Au Café Maupassant

Au Café Maupassant
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets à 22,00
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Ce spectacle est né de la fascination de Marie-Louise Bischofberger pour les nouvelles de Maupassant.

Le premier volet de ce feuilleton théâtral nous emmène dans une brasserie où les personnages des nouvelles se rencontrent, se confient et dialoguent.

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9,3/10
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4 critiques
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67%
Toutes les critiques
27 déc. 2019
9/10
1 0
Une brasserie, lieu de toutes les rencontres, de toutes les confessions...

Il pleut ! pour s’abriter un homme entre dans un café, il n’a pas vraiment soif, il s’assied et soudain est interpellé par un de ses anciens amis de collège. Tous deux assisteront à des histoires bien étonnantes, autour de bocks bien entendu. Garçon, un bock ! et la ronde commence !

Une jeune femme en pleurs, avoue à une de ses amies, qu’elle s’est fait passer - oh bien malgré elle - pour une cocotte ! De sa fenêtre, elle a aguiché un homme dans la rue par un signe anodin enfin... de plus “l’affaire faite” il ne lui a pas donné grand chose… ce que lui fait remarquer son amie !

Ou cette histoire tenez, un homme pris de folles crises de jalousie, envers son aimée qui préfère la compagnie de son cheval à celle de notre fou. Quant à Mme de Ker… elle raconte l’histoire sordide qui l’a rendue infidèle, le récit d’un malentendu qui coûtera la vie à un homme.

Il y a aussi, ce couple, le comte vit sa vie, trompe sa femme ouvertement, mais le voilà qui retombe amoureux d’elle ! La comtesse de Sallure lui fait alors un étrange et cynique marché !

N’oublions pas les nouvelles de Normandie lues dans le journal et une vieille histoire remonte à la surface. En mer, conte l’histoire d’un manchot, comment en est-il arrivé à être amputé d’un bras… Il y a aussi ce couple dont la femme tient absolument à fréquenter les “mauvais” lieux ! et aussi l’ami de notre narrateur a assisté, une nuit, enfant, bien malgré lui à une terrible scène, son père frappant sa mère, depuis ce traumatisme, il sombre dans l’alcool, se détache de tout.

Guy de Maupassant a su si bien peindre au vitriol ses contemporains, son écriture, son style ont créé des personnages, tantôt émouvants, drôles, cyniques, les femmes il les a tant aimées, les a défendues, mais il l’a chèrement payé.

Je vous invite à fréquenter ce “café Maupassant”, l’interprétation est de grand niveau, les comédiens dirigés par Marie-Louise Bischofberger, soulignent parfaitement l’univers de Maupassant, textes accompagnés au piano par le talentueux Antoine Bataille, comme au caf’conc’ !
17 déc. 2019
9,5/10
2 0
« Au café Maupassant » investit depuis le 22 novembre la grande salle du Théâtre de Poche-Montparnasse. Aménagée façon café-concert avec des tables à nappe quadrillée, la salle se remplit peu à peu de spectateurs (on peut même commander des boissons !) avec au centre, les quelques tables qui serviront de terrain de jeu aux acteurs.

Cette mise en espace « circulaire » pourrait ne pas faciliter l'écoute et la vue des comédiens (mieux vaut arriver tôt pour être placé en vis à vis des acteurs) mais les banquettes du fond permettent aussi une bonne vision. Lorsque le noir se fait légèrement un piano retentit : je suis alors restée pendue aux lèvres des  acteurs de la première nouvelle « le signe » (racontée par la malicieuse Manon Combes et sa complice Marie Vialle)  jusqu’à la fin.



C’est est une pièce charmante qui ravive cette atmosphère si propre à Maupassant. Les nouvelles choisies avec soin sortent de recueils aussi variés que Mademoiselle Fifi, le Horla, Monsieur Parent ou encore le recueil posthume du Père Milon. Pour mon plus grand plaisir ces nouvelles m'étaient toutes inconnues : pleine de mordant, réalistes, cyniques ou parfois pessimistes. Quelle joie de les découvrir, ainsi interprétées et incarnées par les faits et gestes des 6 excellents comédiens. Une fois une nouvelle achevée les acteurs redeviennent spectateurs si bien qu’il y a quelque chose de virtuose dans l’enchaînement des histoires. Ce petit monde littéraire s’anime, se croise entre les tables. On croirait à un tableau de guinguette de Manet ou Renoir dans lequel des personnages prendraient vie chacun leur tour avant de se fondre à nouveau dans le décor.

Ce café Maupassant donne donc l'impression d'être transporté ailleurs vers la fin 19e et dans des histoires toutes aussi fines qu’inattendues.

Cette adaptation de son émission radio par Marie-Louise Bischofberger donne lieu à une soirée de récit au théâtre des plus réussie.

On en ressort ravi !
7,5/10
2 0
... Un florilège littéraire de textes de Maupassant aux plumes variées et délicieuses, colorées de ses observations caustiques et affûtées sur la gente humaine. Ce « Café Maupassant » vaut le détour d’une soirée.
30 nov. 2019
8/10
2 0
La petite salle du théâtre Poche-Montparnasse est transformée, pour l'occasion, en bistrot.
Les spectateurs prennent place autour des tables où il est possible de consommer... Quelques-unes sont réservées... Et pour cause car c'est à celles là que les comédiens s'installent et évoluent pour interpréter avec brio des nouvelles de Maupassant, agrémentées de quelques airs de piano joués en live par un musicien placé dans un angle de la pièce. C'est intime, charmant et très plaisant...
25 nov. 2019
8/10
17 0
Garçon ! Un bock, et sans faux col !

Nous croyons pénétrer dans la petite salle du Poche-Montparnasse...
Erreur ! Nous voici dans une de ces brasseries parisiennes de la fin du XIXème siècle.
L'un de ces établissements qu'a bien connus l'auteur de Boule de Suif, du Horla ou encore de Bel-Ami.

Marie-Louise Bischofberger est fascinée par cet auteur-là. Guy de Maupassant.
Au point d'avoir l'excellente idée, suite à une commande d'une série radiophonique pour France-Culture, d'adapter pour la scène quelques-une de ses nouvelles.
Excellente idée, car le réalisme, le caractère vivant des récits, le pessimisme, le style dépouillé de l'écriture, sans afféteries psychologiques inutiles, tout ceci se prête admirablement au passage au gueuloir et au plateau de théâtre.

Ces personnages, cet homme qui boit bock sur bock, cette bourgeoise mondaine découvrant un rituel de la prostitution, cette femme qui livre une vraie confession, ce marin qui va perdre un bras en mer, comment ne pas penser que ce sont (presque) avant tout des personnages de théâtre ?

Dans ce premier volet, l'auteure du spectacle a sélectionné huit nouvelles.
Des nouvelles qui nous parlent des rapports hommes-femmes, des conflits entre être humains, des petites ou grandes misères de l'existence.
Maupassant l'écrivain, mais également Maupassant le journaliste.
Avec des faits divers, dont un plus ou moins sanglant.

Et puis bien entendu l'humour, parfois noir ou désespéré, qui émerge de ces textes courts.

Six comédiens vont incarner ces personnages, qui vont se rencontrer, se croiser, dans cet espace contraint qu'est ce café parisien.

Charlie Nelson, dont j'avais tant apprécié au Lucernaire, la saison passée, le spectacle Braise et Cendres, consacré à Blaise Cendrars, Charlie Nelson sera notamment le narrateur du fait divers maritime évoqué plus haut.
Il captive les spectateurs à raconter cette dramatique histoire, puis, très subitement, nous faire rire, avec les derniers mots de la nouvelle « En mer ».

Manon Combes, qui fut une délicieuse Eliante dans le Misanthrope de Peter Stein, l'an passé, apporte énormément d'humour à l'entreprise artistique.
Notamment dans son rôle de grande bourgeoise découvrant puis reproduisant le signe qu'adresse une prostituée à sa fenêtre, un signe destiné à attirer le client.
Elle est irrésistible de drôlerie lorsqu'elle nous fait comprendre que.... (Je vous laisse découvrir la suite...)

Le comédien franco-américain Dominic Gould incarne quant à lui cet homme désespéré qui engloutit bock sur bock tout au long de la journée.
Il nous émeut énormément lorsqu'il nous révèle la raison de ce désespoir. Une raison qui remonte à l'enfance, un vrai traumatisme familial.
Ce traumatisme est d'ailleurs très en phase avec la triste réalité française concernant les violences infligées aux femmes.

Marie Vialle, comédienne qu'on a vu récemment dans le Misanthrope mis en scène par Alain Françon au Théâtre de la Ville, que j'avais tant appréciée dans la passionnante version d'Ivanov, du très regretté Luc Bondy, Marie Vialle contribue elle aussi de bien belle manière à incarner ces personnages brinquebalés entre le tragique et le comique de l'existence.
Elle est épatante en comtesse demandant à son mari qui la trompe (mais qu'elle finit par reconquérir) une forte somme d'argent mensuelle pour continuer à lui accorder ses faveurs.
Elle aussi nous fait beaucoup rire.

Pierre Yvon est quant à lui le garçon de café, qui lui aussi devra répondre à une demande assez particulière de sa femme.

Quant à Antoine Bataille, lui trône derrière le clavier de son piano.
Tel un pianiste de bar, il joue ses propres compositions.

Je vous engage vraiment à venir découvrir ce bien beau moment de théâtre, qui permet de donner corps et vie aux écrits de Guy de Maupassant.

Marie-Louise Bischofberger a d'ailleurs prévu d'autres épisodes.
Il faut dire qu'il lui reste pratiquement trois cents nouvelles à sa disposition.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor