Est-ce que j'ai une gueule d'Arletty ?

Est-ce que j'ai une gueule d'Arletty ?
  • Théâtre du Petit Montparnasse
  • 31, rue de la Gaîté
  • 75014 Paris
  • Edgard Quinet (l.6), Gaité (l.13)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 40,00
À l'affiche du :
23 janvier 2020 au 12 avril 2020
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 21:00
Achat de Tickets

Pourquoi écrire sur Arletty ?

Parce qu’elle est fascinante de mystère. Son humour si fin, sa répartie si singulière, sa beauté, sa froideur, intriguent…

Son passé, ses blessures, ses drames lui ont très tôt inculqué que la vie est « une vache de vie ». Certaines personnes s’effondrent face aux obstacles rencontrés, Arletty, elle, rebondit, « pirouette », quitte à ne pas trop regarder autour d’elle, quitte à vouloir occulter l’horreur de la guerre, et à peut-être se compromettre en côtoyant des personnes inscrites au parti nazi.

Pourquoi ne pourrait-elle pas aimer un Allemand ou dîner avec Laval ? Alors, on s’interroge ! Notre liberté a-t-elle des limites et lesquelles ? A quel point sommes-nous capables d’occulter la réalité ?

La cécité qui frappe Arletty à 68 ans, est-ce un hasard ?

 

Note rapide
8,7/10
pour 6 notes et 6 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
0 critique
Note de 4 à 7
0%
6 critiques
Note de 8 à 10
100%
Toutes les critiques
4 mars 2020
8,5/10
0 0
Elodie Menant est Arletty, pétulente, virvoltante, avec ou sans fard, avec cette gouaille et cet accent “titi parisien” sans vulgarité, sans excès et avec parfois même cette douceur attendrissante ou encore cette folie presque ennivrante. Pas de doute, Arletty “tient le pavé”, la dragée et le verbe hauts mais Arletty ne se voile pas la face pour autant…

Dès son entrée, depuis le premier rang parmi le public, drapé d’une turban, d’une longue robe blanche derrière ses lunettes noires, Arletty donne le ton, met le public au diapason , le sombre et la lumière, la joie et la tristesse, l’amour et le désamour, la désinvolture et la profondeur….les oxymores seront au rendez vous !

Marc Pistolesi et Cédric Revollon font apparaître plus de 40 personnages emblématiques dont Michel Simon, Paul Poiret, Jouvet, Prévert, Céline, Pétain, De Gaulle ou encore Cocteau , tandis que Céline Espérin incarne plusieurs rôles féminins dont la maman de “Léonie”

Théâtre, spectacle, cabaret, danses, chants, scènes intenses se mêlent, s’entre mêlent et se démêlent avec une belle fluidité, une alchimie comme on les aime, avec ces filtres qui nous tiennent attentifs à la nuance, aux mots, aux sons, aux gestes

La mise en scène de la frêle et si discrète Johanna Boyé est efficace, affirmée, solide et si pertinente que ce combo écriture/mise en scène et interprétation est gagnant, triomphant !

90 minutes pour un destin, pari, une vie , une envie , “Léonie”, dite “Arletty” n’aurait pas manqué d’y trouver “une geule d’atmosphère”

Arletty disait “Cacher son âge, c’est supprimer ses souvenirs.”, les auteurs Eric Bu et Elodie Menant ont su nous relater son histoire sans cacher son âge , ni supprimer ses souvenirs.
27 févr. 2020
9/10
1 0
Coup de coeur à Avignon en 2018 !

En bref, la comédienne Arletty raconte sa vie, son ascension, c'est une sorte de biopic au théâtre. J'ai particulièrement aimé la période à laquelle la pièce s'inscrit (années folles, effervescence artistique), le jeu de la comédienne, la musique et la danse !

Très dynamique et historique, je recommande vivement !
14 févr. 2020
9/10
3 0
Spectacle vivant et dynamique où les acteurs sont très complices.
Beaucoup de changement de rythme et de costumes, un éclairage ad-hoc, une bonne mise en scène : j'ai été conquise (mais j'aimais déjà beaucoup le personnage !).
Le petit Montparnasse nous gâte par sa programmation en ce début d'année.
13 févr. 2020
8/10
0 0
Il était une fois, à Courbevoie dans une modeste famille, la naissance de la petite Léonie Bathiat, le 15 mai 1898 à Courbevoie, maman lingère et papa mécanicien pour les tramways. Il y a déjà un grand frère. Léonie était une petite fille délurée, turbulente, un drôle de phrasé et surtout un langage qui ne convient guère à ses parents !

Plus tard, elle rencontre un jeune homme, son premier béguin, malheureusement il meurt pendant la Grande Guerre, et Léonie fait le serment de rester célibataire et sans enfants “pas de chair à canon” !

Elle travaille avec sa mère dans une usine d’armement, il faut vivre, la vie est dure. Un jour elle rencontre un banquier, il lui fait vivre la grande vie, les bons restaurants, les endroits où il faut être vus. Léonie reprend sa liberté, et pour cela il faut gagner sa croûte alors, elle deviendra mannequin chez Paul Poiret, dansera dans les revues, charmera les uns et les autres. Mais Léonie… il faut changer ton prénom, elle devient donc Arletty !

Pendant la seconde guerre, elle fréquentera du mauvais monde, elle assume, elle est amoureuse d’un officier allemand. A la libération, elle sera en résidence surveillée et à ses juges elle répondra « Si vous ne vouliez pas que je couche avec un Allemand, fallait pas les laisser entrer »...

Johanna Boyé signe la mise en scène, c’est dynamique, j’aime son travail (“Maux d’amour” et aussi “Traviata’s company”), elle mène cette revue à la baguette !

Elodie Menant (dont j’avais appréciée “La pitié dangereuse”) a bien une gueule d’Arletty, la gouaille, la joie de vivre, sans langue de bois. Céline Espérin, Marc Pistolesi, Cédric Revollon et Mehdi Bourayou sont excellents dans différents rôles, ils sont chanteurs, danseurs, on retrouve avec plaisir, Prévert, Carné, Jouvet, Gabin, les répliques cultes du cinéma.
8 févr. 2020
9,5/10
41 0
Quoi, sa gueule, qu'est-ce qu'elle a, sa gueule ?
Sa gueule d'atmosphère... L'une des répliques les plus célèbres du cinéma français...

C'est à cette réplique que fait évidemment référence le titre de la pièce co-écrite par Elodie Menant et Eric Bu.
La remarquable pièce, dois-je immédiatement préciser !

Une heure et trente minutes pour passer en revue la vie de Melle Léonie Bathiat, plus connue sous le pseudonyme d'Arletty.
Une véritable gageure, un défi remporté haut la main.

Sur la scène du Petit Montparnasse, nous allons voir défiler devant nous la vie de celle qui fut avant tout une femme éprise de liberté. Et qui l'a payée assez cher, cette liberté.
Nous la voyons défiler, cette vie, de façon musicale et dansée. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une comédie musicale, mais d'un spectacle qui mêle théâtre, musique, danse, claquettes et chansons.

Une vie passée en revue, en somme...

Elodie Menant est Arletty. C'est d'ailleurs elle qui nous accueille dans la salle, larges lunettes noires, longue robe blanche et turban assorti.

La co-auteure et comédienne, dont personne n'a oublié l'épatante adaptation et la mise en scène de la pièce La peur, d'après Stefan Zweig, Melle Menant, donc, va illuminer de sa présence, de son charisme et de son charme ces quatre-vingt-dix-minutes.

Et de sa gouaille, également.
Pouvait-elle faire l'impasse sur l'accent de titi parisien d'Arletty ?
Non bien entendu. Pour autant, elle a su placer le curseur à sa juste position. Elle n'est jamais dans l'exagération ni dans la caricature.

La comédienne ne sortira pratiquement jamais du plateau, impressionnante dans la peau de son personnage. Loin de l'esprit « performance », Elodie Menant nous fait partager de façon tout à fait crédible, naturelle, les heurs de la vie d'Arletty. Les bonheurs et les malheurs.

Eric Bu et elle n'ont pas cherché à cacher quoi que ce soit. Ils ne jugent pas Arletty. Ils racontent.
Ce qui s'est passé durant l'occupation nazie à Paris nous est révélé, avec les conséquences qui en ont découlé. La liberté et l'amour font parfois mauvais ménage... Je vous laisse découvrir ou approfondir.

Trois autres comédienne et comédiens sont sur scène, qui vont interpréter une multitude de personnages, de façon souvent très drôle.
Marc Pistolesi et Cédric Revollon vont se retrouver dans la peau de personnages plus ou moins illustres. Sans jamais verser eux non-plus dans la caricature, leurs interprétations de Michel Simon, Paul Poiret, Jouvet, Prévert, Céline, Pétain, De Gaulle ou encore Cocteau sont remarquables.

Céline Espérin assure les rôles féminins, dont la maman de Léonie, de bien belle façon.

Tous chantent, dansent, (avec ou sans claquettes), avec beaucoup de talent.
Ces quatre-là ont une sacrée collection de cordes à leur arc.
Ils sont accompagnés par Mehdi Bourayou au piano.

Certes, nous rions souvent, mais certaines scènes sont très prenantes et très émouvantes, notamment celles qui se rattachent à la fin de vie d'Arletty.

Johanna Boyé met en scène tout ce petit monde avec une vraie vision et de vrais parti-pris.
Oui, il y a décidément un style Boyé.

Ce que nous voyons sur le plateau est d'une remarquable fluidité, avec un rythme, une énergie qui font énormément plaisir à voir. Ca roule, ça coule de source...
La bonne humeur sur scène, la cohésion, l'esprit de troupe sont palpables en permanence.

Pas de noir plateau, comme trop souvent de nos jours. Pas de solution de facilité.
Ici, tout s'enchaîne très naturellement, y compris les nombreux et très rapides changements de costumes. De bien jolis costumes, d'ailleurs, que l'on doit à Marion Rebmann.

A noter également les belles lumières de Cyril Manetta, avec comme de bien entendu le projecteur rond-de-lumière cher au music-hall.

Je vous conseille donc plus que vivement de vous ruer sur vos sites de réservation en ligne favoris.
Il faut aller au Petit Montparnasse voir revivre devant nous l'icône qu'est Arletty.

Ce spectacle relève de la plus totale des réussites, une réussite maîtrisée de bout en bout.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor