La vie de Galilée (Philippe Torreton)

La vie de Galilée (Philippe Torreton)
De Bertolt Brecht
Avec Philippe Torreton
  • Philippe Torreton
  • La Scala
  • 13, boulevard de Strasbourg
  • 75010 Paris
  • Strasbourg Saint-Denis (l.4, l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 19,00 à 50,00
À l'affiche du :
10 septembre 2019 au 9 octobre 2019
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 17:00
    • 20:30
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En Italie, au début du XVIIe siècle, Galilée braque un télescope vers les astres, déplace la terre, abolit le ciel, cherche et trouve les preuves qui réduisent à néant les sphères de cristal où Aristote et Ptolémée avaient enfermé le monde.

Il fait vaciller l’ordre de l’Église. L’Inquisition lui fera abjurer ses théories.

Philippe Torreton incarne avec force le combat héroïque du célèbre mathématicien contre l’Église, l’engagement du savant éclairé qui a révolutionné l’astrophysique.

L’une des pièces les plus fortes de Bertolt Brecht mise en scène avec émerveillement par Claudia Stavisky.

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13 sept. 2019
9,5/10
11 0
Homme à lunette, homme à planètes !

Pour tourner rond, elle tourne rond, cette version de la pièce de Bertolt Brecht par la metteure en scène Claude Stavisky.

Je doute, donc je sais ? Je sais parce que je doute ? Je ne doute plus donc maintenant je sais enfin ?
La distance entre le refus de tous les dogmes et l'acceptation de la non-certitude scientifique, c'est à dire la question récurrente de la place du doute, voici quelle est le propos principal de Brecht.

Cet affrontement entre religion et science est le propos pour l'auteur d'affirmer non seulement sa dénonciation des totalitarismes nazis puis staliniens, mais également dans les dernières réécritures, à la toute fin de sa vie, le moyen de dire sa crainte de la toute puissance de la science livrée à elle-même, et notamment cette science qui a permis l'élaboration de la bombe nucléaire.

Et puis, bien entendu, l'histoire d'un renoncement, face à un monde qui voit son agencement aristotélicien et ptoléméen se déliter.
La difficulté pour un homme d'accepter ou non son propre reniement.

Sans oublier le fait de rendre à Copernic ce qui lui appartient, à savoir l'hypothèse de l'héliocentrisme, démontrée par Galilée notamment au moyen de « sa » lunette. (Je n'en dis pas plus sur le « sa »...)

La mise en scène de Claude Stavisky s'appuie avant tout sur une vision presque épurée, par moment quasi minimaliste.
Pas de grands décors, pas de somptueux costumes d'époque.

Ici, le très grand talent des comédiens, la cohésion et le caractère homogène de cette troupe de onze acteurs et la force du texte seront bien suffisants.

Une très belle scénographie, des lumières nocturnes souvent en clair-obscur, des fumées plus ou moins lourdes (la scène de la peste est somptueuse et très réussie), des costumes historiquement non-datés, des projections vidéo de ciels, de mer ou de nuits, tout ceci nous plonge dans une époque intemporelle, afin de mieux souligner le caractère universel de la démonstration de Brecht.

Philippe Torreton est un Galilée impressionnant.
A son habitude, il se montre d'une subtile puissance, à moins que ce ne soit une puissante subtilité.
Quelle force, quelle énergie, mais également quelle capacité à exprimer le doute, l'abattement, le désespoir. La palette du comédien est toujours aussi fascinante !
Il incarne également de façon réjouissante ce que Claude Stavisky appelle à juste titre « un jouisseur de la pensée. »
Son Galilée a la tête dans les cieux, mais le corps dans son entier est bien ancré sur cette terre.

En manteau gris, avec à certains moments une longue chaîne autour du cou (j'ai pensé fortement aux grands mestres de Game Of Throne, les gardiens de la science avec leur ruban d'anneaux symbolisant leur érudition), il donne une prodigieuse humanité à ce savant, qui, avant tout, est un homme.
Une magistrale interprétation !

Très souvent, il pointe son index.

Un index levé qui peut ponctuer une démonstration, qui peut menacer, qui peut désigner quelqu'un, un doigt qui peut également indiquer la direction du ciel, là où il faut regarder. Le parti-pris fonctionne remarquablement.

Ses scènes de duo sont particulièrement soignées et réussies, que ce soit avec la formidable Nanou Garcia (une Madame Sarti en servante presque moliéresque), avec Michel Hermon en redoutable inquisiteur, ou encore avec Maxime Coggio en petit moine.

Sans oublier la magnifique avant-dernière scène avec Benjamin Jungers, l'autre ex-membre de la Comédie-Française.

Il faut noter également un moment superbe : un père éclaire sa fille, et ce, peut-être de bien des points de vue. (Je n'en dis pas plus, à part le fait que Marie Torreton m'a beaucoup ému.)

Les onze comédiens vont incarner les quelque quarante-trois rôles que compte la pièce.
Là encore, la mise en scène de Claude Stavisky est suffisamment fluide et précise pour que nous ne soyons jamais perdus.

Je me répète, il règne sur la scène de la magnifique salle de La Scala une vraie cohésion, une vraie homogénéité. Il n'y a pas de petits rôles, l'engagement de tous est total. Tous nous emmènent très loin.

La vie de Galilée fut donnée en toute fin de saison passée, à la Comédie-Française.
Un même grand texte. D'excellents comédiens à chaque fois.
Mais deux metteurs en scène, Eric Ruf et Claudia Stavisky, qui réussissent chacun à donner leur vision. Des visions différentes mais tout aussi intenses, cohérentes, pensées, travaillées de cette pièce.
C'est ça aussi, la force du théâtre.

Il faut assister à ce passionnant moment théâtral. Il faut aller applaudir Philippe Torreton et ses camarades à la Scala !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor