Architecture, Pascal Rambert

Architecture, Pascal Rambert
De Pascal Rambert
Mis en scène par Pascal Rambert
Avec Stanislas Nordey
  • Stanislas Nordey
  • Emmanuelle Béart
  • Audrey Bonnet
  • Théâtre des Bouffes du Nord
  • 37 bis, boulevard de la Chapelle
  • 75010 Paris
Itinéraire
Billets de 20,55 à 35,00
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« L'espoir ne connaît pas le futur et heureusement...»

Pour Architecture, l'Europe du XXe siècle, traumatisée par les guerres et le nationalisme, sert de toile de fond à cette fresque écrite à même le corps et la voix d'acteurs exceptionnels.

Réunis pour la première fois sur un même plateau, ils incarnent les membres d'une famille d'artistes, de philosophes, de compositeurs qui ne vont pas réussir à éviter le naufrage de leur monde.

Leur pensée semble pétrifiée par ce qu'ils pressentent de l'avenir. Même face à l'imminence de l'horreur, ils ne parviendront pas à s'unir pour changer le cours du temps.

L'auteur et metteur en scène Pascal Rambert s'interroge : « S'ils n'ont pu empêcher le sang, comment ferons-nous dans un temps comme le nôtre, si peu armés collectivement ? » Ses héros, eux, se déchirent – comme souvent dans les pièces du dramaturge, sculptées à la force d'une langue très physique – et ne savent ni fuir ni combattre, « serrés par la peur ».

Note rapide
6,5/10
pour 6 notes et 5 critiques
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67%
2 critiques
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33%
Toutes les critiques
2 mars 2020
6,5/10
2
Dans la cour d’honneur du Palais des Papes, nous allons en quelques heures passer du blanc immaculé au noir le plus sombre en suivant le destin tragique de cette famille d’intellectuels rassemblée à Vienne autour du patriarche (Jacques Weber), architecte de talent, mais qui étouffe totalement ses enfants.

Ils écrivent, composent, jouent du violon, les femmes sont psychiatre, éthologue, poétesse, ils manient le langage a la perfection… vont-ils savoir s’en servir ? En faire une arme utile au maintien de la paix?

Tandis qu’autour d’eux l’Europe explose, que le fascisme monte en puissance, ils s’interrogent, et nous avec. Que peuvent la culture ou l’art face à la barbarie ?

Guerre hier, terrorisme aujourd’hui, la question est la même ? Agir, réagir, fuir ?

Le spectacle invite à la réflexion. Certains passages m’ont moins touchée que d’autres, j’ai eu, je l’avoue, des instants de décrochages, vite rattrapés par le talent de l’un ou l’autre des comédiens.

Ils ne parviendront pas à proposer une réponse satisfaisante à ce questionnement, la conclusion n’est guère optimiste, ils vont continuer à se déchirer, se haïr, à être lâches… jusqu’à y laisser la vie.

La mise en scène et la scénographie sont épurées, restent le cadre majestueux de la Cour d’honneur, la force des mots et l’engagement sans faille des interprètes. Pascal Rambert a réuni autour de lui des comédiens qu’il connait bien, avec lesquels il a déjà travaillé, de quoi leur écrire des partitions sur mesure . Il fallait une solide distribution pour relever ce défi, pari réussi!
14 févr. 2020
8/10
5
Architecture, mise en scène par Pascal Rambert est une pièce volontairement écrite pour une troupe d’acteurs, pièce pensée pour chacun d’eux. Aussi ce sont leurs propres prénoms qui identifient les personnages comme Emmanuelle (Béart), Stan (Nordey), Jacques (Weber), Marie Sophie (Ferdane) … Tous sont excellents.

Dans Architecture, il y a bien un architecte, le patriarche qui se révèle être un ogre, Saturne dévorant ses enfants. Tous dans le même bateau, à voyager de Vienne à Budapest, Sarajevo, Skopje, Athènes, Corfou … Tous dans la même galère : un huit-clos où chacun va vociférer à sa manière. Tous brillants : musicien, philosophe, poétesse, psychanalyste … Mais tous en perte de leurs valeurs, empêchés d’exister par leur père ou par un autre, tous démunis par la violence qui aboutira à la première guerre mondiale et par la montée des nationalismes. L’histoire de cette famille commence avant l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, évènement déclencheur de la première guerre mondiale, et se poursuit quatorze ans plus tard lorsque la famille est disloquée par « les conséquences » , les dégâts collatéraux de cette boucherie . Les personnages tout en blanc, évoluent dans des espaces-cabines au style Biedermeier. Au fond, une balustrade aux chapiteaux ioniques composés de magnétophones, témoins de l’enregistrement des traces des violences internes et externes de cette famille. Quatorze ans plus tard, les personnages vêtus de noir , se fracasseront contre un mobilier plus contemporain.

La pièce se termine à notre époque avec les petits-enfants qui racontent les fins dramatiques de leurs grands-parents. Attention ! Dit une actrice. Tout peut recommencer … La pièce un peu longue (3h) est interprétée par des acteurs pleins d’énergie et de conviction. Le texte chargé de désespoir aux répliques parfois cyniques, nous interroge sur nos capacités à résister à la violence. En tournée aux Célestins à Lyon jusqu’au 19 février 2020.
26 déc. 2019
8/10
2
Je pense que la pièce a évolué depuis Avignon. L'écrin des Bouffes du Nord lui convient peut-être beaucoup plus que la cour des papes. Elle dure une heure de moins. Les personnes que j'ai rencontrées ayant vu la pièce ont toutes été séduites. Une pièce ce théâtre n'est pas un film et c'est la raison pour laquelle nous aimons les rideaux qui se lèvent. Une représentation peut être différente du jour au lendemain alors, de la cour des papes aux bouffes du Nord?
Par contre Mr Weber avait l'air de s'ennuyer ferme après son monologue du début. Les acteurs fétiches de Rambert ont été époustouflants et je ne sais pas si cette pièce peut être jouée par d'autres. Nous verrons quand la comédie française s'en emparera. A suivre...
6,5/10
3
... Le spectacle reste et demeure de magnifiques performances d’acteurs. De nombreuses palettes de jeux sont déployées, nous offrant d’immenses moments d’interprétation. De si grandes figures du théâtre ainsi réunies apportent un plaisir intense au spectateur. Rien moins, rien plus.
8 juil. 2019
6/10
6
Si un mot devait résumer Architecture, pour moi ce serait demi-mesure.

Demi-mesure dans le texte : la montée des extrémismes n'a pas la puissance promise. Demi-mesure dans un texte en monologues (comme l'aime tant Rambert) où les acteurs ne se regardent plus au fur et à mesure. Demi-mesure dans le final qui n'est pas suffisamment exploité pendant la pièce (je ne veux pas spoiler).
Demi-mesure dans un décor qui a consisté à meubler la grande scène de la cour d'honneur, sans unité en créant des paquets sans jamais profiter de l'espace. Même la grande table est une association de plusieurs tables (à comparer avec celle des Damnés).

On s'est ennuyé dans cette demi-mesure qui a duré plus que de raison.
Rambert a-t-il été dépassé par le lieu et l'enjeu? Je le crois.

La seule chose qui n'était pas en demi-mesure était la distribution. Distribution d'acteurs étonnante où tous jouent bien. Weber est un peu essouflé. Marie-Sophie Ferdane un peu en-dessous. Mais le tout est magnifiquement joué.

Rambert n'a pas marqué la cour d'honneur.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor