• Classique
  • Théâtre de la Huchette
  • Paris 5ème

La Cantatrice Chauve et la Leçon

La Cantatrice Chauve et la Leçon
De Eugène Ionesco
  • Théâtre de la Huchette
  • 23, rue de la Huchette
  • 75005 Paris
  • St-Michel (l.4, RER B et C)
Itinéraire
Billets de 34,00 à 39,00
À l'affiche du :
1 août 2014 au 29 décembre 2018
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 19:00
Réservation de tickets

La Cantatrice chauve est un dialogue irrésistible entre deux couples qui n'ont rien à se dire, une pendule contrariante, une bonne qui se prend pour Sherlock Holmes et un Capitaine des pompiers.

 

La Leçon est un duo entre un professeur confus et concupiscent, et une élève insolente. Un affrontement détonnant !

 

Ces deux pièces fondatrices du théâtre de l'absurde de Ionesco sont à l'affiche depuis 56 ans.

 

Note rapide
6,8/10
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Toutes les critiques
11 mars 2018
7/10
2 0
Deux pièces de Ionesco sobrement représentées dans ce petit théâtre historique que j'ai vu le même mois. Le jeu des acteurs est efficace et les dialogues aussi absurdes qu'on pouvait l'imaginer.

Beaucoup d'échanges drôles. Les quelques moments "malaisants" et de gênes du scénario sont des étapes nécessaires pour savourer les pièce à leur juste valeur. Presque 60 ans de représentations en font deux pièces mythiques à voir absolument si l'on est parisien... :)
6 janv. 2017
7,5/10
13 0
Une « soirée Ionesco », 100% absurde et 300% rires, 18 063ième représentation !

C’est le 16 février 1957 dans ce même théâtre, que cet objet théâtral non identifié eu enfin un premier succès, phénoménal… Le Spectacle Ionesco, parodie de théâtre mythique, marqué par un Molière d’honneur en 2000, est à découvrir au moins une fois dans sa vie.

La cantatrice de Ionesco n’a pas pris une ride et elle n’a toujours pas de cheveux. Dans « La Leçon », c’est un professeur timide qui est aux prises avec une élève insolente, pas très portée sur l’algèbre. Qui des deux aura le dernier mot ? Attendez-vous à une délicieuse descente aux enfers.
1/ LA CANTATRICE CHAUVE

Comme tout Parisien qui se respecte cela faisait plusieurs années que notre groupe d'amis se disait, de temps en temps : « Il faudra qu'on y aille un jour». Mais la Huchette c’est un peu comme la tour Eiffel ou les bateaux-mouches : les provinciaux de passage en raffolent, les Parisiens ne manqueront pas d’y aller… plus tard. Et puis Ionesco, certains y vont à reculons, pour faire plaisir aux copains. Et puis un jour un membre du groupe, qui entame son parcours littéraire, lit Ionesco et tombe sous le charme de ce chantre de l'absurde. Alors on ne peut plus reculer et rendez-vous tous samedi soir à La Huchette, mais nous laisserons "La Leçon" pour une autre fois.

THÉÂTRE DE L'ABSURDE

"La Cantatrice Chauve" est la première pièce de Ionesco. L'idée lui en vient alors qu'il essaie d'apprendre l'anglais par la célèbre méthode Assimil : des dialogues sobres mais un étrange entrainement des phrases sans rapport, la première étant la célèbre "my tailor is rich". La pièce devait s'appeler "L'anglais sans peine", mais un lapsus du comédien jouant le pompier remplace "l'institutrice blonde" par "la cantatrice chauve". Le titre reste et à la leçon d'anglais se superpose une critique d'une certaine société britannique avec une bonne dose d'absurde qui devient le moteur de la pièce. Ionesco utilise quatre outils pour donner un aspect ridicule : la répétition, les coïncidences, les clichés et la contraction. Le tout faisant que l'on se retrouve souvent dans un univers bizarre, parfois inexplicable.

UN PETIT THÉÂTRE HORS NORMES

Au coeur du quartier Saint Michel, perdu au milieu des restaurants de toutes nationalités (avec une forte majorité de grecs), un petit théâtre qui ne paie pas de mine. Pas de luminaires clinquants mais une foule dense tous les soirs pour remplir les petites rangées serrées de la salle (dont les sièges ont été refaits en 2015). Il n'en a pas toujours été ainsi, tout du moins lors des premières représentations la pièce fut boudée, jusqu'à ce qu'en 1957 le tout Paris ne commence à se bousculer pour écouter ce texte qui bouscule les règles du théâtre. Ce soir-là c'était la 17.436ème représentation. La 20.000 ème est dans la ligne de mire. Notre groupe est reparti partagé : il y a les fans, ceux qui ont rit, ceux qui ont apprécié et ceux qui ont détesté. Parce que le théâtre de Ionesco ne laisse personne indifférent, et c'est peut-être une des clés de ce succès depuis plus de 50 ans.
A mon goût cette version dite au plus près de celle voulue par l'auteur manque un peu de peps, de dynamisme, de rythme.

En Bref : il faut l'avoir vu dans cette version et dans cette salle au moins une fois dans sa vie.

2/ LA LEÇON

Un vieux professeur donne des cours particuliers à des jeunes femmes avides de savoir. Après avoir évalué le niveau de son élève il lui dispense son savoir en arithmétique avant d’enchaîner sur un cours de langue. Les rapports de force s'instaurent, la jeune fille sûre d'elle domine le professeur qui bégaie. Mais les pouvoirs se renversent. Par intermittence une bonne tente de contenir le professeur, de le mettre en garde. Alors que la jeune élève commence à souffrir d'un mal de dent le vieil homme devient de plus en plus nerveux. Tout le monde n'ayant pas étudié le texte sur les bancs du lycée ou du collège je me garderai bien de dévoiler la fin. Car même après 57 années de représentations ininterrompues il convient de garde un certain mystère (aussi léger soit-il)!

PIÈCE MAÎTRESSE DU THÉÂTRE DE L'ABSURDE

C'est en 1951 qu'Eugène IONESCO écrit "LA LEÇON". Après "La Cantatrice Chauve" publié l'année précédente (voir mon article de décembre 2013 en cliquant ICI), IONESCO s'affirme en tant que maître du théâtre de l'absurde au même titre que BECKETT, et est un des rares auteurs qualifié de "classique" de son vivant. Pourtant les deux pièces qui se jouent sans interruption depuis 58 ans au Théâtre de la Huchette n'avaient pas reçu un accueil des plus favorables lors de leurs premières représentations.

On retrouve ici ce qui fait l'essence de son univers : les codes du théâtre classique sont balayés et le non sens s'installe. Les personnages, à l'opposé des héros classiques, sont des personnalités "normales" au premier abord. Caricaturés ils donnent une vision noire du monde dans lequel ils évoluent. Si ce sont les principes de l'enseignement qui sont mis en cause, la pièce instaure également le malaise en mettant en scène la banalité d'un quotidien qui peut vite basculer dans l'étrange et l'inquiétant. N'oublions pas que la pièce est écrite quelques années après la fin de la deuxième guerre mondiale et qu'en 1944 l'affaire Petiot défrayait la chronique.

"La Leçon" illustre également toute la problématique de la communication ou plutôt de la non-communication. Les mots semblent d'abord de la même banalité convenue que les personnages qui les expriment. Mais rapidement les échanges en apparence courtois et civilisés cèdent la place à l'incompréhension. Si les personnages s'entendent ils ne s'écoutent pas, cette absence d'échange culminant avec la négation de la douleur de l'élève tandis que le maître continue sa diatribe absurde sur le langage. La tragédie et le comique se cumulent, s'entrechoquent brisant un peu plus les codes du théâtre classique.

17.717ème : C'est le numéro de la représentation à laquelle j'ai assisté grâce @Ameriquebecoise Ce soir-là ce sont Marie CUVELIER dans le rôle de la bonne, Stéphanie CHODAT dans le rôle de l'élève et Alain GANAS dans celui du professeur, qui ont interprétés avec brio cette pièce devenue classique.

En Bref : un classique qu'il ne faut pas manquer
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor