Laïka

Laïka
De Ascanio Celestini
Mis en scène par Ascanio Celestini
Avec David Murgia
  • David Murgia
  • Maurice Blanchy
  • Théâtre du Rond-Point
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
Itinéraire
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Que notre volonté soit faite, pas seulement la tienne. 

Après Discours à la nation, puis Dépaysement, le conteur italien Ascanio Celestini dresse un portrait caustique et tendre du prolétariat d’aujourd’hui. L’acteur belge et prodige David Murgia tend un miroir abrasif d’une humanité et de ses contradictions.

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10 nov. 2018
9/10
3 0
C’est l’un de mes coups de cœur de ce début de saison au Rond Point !

Quelle claque! Ce texte qui prend aux tripes !
David Murgia sous le personnage de l’habitué du bar du coin, nous conte l’histoire des oubliés, de ces laissés-pour-compte (Le SDF, la prostituée qui assume « sa vie », cette vieille qui passe son temps à prier, l’autre qui a l’esprit embrouillé, ces manutentionnaires en grève).
À ses côtés, son colocataire et accordéoniste Pierre, l’accompagne, assis sur les caisses du décor...

Ce texte d’Ascanio Celestini, porté par David Murgia est un cri de désespoir de ses rejetés, face à notre indifférence, à ce cynisme ambiant, cette absence d’humanité.

Le débit est rapide, prenant, captivant, nerveux… Quelle claque !
C’est fort, touchant, drôle…Il faut suivre mais qu’est-ce que c’est beau.

Et pourquoi Laika? Cela prend tout son sens lorsque les pièces parsemées du puzzle ne font qu’un… Oui tout à la fin…

À ne surtout pas rater !
24 oct. 2018
9/10
3 0
Ce texte d’Ascanio Celestini née en 1972 à Rome est dans la lignée de son engagement politique et sa lutte pour les plus démunis.
David Murgia se l’approprie avec brio. Dans la pénombre, une silhouette apparaît, les mots jaillissent, se ruent sur vous, on les attrape en pleine figure, on est surpris, on a un petit geste de recul puis on écoute et l’on est captivé.
Tout d’abord, David Murgia nous conte l’histoire et le destin de Laïka, première chienne envoyée dans l’espace en 1957 par les Russes et qui n’est jamais revenue.
« Il avait pris un chien de rue plus résistant qu’un chien de riche » nous dit-il.
…Si c’est vrai que Dieu est dans le ciel, ce jour-là, l’être vivant le plus proche de Dieu était un chien. »

Puis, buvant des coups au café d’en bas de chez lui, il regarde le monde et nous traduit en parole les images observées. Pas de jugement, juste les réalités du trottoir d’en face…
Il nous parle pauvreté, l'exploitation, l'isolement, la précarité, de solitude.
Nous allons à la rencontre d’une vieille dame qui a la tête toute brouillée, d’un clochard qui campe devant le supermarché, d’une prostituée offrant un jour gratuit comme les musées, des manutentionnaires exploités mais n’étant pas morts en mer…
Mais aussi de Dieu, de Stephen Hawking.

Le texte est tranchant, il blesse, il transperce, il nous interpelle et nous questionne. Mais c’est aussi plein d’humour et de générosité.
Un accordéoniste l’accompagne, Maurice Blanchy, c’est son colocataire avec lequel il partage 35m2. Par instants, une voix off s’exprime avec une profondeur qui vous prend « aux tripes », c’est Yolande Moreau merveilleuse comédienne.
David Murgia nous émeut et nous bouleverse. Ce n’est pas de la fiction mais la réalité là tout près du théâtre.
Ne ratez pas ce magnifique texte d’Ascanio Celestini porté par David Murgia, c’est beau, généreux et trop rare.
18 oct. 2018
8/10
4 0
Le personnage de la pièce partage son appartement avec Pierre, son colocataire accordéoniste.
Quand il rentre du bar où il vient de prendre un café ou quelques verres de vin, il raconte
les milliers de noyés en Méditerranée, les gens de l'immeuble, ceux de l'entrepôt d'à côté
le sdf qui ne l'a pas toujours été, la prostituée qui a accepté sa condition, la voisine dont l'esprit bat la campagne.
Les histoires de tous ces cabossés de la vie, ceux que nous cotoyons tous le jours sans les voir, sans y prêter attention.
Le texte d'Ascanio Celestini est drôle, mais aussi plein d'humanité, sans pathos.
Il est porté par David Murgia formidable conteur. Maurice Blanchy qui parle avec la voix de Yolande Moreau ponctue le spectacle avec quelques virgules musicales.
Pourquoi Laïka ? nous le comprenons à la fin, c'est beau, fort et émouvant.
15 oct. 2018
8,5/10
3 0
Laïka ? Même le titre est intriguant. Que vient faire cette petite chienne de 6 kg dans cette pièce de théâtre pour le moins surprenante ? Et pourtant tout à un sens.

David Murgia est un ovni, un personnage un peu surnaturel qui nous entraîne (nous kidnappe ?) dans son monde à lui. On est d’abord mis en confiance par sa présence simple et généreuse et puis finalement, fasciné par son débit de parole, on se laisse complètement embarquer dans son délire.
Spectacle sur la folie ou au contraire sur l’excès de lucidité ? En tout cas spectacle profondément humain. Le comédien donne vie à des personnages fragiles et touchant ; tous vivants dans une certaine précarité ; un SDF, une vieille, des manutentionnaires en grève, une prostituée ; des personnages aux destins tragiques mais dignes et vivants.
Sur le plateau, presque rien, quelques caisses, quelques lampes de chevet, et le comédien accompagné par un accordéoniste (très bonne idée). Mais le magnifique texte d’Ascanio Celestini n’a de toute façon besoin que de très peu de choses tellement il est riche et dense.

Attention à ne pas venir trop fatigué, car il faut tout de même s’accrocher pour le suivre. En revanche, une fois parti avec lui, il est difficile de retomber sur terre.
Juste, passionnant, réaliste, brillant est terriblement vivant, David Murgia nous offre là un spectacle d’une grande qualité. Les applaudissements et les bravos sont au rendez-vous, nous n’avons manifestement pas été les seuls à être charmés par ce captivant comédien.
A voir !!
20 mai 2018
8/10
7 0
(vu à la Manufacture, au festival off d'Avignon le 14 juillet 2017... à la même représentation que Jean-Michel Ribes, je m'en souviens très bien... et critique écrite dans la foulée)

Ce que j’aime, c’est suivre un artiste au fil de ses créations, voir les passerelles entres les oeuvres, percevoir un renouvellement tout en restant fidèle à des thèmes. « Discours de la Nation », « Dépaysement » (Celestini à l’écriture et au jeu – lire sans Murgia) et « Laïka » se répondent et vont dans un même sens. Ils donnent la parole aux sans-voix, comme j’ai pu lire ici ou là. Le rythme impulsé par l’écriture de Celestini et le débit de parole de Murgia est incomparable et c’est ce qu’on aime retrouver dans leurs oeuvres. On ne se pose même pas la question de la redite. Le plaisir est là et c’est l’essentiel.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor