Critiques pour l'événement La vie de Galilée (Philippe Torreton)
22 sept. 2019
7/10
2
L'auteur a fuit la montée du nazisme puis le maccarthysme aux Etats-Unis pour revenir dans son pays d'origine, l'Allemagne.

Pendant ces années, il retravaille cette pièce jusqu'à son décès le 14 août 1956. Un texte dense qui s'étend sur une très longue période. Pour valoriser ce travail, il faut une metteure en scène très ingénieuse et un comédien brillant capable de tenir un rôle complexe pendant presque trois heures. Claudia Stavisky relève le défi de façon astucieuse et inventive. Peu de mobilier, assez sobre, qui est déplacé en clin d'oeil et réutilisé selon les contextes. Pas besoin d'avoir trop de choses et des décors imposants pour emporter dans l'espace temps. Un jeux malin avec des projections qui nous permettent aussi bien de voir les étoiles, la mer ou de faire entrer la lumière par la fenêtre et de nous mettre les informations temporels. Les jeux de lumières à la fois discrets et bien dosés contribue à l'osmose. Un très joli travail de Franck Thevenon. Rien n'est laissé au hasard pour faire que le spectateur reste captif et captivé. Même les costumes crées par Lili Kandaka, avec une fausse sobriété et un mélange de génération des formes et textures, est adroite. Une façon élégante de montrer l'intemporalité du récit. J'ai beaucoup aimé la veste de Galilée qui varie de teintes selon les lumières. Ce n'est que quand les comédiens saluent que l'on voit vraiment cette veste longue dans le détail. On se surprend des nuances qui se montrent.

Le personnage central, Galilée est incarné par le très talentueux Philippe Torreton. Comme à son habitude, il trouve toujours le juste ton, la subtilité et l'intensité pour donner vie à son personnage. Aussitôt qu'il plonge son regard vers nous, il n'est plus un homme ordinaire. Il est le scientifique et ce pendant tout le temps de la représentation. Une équipe de dix comédiens va l'accompagner dans l'interprétation des quarante-trois rôles. Une petite préférence pour Nanou Garcia, jouant madame Sarti avec beaucoup de sensibilité et de fermeté. Et bien entendu, Benjamin Jungers, ancien pensionnaire de la Comédie Française qui trouve le juste équilibre émotionnel pour chacun de ses personnages. Un vrai plaisir de le retrouver au théâtre dans un rôle à sa hauteur surtout dans André adulte. Matthias Distefano, joue lui André enfant. L'ensemble est cohérent grâce à l'investissement sincère de chacun.

Une oeuvre qui nous emporte au coeur de réflexions toujours contemporaines. Vous sentez-vous prêt à remettre en cause vos certitudes ?