Arctique

Arctique
De Anne-Cécile Vandalem
Avec Frédéric Dailly
  • Frédéric Dailly
  • Guy Dermul
  • Eric Drabs
  • Véronique Dumont
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 40,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Nous sommes en 2025. Demain a déjà commencé.

Le réchauffement climatique a fait du Groenland le dernier Eldorado. Libérées par la fonte de la calotte glaciaire, ses formidables réserves d’uranium, de terres rares, de gaz et de pétrole aiguisent les appétits.

À bord de l’Arctic Serenity, ancien navire de croisière remorqué vers l’île pour y être transformé en hôtel de luxe, quelques passagers clandestins se sont glissés dans l’espoir de fuir une Europe ravagée par les guerres.

Mais le remorqueur abandonne l’Arctic Serenity dans les eaux internationales. Dès lors, rien ne se passe comme prévu. Aux sons d’un mystérieux orchestre, les émigrants du vieux monde partent à la dérive... 

Note rapide
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Note de 4 à 7
67%
2 critiques
Note de 8 à 10
33%
Toutes les critiques
8 févr. 2019
7,5/10
2 0
Vaisseau fantôme en Arctique.

Un spectacle intriguant qui se déroule à la manière d’un thriller.
Eclairages sombres, pas de réserves de nourriture ou de boisson pour les passagers, pas de chauffage, pas ou peu de lumière.
Certains passagers plus prévoyants que d’autres mais du genre plutôt "chacun pour soi".
Un moteur qui cale. Des interdictions drastiques, menaçantes.

Ambiance nordique, genre glauque et inquiétante. Personnages borderline, mystérieux.
Présence -importante- de la musique : l’interprète d’un personnage dont on découvrira à la fin le rôle.
Le puzzle se « clarifie » un peu (ou tente de le faire !) au fil du spectacle.

Anne Cécile Vandalem montre une fois de plus combien elle maîtrise parfaitement le recours à la caméra et les spécificités du langage théâtral.
Découpages et liens parfaits entre ce à quoi on n’assiste pas et ce qui se passe sur scène. Elle l’avait déjà démontré de manière magistrale avec « Tristesses », sur le thème de la montée des extrêmes, spectacle que j’avais bien apprécié (voir ma critique).
Son langage cinématographique permet d’épaissir le mystère et de ne jamais lâcher les personnages…

Qui sont ces personnes rassemblées par un mystérieux correspondant et répondant à une invitation personnalisée qui semble trouver écho en elles ?
Pourquoi sont-ils venus ? Que viennent-ils faire en fait ?
Que se cachent-ils et que nous cachent-ils ?
Pourquoi cette lutte acharnée, terrible, agressive ? Qu’ont-ils à voir les uns avec les autres ?
Pourquoi les abandonne-t-on ?
Sont ils des vivants ou des ombres?

Mystère entier jusqu’au dénouement.
J’ai accroché, même si j’ai trouvé le thème cette fois plus confus, moins démonstratif.
Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris!

Anne-Cécile Vandalem a un style très personnel et son travail novateur, mérite d’être découvert.
Il est sans doute cette fois un peu trop ambitieux pour être complètement convaincant.
4 févr. 2019
6/10
5 0
C'est dans un froid hivernal que nous sommes entrés, dans les ténèbres de l'Arctique. Enfin, plutôt du paquebot Crystal-serenity, où sont convoqués 4 personnes par un vieux passeur et sa traductrice.

Sept individus avec des personnalités différentes vont naviguer en eaux troubles. Chacun se cachant sous une fausse identité. Confinés dans le salon du bateau qui part à la dérive, c'est dans un suspense en huit clos, que s'ensuivent, à la manière des 10 petits nègres, règlements de comptes et débats acharnés. Chacun voulant sauver sa peau et se méfiant des autres. Leur secret sera dévoilé au final.

Je suis restée très dubitative à la fin de ce spectacle mélangeant, théâtre, vidéos et musique en live.
Le sujet, traitant du réchauffement climatique est important et d'actualité. La mise en scène est impressionnante. Chaque comédien est filmé en direct quand il sort de la pièce principale du bateau, et le groupe de musique qui les accompagne tout du long, vient parfois réveiller les fantômes.

Seulement, c'est peu éclairé, on ne distingue que des ombres, ça crie beaucoup, trop, c'est confus, et on a parfois du mal à comprendre les paroles des comédiens, peut-être dû à de mauvais micros.
Quelques clichés en référence à certains films, font sourire.

Bref, je n'ai pas ressenti d'émotion, le texte n'est pas extraordinaire, mais je reconnais que l'intrigue est bonne et que c'est original et novateur d'un point de vue mise en scène. Je ne peux donc absolument pas me positionner sur cette pièce à voir tout de même pour son originalité et son modernisme.
2 févr. 2019
8,5/10
2 0
Construit comme un véritable thriller nordique, ce huis clos angoissant mêle à la fois des séquences théâtrales et des séquences filmées en parfait raccord. Au fur et à mesure de l’avancement de la pièce l’ambiance devient de plus en plus pesante et les masques tombent.

Très bon jeu des acteurs qui nous plongent dans cette ambiance glacée et étouffante où se croisent, dans le réel ou dans un monde onirique, les vivants et les morts. Même si la pièce veut envoyer un message politique sur le réchauffement climatique, le profit à tout prix des grandes entreprises et la collusion des politiciens avec l’argent, on retient plus l’ambiance quasi délétère du huis clos de la pièce et les ressorts mis en place pour augmenter la peur et l’angoisse du spectateur.

Quelques longueurs au début dans la mise en place des personnages mais une pièce à voir pour sa mise en scène originale. Mention spéciale pour les musiciens et les chansons qui ponctuent la pièce.
Alors ?
"Est-ce que tu crois qu'il n'y a que des écolos dans la salle ?" questionne ma voisine à son voisin. "Oh non" lui répond-il en citant le nom de leur ami, présent deux rangées plus loin.

Cette question préliminaire est décalée mais pourtant bien en phase avec le spectacle. Bienvenue à bord du paquebot de luxe navigant proche du Groenland. Le blizzard souffle. Couvrez-vous bien, d'autant plus que les convives qui nous rejoignent sont peut-être les plus à craindre... Ils ont eu la curiosité de répondre présents à une lettre-invitation anonyme.

Sur la scène, des personnes hétéroclites se rencontrent, ou plutôt, se retrouvent dans la salle de bal. Le hasard n'existe pas, ils sont là pour une raison. "Artic Serenity" est le nom du bateau mais personne n'est serein. Une militante écologiste y est morte et son fantôme rode encore. Texte policier oblige, les soupçons débarquent et des flottements se font ressentir. Et pas que sur scène. Les blagues sont grossières : la bourgeoise a une petite vessie, et donc a tout le temps envie de faire pipi (roulement de tambour, timbale !), en ouvrant la porte, un personnage donne un coup à un autre, déjà à terre (roulement de tambour, timbale !), on appuie là où ça fait mal (roulement...). Les cris sont surjoués et fréquents. L'interprétation est clownesque en même temps qu'un message politique fort est délivré (le réchauffement climatique - pour ceux qui ne l'auraient pas compris, comme ceux qui ont besoin de bonnes blagues lourdingues). Bref, c'est un peu déconcertant.

Le trait comique est trop forcé. Le suspense et la tension, que j'ai trouvés grandioses, sont si bien amenés : la musique, notamment jouée en live, est sublime et la vidéo digne d'un film (un film beau et réussi). La caméra nous amène dans les méandres du paquebot et on saisit les grandes références cinématographiques. De retour sur le plateau, la finesse n'est plus vraiment au rendez-vous. Quel dommage cette dichotomie des ambiances. Sauf pour une scène, surréaliste, pour laquelle j'ai été entièrement séduite. Je savais ce qui allait se passer mais j'ai pourtant été ébahie.

Décalé, ce thriller politico-rigolo se regarde sans prise de tête... pourvu que l'on se contente de regarder la surface émergée de l'iceberg.
23 janv. 2019
9/10
43 0
C'est le Nooooord !

Oui, décidément, Anne-Cécile Vandalem aime le Nord. Le grand Nord !
Et c'est tant mieux !

Nous l'avions laissée ici même l'an passé dans sa très belle et très réussie mise en scène de Tristesses, dont l'action se déroulait sur une petite île du côté du Danemark, pour la retrouver en ce moment à nous raconter une histoire se déroulant dans les eaux glaciales de l'Océan arctique.

Après la montée des populismes et des nationalismes exprimée dans Tristesses, elle nous propose cette fois-ci de réfléchir au réchauffement climatique et à ses conséquences socio-politiques.

Grâce à une œuvre d'anticipation.

2025.
Nous voici à bord d'un mystérieux navire, Le « Artic Serenity », dont toutes les cabines portent le nom d'une des nombreuses traductions du mot « Neige » dans la langue Inuit.

Nous allons faire la connaissance de passagers tout à la fois hétéroclites, hauts en couleurs, effrayants, attachants, n'ayant à priori aucun rapport entre eux. Le groupe de musiciens du navire sont restés sur leur petite estrade dans la salle de bal qui sert de plateau.

Tous ont été réunis sur ce paquebot (qui a une dramatique passé...) à la suite d'une étrange lettre que tous ont reçue.

Et nous d'assister à un passionnant mélange de styles : thriller politique, Cluedo, science-fiction, farce burlesque et métaphore sociétale.
Il faudra attendre la fin des deux heures pour avoir le fin mot de l'histoire. Tous les morceaux du puzzle seront réunis. Et nous de comprendre l'une des dramatiques conséquences de ce réchauffement climatique.

Une nouvelle fois Melle Vandalem va se servir subtilement et judicieusement de plusieurs médias pour nous raconter son histoire : théâtre, cinéma, musique sont imbriqués pour créer un objet dramaturgique passionnant.

Elle déploie une réelle virtuosité à mélanger scènes dramaturgiques, images filmées en direct, images enregistrées, avec un impressionnant découpage de scènes, de séquences, de plans-séquences et autre raccords théâtre-cinéma et inversement. C'est vraiment du très beau travail.

Une nouvelle fois, la metteure-en-scène n'est jamais dans la dimension « gadget », mais bien dans un apport stylistique servant au mieux son propos.

J'ai senti plusieurs influences mêlées et restituées de bien belle façon.

Bien entendu, on pense à Lars Von Trier, pour la sombre rigueur et parfois le côté gore assumé.

J'ai ressenti également le travail du cinéaste finlandais Aki Kaurismäki, pour la démesure drôlissime de certaines scènes, en particulier inspirées du film « Leningrad cow-boys. »

J'ai également pensé à l'écrivain américain Dan Simmons, avec son roman « Terreur » publié en 2007. Cet ouvrage revenait sur l'expédition du Capitaine John Franklin, en 1845, qui avec deux bateaux, chercha en vain le « Passage du Nord-Ouest », route maritime glacée du côté de l'archipel arctique canadien. L'expédition tourna au fiasco, les bateaux étant pris dans les glaces.

Anne-Cécile Vandalem s'est assuré la participation d'une troupe de comédiens tous excellents.
Souvent, ils sont dans la farce, dans la démesure et nous font bien rire. (Notamment lorsqu'ils vont être confrontés à l'apparition d'un ….. Je vous laisse découvrir. Les citations du film "Titanic" sont elles aussi hilarantes.)
Mais ces comédiens peuvent être également très inquiétants, et là, nous n'en menons pas large...

Je me dois de mentionner la très belle interprétation de Melle Epona Guillaume, qui chante également de très belle façon.
Elle s'est fait une tête à la Bjork, et est accompagnée par les trois musiciens du navire, le « Artic Serenity Band ».
Sa dernière scène, éclairée dans un rond de lumière par un projecteur de poursuite, cette scène-là est magnifique.

Coup de chapeau également à la scénographie très réussie du collectif Ruimtevaarders.

Vous l'aurez compris, ce spectacle renforce mon admiration pour le travail d'Anne-Cécile Vandalem. Elle poursuit petit à petit une œuvre originale.

Elle fait partie de ces créateurs qui nous proposent une forme de théâtre novatrice, avec une vraie maîtrise non seulement du propos, de la narration, mais également des techniques dramaturgiques utilisées.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor