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Le nez

Le nez
De Nikolaï Gogol
Mis en scène par Ronan Rivière
  • Théâtre 13-Jardin
  • 103a, boulevard Auguste Blanqui
  • 75013 Paris
  • Glacière (l.6)
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Le major Kovalev a perdu son nez. Son nez court à travers la ville en uniforme de conseiller d’Etat. Malgré ce handicap gênant, Kovalev remue ciel et terre pour le retrouver…

Une adaptation théâtrale de la plus absurde des Nouvelles de Pétersbourg, qui dépeint la bureaucratie et les faux-semblants d’une capitale où les egos et les conventions se jouent du bon sens.

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9 sept. 2020
9/10
1
Un matin, le barbier toujours en rouspétance avec sa femme, qui n’est guère commode non plus, se prépare à manger son pain, mais voilà que trouve-t-il à l’intérieur… un nez ! Il se fait rabrouer par sa femme, il a dû couper le nez d’un client et voilà ce qui arrive, vite il faut se débarrasser de la “chose” !

Le major Kovalev se réveille et découvre avec stupeur qu’il lui manque son nez ! lui qui devait se préparer à demander la main d’Alexandrine, comment faire ? il sort et cherche partout son appendice, il va consulter un médecin qui ne pourra pas grand chose, il croise le barbier qui se débarrasse de “l’objet” dans le fleuve...

Quelle aventure ! le nez lui se porte assez bien, il court Petersbourg, vêtu du costume chamarré de Conseiller d’Etat - fort élégant ce nez - il se pavane, séduit les jeunes dames, a des sentiments (mais oui !), et ne veux pas entendre la voix de son maître, il a goûté à la liberté, s’est enrhumé certes, mais pas question de reprendre sa place au milieu du visage de Kovalev !

Une bien curieuse farce très amusante nous est proposée au théâtre 13. Ronan Rivière signe encore une fois, une mise en scène inventive et drôle, les comédiens sont dynamiques, truculents. Un spectacle qui ravira tout public.

“Parlez dans le masque”, c’est une technique de théâtre et les comédiens sur scène, ainsi que l’excellent Oivier Mazal au clavecin, portent un masque en tissu correspondant à leur costume, c’est un choix de leur part et c’est courageux.

J’ai eu le plaisir de voir “Le Double” ainsi que “Le Roman de Monsieur Molière”, je suis de nouveau conquise !
8 sept. 2020
8,5/10
25
Ce n'est pas un pic,
Ce n'est pas un cap,
Ce n'est pas une péninsule.


Certes. Mais c'est quand même un nez. Et pas n'importe lequel.


Un nez frondeur, un nez vagabond, un nez qui a décidé de voler de ses propres ailes !

Un gars de l'aéro-nasale, en quelque sorte...

La compagnie La voix des Plumes a eu l'excellente idée d'adapter pour le plateau la nouvelle éponyme de Nikolaï Gogol, une nouvelle écrite en 1836.
Une nouvelle à la fois fantastique et grotesque.

L'argument de la nouvelle tient en peu de mots, finalement : le major Koralev, fonctionnaire de sa majesté le Tsar Nicolas 1er, se réveille un matin pas si beau que ça, en constatant que son nez a disparu.
Il va donc se lancer dans une quête éperdue afin de retrouver son appendice, en côtoyant toute une série de personnages plus loufoques les uns que les autres.
Et puis surtout, il va finir par rencontrer son organe retrouvé, avec qui il va entamer toute une conversation pour le convaincre de regagner sa place initiale.

Nous allons donc assister à une farce à la fois étrange, parfois surréaliste, pleine d'esprit et très drôle.

Une peinture de la société russe de l'époque également : Gogol voit bien que cette société-là est en train de se fissurer.
Certaines tirades du couple de moujiks de la pièce concernant la noblesse ne laissent planer à ce propos aucune ambiguïté.

Dans la très belle scénographie d'Antoine Millan et les très réussis costumes de Corinne Rossi (je viens d'écrire un pléonasme...), la troupe va s'en donner à cœur joie à interpréter tous les rôles.

Ces six-là se connaissent bien, c'est évident. Sur le plateau règne un réel esprit de troupe. On sent bien qu'ils s'amusent, qu'ils prennent du plaisir à nous en donner.


Et pourtant, ils ont choisi de jouer masqués, pandémie oblige.


Il faut être honnête, j'ai été un peu interloqué au début.

Et puis, au bout de deux minutes, on oublie très vite. L'excellente acoustique du lieu et la proximité avec les comédiens font que les masques se font tout petits...
(D'autant que lorsque par inadvertance, les rectangles de tissu glissent, que voit-on, je vous le demande un peu : des nez...)

Les comédiens nous font tout à fait croire à cette pochade.
Tous nous font bien rire.

Michaël Giorno-Cohen (Ah ! La belle voix de baryton !) et Amélie Vignaux sont deux moujiks bourrus plus vrais que nature. Un couple infernal.
Melle Vignaux, dans sa composition de vieille femme râleuse et acariâtre, m'a fait penser au regretté Terry Jones, l'un des Monty Python, interprétant la mère du héros dans le film «La vie de Brian ».
La comédienne est épatante !

Jean-Benoît Terral nous amuse beaucoup en médecin qu'on n'aimerait pas trop consulter, Jérôme Rodriguez nous émeut en major pleurant son organe perdu.

En Alexandrine, Laura Chetrit elle aussi est excellente. Tour à tour amoureuse, espiègle, râleuse, jalouse, elle donne une bien belle réplique au héros.
A noter qu'elle va nous dire un poème de Pouchkine, que Gogol appréciait beaucoup.

Et puis il y a le metteur en scène Ronan Rivière, qui va interpréter... le nez.

Comment dire...
Sur le papier, c'est facile à écrire, interpréter un nez.
Sur scène, c'est une autre paire de manches.

Je ne vous révèlerai évidemment pas comment il s'y prend, Ronan Rivière, ni comment il a résolu le problème, mais ce qu'il fait est assez remarquable.
Le nez est devant nous, le nez prend vie, le nez s'anime d'émotions vraies. Le nez s'exprime.
Il rit, il est triste, il se montre câlin, il a peur, il est étonné, il a honte...
Cette scène avec les seuls major et son pif est absolument magnifique.

Durant les changements de décor réalisés à vue par les comédiens, Olivier Mazal, au clavecin et à l'orgue, interprète les pièces du compositeur de la troupe, Léon Bailly.
Les œuvres confèrent elles aussi à l'entreprise une tonalité étrange, mystérieuse avec parfois des accents drôlatiques.

J'ai donc passé un très bon moment au Théâtre 13-Jardin.
Je vous recommande vivement ce spectacle qui mêle subtilement le fantastique et l'humour.

Un spectacle à sniffer sans modération...
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor