Critiques pour l'événement Le Cercle de Whitechapel
25 avr. 2019
9/10
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Originale, extrêmement bien interprétée et servie par un beau texte. L'atmosphère s'installe, les personnages sont intéressants, éveillent la curiosité et ouvrent notre imaginaire.

Une intrigue avec du suspens et des rebondissements ... un excellent moment ! On plonge dans l’Angleterre de Jack l'éventreur, de conan doyle et des idées de ce siècle passé. C'est un mélange subtilement bien arrangé entre la réalité et l'imaginaire. Les émotions passent et l'histoire est prenante.
2 janv. 2019
8,5/10
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Nous sommes à Londres en 1888 dans le quartier défavorisé de Whitechapel où un tueur en série éventre des prostituées.

Sir Herbert Greville décide de tout mettre en œuvre afin de découvrir l’auteur de ces horribles crimes.
Pour ce faire, il loue un atelier d’artiste à Whitechapel dans lequel il convoque :
*le jeune Arthur Conan Doyle auteur de de Sherlock Holmes
*Bram Stoker directeur théâtre (futur auteur de Dracula)
*George Bernard Shaw journaliste, (futur scénariste de Pygmalion)
*Mary Lawson, première femme médecin anglaise.
A force d’arguments, il parvient à les convaincre d’allier leurs compétences, leurs connaissances et leurs discernements pour découvrir le coupable.

Dès lors, tous cinq vont se retrouver régulièrement pour faire part de leurs recherches et de leurs déductions.
Les connaissances médicales de Mary Lawson, les théories ésotériques de Bram Stoker, la logique d’Arthur Conan, les connaissances journalistiques de Shaw et la position politique de Greville vont se confronter, se mêler, fusionner…
Nos détectives en herbe vont élaborer des hypothèses pour trouver Jack l’éventreur.
Malheureusement, les fausses pistes s’enchainent. Nous sommes captivés par cette enquête policière pleine de rebondissements et de surprises.

Au-delà de cette énigme policière, Mary Lawson féministe et première femme médecin d’Angleterre bouscule la société patriarcale et machiste de l’époque victorienne, ce qui ne manque pas d’intérêt.
Le texte est fin, intelligent avec quelques pointes d’humour qui nous ravissent.

Les comédiens sont excellents.
Stéphanie Bassibe (Marie Lawson) charmeuse, taquine, frétillante nous conquit.
Ludovic Laroche est génial, les yeux pleins d’espièglerie, il échafaude avec finesse et conviction le raisonnement d’Arthur Conan Doyle.
Jérôme Paquatte nous amuse et nous enchante dans le rôle de l’excentrique Bram Stoker et nous saisit par son imposante présence.
Nicolas Saint-Georges talentueux Georges Bernard Shaw au discours mordant et caustique.
Pierre-Arnaud Juin directif et autoritaire Sir Hubert Gréville nous réjouit.

La mise scène de Jean-Laurent Silvi est dynamique. Les décors nous plongent en un instant dans les faubourgs de Londres en 1888.
Les costumes élégants de l’époque victorienne nous séduisent.
Très bon moment de théâtre.
15 mai 2018
8,5/10
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Le Cercle de Whitechapel pourrait être une tragédie tant les faits qui ont eu lieu dans le Londres de la fin du XIX° siècle ont été sanglants. Mais c'est une comédie policière que Julien Lefebvre a choisi d'écrire en faisant intervenir quelques personnages emblématiques de la scène littéraire.

Je me suis dit dans les cinq dernières minutes que bon sang, c'était bien sûr, en comprenant qui était le criminel mais ne comptez pas sur moi pour vous le révéler.

Il vous semblera peut-être absurde que je parle du spectacle ici puisque la série des représentations parisiennes s'achève aujourd'hui mais Paris n'est pas la France. Le spectacle a le potentiel pour faire une belle tournée ou être repris la saison prochaine. Scrutez les programmes : le Cercle n'est pas mort !

Le décor imaginé par Margaux Van Den Plas et Corentin Richard reconstitue un atelier d'artiste londonien, propice à une certaine angoisse avec ses caisses renversées et des vitres opaques laissant entrevoir quelques ombres, devant un austère mur de briques. Les costumes créés par Axel Boursier sont parfait de réalisme.

Il est 23 heures, Arthur Conan Doyle (Ludovic Laroche) est le premier sur les lieux. Ce n'est pas encore le célébrissime auteur de romans policiers. Il exerce encore la médecine mais son esprit affuté est sollicité pour déméler une énigme que va soumettre un certain Sir Herbert Gréville (Pierre-Arnaud Juin) à un aréopage de fortes personnalités. Parmi elles, une femme (ça je peux vous le dire) qui s'avèrera lui être très liée, Mary Lawson (Stéphanie Bassibey) qui ambitionne de devenir la première femme médecin d'Angleterre. Ajoutons Bram Stoker (Jérôme Paquatte), administrateur d’un théâtre prestigieux, qui n'a pas encore écrit Dracula mais qui se passionne déjà pour l’hypnose et l’au-delà. Et Georges-Bernard Shaw (Nicolas Saint-Georges), brillant journaliste, futur Prix Nobel et auteur à succès. Son humour sarcastique apportera du piment à la résolution de l'enquête.

Celle-ci est complexe : sans aveux ni témoins il n'y a pas de crime. Pourtant les morts se multiplient.

La situation est inédite : un tueur d'une nouvelle sorte appelle un nouveau genre d'enquêteur. Et l'auteur justifie ainsi son parti-pris. Il fait vivre au public une sorte de reconstitution pleine de rebondissements, ponctuée de scènes tragiques, comiques, pittoresques ... associant intelligemment tous les ingrédients de la comédie.

On assiste aussi à une passe d'armes très réaliste et impressionnante. C'est le but. Mais comme Rien n'est impressionnant quand on a détruit les illusions ce n'est qu'à la toute fin que nous comprendrons qu'on nous a peut-être menés en bateau. Le voyage fut si beau qu'on approuve et qu'on ressort du théâtre avec le sentiment d'appartenir désormais à ce Cercle qui ne révélera que son plaisir du théâtre.
4 mars 2018
8,5/10
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« Edition spéciale. Londres sous la terreur !
Une femme retrouvée assassinée à Whitechapel.
Demandez le journal ! »

1888. Alors que dans le concert des nations, l’empire britannique, grâce à son essor industriel, s’impose comme une des plus grandes puissances mondiales, l’assassinat d’une prostituée dans l’infâme quartier londonien de Whitechapel à la fin de l’été crée l’effroi dans la capitale. Un effroi dû moins au crime lui-même, monnaie courante dans la ville à cette époque, qu’à la violence avec laquelle il a été perpétré. Dans les semaines qui suivent, quatre autres meurtres vont être commis. Londres, ville-monde dont le seul patronyme suffit à attirer hommes et femmes en quête de fortune, sombre dans la peur. Pressée par le Gouvernement de rétablir au plus vite l’ordre, la police multiplie les pistes et les présumés coupables. En vain, le véritable auteur ne cesse de lui échapper. Scotland Yard, considérée alors comme la plus puissante police de la planète, est ridiculisée. Victime collatérale (involontaire ?), Sir Charles Warren, son très contesté directeur, est contraint à la démission. Désarmées, les plus hautes autorités britanniques (pour ne pas dire LA plus haute) font appel à Sir Herbert Greville et l’enjoignent de mettre un terme rapide à cette spirale meurtrière. Installé dans un atelier d’artiste au cœur même de Whitechapel, il réunit autour de lui tout ce que le XIXème siècle compte d’esprits brillants. Ainsi débute la chasse au monstre …

Si Le Cercle de Whitechapel part d’une réalité, celle des crimes de Jack l’Eventreur, il se double d’éléments fictionnels bien élaborés et incorporés à l’intrigue. Pièce judicieusement pensée, le mérite en revient à la plume ciselée de son auteur, Julien Lefèbvre. Elle fait merveille et donne à voir un polar haletant.

Evoluant au sein d’un décor simple mais bien fait, les comédiens sont particulièrement remarquables. J’ai été bluffé par Ludovic Laroche et Jérôme Paquatte, exceptionnels Arthur Conan Doyle et Bram Stoker. Nicolas Saint-Georges est un George Bernard Shaw magnifiquement hautain. Quant à Stéphanie Bassibey et Pierre-Arnaud Juin, ils sont irréprochables dans les rôles de Mary Lawson et Sir Herbert Greville. Le rythme de l’enquête est soutenu. Peut-être, toutefois, la pièce aurait-elle supportée d’être amputée d’un petit quart d’heure en raison d’une ou deux longueurs. Mais, cela sera là mon seul reproche. Pour qui aime l’intrigue, cette pièce est toute indiquée.

Voilà 130 ans que l’énigme alimente les théories les plus folles et anime les faussaires en tout genre. Tous ont tenté d’en venir à bout. De Stephen Knight, qui voyait en Jack l’Eventreur un scandale d’Etat destiné à camoufler les méfaits d’un membre de la famille royale, à la célèbre romancière Patricia Cornwell (le choix de l’atelier d’artiste serait-il, d’ailleurs, une référence à sa thèse qui veut que le meurtrier soit le peintre Walter Sickert ?). De Michael Barrett, ouvrier ayant fabriqué de toutes pièces le journal intime de Jack l’Eventreur, à Sophie Herfort, auteure française développant une thèse pour le moins originale.

Le Cercle de Whitechapel semble explorer, avec intelligence, toutes ces versions pour construire sa vision. Saura-t-elle vous convaincre ? Pour lever le voile et connaître le fin mot de l’histoire, rendez-vous au Lucernaire.
18 févr. 2018
8/10
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On ne mélange pas impunément dans le Londres de la fin du XIX eme siècle les individus de sexes et de rangs sociaux différents sous peine de faire des étincelles !! C'est pourtant le cas de l'équipe réunie par Sir Herbert Greville (membre d'influences diverses de la gentry londonienne : un jeune auteur timide Arthur Conan Doyle (oui vous avez bien lu c'est le génialissisme papa de Sherlock Holmes!), l'arrogant et révolté éditorialiste George Bernard Shaw, Bram Stoker (lui aussi vous le connaissez, c'est le papa de Dracula !) et en cadeau bonus une femme, mais pas n'importe laquelle : Mary Lawson la première femme médecin. Ces cinq là vont devoir s'apprivoiser pour essayer de résoudre l'énigme qui terrorise Londres : attraper Jack L'Eventreur. Comme dans tout bon thriller, il faudra aller voir la pièce pour connaitre la conclusion de l'histoire.

Dès le début, nous sommes plongés dans l'action et restons tenus en haleine tout au long de la pièce. Le texte de Julien Lefebvre est parfait. Le rythme est bon : on passe par des phases de réflexion (à la façon des déductions de Sherlock Holmès) en rebondissements variés mais toujours bienvenus. La mise en scène est précise et dynamique, le travail de Jean-Laurent Silvi est remarquable.

Passons aux cinq comédiens : Ils sont tous super mais alors quel plaisir de retrouver sur scène le duo Stéphanie Bassibey et Ludovic Laroche (Conan Doyle) qui m'avaient charmée cet hiver dans 'Nuit gravement au salut' et aussi Jérôme Paquatte (l'extravagant Bram Stocker) dont je garde un souvenir hilarant dans 'Amants à mi temps'. Nicolas Saint George et Pierre-Arnaud Juin sont tous deux aussi excellents. On sent une belle complicité entre les comédiens pour rendre un ensemble si fluide.

A la fin, les spectateurs sont invités à faire partie du cercle de Whitechapel par les comédiens et celà nous oblige au secret, vous comprendrez qu'on ne puisse rien révéler. Ce qui est sur, c'est que je vais revenir avec mon cercle familial pour qu'il rentre lui aussi dans le cercle de Whitechapel.
17 févr. 2018
9/10
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Aimez-vous Bram ?

Mais oui, Bram Stocker, ci-devant directeur d'un théâtre londonien à l'époque victorienne.
Aimez-vous Sir Arthur Conan Doyle, le papa du célèbre héros détective Sherlock Holmes ?
Appréciez-vous Georges Bernard Shaw, le journaliste et critique théâtral ?
En pincez-vous pour Mary Lawson, première femme britannique médecin ?

Aimez-vous enfin Sir Herbert Greville, qui deviendra patron de Scotland Yard, et qui va réunir les quatre sus-nommés afin qu'ils puissent unir leurs talents et leurs intelligences respectifs dans le but de mettre un terme aux sanglants agissements du tristement fameux Jack L'éventreur ?
Moi, c'est le cas !

C'est aussi ce qu'a pensé Julien Lefebvre, l'auteur de cette pièce très originale et très réussie, qui a choisi cet étonnant point de départ pour mener ensuite à bien son intrigue.

On s'en doute, il s'agit ici de ce qu'Hitchcok désignait par le terme de « Whodunit », un « qui-l'a-fait », à savoir "qui est le coupable", qu'il faut démasquer si possible à la fin du spectacle.

Nous voici donc devant un splendide décor que l'on doit à Margaux Van des Plas et Corentin Richard, représentant une masure en plein quartier mal famé de Whitechapel, dans l'est londonien.
Dans cette intrigue, nous allons assister à une enquête policière extra-ordinaire, dans laquelle l'auteur a semé beaucoup de fausses pistes et quelques chausse-trappes.

Bien entendu, les progrès de la science et la logique propre à Conan Doyle triompheront et le serial-killer sera confondu !
(la figure logique du Rasoir D'Ockham récurrente dans toutes les aventures de Holmes sera bel et bien présente : quand toutes les solutions évidentes ont été épuisées, la seule qui reste, même improbable, est la bonne.)

Les comédiens sur le plateau forment un quintet on ne peut plus homogène et cohérent.

Nous sommes immédiatement plongés dans l'atmosphère et l'intrigue.
Nous n'en échapperons pas. Ils nous tiennent et ne nous lâcheront plus.

Jérôme Paquatte campe un Bram Stocker haut en couleurs, fort en gueule. Le comédien vitupère, plastronne, se montre exubérant, le tout pour notre plus grand plaisir. Il est tout en démonstration, tout en volubilité. Il est vraiment très drôle.

Stéphanie Bassibey est Mary Lawson, qu'elle joue très féministe, très suffragette, tout en révolte contre ces soi-disants mâles dominants qui accaparent tous les pouvoirs.
Elle est très convaincante.

Sir Hubert Gréville est interprété par Pierre-Arnaud Juin, et Georges Bernard Shaw par Nicolas Saint-Georges. Ce sont eux qui ont la partition la moins évidente, car leurs personnages sont plus en nuances et plus ambivalents que les trois autres. Eux aussi sont excellents.

Et puis il y a Ludovic Laroche, dans la peau du papa de Holmes et Watson.
Il est tout simplement parfait, tout en subtilité, en finesse pour incarner le logicien du 221 Baker Street.
Le comédien parvient à distiller une belle once de malice, d'espièglerie, d'intelligence et de fierté à son personnage.
Ne manquez pas son dernier regard, tout juste avant le noir final ! C'est un bonheur !

La mise en scène de Jean-Laurent Livi est précise et alerte. On ne s'ennuie pas un seul instant, y compris dans les scènes d'assez longs dialogues. (Il faut bien faire avancer l'action...)
Il a su équilibrer tous les rôles, évitant de tomber dans le piège de la succession de numéros.
Ici règne un très bel ensemble.

On l'aura compris, cette comédie est donc un très bon moment de théâtre. Un moment original, drôle, et qui nous permet de participer en essayant nous aussi de deviner le fin mot de cette horrible histoire de mass-murder.

Elémentaire, mon cher Watson ? Non, justement. Et c'est tant mieux !
15 févr. 2018
9/10
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Excellente pièce ! On est immédiatement plongés dans l'intrigue, décor au top, les comédiens incarnent leurs personnages respectifs avec justesse.

Mention spéciale aux costumes : on sait immédiatement qui est Stoker / Shaw / Conan-Doyle avant que les comédiens n'aient ouvert la bouche. Une soirée vraiment très agréable. A voir !
9/10
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On rit, on réfléchit, on sourit, on s’étonne… L’intrigue intrigue et l'histoire s’emballe. Une comédie policière agréable, bien ficelée et bien jouée. Un fichu bon moment.
7 févr. 2018
8/10
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Londres vit sous la terreur, le règne de Victoria est entaché de crimes odieux. Un dénommé Jack l’Eventreur attaque et mutile des prostituées, dans le quartier défavorisé de Whitechapel.

Sir Herbert Greville, membre de la gentry et surtout fort opposé au gouvernement Warren, prend la décision de réunir les plus grands “cerveaux” de l’époque pour résoudre l’énigme “Jack”.

Il convie donc Arthur Conan Doyle, encore médecin et déjà père de Sherlock, George Bernard Shaw, journaliste, militant proche de la classe ouvrière et dramaturge, Bram Stoker, directeur de théâtre et auteur de Dracula, et Mary Lawson, première femme médecin.

Leur quartier général se trouve dans un atelier peu avenant, mais il vaut mieux être discret…
Il faudra les convaincre, car tout les oppose, caractère, rang social, idéaux. Mais lorsqu’ils auront en mains les photographies des malheureuses, leurs différents disparaitront et ils s’uniront pour combattre le monstre.

Bien sûr, ils se suspectent les uns les autres, coincidences, secrets de famille. Greville a ses entrées au Yard, Doyle est timide, mais l’esprit vif, il raisonne très vite, Shaw est toujours sur le qui-vive, soupçonnant Doyle de tous les méfaits, Stoker est un trublion sympathique, ouvert aux sciences occultes, enfin ils sont tous sous le charme de Mary ! Celle-ci sait se faire respecter et arrive à ses fins par un battement de cils.

La mise en scène de Jean-Laurent Silvi est inventive, saluons le décor et les costumes, l’ambiance est bien là et ne manque pas de nous faire frissonner ! Les comédiens sont excellents. Une bonne comédie policière sur un sujet connu et mythique, Qui était “Jack the ripper” ? vous aurez sans doute la réponse au Lucernaire.