bonnes qui viennent le voir à la fête foraine après le travail. Il les drague, les embobine jusqu’à les dépouiller. Un vaurien en somme. Jusqu’au jour où il rencontre Fanny, il décide de l’épouser… mais là n’est pas la fin de cette pièce. Car il reste un vaurien, il ne travaille plus, la bat.

On se retrouve confronté à sa pauvreté, sa violence, ses vices et son désespoir. Ferenc Molnar nous montre un conte social où l’avenir n’a rien de radieux. Même la venue d’un enfant, l’espoir d’une vie meilleure ne changent rien.

C’est une pièce où le non-dit est roi, les sous-entendus, la violence des mots ou des coups servent à dire je t’aime. C’est le tragique de la pièce, les personnages s’aiment mais ne se le disent pas. Cela devient un paradoxe lorsqu’on se retrouve confronté à la mise en scène : une fête foraine, avec ses auto-tamponneuses, sa grande roue, ses néons, sa musique, sa fête, l’insouciance quoi !
Mais Liliom n’a rien de simple et nous présente un conte noir accentué par les jeux de mise en scène, par la musique. Car il y a un véritable groupe sur scène, une batterie, un piano, une harpe, une trompette qui nous font ressentir les émois les plus profonds de ces personnages. On se rapproche d’eux, on s’identifie et on sent leur souffrance qui est d’autant plus insupportable.

Le texte est beau et nous montre ce que l’on ne voit pas, la misère, la pauvreté… la violence est présente mais n’est pas malsaine et n’est jamais choquante, les acteurs sont bons, et même très bons !
Le bémol se trouve dans les scènes après la mort de Liliom, où il se retrouve confronté à Dieu pour rendre des comptes. Les blagues sont lourdes et burlesques et dénotent trop avec l’atmosphère noire et mélancolique du début. On rit mais on est mal-à l’aise.

C’est une pièce avec une dernière partie un peu ratée mais qui reste très belle.

Note rapide
6,8/10
pour 6 notes et 4 critiques
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Note de 1 à 3
0%
3 critiques
Note de 4 à 7
83%
1 critique
Note de 8 à 10
17%
Toutes les critiques
30 juin 2015
6,5/10
138 0
Un très beau spectacle, qui nous en met plein la vue. Une mise en scène pluridisciplinaire qui marque par l’omniprésence des décors, mais aussi par son orchestre qui accompagne en live l’action.
Jean Bellorini nous présente un spectacle qui oscille constamment entre réalisme et burlesque. Le décors, recréant parfaitement l’atmosphère d’une fête foraine insiste bien sur le coté décadent de l’histoire de Liliom. Ce réalisme vient contraster avec des scènes purement burlesques -plus ou moins réussies- qui apportent de la légèreté et parviennent à nous faire prendre du recul sur l’action principale.

Ce spectacle étonnant m’a cependant un peu laissé sur ma faim. J’ai parfois eu l’impression que la forme desservait un peu le fond. Au début de la pièce par exemple, les acteurs semblent presque écrasés par l’orchestre, le bruit des auto-tamponneuses, et ce décor dans lequel il ne semble pas facile de se frayer un chemin. En tant que spectateur, on ne sait plus vraiment ou donner de la tête, et il n’est pas facile de rentrer pleinement dans l'histoire.

Je garde cependant un bon souvenir de cette pièce qui vaut le coup rien que pour ses prouesses visuelles.
16 juin 2015
7,5/10
243 1
À l’Odéon, Jean Bellorini nous invite à une fête foraine désenchantée en portant sur scène Liliom de Ferenc Molnár.

Toujours aussi vivace, le nouveau directeur du TGP déchaîne un vent entraînant et mortifère balayé par une scénographie euphorisante et ludique.
13 juin 2015
9/10
118 0
Liliom.
Ou l'histoire d'un voyou à la gueule d'ange pris en étau dans un environnement social qui pesant sur sa vie ira jusqu'à le tuer. Liliom, on en rit, s'en moque, on l'aime, le déteste et pour finir on le pleure.

Réadaptation sublime de la pièce originale, Liliom est un vrai régal. Je vous le conseille absolument. Une mise en scène originale : entrecoupée de scènes musicales.

Petit bémol néanmoins, l'intervention de personnages un peu trop burlesques pour ce drame social.
5 juin 2015
7/10
109 0
Un conte triste et mélancolique, voilà ce qu'est Liliom : les personnages semblent tout droit sortis d'un livre d'histoires pour enfants, et pourtant ils restent piégés dans les miasmes de notre réalité, coincés par l'argent, l'envie, la bêtise. Ils sont grimés à la manière de marionnettes mais habillés comme vous, comme moi.

Le plus tragique est, il me semble, leur incapacité à dire ce qu'ils pensent et ce qu'ils ressentent. Durant toute la pièce, Liliom n'arrive pas à avouer son amour à Julie. Elle ne lui dira pas non plus qu'elle l'aime. Et c'est pour cela que le dernier dialogue du spectacle est une traduction des pensées des personnages : les comédiens n'ouvrent pas la bouche mais leurs voix s'échappent de la scène pour essayer de se dire ce qu'ils cachent mais même à ce moment là le mensonge est préféré. Et c'est peut être ça qui m'a manqué dans la pièce : l'existence d'une véritable relation entre les personnages. Ceux-ci parlent beaucoup face public et très peu entre eux. Même si le silence est justement l'essentiel de leur relation, je dois dire que certaines apostrophes et tirades aux spectateurs m'ont données l'impression d'être vides de sens car envoyées à la mauvaise personne.

Les décors, tout en néons, lumières vives, roue tournante et autres auto-tamponneuses, sont ceux d'une fête foraine : joyeux, flashy, mais illusoires. Ils entourent les personnages, créant une atmosphère de rêve impossible à atteindre, un eldorado inexistant et donc creux, sans aucun sens, tout comme la mort que vivra Liliom. Les anges-policiers qui l'encadrent sont aussi ridicules que creux, "naifs" pourrait on même dire.

Enfin, s'il y avait une chose à retenir de cette belle représentation (car Liliom reste une pièce très réussie), c'est la musique : Jean Bellorini a l'art et la manière de marier somptueusement son petit orchestre avec les péripéties de sa pièce. Les choeurs donnent de la force et de la profondeur à certains instants, la batterie en rythme d'autres. Mais le plus beau moment reste le solo de la harpiste, à la fois chanté et joué : alliant onirisme et nostalgie, il nous projette hors du temps, hors de la vie.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor