• Classique
  • Théâtre Le Ranelagh
  • Paris 16ème

Le misanthrope, Chloé Lambert

Le misanthrope, Chloé Lambert
De Molière
Mis en scène par Chloe Lambert
Avec Nicolas Vaude
  • Nicolas Vaude
  • Laurent Natrella
  • Chloe Lambert
  • Théâtre Le Ranelagh
  • 5, rue des Vignes
  • 75016 Paris
  • La Muette (l.9, RER C)
Itinéraire
Billets de 11,50 à 42,00
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Bien qu’Alceste se révolte contre une société régie par l’hypocrisie, il brûle d’un amour passionné pour Célimène qui, en grande séductrice, fait de cette société son terrain de chasse…

Le jeu social et amoureux guide cette création fidèle à Molière : faire rire avec le portrait d'un homme obsédé par son désir de vérité.

Il est question ici de donner à voir l’Alceste que nous avons tous en nous. Et faire de Célimène, une femme « moderne », que le veuvage rend maître de son désir, pour un temps.

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Toutes les critiques
19 févr. 2020
8,5/10
1
J’étais absolument ravie à l’annonce de ce spectacle. J’ai un grand faible pour Nicolas Vaude. Alors certes, mes derniers retours pouvaient laisser penser le contraire, mais c’est parce que j’adore ce comédien que je suis très exigeante avec ce qu’il peut présenter. Et j’avais l’intuition que ce spectacle-là ferait partie de ceux que je suis absolument ravie de soutenir et de recommander. Pari réussi.

Alceste ne peut pas vivre dans cette société qui l’entoure et qu’il hait, composée d’hypocrites et misant tout sur l’apparence. Dès le début de la pièce, son caractère si particulier se fait sentir, et il se détache du reste des personnages. Cependant, c’est un homme qui se contredit sans cesse, et le paradoxe le plus important qu’il renferme est son amour pour la plus coquette et la plus mondaine des femmes, Célimène, qu’il tentera d’ailleurs de convaincre de s’exiler avec lui, loin des hommes.

Je sais ce que vous vous dites : « encore un Misanthrope ! ». On pourrait se dire qu’on a tout vu. On pourrait se demander à quoi bon. Même si je suis de ceux qui ne se lassent pas de ce texte je vous demande de me faire confiance. Il y a eu d’autres versions récentes, avec davantage de grands noms, qui ont fait salle comble. Mais ce Misanthrope-là est meilleur que celui d’Alain Françon puisqu’il nous fait rire. Mais ce Misanthrope-là est meilleur que celui de Peter Stein puisqu’il fait la part belle à l’ensemble des personnages.

Il faut saluer la mise en scène de Nicolas Vaude et Chloé Lambert qui, sans chercher à se démarquer par tous les points – ici pas de vidéo ni de nudité, pas d’inversion des genres ni d’ajouts au texte – servent la pièce de Molière avec brio. La scène d’ouverture est des plus réussies, donnant immédiatement au spectacle un rythme qu’il ne perdra plus. La mise en scène très fluide s’appuie sur de nombreux détails simples mais qui rendent la lecture très claire en ne laissant rien de côté : on entend notamment tout ce qui a trait au procès d’Alceste et qui est habituellement traité sans attention particulière.

Cela permet également de mettre en valeur les différentes histoires dans l’histoire, en dessinant de manière toujours très fine les relations des personnages, comme ce lien qui se crée de manière ingénieuse et poétique entre Eliante et Philinte lors de la tirade d’Eliante. La musique, les accessoires, les lumières sont utilisés très efficacement pour diriger notre regard ou souligner certaines scènes pour en faire des moments très soignés qui forment un tout sans accroc.

Et puis, évidemment, il y a cette distribution. Il n’y avait aucun doute possible : Vaude est fait pour ce rôle. En réalité, c’est l’image-même de mon Alceste depuis toujours. Ses changements de tonalité brutaux, cette bizarrerie dont parle Philinte, ses grimaces et le ton bougon qu’il peut adopter soudainement, tout ce qui compose l’animal sauvage qu’est Nicolas Vaude sur scène correspond à notre misanthrope. Il y est donc évidemment délicieux.

C’est également un grand plaisir de retrouver Laurent Natrella à ses côtés. Pour sa première apparition hors de la Comédie-Française, il faut dire qu’elle est très réussie : sa composition inattendue prend le contrepoint de la figure bienveillante et sage du Philinte habituel pour le rendre un brin libertin et lui laisser une grande possibilité d’évolution au cours de la pièce. Mais c’est Chloé Lambert qui crée la surprise avec sa Célimène séduisante et un poil autoritaire, sorte de femme fatale qui se joue de ses amants et ne laisse à aucun moment apparaître de faille : c’est une vision du personnage qui se tient et qu’elle incarne à merveille !
12 févr. 2020
7,5/10
3
Un Misanthrope qui ne tient pas toutes ses promesses ....

Malgré une mise en scène innovante et enlevée.
Des décors glamour où l'univers girly de Célimène est parfaitement mis en lumière.
De très bonnes idées, telle la soirée d'ouverture de la scène 1 en musique, qui donne le ton de la pièce.

Malgré Laurent Natrella, formidable Philinte, un des meilleurs que j'ai vu. Il est sans conteste le plus talentueux de la troupe !

Car l'interprétation n'est pas toujours à la hauteur, et c'est bien dommage.

Tout d'abord, Nicolas Vaude, qui en fait souvent trop, beaucoup trop. Or le cabotinage ne sied pas du tout à Alceste, et le texte est suffisamment fort pour avoir besoin d'en rajouter.
Dans ses moments de sobriété par contre, il est formidable.

Chloé Lambert a fait un énorme travail afin de moderniser le personnage de Célimène. Mais à force de naturel, elle finit par rendre la belle courtisane banale et ordinaire, ce qu'elle n'est absolument pas.

On voit là toute la difficulté, toute la complexité, de jouer un immense auteur classique de manière contemporaine, mais sans perdre de son identité !!
18 janv. 2020
10/10
1
« Le Misanthrope » de Molière mis en scène par Chloé Lambert et Nicolas Vaude au théâtre du Ranelagh est une version fleurie, moins formelle, plus légère, que celles jouées habituellement.

Après nous avoir régalés dans « La collection » d’Harold Pinter et « Localement agité » d’Arnaud Bédouet, Nicolas Vaude est de nouveau sur scène mais cette fois-ci en compagnie de Chloé Lambert, avec qui il signe la mise en scène de ce Misanthrope, un rôle qui le hante depuis longtemps et qui devient enfin réalité : celui d’Alceste.
Mais un Alceste qu’il voulait partager avec Chloé Lambert, sa Célimène.

Cinq actes pendant lesquels ce pauvre Alceste va tout faire pour se retrouver seul, face à face avec la belle Célimène afin qu’elle lui déclare sa flamme, convaincu qu’il est l’homme de la situation.

Cinq actes pendant lesquels Alceste va devoir combattre ses vieux démons sans y parvenir : toute l’humanité ne trouve grâce à ses yeux, rien ne sert de la fréquenter.
Sa réplique « Je veux qu’on soit sincère » restant lettre morte aux yeux du monde, notamment aux yeux de Philinte son ami.
Un démon qui déclenche trop souvent son courroux, notamment avec la célèbre scène du sonnet d’Oronte, dont les conséquences seront désastreuses : un farouche idéaliste qui fait fi des conseils que Philinte lui prodigue.

Une mise en scène qui allie le classique au moderne, le contemporain au passé, telle cette scène d’ouverture avec une boum chorégraphiée par Karine Briançon au son des paroles de « Voulez-vous coucher avec moi ce soir ? »…tout un programme…
Une musique importante dans cette mise en scène mêlant le piano jazz à quelques notes du Requiem de Mozart en passant par les concertos brandebourgeois de Bach.

Un rythme endiablé laissant libre cours à la beuverie, au plaisir tout simplement de la fête mais qui ne sied pas à Alceste, qui finit par se boucher les oreilles, lui qui ne rêve que de désert…
Une occasion encore ratée de pouvoir dialoguer seul avec Célimène ; son combat de chaque instant. Une Célimène qui porte admirablement le veuvage pour son époque laissant manifester sa liberté de choix.

Un rythme aussi dans les paroles qui confère à cette version une touche de modernité, sans parler des costumes de Carole Gérard et des décors de Thibault Ameline où la légèreté et l’insouciance des abondantes fleurs colorées viennent s’opposer à la noirceur des propos.
N’oublions pas que nous sommes dans le siècle du roi soleil, galerie des glaces oblige, des miroirs aux effets pervers, ne permettant pas de cacher ses pensées.

Un combat acharné, décisif, entre la très féminine Célimène à la coquetterie assumée et Alceste à l’ego surdimensionné, sera la clef de cette version dans laquelle entre autres les petits marquis viendront nous divertir avec leur combat de coqs.

Nicolas Vaude a apporté dans son interprétation, une nouvelle fois son ADN : sa démarche et son phrasé si particuliers, qui à chaque fois que je le vois sur scène me donnent beaucoup de plaisir.
Quant à Chloé Lambert, elle accuse une légèreté, une insouciance qui fait tourner les cœurs consciemment ou inconsciemment. Elle aime être courtisée et cela se voit.
Laurent Natrella est un Philinte habile de ses mains (au piano) et de son verbe, un lien entre les deux héros, préoccupé par l’avenir de son ami Alceste mais aussi amoureux d’Eliante, la cousine de Célimène.
Une Eliante jouée tout en discrétion par Nathalie Boutefeu accompagnant de sa maturité Philinte dans ses démarches.
Pierre Val dans Oronte, Arthur Sonhador et Raphaël Duléry dans les petits marquis Acaste et Clitandre, Hélène Barillé dans Arsinoé, complètent cette distribution sans oublier mon petit coup de cœur pour Clara Arthur Vaude avec ses joyeuses facéties dans les rôles du Basque et de Du Bois.

Des sous-titrages en anglais donnent l’accès à un public étranger à cette pièce, une très bonne et rare initiative. Mais alors soit la soufflerie du projecteur est trop forte ou soit les comédiens ne parlent pas assez fort, car il m’a fallu tendre l’oreille plus d’une fois pour entendre les répliques, ce qui gâche le plaisir de l’admiration du propos et du jeu.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor