Change Me

Change Me
  • Théâtre Paris-Villette
  • 211, avenue Jean Jaurès
  • 75019 Paris
  • Porte de Pantin (l.5)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 30,00
Evénement plus programmé pour le moment
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CHANGE ME suit l’histoire d’une jeune fille travestie, qui fait croire à son groupe d’amis et à sa petite copine qu’elle est un homme.

Au cours d’une soirée où les deux jeunes filles s’apprêtent à avoir leur premier rapport sexuel, l’identité de la jeune travestie est révélée et l’histoire bascule dans la violence.

Notre spectacle met en scène la difficulté de l’affirmation de soi au milieu des autres et interroge la question du genre. Suis-je obligé de me comporter comme une fille à cause de mes attributs sexuels ? Puis-je vivre comme un homme, et aimer qui je veux ?

Alors, comme des fantômes surgissant du passé, apparaissent une fable mythologique d’Ovide, des interviews extraites d’un documentaire autour du fait divers de Teena Brandon, des scènes en alexandrins d’une pièce de Benserade….

L’histoire jusqu’ici linéaire, se tord et se transforme.

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7,5/10
1 0
Alors ? Pour sa réouverture après travaux, la grande salle du Théâtre Paris-Villette dévoile ses plus belles arcades. Et pour fêter cette rénovation, quoi de mieux à la programmation que la pièce de "Change me" ?

Dans un tout autre registre, une fille, à la voix fluette, déboule dans la salle de bain. Elle entonne son rituel : se raser une barbe inexistante, se tondre les cheveux, se bander les seins et insérer du volume à l’entre-jambe. Elle devient il. Elle s'appelle Axel. Sa mère entre pour se maquiller. Le clivage est là. Elle le regarde et l'invective « il faut que tu te soignes ». La famille est issue d'un milieu modeste et les temps, pour Axel, sont à la fête, l'alcool et la découverte des premiers émois. Il est amoureux d'une fille, Léna, qui ignore que son petit-ami est homosexuelle. Le fait divers dramatique des années 90, dont Brandon Teena a été victime, est mêlé aux textes d'Ovide et d'Isaac de Benserade. C’est une croisée des chemins, un joli clin d’œil, bien que l'on puisse regretter quelques dialogues saugrenus sur fond de théorie du complot. D'autres pistes sont lancées sans que l'on saisisse le propos : tantôt le téléviseur offre un moment gênant de karaoké sur fond d'Adèle, tantôt il expose ce qui semble être une dénonciation de l'hypersexualisation de notre société avec des vidéos évocatrices.

Quoi qu'il en soit, lorsque les Métamorphoses d'Ovide sont exposées ou la langue d'Iphis et Iante respectée, quelle grande joie !
24 nov. 2019
7/10
1 0
L'intégration des transgenres dans notre société n'est pas un sujet facile à aborder et encore moins évident au theatre. Les relations sont violentes et crues et le spectateur transformé en voyeur peut être choqué car les comédiens sont complètement investis dans leurs personnages hyper réalistes.
12 août 2018
8,5/10
5 0
Axel n'a que vingt-et-un ans, un âge qu'on présente comme celui de tous les possibles. Son voeu le plus cher est de changer de sexe et Change me pourrait être son invocation. Pour le moment la jeune fille se débrouille seule et on la découvre dans la salle d'eau, affairée à sa transformation, incomprise d'une mère à la sensualité provocante (Pauline Bolcatto, qui interprète aussi le rôle de Stéphanie).

On la verra ensuite très à l'aise parmi ses copains. Rien ne laisse supposer qu'un drame couve et que les amis avec qui elle s'éclate seront ses bourreaux ... au moment où Axel s'apprêtera à vivre son premier rapport sexuel avec la jeune fille qui a gagné son coeur (Pauline Briand).

Camille Bernon et Simon Bourgade se sont inspirés d’un fait divers qui s'est déroulé aux Etats-Unis il y a déjà 25 ans et qui pourrait hélas s'inscrire dans une actualité récente tant que l'homophobie demeurera un fléau. Brandon Teena, jeune transgenre, a été violée puis assassinée par ses amis quand ils ont découvert sa véritable identité. Les deux metteurs en scène auraient pu s'arrêter là. Ils ont fort intelligemment relié cette tragédie au mythe d’Iphis (puisé dans les Métamorphoses d’Ovide au premier siècle de notre ère) et à la reprise de ce mythe par Isaac de Benserade au XVII° siècle.
Nous voulons écrire un mythe contemporain qui réponde aux enjeux de cette figure, et comme en établir la généalogie : montrer comment – parce qu'on a toujours censuré, nié ou marginalisé cette partie de la population –, l'histoire n'a cessé de se répéter ; comment –parce qu'elle a été occultée –, elle est toujours au travail à travers le temps, depuis les mythes d'Ovide jusqu'à nos faits divers contemporains ; et comment elle a été, à chaque époque, source de violence.
La scénographie imaginée par Benjamin Gabrié permet au spectateur d'avoir accès aux deux facettes de la personnalité d'Axel : l'image intime qui se joue dans une salle d'eau (à jardin) et l'image publique qui s'expose dans un coin salon (à cour). Le dédoublement se poursuit entre le passé, avec la projection d'extraits vidéo en fond de scène et le futur, qui se dénouera dans la voiture rouge-passion placée à l'avant-scène.

Au début de la pièce, les rôles sont (déjà) inversés puisque les comédiens, passablement imbibés, vautrés (Baptiste Chabauty et Mathieu Métral) devant une télévision sur un canapé défoncé, peuvent mater sans se faire remarquer (ils sont dans le noir) le public qui entre dans la salle inondée de lumière.

On s'interroge quelques minutes sur la tournure que les évènements vont prendre. Le sujet est risqué mais l'interprétation est extrêmement précise et Camille Bernon campe un personnage très juste et très touchant, bien au-delà de la question de son identité sexuelle.

Les identités sont mutantes, les dialogues aussi, jouant sur des registres que tout oppose : le langage chelou, âpre et souvent violent des tecis se heurte à poésie d'ovide et à la sophistication alexandrine de Benserade alors que les témoignages apportent une touche de réalisme confondant.

Jouant sur des niveaux de langue différents, l’histoire se tricote d’une époque à l’autre sans rupture de la trame narrative. On passe de la crudité des dialogues adolescents, à des archives documentaires du film sur Brandon Teena, de la poésie des textes d’Ovide à la préciosité des alexandrins de la pièce de Benserade.

Le drame est joué comme un polar pour terminer dans une forme de résurrection magique symbolisée par la métamorphose d'Axel, qui devient une statue dorée sous les doigts de sa mère.

On aurait envie de croire que tout va bien finir mais la beauté de cette image ne doit pas faire écran à la dure réalité des faits. Change me est un théâtre engagé et brillamment engageant qui interroge bien au-delà de la question du genre sur la liberté d'aimer.
27 mai 2018
8/10
11 0
Bonjour tristesse…

Dans la salle de bains, la radio à fond, Axel, se prépare, se passe de la mousse à raser, se bande la poitrine, se transforme en jeune mec. Axel est transgenre, cherche son identité sexuelle.

Elle a une bande de copains, et une petite amie Léna, mais aucun n’est au courant de sa véritable identité. Sa mère est perdue, maladroite dans ses propos, elle veut aider sa fille, la faire soigner et se heurte à un refus violent.

Thomas et Jonathan fêtent l’anniversaire d’Axel, bien entendu les sous-entendus graveleux, le vocabulaire qui ne fleure pas la rose, l’alcool surtout, les pétards, c’est le monde que choisit Axel où il semble qu’elle se sente à l’aise.

Des textes en alexandrins, qui ne sont pas incongrus dans l’histoire, et tirés de la pièce Iphis et Iante d’Isaac de Benserade, Ovide et les Métamorphoses, et surtout la vie tragique de Brandon Teena, jeune transgenre assassinée par ses « amis ».

La mise en scène se déroule autour de cette histoire, incorpore vidéos, dépositions à la police, bande dessinée, le décor est composé de la salle de bains où tout commence et tout finira, le salon des copains, une voiture. Mise en scène ingénieuse et créative.
26 mai 2018
8,5/10
12 0
Change Me mise en scène de Camille Bernon et Simon Bourgade.
Violent, émouvant, troublant, dérangeant, magnifique.

Camille Brandon et Simon Bourgade nous content l’histoire d’Axel jeune transgenre. Ils juxtaposent avec génie.

* La légende d’Iphis et Iante tirée des métamorphoses d’Ovide :

« Comme il faut respecter la bienséance, Iphis sera changée en homme, mais seulement après sa nuit de noces. »

* Isaac de Benserade poète du XVIIème siècle :
«De la douleur qui me possède : Je suis assuré de périr. Par le mal ou par le remède. »
*Le drame effroyable de Teena Brandon, violé et assassiné en 1993 au Nébraska par ses amis ayant découvert que celui-ci était transexuel.

Nous sommes confrontés à la violence et à la cruauté du monde machiste, à l’intolérance de la société vis-à-vis de la différence et à cette question primordiale : « comment peut-on s’épanouir si nous naissons dans un corps qui en genre ne nous correspond pas ? »
La mise en scène est ingénieuse, les extraits de la métamorphose d’Ovide et les vers de Benserade adoucissent la violence de cette tragédie.
Camille Brandon nous émeut, on ressent la fragilité féminine qui se cache au plus profond d’Axel, sa souffrance et sa détermination de vouloir être lui et de vivre sa vie.
Dans ce monde où la tolérance n’est pas toujours au beau fixe ce spectacle est le bienvenu.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor