Et ma cendre sera plus chaude que leur vie

Et ma cendre sera plus chaude que leur vie
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 19,00 à 35,00
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Et ma cendre sera plus chaude que leur vie est une immersion dans la vie et l’écriture de Marina Tsvetaeva où cette écorchée nous confie sa passion pour les mots, pour ses « idylles cérébrales », pour sa fille Alia, et nous plonge dans sa terrible réalité ; ses exils, la mort de son autre fille Irina, son retour contraint en Union soviétique et sa fin misérable.

Faire resurgir cette incandescente est l’enjeu de ce spectacle dans lequel Clara Ponsot incarne celle dont Pasternak disait qu’elle était « une femme à l’âme virile, active, décidée, conquérante, indomptable » et qui, jusqu’au bout, n’aura envisagé la littérature que comme un absolu.

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25 mars 2019
8/10
1 0
Réunissant des extraits des très nombreux carnets de notes de l’écrivaine, cette pièce très intime tente de transmettre la puissance et la pureté de Marina Tsvetaeva, poétesse russe au destin tragique.

La très belle mise en scène de Marie Montegani laisse toute la place à la comédienne et aux mots de l’auteur.
Clara Ponsot, quasiment immobile au centre du plateau, semble possédée par l’esprit de cette femme russe si étrange et intense.
Les énigmatiques vidéos, projetées derrière elle, accompagnent son récit avec subtilité. Extraites d’Octobre d’Eisenstein et de de Jamais la mer se retire de Ange Leccia, ces images interagissent et se mêlent avec finesse aux mots prononcés par la comédienne.
Une mise en scène sobre et puissante pour ce seul en scène particulièrement dense.
27 févr. 2019
8/10
30 0
A ma grande honte, je l'avoue, j'ignorais tout à ce jour de Marina Tsvetaeva.
Je ne m'étais jamais plongé dans l'œuvre de la poétesse russe.
Ce spectacle est l'occasion de combler une lacune littéraire.

Nous pénétrons dans la petite salle du Paradis, au Lucernaire. Clara Ponsot nous attend déjà.
Seule. Au milieu de la scène, immobile sur sa chaise, la tête baissée, avec un petit carnet bleu dans les mains.

Elle n'en bougera pratiquement pas, de cette chaise.
Derrière elle, une image vidéo fixe, en noir et blanc. Comme ces fractales, ces images numériques étranges, oniriques.

Puis, elle va commencer à dire les mots de Marina Tsvetaeva.
« Ecoutez comme c'est étrange ! », semble-t-elle nous avertir...

La plongée dans la vie et l'œuvre poétique de l'auteure débute avec l'évocation de ses deux filles.
Après la révolution de 1917, Moscou est en proie à une terrible famine.
Marina Tsvetaeva se voit contrainte d'envoyer l'une de ses filles dans un hospice. Elle y mourra de faim.
Nous voici immédiatement mis au parfum... La vie de Marina Tsvetaeva est un destin tragique, une vie de souffrances.

Clara Ponsot égrène les mots graves, poignants, générant beaucoup d'émotion.
Les spectateurs sont pendus à ses lèvres.

Elle nous fait partager le besoin d'écrire de la poétesse. Cette écorchée vive doit écrire. Parce qu'elle ne peut faire autrement.

Malgré l'exil à Paris, malgré l'indifférence du milieu littéraire des années 20, malgré le retour en URSS et le mépris de Béria et de Staline.
« Quand une femme écrit, elle écrit pour toutes celles qui ne peuvent le faire ! », crie-t-elle par la voix de la comédienne.

Dans le dos de celle-ci, les images s'animent, elles aussi éthérées, du film « Jamais la mer se retire » d'Ange Leccia, avec également des extraits d' « Octobre » de Serguei Eisenstein.

La pièce musicale « La nuit transfigurée » d'Arnold Schoenberg s'entremêle aux mots déchirants, aux phrases à la fois douloureuses et lucides.

Clara Ponsot, mise en scène par Marie Montegani, est impressionnante de rigueur, d'émotion, de douleur parfois, à exprimer les notes de l'écrivaine et sa réflexion sur la place de la femme dans l'art et la société.

Et puis, elle nous révélera la fin de cette vie déchirante. Inéluctable...

Cette évocation de Marina Tsvetaeva est un bien beau moment de théâtre poétique.
On ressort de ce Paradis avec une vraie envie : celle d'ouvrir un livre de la poétesse russe et de commencer à découvrir (ou redécouvrir) son œuvre.
24 févr. 2019
8,5/10
2 0
Et ma cendre sera plus chaude que leur vie.
C’est un grand plaisir poétique que nous offre Clara Ponsot. Nous sommes inondés d’une forte émotion dès les premiers instants.
Clara Ponsot nous conte avec grand brio le destin tragique de cette grande poétesse russe Marina Tsvetaeva 1892-1991 qui vécut la révolution d’octobre, l’exil et eut un destin des plus tragique.
« La fête de ma vie, c’est la poésie. »
« Je suis exclue de naissance, du cercle des humains, de la société (...) Je suis sans âge et sans visage. Peut-être suis-je la Vie même.
... Je sais qui je suis : une danseuse de l'âme »
Clara Ponsot nous émut et nous bouleverse à travers les épisodes de vie de Marina Tsvetaieva .
*Son enfance, son exil en France, son retour contraint en Union soviétique. Et son suicide,
*Son amour surdimensionné pour sa fille ainé Alias, son désintérêt pour Irina sa cadette.
La famine qui la contraint à placer ses filles à l’orphelinat puis la maladie d’Alias et la mort Irina morte de faim.

*Son dévouement pour son époux Efron.
Ses amours illusoires
Son idylle avec la poétesse Sophia Parnok
Son admiration et son amitié pour Boris Pasternak et Rainer Maria Rilke.

En fond de scène, sur écran vidéo s’alternent des écumes de vagues aux couleurs douces ou violentes, quelques images viennent s’intercaler
la révolution d’octobre.
des forêts enneigées.
le portrait de Boris Pasternak.
La mise en scène, la lumière, les images, s’harmonisent avec délicatesse et justesse à la puissance, la profondeur et la beauté du texte.

Clara Ponsot en robe sombre, incarne avec passion et brio cette grande poétesse du XX siècle libre, révolutionnaire, engagée et passionnée par la poésie.
« Je ne vis pas pour écrire mais j’écris des vers pour vivre »
« Dans le dernier sursaut, je resterai poète »

Grand moment d’émotions et de poésie.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor