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Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée
De Alfred de Musset
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment
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#LeComte aime #LaMarquise. #LaMarquise veut être libre.

Ils ne savent pas se le dire. Absolument pas. Jamais une histoire d'amour n'était si mal partie.

Derrière la porte d’un loft parisien se déroule un impitoyable duel amoureux: Compliments, moqueries, déclarations, humiliations: quelle sera l’issue du combat ?

Une histoire d'amour en accéléré où rien ne se passe comme prévu.

 

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13 juil. 2018
9,5/10
17 0
Au Lucernaire, et ce jusqu'au 19 août prochain, vous avez un bien beau bonjour d'Alfred !
Anne-Sophie Liban et Matthias Fortune-Droulers nous offrent une formidable adaptation de la célèbre pièce de Musset.

Mais qui seraient donc cette marquise et ce comte si le grand Alfred venait d'écrire cette pièce, début juillet 2018, et non plus en 1845 ?

Elle, ce serait une magnifique bobo, comme on en connaît tant, écoutant Juliette Armanet et son « Manque d'amour » (c'est la chanson lancinante de boboïsme qui accueille les spectateurs dans la salle du Paradis...), elle se trémousserait sur « L'amour à la plage », de Niagara.

Elle laisserait son vélo avec un panier devant le guidon sur son palier, aurait deux Macs portables, dont un lui servant de screensaver avec un feu de cheminée.

Elle ne raterait pas un épisode de Game of Thrones, et se ferait livrer des tas de bonnets de laine achetés sur Amazon.

Et qui serait celui que Musset apostrophe par « Vous autres, hommes à la mode... » ?
Lui serait un hipster, dégainant le hashtag et le LOL à tire-larigot, en costume à carreaux au pantalon ultra-court, laissant voir ses Stan Smith blanches, bretelles et nœud papillon sur chemise blanche à petits pois.
Il apporterait en guise de fleurs des carottes bio dans un sachet de papier kraft...

Les voilà, ces deux personnages d'aujourd'hui, qui vont se livrer à ce jeu du cache-cache amoureux.

Les deux comédiens-metteurs en scène ont eu la très bonne idée de nous proposer cette adaptation ultra-contemporaine et très burlesque.
Il fallait oser, le pari était risqué, mais au final, tous leurs parti-pris vont fonctionner à merveille.

Ces deux-là ont bien compris que le propre d'un grand auteur, c'est d'être titillé, chamaillé, bousculé, à condition, bien entendu, que le propos et les intentions soient pleinement respectés. Ici, c'est pleinement le cas.
J'ai même été sidéré de constater comment le texte de Musset, dit ici dans son intégralité, supportait ce traitement de choc, cette hilarante contemporanéité.

Cette fois-ci encore, comme ils auront du mal, cette marquise veuve qui reçoit le mardi et ce comte transi d'amour, à déclarer leur flamme !
Vont-ils tourner autour du pot à croquettes, ce chat et cette souris-là !
Chat et souris ? Oui, mais à la Tex Avery, à la Chuck Jones !

Melle Liban et M. Fortune-Droulers s'en donnent à coeur-joie.
Dans un rythme effréné générateur de situations loufoques (une arrivée hilarante devant la fameuse porte, qui cueille le public à froid pour ne plus le lâcher, une version mimée jubilatoire de la Khaleesi sur son dragon, de Tyrion Lannister face à un marcheur blanc, un running-gag très SIRI, des tentatives de suicides complètement déjantées...), nous allons suivre cette joute amoureuse très sérieuse qui ne dit pas son nom.

Car voici ce challenge fort réussi : le sérieux du propos est dit de façon on ne peut plus burlesque.

Les deux comédiens sont remarquables de drôlerie et de finesse, passant de la plus sage des tirades à une situation à l'humour échevelé.

Oui, les deux protagonistes l'ont bien compris, dans cette pièce, l'humour est bel et bien là, même si le chantre du romantisme étudie minutieusement les états d'âme de deux êtres qui se tournent autour en jouant au gendarme et au voleur sentimentaux.

Ils ne ménagent ni leur peine ni leurs efforts : après s'être couru après, giflés, battus, ils finiront en caleçon ou en caraco, le plateau sera dévasté et inondé.

Nous, durant cette heure et dix minutes, nos zygomatiques auront fonctionné à plein régime, mais ce sera pour mieux saisir la substantifique moelle du discours du grand Alfred.

Je vous conseille donc plus que vivement d'aller voir cette remarquable adaptation (je me répète mais l'épithète est totalement justifié).
C'est un spectacle brillant !

C'est l'amour à la plage (aouh cha-cha-cha)
Et mes yeux dans tes yeux (aouh aouh)
Baisers et coquillages (aouh cha-cha-cha)
Entre toi et l'eau bleue (aouh aouh).....
30 juin 2018
10/10
1 0
Un texte classique ancré dans notre monde d'aujourd'hui, ça étonne mais ça fonctionne! Etonnante de modernité cette pièce! Les jeunes acteurs et metteurs en scènes font résonner le discours féministe de La Marquise de manière tout a fait surprenante! On est les témoins d'une Joute amoureuse délirante et sincère!
Emmenez vos enfants et ados, ils (re)découvriront les textes du programme scolaires et auront envie de retourner au théâtre! Miracle ;)
20 juin 2018
8,5/10
1 0
Une petite bombe que cette mise en scène d'une pièce assez peu jouée de Musset.
Je ne mettrai pas ce texte au niveau des "grandes pièces" de Monsieur Alfred (Marianne, Lorenzaccio, etc.) Mais cette pièce - assez courte - à l'avantage de remettre au coeur de l'action LA préoccupation principale de Musset : l'Amour ! Si les deux uniques personnages, une marquise et un comte (ou un baron? Du reste formidablement interprétés par les deux comédiens) on du mal à s'exprimer sur l'amour et la séduction "la cour" au début, l'explosion de la deuxième partie est d'autant plus réjouissante.
Ce qui pourrait être une légère comédie romantique galante se transforme en un combat survolté, truffé de références contemporaines bien pensées (pas de spoil.) La mise en scène, déjantée et burlesque à souhait, donne clairement de quoi (re)donner goût aux textes classiques et réaliser à quel point ils peuvent être universels (et pas ennuyeux)
C'est une pièce qui mérite absolument d'être découverte.
16 juin 2018
8,5/10
3 0
Dynamique, rythmé, drolatique.
Aujourd’hui mardi, madame la marquise reçoit, c’est son jour… Monsieur le conte son voisin va en profiter pour lui déclarer sa flamme. Madame connaît bien les hommes et ne se laisse pas séduire comme une « cocotte ».
Une joute verbale va s’interposer entre eux, compliments, reproches, flatteries, remontrances, éloges, accusations… La porte s’ouvre et se referme.

Les scènes de séduction et d’aversion s’enchainent. La marquise et le comte dévoilent peu à peu leurs sentiments à travers une coquette jalousie. C’est fougueux, amusant, remplie de subtilité et de vérité.
Voici un petit extrait de cette marquise bien féministe pour son époque.
« Ma foi, si. Il faut supposer à une femme une tête bien vide et un grand fonds de sottise, pour se figurer qu’on la charme avec de pareils ingrédients. »
« Croyez-vous que ce soit bien divertissant de passer sa vie au milieu d’un déluge de fadaises, et d’avoir du matin au soir les oreilles pleines de balivernes »
C’est une comédie romantique pleine de finesse jouée par des comédiens enthousiastes et bouillonnants de vitalité.
C’est un moment de plaisir joyeux.
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor