Cent mètres papillon

Cent mètres papillon
  • Belleville
  • 94, rue Faubourg du Temple
  • 75011 Paris
  • Goncourt (l.11)
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Cent Mètres Papillon raconte l'histoire de Larie, un adolescent épris de natation. Il nage et questionne " la glisse ". Il suit le courant en quête de sensations, d'intensité et de vertiges.

Au rythme de rudes entrainements, et de compétitions éprouvantes, il rêve d'être un grand champion.

Son récit témoigne de ses joies et de ses doutes au fil de l'eau.

Ici se joue l'étonnant parcours d'un nageur de haut niveau.

 

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5 nov. 2021
9/10
12
Non mais à l’eau, quoi !
L’eau qui vous porte, vous pousse, vous enveloppe et vous fait rêver.
L’eau chlorée qui peut également finir par vous faire douter, et vous décourager…

Cent mètres papillon, c’est l’histoire du jeune Larie, 16 ans, du Montpellier Université Club, en train de devenir nageur de haut niveau.
L’histoire de Maxime Taffanel.

Il nous attend dans l’obscurité, au lointain. Il arpente plusieurs fois de suite le plateau de jardin à cour, de cour à jardin.

Et s’assoit sur une chaise, face à nous.

Le comédien sait de quoi il va nous parler. Presque 9000 kilomètres de nage au compteur !
Tous les jours, dès le petit matin, week-ends compris.
Oui, la natation, il connaît.

La première chose qui frappe, dans ce spectacle étonnant, c’est la qualité littéraire du texte écrit par Maxime Taffanel.
Oui, ce qu’il nous dit est passionnant. Un vrai conte authentique et criant de vérité.

Et pour cause.

Mais ce texte, encore faut-il pouvoir le porter avec succès sur la scène, le dire et le jouer.
Ici, c’est pleinement le cas.

La reconversion de l’ancien sportif a très bien fonctionné.
Elève de l’ENSAD de Montpellier, ancien élève de l’Académie de la Comédie Française en 2012/2013, membre du Collectif Collecte, Maxime Taffanel va nous attraper dans ses filets pour ne plus nous lâcher jusqu’au noir final.

Ce qu’il va nous conter et nous montrer est purement et simplement captivant.


Moi pour qui le sport est un monde étrange dont je ne connais que fort peu les codes, les tenants et les aboutissants, je me suis pris complètement au jeu : j’ai été totalement fasciné par les enjeux de ce qu’il nous raconte.

Ici, il est question d’une passion dévorante, exigeante, parfois gratifiante, certes, mais à quel prix !

Et nous de comprendre les efforts, le rapport à l’eau, les rituels, les renoncements, les sacrifices pour arriver au plus haut niveau.

Ce spectacle quasi auto-biographique est souvent très drôle.

Le comédien joue souvent sur le registre de l’humour, avec de grands moments, comme celui consacré au coach.
Un entraîneur qui aurait un peu la diction et la faconde, les mimiques et la gestuelle d’un Aimé Jacquet au mieux de sa forme.
Nous rions énormément.

L’imitation d’un reporter sportif comme on n’en fait plus (ah si ? ), avec tous les tics de langage et le phrasé si particulier est également irrésistible !

Sans oublier une présentation de collègues nageurs aux championnats de France, ou encore un podium et une remise de médailles très drôle.

Mis en scène de façon très précise et très fluide (forcément…) par Nelly Pulicani, M. Taffanel ne va ménager ni sa peine ni son énergie.

L’expression « mouiller le maillot », ici en l’occurrence le haut de survêtement assorti aux yeux bleus, rarement cette expression aura pris tout son sens.

Dans de louables moments pédagogiques, il nous fait vivre son sport, son art, devrais-je presque écrire, tant par moments, de véritables chorégraphies nous sont montrées.

Le comédien qui a délaissé le haut et le bas reste alors en maillot, lunettes et bonnet.
Il vibre, virevolte, saute, rebondit, s’envole, retombe sur ses pieds.
Nous, nous sommes sidérés par ce ballet à la fois technique et très gracieux.
La grâce également, cette main qui imite l’ondulation du corps dans l’élément liquide.

Le travail de ce corps est alors mis pleinement en évidence, nous avons une idée de les hallucinantes technique et précision nécessaires à ce sport, surtout à un niveau on ne peut plus élevé.
Une technique qui rappelle celle des musiciens. La musique aura beaucoup d’importance dans le spectacle.

Et puis, le comédien va nous émouvoir. Beaucoup.
Le découragement. L’épuisement.
L’annonce faite au coach.
Je me suis surpris à compatir on ne peut plus sincèrement à cette décision qui nous est montrée avec subtilité et intensité. C’est une scène très forte.



Une scène qui va annoncer la fin de cette heure. Une scène qui sous-tend le passage à autre chose.
A l’élément liquide succédera un élément plus solide : les planches.

Vous aussi, venez donc plonger dans le grand bain, ne manquez pas cette reprise de ce fascinant seul en scène.

Une histoire de sport, une histoire de natation, mais également et surtout, l’histoire d’un homme qui voulait retrouver la parole après avoir passé tant de temps dans un univers liquide ne permettant pas à la voix de s’élever.
4 nov. 2021
9/10
3
Le comédien, seul en scène sur un plateau nu, se tient en bord de scène, face au public et nous regarde. Un silence calme et serein, une préparation, comme avant de sauter à l’eau…et c’est parti, 1H en apnée à suivre l’histoire de Larie, jeune espoir de la natation, son histoire, ses espoirs et ses déboires.

On trouve beaucoup de sensibilité et de finesse dans cette histoire racontée avec simplicité : une plongée dans le monde de la natation, les joies, les comparaisons, les sacrifices, les efforts, les échecs et les choix. Une pièce mise en scène avec originalité et une interprétation le chronomètre à la main, précise et engagée. Tout est minutieux, préparé et cadencé : les respirations, les envolées, les reprises… C’est à la fois touchant, intéressant et drôle.

On est happé et enveloppé par son récit. Le comédien nous fait réellement entendre et ressentir l’eau, omniprésente dans son histoire. On éprouve littéralement la sensation de l’eau sur sa peau et sur son corps quand il nage. Un spectacle très engagé physiquement où le corps autant que les mots raconte cette tranche de vie, d’espoir et de déception : une belle performance que cet enchevêtrement de paroles et de danses.

Maxime Taffanel, nageur de haut niveau interprète avec brio et intensité ce spectacle très proche de lui et nous montre un aperçu très sincère de son univers. Il a écrit et il interprète cette nage seul comme le sportif solitaire dans son couloir : une superbe reconversion.
2 mars 2020
8/10
1
Un spectacle sur la natation?
Le monologue d’un nageur?
Si comme moi vous n’êtes pas vraiment fan des bassins, il y a de quoi s’interroger avant de prendre sa place non?

Et pourtant ce serait vraiment dommage de manquer la performance de Maxime Taffanel !
Car parvenir à embarquer comme il le fait le public avec un sujet (pour moi) pas franchement captivant à la base, il faut le faire!

Maxime Taffanel incarne tous les personnages, le jeune Larie, son entraîneur (rires garantis!), ses rivaux, sa mère… pour raconter le parcours du nageur, des réussites, à l’échec.
L’entraînement est rude, tout est millimétré, cadencé, et quand les performances ne sont plus là, qu’autour, il n’y a que sacrifices et solitude, comment résister?

Une mise en scène presque chorégraphique, la nage se fait danse, rythme, une belle reconversion pour l’interprète lui même ancien nageur de haut niveau!
12 août 2018
10/10
31
J'ai terminé le marathon avignonnais de cet été avec Cent mètres papillon et je suis ressortie de la Manufacture avec des gouttes d'eau dans les yeux.

Je suis loin de sacraliser le sport, pour toutes les raisons qui sont d'ailleurs perceptibles dans le spectacle écrit par Maxime Taffanel. On inflige trop de violence, en premier lieu à soi-même, au cours des entrainements inhumains (de mon point de vue) pour que je cautionne que le sport soit excellent pour la santé.

Mais ne débattons pas de cela, et je respecte immensément l'ancien champion (ancien est un terme odieux, car il l'est toujours à mes yeux - champion). La pièce est un seul en scène où le comédien occupe tout l'espace.

Maxime Taffanel connait très bien le sujet puisqu'il a été pendant toute sa scolarité, nageur de haut niveau. Quand on est dans une telle position l'entrainement est quotidien, matin et soir. Chaque week-end était évidemment consacré aux compétitions. Si les sacrifices sont immenses ils sont acceptés dans l'espoir de remporter l'objectif que l'on s'est fixé et il est facile d'imaginer les déceptions de beaucoup de jeunes athlètes lorsque les marches des podium sont inaccessibles.

J'espère que le public parisien aura vite l'occasion d'admirer la performance ... qui mérite un Molière ! Nous sommes nombreux à l'avoir loupée à Vanves en mai dernier. La tournée passe par Jouy-le-Moutier (95) le vendredi 14 septembre 2018 mais c'est tout de même un peu éloigné de la capitale.

L'artiste a eu lui-même l'idée de ce spectacle dont il a écrit le texte et qu'il interprète.

Pour raconter l’histoire de Larie, jeune nageur, passionné par sa discipline. Il nage et questionne "la glisse". Il suit le courant en quête de sensations, d’intensité et de vertige. Au rythme de rudes entraînements, et de compétitions éprouvantes, il rêve d’être un grand champion. Son récit témoigne de ses joies et de ses doutes, "au fil de l’eau".

En devenant comédien il a décidé que son expérience du nageur de haut niveau nourrirait le texte. Avant de le voir je n'aurais pas cru possible qu'on m'explique de manière aussi onirique et néanmoins exacte ce que pouvait être apprentissage de la "culbute", la découverte de la glisse, son rapport avec l’eau, l’entraînement et ses violences, la compétition et l’étrangeté de ses rituels, les courses, les défaites, les remises en question, le chant des sirènes...

S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas faire sous l'eau, c'est parler. Et Maxime le mutique, comme il le dit lui-même, est devenu soudain prolixe.

S'il y a bien une chose qu'on ne peut pas faire sur terre, c'est nager. Et pourtant Maxime y parvient comme un poisson qui réussirait à vivre hors de l'eau.

Je me suis vraiment interrogée au début de la représentation dans une salle surchauffée et bondée ... jusqu'au moindre espace sur les marches. L'homme est en "survet" comme on disait au collège. Il nous scrute, seul, comme perdu sur le plateau qui semble immense tant il est vide. J'ai presque souri en me demandant comment il allait bien pouvoir évoquer une piscine ...

Et pourtant, oui, il suffira d'un regard, d'une esquisse de geste, prolongée par l'ombre noire de sa silhouette sur le mur coté cour, pour faire vivre Larie, ses déambulations à travers les bulles, et partager sa passion de la natation jusqu'au vertige.

Il a huit ans. C'est son premier entrainement et il va commencer par la culbute, c'est comme ça qu'on appelle le retournement qu'on fait en bout de bassin pour repartir dans l'autre sens en perdant le moins de temps possible.

Si j'avais eu un tel prof j'aurais réussi ce qui restera définitivement une prouesse pour mes petits muscles. C'est un plaisir immense de le voir mimer l'enchainement qui devient une musique, prenant le dessus sur ce qui n'aurait pu être "qu'une" chorégraphie. La douleur devient sourire et le public ne peut retenir un rire communicatif.

Chaque nage a son tempo, son nombre de battements par minute, prouvant que c'est avant tout une musique que Maxime nous fait entendre successivement. La brasse se joue à 40 bpm, le papillon à 60 et le crawl 70. Le dos c'est plus encore avec 80.

J'apprends qu'on est "dossiste", "papillonneur", "brasseur" ... le lexique devient animal. Faut penser lion, tigre ou plutôt un chat qui trempe ses pattes dans du lait pour satisfaire les exigences de l'entraineur.

Nous on ricane, parce qu'on ne sait rien des souffrances que les sacrifices impliquent mais on les ressent quand retentissent les notes si connues de la Danse des chevaliers du Roméo et Juliette de Prokofiev et on ressent alors combien cette union entre Elle (l'eau) et Lui (le jeune homme) a pu être riche de bonheurs et de souffrances aussi. Les arguments du coach seraient drôlissimes s'ils n'étaient pas exacts.

Le diable c'est le chronomètre qui impose la symphonie des souffles coupés. Cet objet sur lequel le coach a les yeux toujours rivés alors que nous, spectateurs, nous n'avons d'yeux que pour la performance de l'acteur, en maillot, en bonnet, en lunettes, tout en muscles ... il exerce une véritable fascination à vouloir ainsi exercer une phase d'intimidation, comme il le prétend.

L'homme a des muscles, magnifiques, qu'il fait d'ailleurs bouger d'une manière insensée au cours de sa performance. Mais il a aussi un cerveau qui carbure.

Je ne serai jamais un champion, finit-il par lâcher alors qu'il est épuisé, à tordre comme une éponge. Il réalise que tout ça c'est du cinéma ... dans une pensée qui est peut-être prémonitoire à une carrière de comédien. Devenir champion de cent mètres papillon ce n'est peut-être plus possible mais s'accomplir comme acteur brillant cent fois oui.

Après avoir quitté les bassins, Maxime Taffanel a suivi un autre entrainement celui de l'ENSAD de Montpellier (2009/2012), sous la direction d'Ariel Garcia Valdès avant d'intégrer la Comédie-Française comme élève comédien (2012/2013), la même année que Nelly Pulicani qui signe la mise en scène du spectacle. Ensemble et avec quelques autres camarades ils ont créé le Collectif Colette. Ils ont adapté Pauline à la plage d’après le scénario d’Eric Rohmer qui a été joué notamment au Théâtre de Vanves, au TNB et à Beyrouth. Cent mètres papillon est leur second spectacle.
14 juil. 2018
8/10
19
S’il n’y avait qu’un mot à retenir, cela serait le mot « sensation ». La recréation sur scène des sensations qu’on peut éprouver en nageant est remarquable : l’enchaînement des mouvements, leur rythme. L’envie qui nous fait avancer, continuer (ou son absence) qui est aussi ici bien représentée, qu’on retrouve en natation, au théâtre… : Que se passe-t-il quand on n’a plus envie alors qu’on est destiné à faire carrière dans tel ou tel milieu ? On arrête ? Comme ça ? Ou le doute.

Maxime Taffanel est un corps, celui d’un ancien nageur, doté d’une intelligence de jeu, se glissant d’un personnage à un autre, parfois même avec drôlerie.

Un joli moment, en somme.

PS : Cette micro-critique ne contient aucun jeu de mot d’ordre sportif ou « natationnel ».
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor