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Hors La Loi

Hors La Loi
De Pauline Bureau
Mis en scène par Pauline Bureau
Avec Martine Chevallier
  • Martine Chevallier
  • Coraly Zahonero
  • Comédie Française - Théâtre du Vieux-Colombier
  • 21, rue du Vieux Colombier
  • 75006 Paris
  • Saint-Sulpice (l.4)
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Pauline Bureau aime croiser théâtre et questions sociétales. Pour sa première création à la Comédie-Française, elle écrit une pièce à partir du « procès de Bobigny », dont les répercussions ont contribué à l’adoption en 1975 de la loi Veil.

« Pardonnez-moi, Messieurs, mais j’ai décidé de tout dire ce soir. Regardez-vous et regardez-nous. Quatre femmes comparaissent devant quatre hommes... Et pour parler de quoi ? De sondes, d’utérus, de ventres, de grossesses, et d’avortements ! Croyez-vous que l’injustice fondamentale et intolérable n’est pas déjà là ? Ces quatre femmes devant ces quatre hommes. » Cet extrait de plaidoirie prononcée par Gisèle Halimi pour la défense de Marie-Claire, 16 ans, qui a avorté clandestinement, date de 1972. Sur le banc des prévenues à côté de l’adolescente, sa mère, ses collègues de la RATP et la « faiseuse d’ange ». Avec leur accord, l’avocate transforme la défense en une tribune publique pour dénoncer l’injustice de la loi de 1920 interdisant l’avortement.


Pauline Bureau aime croiser théâtre et questions sociétales. Comme dans son précédent spectacle Mon cœur, autour du scandale du Mediator, où elle associe la lanceuse d’alerte Irène Frachon à «une héroïne d’aujourd’hui comme j’ai besoin d’en voir sur les plateaux de théâtre», une détermination salutaire traverse ses personnages hors de la loi d’une société en mutation. Pour sa première création à la Comédie-Française, elle écrit une pièce à partir du « procès de Bobigny », dont les répercussions dans l’opinion publique ont contribué à l’adoption en 1975 de la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse. Les enjeux de sa pièce s’articulent autour de ces accusées ayant accepté de faire de leur vie un symbole, autour de l’engagement de Gisèle Halimi, autour de la détermination des nombreuses personnalités venues « témoigner » : le prix Nobel de médecine Jacques Monod, l’homme politique Michel Rocard ou, dans la lignée du Manifeste des 343, la comédienne Delphine Seyrig.

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1 juil. 2019
10/10
1 0
Vous pourrez bien m'accuser d'être inconditionnelle de Pauline Bureau ... que voulez-vous ... cette femme a un talent fou et ce n'est pas son dernier spectacle Hors-la-loi qui me fera changer d'avis.

C'est la quatrième mise en scène que je vois d'elle et je suis toujours aussi enthousiaste. Si vous ne la connaissez pas, ou mal, je vous invite à lire mes précédents articles.

L'intérêt sociologique et historique de celui-ci est encore évident. Le manifeste des 343 paru le 5 avril 1971 avait ouvert une brèche. Plus d'un an après, le Procès de Bobigny amplifiera le mouvement en marche vers la légalisation de l’avortement.

Ce que j'ai particulièrement apprécié c'est que ce spectacle est d'abord un véritable objet théâtral, qui ne donne pas de leçon au public, et qui traite le sujet différemment de ceux qui l'ont abordé précédemment, notamment en ne nous rejouant pas l'Hymne des femmes (si beau et si émouvant au demeurant, mais tant utilisé, notamment par Jeanne Champagne pour illustrer Les années, qui faisait référence à cette même période, et dont je ne remets pas en cause l'excellente adaptation du livre d'Annie Ernaux).

Pauline Bureau a entrepris un vrai travail d'enquête et d'écriture. Sa rencontre avec la principale protagoniste, Marie Claire Chevalier (interprétée par Martine Chevallier), qu'elle a interviewée, a sans doute beaucoup compté. Pauline Bureau n'est pas tombée dans la sur-information ni dans la justification. Tout le début de la soirée se déroule avec une grande économie de dialogues et le spectateur a le temps de se remettre (ou de se placer, pour ceux qui n'ont pas traversé cette période) dans un contexte où les femmes (car ce n'est pas l'histoire d'une seule femme) ne recevaient aucune information, et étaient des proies faciles pour des hommes peu responsables. A fortiori les gamines qui jouaient encore au hulo-hoop ou à l'élastique en cour de récréation.

Il y a peu de mots à ce moment là mais ils sont puissants : C'est arrivé à moi et ça m'a tant changée que je ne sais plus qui j'étais avant que ça m'arrive. J'ai pour toujours 15 ans dit la Marie-Claire d'aujourd'hui en regardant la jeune fille (interprétée par Claire de la Rüe du Can).

La mère (Coralyn Zahonero) élève seule ses deux filles aux sein d'un trio aimant, qui dîne le soir autour de la table en Formica ... il y avait la même à la maison. Rien de spécial à signaler si ce n'est que j'ai cru voir un tour de magie un instant quand le cerceau m'a semblé suspendu, comme un moment de bonheur ... banal.

Daniel, un garçon plus âgé, possédant une voiture, le premier album de Johnny Hallyday, charmant, et surtout menaçant avec des ciseaux abusera bientôt de la jeune fille qui ne savait pas se défendre, et de quoi d'ailleurs ... ?

Il n'est pas nécessaire d'en dire davantage. Le mal est fait. Or l'avortement est illégal. Il tombe sous le coup de la loi de 1920. C'est un crime passible de la cour d’assises. Sous Vichy la situation était encore plus terrible puisqu'en 1942 c'est un crime d’État et il est arrivé qu'une avorteuse soit condamnée à mort et guillotinée.

La mère de Marie-Claire n'a pas les moyens d'envoyer sa fille dans un pays où elle pourrait avorter dans de meilleures conditions. Il ne reste plus qu'à se tourner vers une amie, une voisine, une collègue, comme tant de femmes l'ont fait à l'époque : J'ai des ennuis. Tu connais quelqu'un ? C'est ce que fera la mère pour trouver madame Bambuck, conseillée par ses camarades de la RATP.

Les déplacements des protagonistes obéissent presque à une chorégraphie, dans un ballet qui pour certaines fut une danse de mort. La contraception n'est pas encore généralisée (la loi Neuwirth n'a pas été votée depuis longtemps, exactement en 1967). La culpabilité sous-jacente de la mère est désarmante : Je la voulais heureuse. On ne peut pas leur éviter de prendre la vie en pleine gueule (ce qui reste vrai aujourd'hui pour bien d'autres situations).

L'angoisse de l'avortement est totalement restituée. Les cris silencieux ne minorent pas le drame. Que tu aies 15 ou 80 ans il y a un jour où tu comprends que tout peut basculer.

J'avais appris par le spectacle tout récent de Caroline Vigneaux quel est l'homme qui avait dénoncé Marie-Claire et j'avais été choquée par plusieurs éléments concernant la jeunesse de Gisèle Halimi (Françoise Gillard). De ce fait Hors-la-loi ne m'a pas surprise mais (et je ne veux pas spoiler) il y a de quoi penser que la dramaturge a exagéré les faits alors que pas du tout. C'est tout bonnement monstrueux.

Par chance -si l'on peut dire- l'affaire Chevallier s'est produite à un moment où l'opinion publique était mûre pour faire pression sur les institutions en s'appuyant sur des personnalités célèbres ... et intouchables. Le procès fut mémorable, avec les témoignages de Delphine Seyrig, et de Simone de Beauvoir, et aussi d'hommes parce que Gisèle Halimi s'est douté qu'il fallait disposer de leur force face aux juges. Elle a donc convaincu des personnalités indiscutables comme Michel Rocard alors député (qui révèle à la cour le nombre estimé de 5000 décès chaque année des suites d'avortements ... clandestins, évidemment), de Jacques Monod, Prix Nobel de médecine, directeur de l'Institut Pasteur dont on ne peut pas mettre en cause l'affirmation qu'un foetus n'a pas d'activité cérébrale.

Ce procès historique se déroule en accéléré sous nos yeux. C'est le procès politique de l'avortement mais ça reste celui d'une femme. Comme le dit très simplement une des accusées : on n'est pas un gang. Quatre femmes comparaissent devant quatre hommes mais c'est de toutes les femmes qu'il s'agit. Les mots de Gisèle Halimi demeurent justes et puissants. Un être humain qui n'est pas propriétaire de son corps ... c'est un esclave. Quelle chance nus avons de pouvoir les entendre aujourd'hui ! Les plaidoiries ne sont jamais écrites. C'est un exercice qui reste oral mais Simone de Beauvoir avait engagé une sténotypiste pour prendre l'intégralité en notes.

On imagine l'émotion que Marie-Claire Chevallier a pu ressentir le soir de sa venue au Vieux Colombier. Elle a bien raison d'oser l'affirmer : cette affaire est la honte de ma vie mais c'est ce qui me rend la plus fière aujourd'hui.

Pauline Bureau nous le rappelle : la loi peut être juste ou injuste mais elle n'est jamais immuable. Il faut la saluer d'avoir entrepris ce travail de mémoire car, on ne le sait que trop, il y a des pays où le droit à l'avortement recule (et il ne fait pas de doute que ce sont les femmes qui vont encore en pâtir) et il subsiste encore beaucoup de pays où l'avortement n’est pas un droit acquis. D'avoir salué la solidarité féminine, soutenue par les intellectuels et les personnalités de l'époque (on se demande si aujourd'hui un tel mouvement serait encore possible ...). D'avoir raconté à sa façon sans jamais trahir. D'avoir pensé la représentation avec une dramaturgie aussi précise qu'incisive, jamais glauque ni misérabiliste, toujours digne ... et traversé de quelques traits d'humour.

Hors-la-loi est un spectacle majeur de notre siècle à l'instar de quelques autres, comme La machine de Turing.

Il faut nommer les comédiens que je n'ai pas cités précédemment et dont la plupart endossent plusieurs rôles, parfois diamétralement opposés, comme Alexandre Pavloff, Laurent Natrella, Daniel Lebrun, Sarah Brannens et Bertrand Roffignac. C'est un plaisir supplémentaire de les applaudir aux saluts. Car, il faut le rappeler, ... nous sommes bien au théâtre.
31 mai 2019
10/10
33 0
« C'était mon histoire, mais c'est devenu l'Histoire. »
Voilà ce qu'elle nous dit, l'héroïne de cette histoire-là.

Voici le constat que tire à la fin du spectacle le personnage de Marie-Claire Chevalier.

Cette histoire vraie, c'est l'histoire d'un avortement illégal d'une adolescente violée à l'âge de 16 ans, qui au début des années 1970, en France, va entrer en résonance avec l'absurdité d'une loi masculine de 1920, durcie par le régime de Vichy, une loi privant les femmes du droit (qu'il faut à tout prix maintenir inaliénable) de disposer de leur corps, du droit fondamental de ne pas vouloir donner la vie et ce, pour quelque raison que ce soit.

Une histoire qui va déboucher en 1972 sur le célèbre procès de Bobigny, juste après « Le manifeste des 343 Salopes ».

Un procès acquittant quatre femmes, Marie-Claire et sa mère, leur voisine et la dame ayant pratiqué l'avortement clandestin.

Une nouvelle fois, décidément ça devient une habitude, Pauline Bureau tire de cet important moment sociétal et judiciaire, un remarquable, bouleversant et passionnant spectacle.
Une nouvelle fois, presque en sociologue et en anthropologue, Melle Bureau se sert de son art de l'écriture et de la dramaturgie pour nous rappeler ce qui a été, pour nous dire ce qui s'est passé, pour nous rendre vivant ce qu'il ne faut surtout pas oublier.

Et ce à un tel point de réussite qu'on oublie très vite que nous sommes au théâtre.
C'est d'ailleurs assez troublant pour le critique, qui doit absolument ne pas oublier que se joue devant lui une pièce.
Ils sont rares, finalement, ces instants où une réalité vécue vous explose à la figure, où vous n'avez plus l'impression que vous avez en face de vous des comédiens mis en scène, qui jouent un rôle.
Ici, c'est pleinement le cas.

La pièce va être principalement scindée en deux « actes ».
Dans le premier, nous allons découvrir (ou redécouvrir) l'histoire en question.
Nous sommes dans la cuisine des Chevalier.
La metteure en scène a placé le curseur à son exact endroit. Ni trop ni trop peu.
Ici, pas de pathos larmoyant. Les faits, rien que les faits.
Elle a réussi à retrouver Marie-Claire Chevalier, âgée aujourd'hui d'une soixantaine d'années, et a pu recueillir son témoignage. Ce sont ses mots qui nous sont donnés à entendre.
Des mots vrais, des mots et des situations vécues.
C'est d'ailleurs Marie-Claire âgée qui nous présentera son personnage de 16 ans. Le procédé fonctionne parfaitement. Elle sera le narrateur de cette première partie.

Le deuxième acte sera celui du procès. C'est peut-être la partie la plus passionnante. Tout simplement parce qu'un procès en soi est un spectacle. Alors à fortiori celui-ci, dans lequel Maître Gisèle Halimi se posera en héraut du droit à l'avortement, ridiculisant à bien des égards les quatre juges hommes face aux quatre femmes accusées.

La formidable scénographie de Emmanuelle Roy, (Pauline Bureau est fidèle à son équipe), permettra de façon subtile et judicieuse le passage « en douceur » d'un lieu à un autre.
Comme dans les précédents spectacles de Melle Bureau, la vidéo de Nathalie Cabrol utilisée à très bon escient tient une place importante, les « fenêtres » ouvertes du décor permettant de multiplier les espaces, comme cette cour intérieure, ce commissariat ou encore le bureau de Me Halimi. Des images d'archives seront également diffusées.

Et puis bien entendu, les Comédiens français sont comme à l'accoutumée excellents.
La plupart d'entre eux vont jouer deux ou plusieurs rôles.

Et notamment Martine Chevallier qui va interpréter l'avortée et l'avorteuse.
Sa partition est absolument exceptionnelle. Ce qu'elle va nous donner est hallucinant.
Elle est bouleversante en Marie-Claire nous contant tout ce qu'elle a subi, avant et après le procès.
Sa Mme Bambuck (« la faiseuse d'anges ») est purement et simplement lumineuse. C'est un pur plaisir de la voir interpréter cette petite vieille, notamment lors du procès. (Elle nous fera bien rire...)
Martine Chevallier nous donne une immense leçon de comédie !

François Gillard est Me Halimi. Dans une tirade phénoménale, elle va nous dire un très large extrait de la plaidoirie. La comédienne s'adresse aux juges et au procureur de la République, les mettant face à leurs contradictions, les bravant, les ridiculisant.
Elle aussi est absolument remarquable. J'ai vibré à ses mots, à sa façon de les dire, de les marteler, de les asséner.

Le reste de la distribution est bien entendu à l'avenant.
Danièle Lebrun est la voisine et une Simone de Beauvoir « plus vraie que nature », (elle nous tirera bien des sourires également), Coralie Zahonero est une mère ô combien touchante, émouvante, bouleversante.

Claire de la Rüe du Can a su trouver la juste interprétation de cette jeune fille. On croit totalement à son personnage. Sans pathos de mauvais aloi, dans une absolue justesse, elle est Marie-Claire jeune.

Deux hommes sont sur le plateau.
Alexandre Pavloff est une espèce de flic des années 70 en veste de cuir, une sorte de Serpico français haut en couleurs, et puis surtout un Michel Rocard épatant. (Il emprunte sa diction et son élocution particulières que ça en devient un bonheur jubilatoire.)
Laurent Natrella sera l'autre flic, et le professeur Monod, cité à la barre. Il sera également la voix off du Président du tribunal, ce qui fait qu'il parviendra à se parler à lui-même.
Sarah Brannens et Bertrand de Roffignac complètent efficacement la distribution.

Ce spectacle est donc important.
Parce que nous sommes en présence du fond et la forme. Et que les deux sont traitées de façon remarquable, je me répète.
C'est une pièce qu'il faut aller voir, et ce pour plusieurs raisons.
Parce que c'est avant tout une pièce de théâtre magistrale, donc, que ce soit par son écriture ou sa mise en scène.
Parce qu'il ne faut pas oublier. Notamment que cette loi de 1920 est responsable d'environ 250 00 mortes, ces 250 000 femmes qui n'ont pas survécu à un avortement clandestin.
Et puis il y a une autre raison.
Il ne faut malheureusement pas croire que ce droit à l'avortement est arrivé par hasard, et surtout qu'il est fixé dans le marbre. (La triste actualité récente française et américaine le prouve...)

Ah ! Une dernière chose...
Sur le plateau, se trouve l'une des 343 Salopes, l'une de ces femmes qui ont bravé la loi, l'une de ces artistes engagées pour le droit à l'avortement.
L'une de ces héroïnes, je pèse ce substantif, qui ont fait bouger le 5 avril 1971 les lignes sociétales et judiciaires.
Merci beaucoup, Melle Lebrun !

Courez donc toutes affaires cessantes au Vieux-Colombier !
Pauline Bureau nous démontre encore s'il en était besoin qu'elle est l'une des auteures, dramaturges et metteures en scène les plus inspirées de notre scène française.
30 mai 2019
10/10
3 0
J’avais adoré « Mon cœur » sur le scandale du Mediator. Et je n’ai pas été déçue par « Hors la loi ».

Pauline Bureau a vraiment du talent et sait particulièrement bien saisir et traiter les
sujets de société. On retrouve sa
maitrise des décors et son art de créer une atmosphère. Par des couleurs, des lumières, elle nous plonge immédiatement dans les années 70.
Le spectacle démarre plus lentement et peine un peu à trouver son rythme au départ. Le jeu de Martine Chevallier n’aide pas (très, trop bas et peu articulé. On avait du mal à comprendre du fond de la salle). Mais elle disparaît assez vite et on est emportés par l’émotion. La scène du procès est magnifique et on voit se succéder à la barre des témoins de grands noms comme Simone de Beauvoir ou Michel Rocard.
Cette pièce est parfaitement d’actualité et résonne en nous 50 ans après pour nous rappeler que le droit des femmes à disposer de leur corps est fragile et qu’on doit le défendre encore et toujours.

Emmenez vos filles, vos mères mais aussi (surtout) vos garçons !
30 mai 2019
7/10
2 0
Comment ne pas être touché et partie prenante, pour un sujet qui nous touche tous et toutes, car ce n'est pas uniquement une affaire de femme. Se cacher comme une criminelle, rester dans le secret, parce que condamnable, est injustifiable. Le thème est fort, mais la mise en place est bien longue, et le côte didactique ne laisse pas assez de place à l'émotion.
26 mai 2019
8,5/10
0 0
La déclaration des droits de la femme

Hors la loi, une pièce pour rappeler le combat des femmes pour leurs droits et en particulier celui du droit de choisir de donner la vie ou non.
1907 Les femmes mariées peuvent percevoir leur salaire
1920 Interdiction de diffuser des informations sur la contraception ; criminalisation de l'avortement.
1942 Lois du régime de Vichy (avec notamment une répression accrue de l'avortement y compris par la peine de mort).
1944 Droit de vote pour les femmes.
1965 Le mari n'est plus le « chef de famille ». La femme peut exercer une profession et ouvrir un compte bancaire sans l'autorisation du mari.
1967 La loi Neuwirth autorise la vente de contraceptifs.
1972 Principe « à travail égal, salaire égal ».
1975 La loi Veil autorise l'Interruption volontaire de grossesse (IVG) sous certaines conditions.
1980 Le viol est qualifié de crime par la loi.

Une page d’histoire pas si vieille que ça et sans cesse remis en cause.

Oui le théâtre sert à divertir mais il sert aussi à instruire et faire réfléchir. Victor Hugo disait que « le théâtre est une chair ». Et bien je peux vous dire que Pauline Bureau dans sa pièce Hors la loi qu’elle a aussi mise en scène m’a fait beaucoup réfléchir.

Merci à ces femmes combattantes d’une autre guerre pour cette liberté qu’elles m’ont donnée, Merci à Pauline Bureau pour ce rappel, Merci aux comédiennes du Français pour les émotions pendant le spectacle. Voir Daniel Lebrun incarnant Simone de Beauvoir et savoir qu’elles ont signé le manifeste des 343 toutes les 2, ça vous remue.

Article 16 Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution. La constitution est nulle si la majorité des individus qui composent la Nation n’a pas coopéré à sa rédaction.
DECLARATION DES DROITS DE LA FEMME ET DE LA CITOYENNE France
Septembre 1791, Olympe de Gouges
Votre critique endiablée
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor