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Électre des bas fonds

Électre des bas fonds
De Simon Abkarian
Avec Simon Abkarian
  • Simon Abkarian
  • Théâtre du Soleil
  • Route du Champ-de-Manœuvre
  • 75012 Paris
  • Château de vincennes (l.1)
Itinéraire
Billets à 25,00
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Bien sûr il y a Euripide et Sophocle, bien sûr il y a Eschyle. J'aurai pu travailler sur l'une de ces pièces qui sont des chefs d’œuvres absolus. 

J’ai choisi d’écrire ma version car je veux raconter cela comme on raconte une fable.

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11 oct. 2019
9/10
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La pièce raconte la vengeance d’Électre et de son frère Oreste suite au meurtre de leur père Agamemnon assassiné par leur mère Clytemnestre et son amant Egisthe.

C’est un conte à l’envers, la belle princesse est retombée dans les bas fonds, rendue à une vie de misère au sein d’un bordel d’Argos. Electre, remplie de rage et de désir de vengeance, attend son heure.
Comme toujours dans les tragédies, dès le début, tout est à sa place et chacun jouera le rôle qui lui est destiné. La cruauté et la beauté de cette pièce s’entremêlent pour produire un très beau moment de théâtre.
« J’ai choisi d’écrire ma version car je veux raconter cela comme on raconte une fable. » précise Simon Abkarian. Il revisite donc cette tragédie classique, et nous offre sa version en y introduisant danse et musique. L’ensemble est percutant, poignant et saisissant. Les danses, lancinantes et hypnotisantes nous plongent dans l’ambiance. Quand à la musique, elle est omniprésente : sur le plateau, à cour, mélangeant jazz et rock, le trio Hawlin’Jaws nous enveloppe et nous envoute.
Les costumes sont superbes, alliant contemporain et traditionnel et la scénographie, à la fois originale et sobre, renforce ce mélange de modernité et de classicisme.
Et surtout, Simon Abkarian donne la parole aux femmes en nous proposant une version de cette tragédie résolument féministe et moderne. Quatorze comédiennes sur le plateau ! Cela fait plaisir à voir.
Les scènes où le chœur des prostituées troyennes intervient sont particulièrement bouleversantes. La parole leur est offerte, à elles qui sont recluses et avilies. A celles que l’ont n’écoute plus mais qui n’ont ni pardonné ni oublié, à celles qui résistent encore et qui sont prêtes.
Les tableaux s’enchainent et les 2H30, malgré quelques rares longueurs, sont passionnantes de bout en bout.
Une pièce généreuse !
10 oct. 2019
9,5/10
23 0
Je suis ton frère !
Et je reviens encore et toujours me venger !

Après Euripide, Sophocle, Eschyle, (et quelques autres après eux...), c'est au tour de Simon Abkarian de s'emparer du mythe !
Et de quelle jouissive façon !

Durant deux heures et vingt cinq minutes de passion, d'énergie, de générosité, d'humour aussi, durant cent-quarante-cinq minutes qui passent à une vitesse folle, nous allons retrouver tous les héros de la tragédie.

Mais pas n'importe où !
Dans les bas-fonds, justement, avec une unité de lieu bien particulière : une maison close, un bordel.
Electre n'est plus une princesse, elle devenue servante dans un lupanar, mariée à un homme de plus basse condition à qui elle se refuse.

Nous la retrouvons lors de la fête des morts, le premier jour du printemps.

Tout le monde, putes, gardien du claque, serviteurs, tout le monde soigne les préparatifs pour le grand soir.

Ceux qui ne seront peut-être pas à la fête, ce sont Clytemnestre, la mère et son amant Egisthe.

On connaît la musique.
De musique, il sera question, justement.

Ce sera une tragédie rock, avec le groupe Les Howlin' Jaws, les mâchoires hurlantes, qui, au son des télécaster parfois saturées ou souvent éthérées avec la réverb' qui va bien, vont nous dispenser des ballades à la JD McPherson, ou encore des sirtakis électriques endiablés.

Sans oublier la danse !
De très beaux tableaux dansés viendront rendre cosmopolite et universelle cette histoire-là.
Les chorégraphies d'inspiration indienne, japonaise, ou encore très contemporaines, les chorégraphies de Nedjima Merahi sont très réussies.

Les prestations dansées d'un Monsieur Loyal, sorte de Baron Samedi vaudou en queue de pie et au masque de crâne humain sont elles aussi très pertinentes.

La danse alliée à la puissance du rock, à la qualité du texte de Simon Abkarian ainsi qu'à l'excellence de l'interprétation des comédiens, tout ceci va nous plonger dans une passionnante histoire sanglante. Un sabbat infernal, une ronde macabre et inéluctable.
Un conte, une fable où la mort aura encore une fois le dernier mot ! Le matricide !

Le texte est résolument contemporain, avec un registre qui parle à tous, et notamment aux élèves du Lycée Jacques-Prévert de Taverny qui ne boudaient pas leur plaisir hier à suivre les péripéties d'Electre et Oreste.
Impossible d'être lâché par les comédiens qui nous captivent et nous enchantent.

Beaucoup de moments très réussis émaillent la pièce, comme notamment le dialogue entre les deux sœurs, Electre (la brillante Aurore Fremont, avec sa magnifique voix grave), et Chrystotémis, interprétée de bien belle façon par Rafaela Jirkovsky.

On peut compter sur Simon Abkarian pour insuffler beaucoup d'humour dans son écriture et dans sa mise en scène.
Sa composition de gardien du claque, en manteau improbable, bonnet tombant sur les yeux, mégot au bec, lance ridicule au côté, tout ceci nous fait beaucoup rire.
Son personnage de fanfaron pathétique est drôlissime, racontant ses mésaventures conjugales, seul homme au milieu des prostituées qui lui en font voir !

Bien entendu, la fin sera tragique. Impossible d'échapper au Destin, impossible de sortir de sa condition de damnés...

L'entreprise dramaturgique de M. Abkarian est une nouvelle fois une vraie réussite.

(Je rappelle au passage qu'en juin dernier, l'Association professionnelle de la Critique, à laquelle appartient votre serviteur, lui avait décerné le prix de la meilleure création en langue française, pour son dyptique Le dernier jour du jeûne et L'envol des cigognes.)

Il n'est pas évident de s'approprier une telle histoire, de se démarquer de ses prédécesseurs, et d'y apporter un vrai souffle épique.
C'est ce qu'est parvenu à faire Simon Abkarian.

Ne manquez pas cette Electre-là !
Allez, tous au boxon !
8 oct. 2019
9,5/10
1 0
Terrible vengeance d’Electre et de son frère Oreste du meurtre de leur père Agamemnon assassiné par leur mère Clytemnestre et son amant Egisthe.
« J’aurais pu travailler sur l’une des pièces d’Euripide, Sophocle ou Eschyle qui sont des chefs d’œuvres absolus. J’ai choisi d’écrire ma version car je veux raconter cela comme on raconte une fable. » Simon Abkarian

Simon Abkarian revisite cette tragédie avec grand brio, il nous réjouit et nous bouleverse avec une mise en scène où la danse, les chœurs et la musique s’enchainent dans un rythme bouillonnant.
Nous sommes quelques années après l’assassinat d’Agamemnon.
Aujourd’hui c’est le premier jour du printemps, les prostituées, les servantes, les oubliés s’apprêtent à faire la fête pour vénérer leurs morts.
Au milieu des ballets, des chorus, du jazz et du rock on va à la rencontre des personnages de cette tragédie antique rafraîchie.
*Electre fille d’Agamemnon au caractère trempé, pleine de vengeance et colère, est servante dans un bordel du quartier des bas-fonds d’Argos, marié à un homme qui ne dormira qu’au pied de son lit.
*Oreste exilé, travesti en femme pour tromper ses poursuivants apparaît au milieu d’une troupe de danseurs.
*Clytemnestre, pleure la mort de sa fille Iphigénie immolée par son père.
*Le fantôme Iphigénie et le spectre d’Agamemnon viennent hanter la scène... C’est fabuleux.

Nous sommes captivés, les comédiens nous transportent au cœur de ce mythe antique avec grand talent.
Les chorégraphies inspirées du Kathakali pleines d’énergie nous transpercent le cœur.
La musique du trio Hawlin’ Jaws et les chorus nous font vibrer au plus profond de nous-même.

Simon Abkarian donne la parole aux femmes. Nous sommes profondément émus par le chœur des prostituées troyennes capturées lors de la guerre et contant leurs conditions d’esclaves soumises au commerce sexuel. C’est poignant et bouleversant.

Le texte est percutant, fort, beau et éloquent.
Les costumes esthétiques et pittoresques.
Les maquillages expressifs et subjectifs.
Le décor surprenant, en fond de plateau une grande armoire à glace d’où vont surgir certains protagonistes mais à vous de découvrir…
N’oublions pas l’éclairage qui nous plonge dans un monde légendaire.

Bravo à toute l’équipe. C’est un merveilleux spectacle passionnant, dynamique et magnifique.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor