Cent mètres papillon

Cent mètres papillon
  • Belleville
  • 94, rue Faubourg du Temple
  • 75011 Paris
  • Goncourt (l.11)
Itinéraire
À l'affiche du :
7 octobre 2020 au 27 novembre 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
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Cent Mètres Papillon raconte l'histoire de Larie, un adolescent épris de natation. Il nage et questionne " la glisse ". Il suit le courant en quête de sensations, d'intensité et de vertiges.

Au rythme de rudes entrainements, et de compétitions éprouvantes, il rêve d'être un grand champion.

Son récit témoigne de ses joies et de ses doutes au fil de l'eau.

Ici se joue l'étonnant parcours d'un nageur de haut niveau.

 

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2 mars 2020
8/10
0
Un spectacle sur la natation?
Le monologue d’un nageur?
Si comme moi vous n’êtes pas vraiment fan des bassins, il y a de quoi s’interroger avant de prendre sa place non?

Et pourtant ce serait vraiment dommage de manquer la performance de Maxime Taffanel !
Car parvenir à embarquer comme il le fait le public avec un sujet (pour moi) pas franchement captivant à la base, il faut le faire!

Maxime Taffanel incarne tous les personnages, le jeune Larie, son entraîneur (rires garantis!), ses rivaux, sa mère… pour raconter le parcours du nageur, des réussites, à l’échec.
L’entraînement est rude, tout est millimétré, cadencé, et quand les performances ne sont plus là, qu’autour, il n’y a que sacrifices et solitude, comment résister?

Une mise en scène presque chorégraphique, la nage se fait danse, rythme, une belle reconversion pour l’interprète lui même ancien nageur de haut niveau!
12 août 2018
10/10
30
J'ai terminé le marathon avignonnais de cet été avec Cent mètres papillon et je suis ressortie de la Manufacture avec des gouttes d'eau dans les yeux.

Je suis loin de sacraliser le sport, pour toutes les raisons qui sont d'ailleurs perceptibles dans le spectacle écrit par Maxime Taffanel. On inflige trop de violence, en premier lieu à soi-même, au cours des entrainements inhumains (de mon point de vue) pour que je cautionne que le sport soit excellent pour la santé.

Mais ne débattons pas de cela, et je respecte immensément l'ancien champion (ancien est un terme odieux, car il l'est toujours à mes yeux - champion). La pièce est un seul en scène où le comédien occupe tout l'espace.

Maxime Taffanel connait très bien le sujet puisqu'il a été pendant toute sa scolarité, nageur de haut niveau. Quand on est dans une telle position l'entrainement est quotidien, matin et soir. Chaque week-end était évidemment consacré aux compétitions. Si les sacrifices sont immenses ils sont acceptés dans l'espoir de remporter l'objectif que l'on s'est fixé et il est facile d'imaginer les déceptions de beaucoup de jeunes athlètes lorsque les marches des podium sont inaccessibles.

J'espère que le public parisien aura vite l'occasion d'admirer la performance ... qui mérite un Molière ! Nous sommes nombreux à l'avoir loupée à Vanves en mai dernier. La tournée passe par Jouy-le-Moutier (95) le vendredi 14 septembre 2018 mais c'est tout de même un peu éloigné de la capitale.

L'artiste a eu lui-même l'idée de ce spectacle dont il a écrit le texte et qu'il interprète.

Pour raconter l’histoire de Larie, jeune nageur, passionné par sa discipline. Il nage et questionne "la glisse". Il suit le courant en quête de sensations, d’intensité et de vertige. Au rythme de rudes entraînements, et de compétitions éprouvantes, il rêve d’être un grand champion. Son récit témoigne de ses joies et de ses doutes, "au fil de l’eau".

En devenant comédien il a décidé que son expérience du nageur de haut niveau nourrirait le texte. Avant de le voir je n'aurais pas cru possible qu'on m'explique de manière aussi onirique et néanmoins exacte ce que pouvait être apprentissage de la "culbute", la découverte de la glisse, son rapport avec l’eau, l’entraînement et ses violences, la compétition et l’étrangeté de ses rituels, les courses, les défaites, les remises en question, le chant des sirènes...

S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas faire sous l'eau, c'est parler. Et Maxime le mutique, comme il le dit lui-même, est devenu soudain prolixe.

S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas faire sur terre, c'est nager. Et pourtant Maxime y parvient comme un poisson qui réussirait à vivre hors de l'eau.

Je me suis vraiment interrogée au début de la représentation dans une salle surchauffée et bondée ... jusqu'au moindre espace sur les marches. L'homme est en "survet" comme on disait au collège. Il nous scrute, seul, comme perdu sur le plateau qui semble immense tant il est vide. J'ai presque souri en me demandant comment il allait bien pouvoir évoquer une piscine ...

Et pourtant, oui, il suffira d'un regard, d'une esquisse de geste, prolongée par l'ombre noire de sa silhouette sur le mur coté cour, pour faire vivre Larie, ses déambulations à travers les bulles, et partager sa passion de la natation jusqu'au vertige.

Il a huit ans. C'est son premier entrainement et il va commencer par la culbute, c'est comme ça qu'on appelle le retournement qu'on fait en bout de bassin pour repartir dans l'autre sens en perdant le moins de temps possible.

Si j'avais eu un tel prof j'aurais réussi ce qui restera définitivement une prouesse pour mes petits muscles. C'est un plaisir immense de le voir mimer l'enchainement qui devient une musique, prenant le dessus sur ce qui n'aurait pu être "qu'une" chorégraphie. La douleur devient sourire et le public ne peut retenir un rire communicatif.

Chaque nage a son tempo, son nombre de battements par minute, prouvant que c'est avant tout une musique que Maxime nous fait entendre successivement. La brasse se joue à 40 bpm, le papillon à 60 et le crawl 70. Le dos c'est plus encore avec 80.

J'apprends qu'on est "dossiste", "papillonneur", "brasseur" ... le lexique devient animal. Faut penser lion, tigre ou plutôt un chat qui trempe ses pattes dans du lait pour satisfaire les exigences de l'entraineur.

Nous on ricane, parce qu'on ne sait rien des souffrances que les sacrifices impliquent mais on les ressent quand retentissent les notes si connues de la Danse des chevaliers du Roméo et Juliette de Prokofiev et on ressent alors combien cette union entre Elle (l'eau) et Lui (le jeune homme) a pu être riche de bonheurs et de souffrances aussi. Les arguments du coach seraient drôlissimes s'ils n'étaient pas exacts.

Le diable c'est le chronomètre qui impose la symphonie des souffles coupés. Cet objet sur lequel le coach a les yeux toujours rivés alors que nous, spectateurs, nous n'avons d'yeux que pour la performance de l'acteur, en maillot, en bonnet, en lunettes, tout en muscles ... il exerce une véritable fascination à vouloir ainsi exercer une phase d'intimidation, comme il le prétend.

L'homme a des muscles, magnifiques, qu'il fait d'ailleurs bouger d'une manière insensée au cours de sa performance. Mais il a aussi un cerveau qui carbure.

Je ne serai jamais un champion, finit-il par lâcher alors qu'il est épuisé, à tordre comme une éponge. Il réalise que tout ça c'est du cinéma ... dans une pensée qui est peut-être prémonitoire à une carrière de comédien. Devenir champion de cent mètres papillon ce n'est peut-être plus possible mais s'accomplir comme acteur brillant cent fois oui.

Après avoir quitté les bassins, Maxime Taffanel a suivi un autre entrainement celui de l'ENSAD de Montpellier (2009/2012), sous la direction d'Ariel Garcia Valdès avant d'intégrer la Comédie-Française comme élève comédien (2012/2013), la même année que Nelly Pulicani qui signe la mise en scène du spectacle. Ensemble et avec quelques autres camarades ils ont créé le Collectif Colette. Ils ont adapté Pauline à la plage d’après le scénario d’Eric Rohmer qui a été joué notamment au Théâtre de Vanves, au TNB et à Beyrouth. Cent mètres papillon est leur second spectacle.
14 juil. 2018
8/10
18
S’il n’y avait qu’un mot à retenir, cela serait le mot « sensation ». La recréation sur scène des sensations qu’on peut éprouver en nageant est remarquable : l’enchaînement des mouvements, leur rythme. L’envie qui nous fait avancer, continuer (ou son absence) qui est aussi ici bien représentée, qu’on retrouve en natation, au théâtre… : Que se passe-t-il quand on n’a plus envie alors qu’on est destiné à faire carrière dans tel ou tel milieu ? On arrête ? Comme ça ? Ou le doute.

Maxime Taffanel est un corps, celui d’un ancien nageur, doté d’une intelligence de jeu, se glissant d’un personnage à un autre, parfois même avec drôlerie.

Un joli moment, en somme.

PS : Cette micro-critique ne contient aucun jeu de mot d’ordre sportif ou « natationnel ».
Le 18/01, à 20h30, à Paris

Cent mètres papillon est un "seul en scène". Dès notre entrée dans la salle, Maxime Taffanel est sur le plateau, vide (à l’exception d’une chaise au fond de la scène). Il nous raconte l’histoire de Larie, nageur de haut niveau. Le personnage est comme emprisonné par l'eau, captif des mouvements qu'il doit sans cesse répéter. Ce qui l’empêche d’exprimer sa pensée et ses sentiments et ses sensations. Le plateau de théâtre devient alors un outil d’expression. Il danse. Il joue. Il nage. Il nage devant nous sur ce plateau presque vide. Ce plateau qui lui appartient. Le comédien donne corps à tous les personnages à qui il fait appel pour raconter son histoire. De Larie à son coach en passant par sa mère et les autres nageurs qui l’entourent. 

Maxime Taffanel, sous la direction de Nelly Pulicani, crée une partition à partir d’un mouvement. Par exemple, la culbute devient un enchainement de rythme : croche, soupir, croche, blanche, etc. 

Un très beau spectacle porté par un comédien de haut niveau.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor