• Classique
  • Le Monfort théâtre
  • Paris 15ème

Les Palmiers Sauvages

Les Palmiers Sauvages
De William Faulkner
Mis en scène par Séverine Chavrier
Avec Laurent Papot
  • Laurent Papot
  • Séverine Chavrier
  • Déborah Rouach
  • Le Monfort théâtre
  • 106, rue Brancion
  • 75015 Paris
  • Porte de Vanves (l.13)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 34,00
À l'affiche du :
5 décembre 2018 au 15 décembre 2018
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 20:30
Réservation de tickets

Ligne de fuite, fuite en avant.

«Quand l’homme qui s’appelait Harry fit la connaissance de Charlotte Rittenmeyer, il était interne dans un hôpital de la Nouvelle-Orléans». C’est le jour de son anniversaire. Leur rencontre est la mise à feu d’une bombe, ou plutôt elle en est déjà l’explosion. Il a vingt-sept ans, elle en a moins de vingt-cinq.

Harry n’a jamais connu l’amour, s’étant voué corps et âme à ses études ; Charlotte est mariée, a deux petites filles. À sept ans, elle est tombée dans les flammes, elle en porte encore les cicatrices. Pourquoi lui-dit elle cela, à lui, dès la première fois ? Pourquoi cette intimité immédiate qui claque comme un coup de feu ? Est-ce qu’elle-même le sait ?

Elle pratique la sculpture parce qu’elle aime faire «des choses qu’on peut toucher, qu’on peut prendre, des choses qui pèsent dans la main, dont on peut regarder l’envers, qui déplacent l’air et qui déplacent l’eau, et si vous les laissez tomber, c’est votre pied qui se brise et non la forme de l’objet». Quelques jours plus tard, Charlotte Rittenmeyer quitte tout au nom de son amour pour Harry ; Harry Wilbourne interrompt son internat de médecine pour s’enfuir avec Charlotte.

Ainsi commence – ligne de fuite, fuite en avant, avant-goût de la mort – une course à l’abîme qui va en quelques mois pousser le couple de La Nouvelle-Orléans à Chicago, puis «dans le Wisconsin et à nouveau à Chicago, en Utah et à San Antonio et de nouveau à La Nouvelle-Orléans», d’un chalet au bord d’un lac à une cabane perdue dans les neiges près d’une mine à demi abandonnée, jusqu’à un bungalow au bord de la mer, traversé par le bruissement du vent dans les palmiers sauvages...

  

Certaines scènes de ce spectacle peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, il est déconseillé aux moins de 16 ans

Note rapide
3,7/10
pour 6 notes et 4 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
33%
2 critiques
Note de 4 à 7
33%
2 critiques
Note de 8 à 10
33%
Toutes les critiques
9 déc. 2018
8,5/10
11 0
Chavrier vainqueure par chaos !

Séverine Chavrier, par ailleurs Directrice du CDN Orléans / Centre-Val de Loire, s'est emparée du roman de William Faulkner pour en faire une tornade dramaturgique, un ouragan scénique, un typhon théâtral.

Ici, le chaos sera amoureux, passionnel !
Faulkner nous décrit en effet une véritable descente aux enfers pour ces deux amants qui décident de tout quitter.
Charlotte Rottenmeyer abandonne mari et enfants, Harry Wilbourne, interne hospitalier, délaisse ses études.
Ces deux-là fichent le camp, laissant le train-train petit bourgeois et la conformité sociale. Ils fuient le passé mais peut-être aussi l'avenir, pour reprendre les mots de Faulkner.

Leur amour sera passion. Une passion brutale, entière, fatale.
Il faudra payer le prix.

Se déroulera devant nos yeux un road-movie devenant une impitoyable descente aux enfers sans espoir de retour.

Ce qui va se jouer est une sorte de maelström initiatique, à destination de ceux qui qui voudraient aimer passionnément, entièrement.

Deborah Rouach est Charlotte. Laurent Papot incarne Harry.
Ces deux-là vont se mettre à nu, au propre comme au figuré.

Ici, pas d'ellipses. L'amour fou sera avant tout charnel, très physique.
Nous assistons à de furieuses chorégraphies faites de chair, de furie, de bruit.
Ayant pour tout costume la petite ceinture contenant l'émetteur de leur micro HF, les deux comédiens sont deux amants extrêmes, d'une certaine façon maudits, mais qui ne le savent pas encore.

Sur le plateau, nous découvrons un capharnaüm composé de paillasses, de boîtes de conserve sur une gigantesque étagère, des palettes, des caisses de bière vides, des fringues éparses...

Flashes de lumière, bande son hurlante, éléments vidéo projetés au Lointain, lits métalliques servant de trampoline, tapis de matelas, et surtout des comédiens complètement investis, tout concourt à ce déferlement de passion sauvage, aussi sauvage que les palmiers du même nom.

La descente aux enfers peut commencer. Sous une pluie de feuilles mortes.
« Je t'aime et j'en ai peur », nous clame Harry.
Cette peur va anéantir le couple. Usure du temps, intransigeance des deux, absence de concessions, remords, peut-être, nous assistons à l'inexorable destruction de cette relation.

Tout comme nous assistons à la destruction progressive de pans entiers de décors, créant sur le plateau un incommensurable désordre.

Et puis, la fin arrivera, brutale, fatale et paroxystique.

On l'aura compris, les deux comédiens, qui disent le texte de Faulkner et parfois improvisent, réalisent une véritable performance. Cette performance n'est pas gratuite, tout comme les parti-pris scénographiques et dramaturgiques de Séverine Chavrier.

Oui, ça déménage, oui, nous en aurons plein les yeux, plein les oreilles. Oui, ça va crier, hurler, murmurer, oui ça va nous secouer ! Je suis sorti du Montfort abasourdi mais enthousiasmé.

C'est un spectacle qui nous montre la vie dans ce qu'elle a de plus absolu, de plus jusqu'au-boutiste.

--------
Cette pièce, qui est une reprise, fut donnée à l'Odéon en 2016. L'exploitation fut perturbée par une grève nationale des intermittents du spectacle, suivie par une partie des personnels.

Hier, ce fut pour moi une séance de rattrapage. Un spectacle que je tenais vraiment à voir !
Afficher le commentaire
19 juin 2016
4,5/10
124 0
Je n'aime pas le théâtre sonorisé, j'en suis désormais sure.

La pièce présente une succession d'épisodes dans la vie d'un couple en perpétuel mouvement (physique et émotionnel). La sonorisation m'a complètement exclue de leur intimité, de leur confidence, autant que leur jeu. J'étais souvent impressionnée par la mise en scène, mais rarement touchée. Il me manquait un but commun : où va-t-on, pourquoi ces épisodes à la suite, a priori sans sens ?

Différents décors sont répartis partout sur le plateau et seront petit à petit saccagés jusqu'au plein feu final. C'est intéressant voire impressionnant, mais comme la relation des deux personnages, cela m'a laissée de marbre.

Une pièce qu'il faut voir pour apprécier les effets visuels (mélange de jeu et de projections, jeux de lumières avec stroboscope pour créer des "flashs") et tout de même le texte de Faulkner, mais cela reste un style de théâtre qui ne me plaît ni ne me touche pas.
6 juin 2016
6/10
138 0
Ma première pièce déconseillée au moins de 16 ans et pour cause, les deux comédiens passent les trois quart de la pièce tout nus ou presque mais à la limite ce n'est pas ça le plus gênant c'est plutôt la violence de leur passion qui peut déranger les âmes sensibles.

Personnellement ce n'est pas ça qui m'a agressé les yeux, c'est la mise en scène et l'ambiance sonore : projections en fond de scène qui pour la plupart ne servent pas à grand chose, luminosité de la scène soit très sombre, soit violemment éclairée, bruitage très fort et voix des comédiens passant par un micro HF qui nous coupe de l'émotion dégagée par la pièce (en plus c'est assez laid la grosse ceinture autour de la taille).

J'ai eu du mal aussi avec le personnage féminin ne me sentant pas en phase avec le coté superficiel dégagé mais c'est aussi du au micro je pense.

Par contre, les interrogations métaphysiques et les déchirements sur leur passion sonnent très justes et on peut s'y retrouver. Et puis il y a Laurent Papot et là en toute subjectivité (au moins je le reconnais) je vous annonce qu' il est vraiment fabuleux, c'est lui qui porte la pièce sinon je me serais peut être endormie entre deux flashs lumineux.
5 juin 2016
8,5/10
98 1
Des néons clignotent au dessus du plateau. Dehors, nous entendons la pluie tomber. L’effet stroboscopique nous laisse apparaître un homme en caleçon blanc et une femme aux seins nus. En perpétuel mouvement, ils changent de lits et se lancent dans des dialogues de séductions naïfs et enfantins dans l’obscurité totale.

Puis la lumière se fait sur Charlotte et Harry. Elle a trente-cinq ans (mais tout le monde pense qu’elle en a dix-sept et demi), un mari et deux petites filles. Lui est seul pour son anniversaire. Ils se rencontrent dans un coup de tonnerre qui sonne comme un coup de foudre. Ils travaillent à aimer comme le suggère le titre du premier acte projeté sur l’écran en fond de scène. Charlotte quitte sa famille pour Harry qui lui, abandonne son internat de médecine afin de s’enfuir avec la jeune fille et de découvrir l’amour.
« L’amour et la souffrance ne sont qu’une même chose » peut-on entendre.

En effet, leur voyage initiatique qui les mènera de la Nouvelle-Orléans à Chicago en passant par le Wisconsin, d’un chalet à un bungalow sur la plage en passant par le bord d’un lac, est une partition de deux êtres humains où le torride se fond dans le terrible. Une histoire d’amour qui ne peut que finir mal. Sur le plateau, c’est l’expression d’une passion fusionnelle sans retour possible, d’un amour absolu, celui qui dévaste tout sur son passage comme un ouragan et qui nous pousse dans une vertigineuse descente aux enfers. Dans le bruit du vent, le chaos de leur amour trouve un terrain de jeu risqué où les deux protagonistes s’aiment jusqu’à se perdre eux-mêmes et perdre l’autre. Mais qu’est-ce que s’aimer, espérer, faire l’amour ? Ils s’aiment comme des enfants mais se perdent comme des adultes.

Avec beaucoup de musicalité (y compris dans les titres des actes puisque le premier, Travailler à aimer est associé à Charlotte et au tempo agitato tandis que le deuxième, Aimer travailler, consacré à Harry, est plutôt andante ma non troppo), Séverine Chavrier transcrit un érotisme fulgurant avec rythme et intensité. Cependant, l’utilisation des micros HF mettent une barrière entre la salle et le plateau et l’émotion se retrouve prisonnière d’un côté sans parvenir à traverser la salle pour nous atteindre. Pourtant, le texte est fort et il ne manque qu’un jeu plus nuancé pour nous faire chavirer. Vu le talent de Laurent Papot, nul doute qu’il aurait pu nous faire basculer en quelques minutes dans les abymes émotionnelles au lieu de nous laisser sur le rivage à cause de l’amplification sonore de ses paroles via le micro.

Si Les Palmiers sauvages parviennent à secouer et à lever une tempête théâtrale, le tsunami émotionnel n’arrive pas à s’imposer pour nous dévaster entièrement. « Le cœur peut supporter n’importe quoi » mais le théâtre demande une ou deux exigences supplémentaires. Cependant, même si nous retrouvons les mêmes défauts scéniques que dans Nous sommes repus mais pas repentis, Séverine Chavrier s’impose comme l’une des plus belles découvertes de la saison 15-16 du Théâtre de l’Odéon en portant sur scène des œuvres littéraires déchirantes et mettant en lumière la difficulté d’aimer.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor