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L'Avare (Lazarini)

L'Avare (Lazarini)
De Molière
Mis en scène par Henri Lazarini, Frédérique Lazarini
  • Artistic Athévains
  • 45 bis, rue Richard-Lenoir
  • 75011 Paris
  • Voltaire (l.9)
Itinéraire
Billets à 25,00
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Un jardin. Pas les jardins de Versailles avec la féerie des eaux.

Pas le jardin d’Eden, ni ceux, suspendus, de Babylone. Un jardin d’herbes amères, de mauvaises herbes où gît un trésor gardé par un dragon : « Harpadragon » tapi sur sa cassette.

Dans ce jardin hanté par des ombres, balayé par des vents violents, Harpagon rôde, entouré de personnages-insectes qui se terrent, fuient sa présence, se cachent sous les mousses, comme ses personnages-animaux chers à Kafka ou plus encore à Bruno Schulz, dont Tadeusz Kantor nous a fait découvrir l’univers dans les années 70.

Un bestiaire grotesque et un peu angoissant.

Mais il y a aussi bien sûr de la comédie dans l’Avare, un rire à la fois jubilatoire et grinçant, d’où la nécessité d’allier la violence des passions exprimées à la farce pure, source du prodigieux comique moliéresque.

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6,8/10
pour 6 notes et 6 critiques
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33%
4 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
21 févr. 2018
7,5/10
12 0
L’avare à partir du 30/01, mise en scène de Frédérique Lazarini.

Le décor est assez surprenant. Nous sommes dans le jardin d’Harpagon. Un jardin triste et dénudé, un ou deux arbres morts, des feuilles sèches, ceci évoque bien le cœur aride et égoïste d’Harpagon.
Harpagon, cet homme prêt à sacrifier ses enfants pour accroître son trésor. Mais aussi un homme vieillissant et malade pour lequel nous aurons de la compassion. Un homme qui souhaite goûter au dernier plaisir de la vie en s’offrant la belle Marianne.
Dans un coin du jardin pauvre et assez aride, un vieux coffre en osier attire notre regard. C’est là que se cache le fameux trésor d’Harpagon. Sous nos yeux le trésor sera dérobé, nous en serons complices.
Molière nous embarquent dans cette intrigue pleine de rebondissements. Il nous décrit avec beaucoup de finesse les facettes de l’âme humaine tout en nous amusant.
Cette comédie est toujours à l’ordre du jour, les costumes contemporains et le décor intemporel nous l’illustrent et nous questionnent.
L’avarice, le mensonge, l’autorité, l’oppression, la crainte mais aussi la passion, l’amour, l’espièglerie que de sentiments mêlés et déroutants qui vont par moments déclencher l’orage dans ce jardin !

Emmanuel Dechartre nous dévoile un Harpagon autoritaire et despotique envers ses enfants mais aussi amoureux et attendrissant malgré son avarice.
Frédérique Lazarini interprète Frosine pleine de malice et de flatterie avec brio.
7 déc. 2017
8,5/10
10 0
L’argent ne fait pas le bonheur. C’était vrai du temps de Molière et ça l’est encore. Pour preuve les costumes sont contemporains et le décor en est la démonstration flagrante. Il est à l’image de la sécheresse de cœur d’Harpagon qui, à l’automne de sa vie, n’accorde d’importance qu’à son argent au détriment de tout et de tous.

Rien d’étonnant à ce que le jardin soit à l’abandon derrière deux palissades. Novembre a desséché les buissons et décoloré les têtes des hortensias. Les feuilles sont tombées en un épais tapis. Une bêche à peine rouillée git dans un coin. La ruche est au repos. Rarement un décor aura été pensé avec autant de justesse. La crise est proche. D’ailleurs l’orage éclate tandis que le public le voit l’Avare cacher sa précieuse cassette, là sous nos yeux.

Pourtant le vieil homme se sent encore la fougue d’espérer convoler. Les jeunes gens aussi, pour peu qu’on lui lâche la bride. La famille Lazarini nous propose de redécouvrir le texte de Molière en y voyant les prémices d’un marivaudage assez canaille. C’est peut être que le père, Henri, a pris le parti d’Harpagon tandis que sa fille, Frédérique, est au service de la jeunesse.

Il fut le dramaturge de la pièce. Elle signe la mise en scène. Et elle joue une Frosine joliment intrigante. Tous deux avaient l’habitude de travailler ensemble et on peut imaginer la peine de Frédérique de savoir que cette collaboration est la dernière puisque son père nous a quittés l’été dernier.

Nous sommes en automne mais il reste quelques beaux jours à profiter ... Après la pluie, le beau temps. La pièce s’achève dans la joie et la bonne humeur. Chacun avec sa chacune, dans l’ordre des choses. Après avoir surmonté une crise de paranoïa, somme toute légitime parce qu’il n’y a rien de pire pour un avare que de s’être fait dépouiller, Harpagon s’étonne de voir tant de gens assemblés (le public) qui rit de bon cœur devant une famille, non pas recomposée, mais reconstituée.

La fête peut avoir lieu. Des guirlandes éclairent un jardin qui prend une allure romantique. On ressort du théâtre le cœur léger.

Sous couvert de dénoncer un péché capital, ici l’avarice, Molière s’attaque surtout à l’hypocrisie comme il l’a fait dans de nombreuses pièces, mais cette fois sous sa traduction la plus manifeste, à savoir le mensonge. Cette pièce a été créée sur la scène du Palais-Royal le 9 septembre 1668. Il lui avait alors donné ce mot de Mensonge comme sous-titre, ce que j’ignorais et qui fait écho pour moi à la dernière comédie baroque de Corneille, représentée en 1644 au théâtre du Marais ... Le Menteur, que j'ai vu dans la mise en scène très contemporaine de Julia Vidit, et dont je vous parlerai bientôt.

Les choix de dramaturgie soulignent tous les moments où ce travers se manifeste. Ce sont les flatteries prononcées pour gagner les hommes. C’est aussi le conseil de faire semblant pour mieux arriver à ses fins. C’est l’inclinaison consistant à plaider le faux pour savoir le vrai. On remarque vite que tout le monde triche, se surveille, cherche à manipuler. Le pauvre Maitre Jacques qui tente de rétablir la vérité abandonne : Peste soit la sincérité, c'est un mauvais métier. Désormais j'y renonce, et je ne veux plus dire vrai. (Acte III scène 2)

Le même homme, dans la scène finale, est désabusé : Hélas ! Comment faut-il donc faire ? On me donne des coups de bâton pour dire vrai ; et on me veut pendre pour mentir. (Acte V scène 6)

Harpagon est interprété par Emmanuel Dechartre, que l’on ne présente plus puisqu’outre un excellent comédien il est aussi le directeur du Théâtre 14. Jean-Jacques Cordival est un autre visage familier des spectateurs qui s’adressent à lui pour recevoir le sésame qui leur permet d’entrer au théâtre. Il est tour à tour Dame Claude, le Commissaire et Maitre Simon, pour notre plus grand plaisir.

Tous les comédiens sont à louer. Ils contribuent à rendre cet Avare fort réjouissant. Et comme preuve de la générosité de l’équipe, ils sacrifient leur Réveillon du 31 décembre pour le passer en compagnie du public. C'est une riche idée.
30 nov. 2017
4/10
7 0
Je suis partie au bout de 30 minutes (sur 2 heures de spectacles), déjà lassée des "trucs" utilisés pour essayer de faire rire le public (et qui m'ont bien évidemment laissée de glace), un peu attristée de voir Emmanuel Dechartre, mal dirigé, cabotiner comme il pouvait en Harpagon, en tout cas énervée devant cet Avare qui essaie de passer en force et qui se casse la figure dès les premières répliques.
28 nov. 2017
8/10
6 0
Un jardin pas très accueillant, et pourtant nous sommes au cœur de l’été, l’orage gronde. Une ruche sur le côté, sécheresse des plantes et des fleurs, une guirlande d’ampoules qui hésitent à éclairer, deux jeunes amoureux surgissent, Valère et Elise la fille de la maison. Nous sommes en ... quelle époque ? ma foi, Molière s’arrange de tout, c’est donc une transposition moderne.

Dans le jardin, une trappe s’ouvre, et un diablotin en sort, heureux, les yeux pétillants, c’est notre Harpagon !

Tout autour de lui, le personnel s’agite, ses grands enfants ont peur de lui, mais l’union fait la force et Elise parlera la première enfin, elle tente, car leur père, leur dévoile son intention de se marier avec ... la jolie Marianne, promise de Cléante, mais ça il ne le sait pas encore !

Et puis il y a l’intrigante Frosine, qui pour gagner les faveurs de l’avare serait prête à ... tout ! Heureusement, le valet de Cléante, La Flèche sera là pour aider tout ce petit monde.

Qui ne connait cette comédie, mais c’est toujours un plaisir, de retrouver les personnages, si bien interprétés par Emmanuel Dechartre, qui incarne avec drôlerie et malice Harpagon, Guillaume Bienvenu est un Valère convaincant, le quiproquo de la cassette est irrésistible, quant à Cédric Colas il a su donner un nouveau regard sur le personnage du fils. Les demoiselles Charlotte Durand-Raucher et Katia Miran font preuve de personnalité. Comment oublier Michel Baladi qui rend sympathique malgré tout Me Jacques, et son compère Didier Lesour un La Flèche fourbe et malin à souhait.

La mise en scène regorge de gags, Dame Claude (Jean-Jacques Cordival irrésistible) qui s’émerveille d’un rien, très complice avec Elise, Frédérique Lazarini redoutable Frosine, et l’arrivée bluffante de Denis Laustriat.

D’ailleurs, vous serez surpris en arrivant au guichet, Dame Claude vous donnera vos billets, à moins que ce ne soit Me Simon ou alors le Commissaire...
19 nov. 2017
10/10
5 0
Superbe mise en scène ! Qui fait re-découvrir la célèbre pièce avec délice. La mise en scène pleine d'invention et de vie est signée Frédérique Lazarini. La pièce se passe dans un jardin à l'abandon qui réserve bien des surprises. Les acteurs très talentueux y sont dirigés magistralement. C'est magnifique. Un Avare en or !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor