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  • Théâtre des Variétés
  • Paris 2ème

L'avare, avec Michel Boujenah

L'avare, avec Michel Boujenah
De Molière
Mis en scène par Daniel Benoin
Avec Michel Boujenah
  • Michel Boujenah
  • Théâtre des Variétés
  • 7, boulevard Montmartre
  • 75002 Paris
  • Grands Boulevards (l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 54,00
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Harpagon n’aime que son argent et soupçonne tout le monde de vouloir le lui voler.

Pour marier ses deux enfants, il a fait le choix d’une riche veuve pour son fils Cléante et pour sa fille, Élise, du seigneur Anselme, un homme mûr, noble et fort riche.

Harpagon est pressé de caser ses enfants pour épouser lui-même une jeune fille pauvre, Mariane, dont la beauté l’a charmé…

Note rapide
8,2/10
pour 9 notes et 7 critiques
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Note de 4 à 7
22%
6 critiques
Note de 8 à 10
78%
Toutes les critiques
5 mai 2022
8/10
2
La mise en scène de Didier Benoin est riche (oui !), elle fourmille d’idées, chaque personnage a son importance, une nouvelle version, classique sans être conventionnelle, loin de là !

Parlons des jeunes premières, délurées, amoureuses, sans honte de le montrer. Mélissa Prat est une « charmante Elise » qui ne manque pas d’humour, Noémie Bianco compose Marianne avec élégance et drôlerie.

Nos jeunes gens ne sont pas en reste, Mathieu Métral (Valère) est un amoureux délicat, qui sait très bien tirer son épingle du jeu, Maxime Boutéraon (Cléante) est lui aussi débordant de charme et d’humour.

Eric Prat compose avec la bonhomie qu’on lui connait un savoureux La Flèche, Sophie Gourdin est une truculente Frosine, et Michel Boujenah ? il est un grand Harpagon, il m’a bluffée, tantôt dur, manipulateur, mais aussi amoureux (surtout de sa cassette !), un homme tout de noir vêtu à l’ancienne, puis un vieux clown triste, qui reprendra vite ses esprits en revoyant sa chère cassette ! Paul Chariéras est un excellent Maître Jacques, Fabien Houssaye et Julien Nacache les deux malheureux valets sont impeccables et nous font pitié.

Quant à la dernière scène, ah oui, le père retrouve ses enfants, il est vrai qu’elle prête à sourire ! et là encore coup de génie du metteur en scène, on assiste à une représentation comme au temps de l’hôtel de Bourgogne ! c’est drôle, c’est fin, une trouvaille. Le décor est sobre, les costumes sont beaux
23 avr. 2022
5/10
1
Sans Grand m. Boujenah j'aurais dormi.

C'est long, les autres acteurs ne sont pas à la hauteur. Les dialogues sont longs, pas dynamiques, parfois même sur-joués.

Les costumes et décors - très bien faits. La mise en scène intéressante.
21 févr. 2022
9,5/10
3
Il est l'Or mon seignOr !

Il y a bien des façons de monter une pièce de Molière, c'est le propre des auteurs intemporels.
Moderniser, oui, mais sans perdre l'esprit de l'auteur.

Pari réussi haut la main par Daniel Benoin, formidablement bien entouré il est vrai.

A commencer par la scénographie. Spectaculaire !
Dans un décor magnifique, tout en boiseries, une pièce immense, vide et froide, où le plafond dévasté dévoile un ciel d'hiver glacial.
Au fond, deux portes monumentales s'ouvrent et se ferment sur un paysage de tempête de neige.
Portes par lesquelles les comédiens entrent et sortent.
Le seul endroit où il fait chaud est cette minuscule verrière à jardin, où un seul fauteuil près du feu, qui fait l'envie de tous, trône, réservé au maître des lieux.

Partout ailleurs c'est vide et c'est froid !

C'est sur cette scène nue que les personnages se cherchent, s'aiment et se débattent.
Les jeunes avec toute la fougue, le désir et l'espoir de leur âge.
Les valets avec ruse et fourberie.

Tous essaient de s'en sortir face à ....

Michel Boujenah, génial Harpagon, clown triste et méchant, parano et fourbe. Responsable du malheur de tous.

Quel contraste entre cet avare et les autres protagonistes !
Son habit pouilleux face à leurs costumes magnifiques.
Sa noirceur contre leur énergie.
Sa vieillesse rabougrie face à l'éclat de leur jeunesse et de leurs rêves.

Michel Boujenah a l'immense talent de ne jamais forcer le trait, il est un avaricieux authentique et fou. La cruauté n'a pas toujours besoin d'éclats.

Une démonstration du pouvoir de l'argent ....et de la magie du théâtre
20 févr. 2022
8,5/10
3
Déjà c'est beau.
C'est idiot de démarrer mon avis comme ça mais c'est une impression puissante qui ne m'a pas quittée et on m'aurait donné à regarder la pièces sans les mots que j'aurais été comblée tellement tout est là pour nous éblouir.
Les décors, les costumes, les jeux de lumières, les déplacements, les étoffes que l'on froisse. Tout est maitrisé et parfait.

Boujenah nous sidère par son interprétation si modulée, si juste en retenue comme en colères.
Il est seul dans ses excès et comme un drogué ne parvient pas à se sortir de son addiction qui va le tuer.
On le déteste mais on le plaint.

On rit, on redécouvre des passages, on s'étonne de la variation donnée sur d'autres.

C'est un très très bel Avare. Qui marquera.
4 févr. 2022
9/10
5
La peste soit de l’avarice, certes, mais pas de cet avaricieux-là !

Un avare en hiver.

Il neige sur Paris. Il fait froid. Un temps à ne pas mettre un radin dehors !

Un joueur d’orgue de Barbarie a pourtant bravé ce temps de chien…

Nous voici dans un logis qui dut être autrefois luxueux, mais qui, à force de ne pas être entretenu (on devine bien pourquoi…), est en piteux état : peintures défraîchies, plafond crevé laissant apercevoir les lattes du grenier, volets à claire-voie auxquels il manque des lames…

Avec une seule cheminée, à l’intérieur d’une minuscule véranda, domaine réservé au seul usage du maître des lieux.

Il me faut immédiatement saluer le magnifique décor de Jean-Pierre Laporte, qui sera mis en valeur par les très belles lumières élaborées par le metteur en scène lui-même, Daniel Benoin.
© Photo Philip Ducap - Fineartphotography



Cet avare, c’est Michel Boujenah, vêtu sévèrement et chichement de noir, coiffé d’une calotte assortie, aux cheveux gris filasses,aux petites lunettes rondes et à la fraise qui a connu des temps meilleurs.

Avec un accent, un débit et un volume sonores qui immanquablement nous font penser à des racines séfarades outre-méditerranée.

Oh, bien entendu, nous ne sommes pas dans « La vérité si je mens », mais cet Harpagon-là m’a évoqué, (et le parallèle est très réussi et complètement assumé) au Shylock shakespearien.

Le curseur est à son exacte position !

Cet homme sera un type acariâtre, colérique, criard, hurleur même, souvent aigri, parfois méchant.

Un homme que la passion de l’argent gardé, thésaurisé a rendu paranoïaque. Appelons un chat un chat.

Michel Boujenah parvient admirablement à nous montrer l’ambivalence de son personnage.
Certes, ce dernier est souvent repoussant, mais on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine forme de compassion et d’empathie envers cet homme qui souffre en permanence.

Beaucoup de finesse émane de son jeu et de sa vision de ce ladre.

Oui, le comédien va beaucoup crier.

Pour autant, parmi tous ces cris, il aura une scène dans laquelle il chuchotera (non, vous ne saurez pas laquelle…).
Le metteur en scène, en la faisant interpréter de la sorte, cette scène-là, nous procure un contre-pied saisissant et magnifique. Personne ne s’y attend et c’est passionnant !

Il tire également parti de façon épatante de la faconde, de l’énergie de son comédien tête d’affiche, ainsi que de tous ses irréprochables camarades.

La mise en scène est très physique, très viscérale, dans laquelle les mouvements et la gestuelle sont primordiaux.

Dans cette version du chef d’œuvre de Molière, les corps ont une grande importance.
Des corps qui ancrent dans la réalité la plus humaine ces caractères, ces personnages.


Des corps qui vont se battre, se frapper, se pousser, se repousser, se frotter contre la véranda pour se réchauffer, qui vont tomber, se relever, tituber.

Des corps qui vont se montrer, que nous verrons parfois sans artifice, (c’est drôle ou encore émouvant), renforçant l’ancrage évoqué ci-dessus.

On vibre en permanence avec cette petite troupe d’excellents comédiens qui parviennent tous à exister pleinement auprès de Michel Boujenah.

Une réelle cohérence, une belle cohésion règnent en permanence.

Tous confèrent à la pièce une réelle densité.
Un grand coup de chapeau particulier à Sophie Gourdin qui campe une Frosine elle aussi au verbe haut, aux ruptures étonnantes et irrésistibles, ainsi qu’à Bruno Andrieux, dans le double rôle de La flèche et du seigneur Anselme.

Je n’aurai garde d’oublier de mentionner les magnifiques costumes de Nathalie Bénard-Denoin, qui a transposé l’action dans le milieu du XVIIIème siècle.

Et puis, il y aura la fin du spectacle.
Ou plus exactement les deux fins.

Daniel Benoin a particulièrement soigné le dénouement de la pièce, avec deux séquences on ne peut plus abouties.

Le théâtre dans le théâtre.

C’est par ce biais que nous seront communiquées les fameuses révélations finales qui feront que tout rentrera dans l’ordre naturel des choses.

Avec enfin la toute dernière scène, inhabituelle, jamais montrée. Une scène formidable et très belle sur le plan formel.

L’homme Harpagon devenant un archétype, une icône de l’avarice.

L’idée est épatante et fonctionne à la perfection.
(Et non, je n’irai pas plus avant…)

Voici donc une bien belle entreprise artistique.
C’est un spectacle de très belle facture, l’un de ceux auquel il serait dommage de passer à côté et qui lui aussi rend un bien bel hommage à M. Poquelin !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor